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Question d’un visiteur :

Bonjour,
J’ai lu un article intéressant sur votre blog concernant le mariage. Le protestantisme réformé est une religion d’ouverture sur le monde, qui a su lever et qui lève encore pas mal de tabous.

Et en parlant de tabou, en voici un. Quand des couples homosexuels auront-ils le droit de se marier au temple, sous le regard de Dieu ?
En effet, il existe des gays et des lesbiennes, croyant et/ou pratiquant qui aimerait se marier au temple. Certaines églises luthériennes dans des pays scandinaves le font.

Vous avez écrit dans l’article: « Dieu n’est pas tellement bureaucrate, il regarde au cœur. Il peut donner sa bénédiction à qui ouvre son cœur, et cela peut tout à fait être dans l’intimité, quand deux personnes s’engagent mutuellement pour leur vie entière et que son aide est espérée, il ne demande pas mieux que de la donner. »

Ce que vous avez écrit est valable aussi bien pour un couple homo que pour un couple hétéro, voulant s’unir par amour et devant Dieu ! Et Dieu sait combien il existe de couples homos croyants qui voudraient s’unir et recevoir sa bénédiction. Ces couples auront toutes les bonnes intentions du monde, ils seront quand même rejetés pour une chose qu’ils n’ont pas choisis d’être. Et c’est bien dommage.

Merci de votre aide.

Réponse d’un pasteur :

Cher monsieur

Merci pour cette remarque et la confiance qu’elle manifeste. Je suis d’accord avec vous à titre personnel, je pense que nous devrions pouvoir organiser des cérémonies de bénédiction d’un couple homosexuel pacsé civilement (ou marié civilement à l’étranger). C’est important pour toute personne qui compte sur l’aide de Dieu pour créer un couple fidèle, durable, aimant et rayonnant. C’est d’autant plus utile que le pacs ne comporte que bien peu d’engagements, une cérémonie de bénédiction permettrait de compléter ce contrat fragile non seulement avec une dimension de foi mais encore avec un socle plus solide.

C’est vrai que les églises protestantes de France sont bien plus lentes à évoluer sur ce dossier que bien des autres églises protestantes du monde.Pour l’instant les instances nationales de nos églises ont l’air de préférer avancer sur un autre chantier important, celui de l’union des églises réformées et des églises luthériennes. C’est un beau projet mais cela fait qu’il est difficile d’avancer en ce moment sur des sujets qui demandent également pas mal d’énergie pour avancer. Du coup, les instances nationales de notre églises semblent ne pas avancer du tout sur cette question, depuis des années, et cela nous bloque.

Le fonctionnement démocratique est probablement le meilleur système, ou plutôt le moins mauvais des système de gouvernement. Mais il a certains défauts:

  • d’abord celui d’être un peu lourd, bien entendu, par rapport à la monarchie où les prises de décisions ne dépendent que d’une seule personne. Dans notre église, une décision n’est prise qu’après avoir créé une commission, consulté tout le monde, discuté, voté, amendé, revoté, cherché un consensus le plus large possible…
  • le 2e défaut de la démocratie est encore plus grave, c’est qu’au cours d’un vote à la majorité, une minorité risque d’avoir du mal à se faire entendre. Et en ce qui concerne la bénédiction d’un couple homosexuel, le problème n’est pas tellement théologique pour les églises protestantes, mais plutôt dans la mentalité de la population française, comme vous l’avez remarqué.

A l’Oratoire, un homosexuel est bienvenu, il peut venir en couple, et comme pasteur je peux accompagner ce couple, je peux tout à fait dire en privé la bénédiction de Dieu sur ce couple. Mais pour organiser une cérémonie publique de bénédiction d’un couple homosexuel, je dois attendre que mon Conseil Presbytéral soit lui aussi d’accord, et que les synodes régionaux et nationaux ne nous interdise pas de le faire. En effet, cette cérémonie publique n’engage pas que le pasteur qui la préside mais notre église tout entière.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui, mais nous sommes en chemin.

Avec mes amitiés fraternelles

dessin comique

Si les couples hétérosexuels peuvent se ruiner mutuellement la vie, pourquoi les personnes homosexuelle ne seraient pas autorisées à faire de même?

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51 Réponses à “Bénédiction de couple homosexuel ?”

  1. benoit dit :

    J’aimerais revenir sur votre appréciation, Messieurs les Pasteurs du mariage homosexuel.
    lorsque vous rappelez la postion de l’église (monarchie ?):
     » *.. d’abord celui d’être un peu lourd, bien entendu, par rapport à la monarchie où les prises de décisions ne dépendent que d’une seule personne. Dans notre église, une décision n’est prise qu’après avoir créé une commission, consulté tout le monde, discuté, voté, amendé, revoté, cherché un consensus le plus large possible… »

    ne vous êtes-vous pas demandé pourquoi ?

    pour faire ou être tendance, on peut écouter le chant des sirènes.
    mais si on veut prendre de la hauteur, du recul sur un sujet, n’est -il pas bon d’avoir cette hiérarchie qui peut d’un côté paraitre lourde, mais qui constitue aussi un garde-fou d’un autre côté.

    vous dites encore :
     » * le 2e défaut de la démocratie est encore plus grave, c’est qu’au cours d’un vote à la majorité, une minorité risque d’avoir du mal à se faire entendre. Et en ce qui concerne la bénédiction d’un couple homosexuel, le problème n’est pas tellement théologique pour les églises protestantes, mais plutôt dans la mentalité de la population française, comme vous l’avez remarqué. »
    s’inspirant de Platon, ce choix aurait trouvé une justification, tout au moins au niveau de l’homosexualité.
    Je m’étonne de lire que cela va donner de la force à un couple fragile..bien que les voies de Dieu soient impénétrables, mais je ne vois pas bien comment !
    les couples hétérosexuels ne voient pas toujours l’utilité d’un mariage religieux, sauf lorsqu’ils veulent avoir des enfants.
    de ce que je vois dans mon entourage « mixte », il n’y a pas de couples homosexuels en demande de bénédiction, même si’ls sont religieux.
    si la position de l’église n’est pas dans cette ligne, peut-être serait-il nécessaire de se demander sérieusement pourquoi ?

    pour conclure, étant donné que le mariage n’est pas un sacrement (pour autant que je sache ?), quelle importance ?

  2. Merci pour ces réflexions et ce témoignage. On a le droit d’avoir des avis différents, bien sûr.
    A mon avis, si, le mariage religieux nous aide à avancer, à approfondir notre engagement, a recevoir des forces pour l’honorer:

    • d’abord parce qu’en prenant du temps, en se déplaçant, en se préoccupant de la préparation de cette cérémonie, en choisissant des textes bibliques… on inscrit dans son propre être quelque chose d’essentiel qui est de l’ordre du sens, de l’engagement.
    • mais aussi, pour celui qui croit que Dieu est d’une façon ou d’une autre source d’évolution, il est cohérent de s’ouvrir à sa bénédiction pour qu’il participe à l’union de deux personnes en un couple, c’est une démarche de saine humilité.

    Si les protestants n’appellent pas sacrement la bénédiction d’un mariage est pour une simple question de définition du terme de « sacrement », nous préférons utiliser ce terme pour un signe universel, ce qui n’est pas le cas du mariage. Mais ça n’enlève rien à la valeur, à l’importance et au sens de cette bénédiction.
    Amitiés

  3. benoit dit :

    Merci de votre réponse Pasteur Pernot.

    J’aurais aimé vous lire sur la/votre distance affichée avec la position de l’ERF ? l’Institution a une position, en quoi ne serait-elle ni défendable ni respectable, voire anachronique si je vous comprends bien ?
    peut-être cela viendra-t-il …plus tard.

    est-ce que « croire en Dieu » ne serait pas « une source d’évolution » pour chacun ? et ce quelle que soit sa situation ? en couple, marié ou pas, célibataire etc..

    « Si les protestants n’appellent pas sacrement la bénédiction d’un mariage est pour une simple question de définition du terme de « sacrement », nous préférons utiliser ce terme pour un signe universel, ce qui n’est pas le cas du mariage. Mais ça n’enlève rien à la valeur, à l’importance et au sens de cette bénédiction. »
    question de définition : sur ce point, nous sommes bien d ‘accord.
    cordialement

  4. Oui, c’est clair, j’aurais préféré que les instances nationales laisse la liberté aux paroisses sur cette question. Oui, j’aurais préféré que ces instances mettent en chantier une réflexion sur ce sujet comme cela était prévu par le synode national de 2003 ou 2004, je ne me souviens plus, c’est si loin… et rien depuis.
    Et oui, vous avez raison, la foi en Dieu, la recherche de Dieu nous ouvre à cette source d’évolution qu’il est pour chacun, marié ou non… mais nous sommes ainsi faites que des gestes comme le culte du dimanche, comme une profession de foi, un baptême ou un culte à l’occasion d’un mariage, ces événements nous aident à faire plus de place à Dieu dans notre vie. C’est un fait d’expérience pour bien des personnes. C’est pourquoi le culte du dimanche est sans doute l’activité qui a le plus de succès, un succès inattendu, je dirais. Bien des personnes témoignent que leur profession de foi ou la bénédiction de leur mariage leur a permis de passer un cap dans leur foi.

    Avec mes amitiés

  5. Sylvie dit :

    Bonjour,
    J’aimerai intervenir. Je sais que ce que je vais dire va choquer et que je vais être taxée « d’homophobe », ce qui, en plus est loin d’être le cas. Pourquoi parlez-vous de religion alors que Celui à qui l’on doit obéïr en premier lieux quant on se dit chrétien (petit christ) c’est à Dieu, pas à une religion (Dieu n’est pas une religion!!!). Ca n’empêche pas d’aller au culte. Avez vous lu votre bible? Je ne comprends pas, les versets bibliques sur l’homosexualité sont pourtant très clairs!!! Et même si je respectes ces personnes parce qu’ils sont des hommes aimés profondément de Dieu tout comme je le suis, je ne pourrais en aucun cas être d’accord avec cette pratique!!! Mais enfin!!! Regardez comment le corps humain a été fait!!! Ouvrez les yeux!!! Ne pas accepter certaine choses ne veut pas dire que l’on aime moins (au contraire d’ailleurs)!!! Dieu est encore le Dieu des miracles et il y a des homos qui en ont été libérés et sont mariés avec des enfants et totalement épanouis. Je suis même certaine que ces couples là (lorsque l’homme ou la femme est libre de l’homosexualité) sont encore plus bénis que les couples n’ayant pas eu à passer par là.
    Accepter le mariage homosexuel est en total contradiction avec ce que Dieu a prescrit : le code de la route chrétienne : la bible. Mais pour le refuser actuellement, il faut beaucoup de courage et affirmer nos convictions. Les chrétiens véritables font parti de ce monde mais ne sont pas de ce monde. Ils vont donc très souvent à contre-courant mais avec l’aide de Dieu, sinon, on ne le pourrai pas. Il ne s’agit pas là de faire la morale!! Mais d’accepter réellement Jésus Christ (L’ACCEPTER). Pas seulement croire que Dieu existe, mais le savoir!!! Prier et dire à Jésus. Voilà, moi, je veux que ma vie Te sois soumise. Je t’accepte donc comme mon sauveur (on accepte donc le salut, mais aussi la force de marcher dans la sanctification – et ça on ne peut vraiment le faire qu’avec l’aide de Dieu qui ne condamne pas, c’est toujours une démarche d’amour) et Seigneur (le gouvernail de notre vie, ce n’est plus nous, mais Jésus). Ne tombez pas dans ce piège de « tolérance » qui est loin de l’amour de Dieu pour les homosexuels!!! Ce que Dieu veut, c’est qu’ils en soient libres. Si Il avait voulu ce genre de pratique – et je rajoute ceci mais de toute façon la bible est claire – Il aurait créé des hommes et des femmes physiquement dans ce sens!! Dernière chose : Dieu veut que nous ayons des enfants, ça fait partie de ses bénédictions.. Les homosexuels ne pourront en avoir, sauf s’ils ont recours à l’adoption (homme-homme ou femme-femme – bonjour les repères pour l’enfant!!!) ou alors l’homme inventera des moyens médicaux dans le futur plus que discutables pour satisfaire et palier à son manque et encore une fois en rejetant ce que Dieu veut et Dieu Lui-même!

    Respectueusement

  6. J’ai comme l’impression que nous ne sommes pas d’accord sur ce point : Il me semble vraiment grave, pour le moins, de traiter de malade ou de possédé une personne homosexuelle, et de lui dire : va te faire soigner !

    Et nous ne sommes pas du tout d’accord sur un autre point : je ne crois pas que l’on puisse lire la Bible ainsi, d’une façon brutale, sans la replacer dans le contexte. Ce n’est pas respecter la Bible et lui faire dire n’importe quoi. Et ce n’est pas respecter la Parole de Dieu, qui est vivante, qui est un Esprit, pas une loi morte.

    Heureusement que tous les chrétiens font une lecture « selon l’Esprit » et non « selon la lettre » de bien des passages de la Bible, par exemple :

    • Exode 35:2 qui ordonne la peine de mort pour une personne travaillant le jour du Sabbat (le samedi).
    • ou Deutéronome 21:18-21 qui ordonne de lapider tout simplement un fils qui désobéit à ses parents et qui se saoule.

    Heureusement que les chrétiens, j’espère, ne lisent pas cela à la lettre. A mon avis, ce ne serait respecter ni la Bible, ni Dieu, ni le Christ.

    Et si un chrétien reconnaît qu’il faut interpréter ces versets, et ne pas faire une lecture littérale de ces versets, comment peut-on ensuite honnêtement faire une lecture aussi brutale et simpliste des commandements concernant l’homosexualité ?

    A la limite, je reconnais que l’on a techniquement le droit de dire : c’est ma liberté d’interprétation de lire tel passage au sens figuré et tel passage au sens littéral strict. Mais en tout cas, on ne peut pas dire, honnêtement, que l’interprétation personnelle que l’on donne de tel passage serait la seule interprétation possible, la seule fidèle à Dieu ! Ce serait se prendre soi-même pour Dieu, ce qui est un problème.

  7. carole dit :

    bonjour
    tout d abord je tiens a preciser que je ne suis pas particulierement homophobe mais je suis revolte quand je vous lis pasteur. cest a croire que vous ne connaissez pas la bible que vous citer pourtant il ne s agit pas de lecture litterale mais plutot de lecture vraie. DIEU a cree la femme pour accompagner l homme et non un deuxieme homme ils leur a demande de se multiplier d avoir des enfants .si donc il etait dans le dessein de DIEU qu un homme se marie avec un homme pourquoi ne leur accorde til pas cette benediction supreme celle d avoir un enfant.je crois que politique ne rime pas forcement avec religion et si vraiment vous voulez servir DIEU il vous faut le courage d annoncer sa parole telle quel et non chercher a satisfaire telle ou telle communuaute.
    respectueusement

  8. Je ne suis pas persuadé que ce soit bon pour vous d’être dans une attitude aussi radicale. Mais bon, chacun fait comme il veut, ou comme il peut. Cela dépend beaucoup de ce que l’on a vécu, et de l’entourage dans lequel on est, et de choix personnels.

    L’homosexualité n’est pas une question abstraite, mais une situation humaine. Peut-être que votre pensée vis à vis de l’homosexualité changerait si vous rencontriez un couple homosexuel heureux, stable, fidèle. Je ne suis pas certain que ce soit facile à ce couple de rencontrer une personne aussi radicale que vous, ils faudra qu’ils soient vraiment plein de patience et d’amour fraternel, j’espère qu’ils auront eux-mêmes une foi vivante pour ne pas être dégoûtés à vie de l’Evangile du Christ par ce que vous pensez être la vérité…

    Mais non, ce n’est pas du tout une question de politique, ce n’est pas pour satisfaire une communauté que je pense qu’au nom de l’Evangile, nous devrions pouvoir dire la bénédiction de Dieu à de vrais couples de personnes du même sexe, voulant s’engager pour la vie tout entière dans la fidélité, dans la foi et l’amour de Dieu.

  9. Slaite dit :

    L’amour conjugal selon Luther.

    — Mes amis, leur disait-il ; Le précepte de multiplication est plus vieux que celui de continence décrété par les conciles ; il date d’Adam… Mieux vaudrait vivre dans la scortation* que dans la chasteté : la chasteté est un péché impardonnable, et le concubinage, Dieu aidant, n’impliquerait pas la perte du salut 3).
    *fornication.

    Histoire de la vie, des écrits et des doctrines de Martin Luther 2 (page 99)

    M. le pasteur au nom de l’amour on ne peut accepter tout et n’importe quoi, quand je vous lis je me rends compte que la bible ne veut plus rien dire, tant vous agrémentez la pluralité des interprétations. Dois-je croire que Dieu s’atomise dans la nébuleuse manichéenne de la science ?

    Il y a des mères et des pères et qui au nom de l’amour ont tué leurs enfants (euthanasie) faut-il aussi accorder la bénédiction de Dieu pour ces malheureux criminels ? Comme vous l’accordez pour d’autres ?

    Que diriez-vous d’un père ou d’une mère qui tue sa fille ou son fils homosexuel au nom de l’amour ?

    Ne citeriez-vous pas les sens littéral de l’Écriture : Tu ne tueras point. Il et est aussi écrit tu ne commenteras pas d’adultère. Mais qu’est-ce donc l’adultère pour vous ?

    Comment ne pas perdre ses repères en vous lisant ? Avec tous mes respects.

    Gilbert.

  10. Effectivement, la grâce de Dieu donne un peu le vertige, fondant une responsabilité et une liberté dans l’amour. L’esclave libéré ressent quelque chose de ce vertige aussi, probablement.

    Pourtant si, il reste des repères l’appel de Christ à aimer Dieu de tout sont être, Jésus ajoute de l’aimer avec son intelligence, sa réflexion personnelle, puis d’aimer notre prochain et de nous aimer aussi nous-mêmes. Par ailleurs, c’est vrai, le Christ est chemin, il est vie et fidélité. C’est à dire tout en mobilité, en créativité.

    Et pour ce qui est de la bénédiction de Dieu pour les coupables, c’est vrai que cela ne me fait pas envie, mais ce n’est pas moi qui l’invente. C’est le Christ qui l’affirme clairement, et qui le montre par ses actes. Il nous dit d’être des enfants dignes de notre Père « Aimant nos ennemis, bénissant ceux qui nous maudissent, faisant du bien à ceux qui nous haïssent ». Nous avons du mal à nous y faire et à le faire mais Dieu, lui, le fait sans se forcer car il est parfait.

    Et ce n’est pas moi qui ai inventé la parabole de la brebis perdue, qui dot la grâce de Dieu pour la plus perdue des brebis perdue, sans l’ombre d’une condition sur ce qu’est la brebis, ni sur sa conversion, et dont pourtant Christ affirme que le berger finit par la retrouver et la ramener.

    J’ai visité et fait des temps de lecture de la Bible er de prière avec des personnes qui ont fait bien pire que ce que vous citez parce que c’est inimaginable, et parce que c’est inimaginable souvent nié par l’auteur. Et bien, je ne dirais pas que « l’on s’y fait », mais que l’on arrive vite et sans se forcer beaucoup à rejoindre en chacun une part de véritable humanité, une dimension qui espère et qui aime, qui cherche, qui souffre.

    Oui, le « tu ne tueras pas » et le « tu ne commettras pas d’adultère » sint de bons points de repères. Evidemment. Même s’il faut affiner pour aller plus loin, comme nous le propose Jésus. Même sans tuer le corps il y a des paroles et des gestes qui sont de l’ordre du meurtre. Et même sans relations sexuelles il y a des infidélités et des tortures morales qui sont parfois pires encore. Mais cela ne remet pas en cause la bénédiction de Dieu, ni l’espérance qu’il place en chacun.

  11. Slaite dit :

    Que l’église, et l’homme de Dieu accueillent la misère du monde c’est leurs rôles, mais pour autant oublier le pécher au nom de l’amour c’est oublier que les pécheurs n’ont aucune part au royaume des cieux. C’est là, que l’enseignement de Christ notre Seigneur prend toute sa dimension spirituelle. Le ciel n’est pas un ramassis de pervers, de menteurs, où règne l’impudicité, (cela c’est l’enfer) mais une assemblée d’hommes et de femmes repentis, régénérés par la grâce de notre Seigneur et enseignés dans la vérité. Le jour viendra où les gourous de la psychologie moderne devront répondre devant Dieu et devant ses anges de l’abomination de leurs doctrines. Les ténèbres sont devenues si épaisse que personne ne sait aujourd’hui discerner entre le bien et le vrai, le mal et le faux, mais qu’au nom de l’amour tout le monde il est beau tout le monde il est gentil.

  12. La base même de la grâce de Dieu, c’est de faire la différence entre le pécheur et le péché.

    – Dieu aime le pécheur et le garde dans son amour. C’est le sens même d’un amour véritable qui par définition ne s’achète pas, ne tient pas compte des mérites ou des fautes pour aimer et garder.

    – Et pourtant, vous avez raison, Dieu a le péché en horreur, et fait tout pour purifier en nous la source même du péché.

    Et donc vous avez raison, non seulement tout le monde n’est pas beau et gentil, ou plus précisément, il n’y a jamais uniquement du beau et du gentil en personne (sauf Christ). Mais comme le dit Paul, la ou le péché abonde, la grâce de Dieu surabonde.

    Mais je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites que Dieu rejette le pécheur. Il rejette le péché et aime le pécheur comme s’il était son unique enfant, son bien aimé.

  13. Slaite dit :

    Tout pécheur qui ne se repent pas est esclave de son péché. Les points de vue sont différents selon que l’on croit que Dieu nous rejette, ou que nous rejetons Dieu. Il y a beaucoup à développer sur le sujet. Christ notre Seigneur est Sauveur et Rédempteur, c’est son enseignement et sa grâce qui nous libère du péché, mais aussi et surtout notre foi en Lui. Exemple : un couple homosexuel trouverait bizarre et ne comprendrait pas que leur comportement s’appelle péché, et bien sûr il croirait que Dieu les rejette, et il pourrait à leur tour rejeter Dieu. Vous connaissez ce verset : « Un des docteurs de la loi prit la parole, et lui dit: Maître, en parlant de la sorte, c’est aussi nous que tu outrages. » Luc 11:45 – Ce n’est pas la Parole de Dieu qui outrage, mais c’est le péché qui est un outrage à la Parole. Là encore les points de vue sont différents. Oui Dieu est amour et il n’est pas despotique ni cruel, quoique certains le disent. Mais de grâce arrêtons de prendre Dieu pour ce qu’il n’est pas un bon papa bien gentil qui accepte tout et n’importe quoi.

  14. Michel dit :

    Mais quand admettra-t-on que ce que dit Paul est tributaire des représentations de son temps, de sa mentalité et de sa propre psychologie et que ce qu’il dit n’est pas la Parole directe de Dieu adressée aux hommes par son intermédiaire comme le Coran pour Mahomet ? Quand je lis ses épîtres, j’essaie d’y discerner l’Esprit qui les anime et ne m’attache pas à tel ou tel détail beaucoup trop lié au contexte historique.
    Le Christ me semble bien affirmer un Dieu qui fait grâce et cherche à changer et à guérir le cœur de l’homme, il ne condamne jamais personne, il accueille et ne fait jamais de Dieu le garant de la morale ni d’un ordre naturel quelconque.
    Les chrétiens qui n’ont pas encore compris cela me paraissent n’avoir encore rien compris de l’Evangile…
    La seule conversion qui vaille, c’est la conversion au Dieu qui n’accable personne mais au contraire cherche à faire vivre et grandir en humanité. En ce sens refuser la bénédiction aux couples gay qui le demanderaient, serait en pratique une véritable parole de condamnation et d’exclusion et « malheur à celui qui scandalise un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule et qu’on le précipite dans la mer » (Mt 18,6), « Votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perdent » (Mt 18,14). Luc ajoute à cela « Tenez-vous sur vos gardes ! » (Lc 17,3).
    Quand comprendra-t-on que Jésus n’est pas venu enseigner la morale ! Ça c’est à la portée du « premier dieu venu » ! Ce dernier est un idole…

  15. Michel dit :

    Un homosexuel est-il un pécheur ? Oui, comme un hétérosexuel, pas plus ni moins ! Ils ont besoin de se convertir tout deux ! À quoi ? Pas au christianisme comme religion ou système, ni au protestantisme, ni au catholicisme. Pas à croire que Dieu existe et qu’il punit les pécheurs et récompense les vertueux ! Mais au Dieu qui aime pour de vrai… Le Dieu de Jésus-Christ.

  16. Michel dit :

    J’estime que refuser la bénédiction à un couple homosexuels qui la demanderait est, en pratique, une façon de les condamner. Alors comment pourraient-ils croire au regard aimant de Dieu sur eux s’ils sont considérés comme indignes de recevoir cette bénédiction de la part de l’église qui se réclame du Christ ? Le Salut de Jésus-Christ passe pourtant par nos pratiques libératrices, sinon notre annonce de l’Evangile est démenti par nos pratiques contraires. Et au nom de quoi l’Eglise prendrait-elle le droit de refuser une bénédiction que Dieu donne à tous les hommes si l’on prend au sérieux la pratique de Jésus à l’égard de ceux que la religion de son temps excluait et condamnait. À mon avis, sur cette question, il y va de la crédibilité de l’Eglise au regard de son annonce de l’Evangile.

  17. Michel dit :

    Jésus à posé une rupture entre les lois du Règne de Dieu d’avenant et les règles du jeu social. L’histoire de l’enfant prodigue et la parabole des ouvriers de la onzième heures en témoignent. Jésus s’est fait proche de ceux que les règles traditionnelles de l’univers religieux rejetaient dans les marges. Il soulignait par sa pratique qu’un agir autre que celui déterminé par les usages sociaux était plus adapté à signifier l’inattendu de l’avenue du Royaume que la justice prôné pratiquement et traditionnellement par leur défenseurs. Sa parole prophétique pouvait donner le vertige à ceux qui était pourtant assurés qu’ils possédaient la légitimité de la loi de Moïse. Jésus leur enlevait même ce qu’ils avaient (cf Mt 25,29) ! Par son action et sa prédication, Jésus mettait en lumière les effets pervers de la justice et de la vertu. Cette vertu produit l’exclusion. Sa parole prophétique contestait la vertu et la perfection et en dévoilait le caractère finalement homicide. L’EPUdF doit se rapeler le message et la pratique de Celui dont elle se réclame, y-compris éventuellement contre ses membres…

  18. Je suis tout à fait favorable à la bénédiction d’un couple homo ou hétéro dans le cadre d’un projet de couple pour la fidélité et pour la vie tout entière, dans un esprit de soutien mutuel dans les bons et dans les mauvais jours.

    Mais je ne suis pas pour autant prêt à bénir n’importe quel projet pour autant. Je peux toujours bénir une personne mais pas n’importe lequel de ses actes et de ses projets. Dans ce sens, Jésus bénit la femme adultère mais il ne bénit pas ses joyeuses fornications (à supposer qu’elle se soit effectivement pas trop bien débrouillée dans la maîtrise de ses désirs), il lui dit « ne pêche plus » quand même.

    La question de fond n’est donc pas celle de bénir ou non les personnes mais de savoir si, selon nous, l’homosexualité est un péché ou non. Sincèrement je pense que ce n’est pas un péché et que c’est plutôt de penser et de dire que c’est un péché qui est nocif. Si l’on pense alors que c’est un bon projet de s’engager à la fidélité, alors, ce serait une coupable démission que de refuser de bénir les couples homos comme hétéros.

  19. Michel dit :

    Oui, Jésus ne condamne pas la femme adultère mais seulement son péché effectivement. La pointe de cette parabole porte sur la non condamnation de la femme et non sur le fait que Jésus rappellerait une bonne conduite morale. C’est bien ça qui est remarquable par rapport à ceux qui condamnait la femme et voulaient la lapider. L’application aux personnes homosexuelles de cette parabole n’est cependant pas très pertinente car elle laisse entendre que le fait d’être homosexuel ou d’exprimer une affectivité homosexuelle serait un péché comme l’était l’adultère chez la femme.

    Oui, dire que l’homosexualité est un péché est terriblement nocif pour ces personnes car ça les empêche de vivre et de s’épanouir humainement. Or Dieu veut que tout homme ou femme soit sauvé et accède à une vie bonne. Le péché est de les en empêcher au nom d’une mauvaise lecture de la bible ou d’une loi naturelle que Dieu aurait inscrite dans l’univers.

  20. Slaite dit :

    @ pasteur Gaspard de Coligny

    Qui dit : « Sincèrement je pense que ce n’est pas un péché »

    L’amour du prochain est une prescription morale, spirituelle, religieuse, c’est aussi le fondement même de la charité. Mais la fornication entre deux personnes du même sexe, si elle n’est pas un adultère alors qu’est ce que c’est ?

    De même si la Parole de Dieu n’est plus en mesure de combattre les erreurs et les fausses doctrines de l’église, alors la Parole de Dieu est profanée.

    Slaite.

  21. A mon avis, Slaite, vous devriez vous concentrer sur vos propres adultères, plutôt que de qualifier les autres d’adultères. Vous devriez vous concentrer sur votre propre fidélité à Dieu, avant de juger que le témoignage des autres profanerait éventuellement la Parole de Dieu (à condition que quoi que ce soit puisse la « profaner »). Sur ce site, chacun peut exprimer ses idées, à une seule condition, de ne pas injurier les autres.

    Il convient de distinguer la Parole de Dieu, qui est une parole vivante, avec les mots de la Bible, qui sont un témoignage de certaines personnes sur la Parole de Dieu telle qu’ils l’ont expérimentée. Oui, la Parole même de Dieu va toujours dans le sens de la charité, du bien, de la vérité… mais avec les mots de la Bible, certains font des armes pour soutenir des discriminations, du racisme, de l’exclusion, de la haine, de l’asservissement.

  22. @ Michel
    Si, à mon avis, en disant « va et ne pèche plus » (Jean 8:11), Jésus invite à une conduite morale.
    Et je n’ai pas appliqué cette parabole aux personnes homosexuelles, pas une seconde. Je l’ai utilisée seulement pour expliquer que la liberté à la quelle Jésus invite n’est pas une liberté à faire n’importe quoi non plus.

  23. Michel dit :

    @ Marc,
    Effectivement le « va et ne pèche plus » mis dans la bouche de Jésus condamne effectivement l’adultère et invite à une conduite morale. Mais ce n’est pas là, à mon avis, ce qui est remarquable dans cet épisode. C’est le fait que Jésus délivre la femme de ses accusateurs et qu’une fois seul avec elle, il la délivre de sa propre culpabilité en lui disant « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, …. » La femme est alors libre d’aller, de vivre. Ce « va » de Jésus est semblable au « Déliez-le et laissez-le aller » dans l’épisode de la résurrection de Lazare. Aussi, peut-on dire que Jésus a ressuscité la femme en la libérant de ses accusateurs et de son auto- accusation. Ce faisant, elle est libre pour une vie nouvelle.
    Cette scène dite « de la femme adultère » est mal nommée car mettre en avant l’adultère de la femme, c’est prendre le point de vue de ses accusateurs. En fait dans cette scène, l’accusé principal n’est pas la femme mais Jésus avec son message de bonté et de miséricorde. Sur cette femme, nous ne savons rien. Elle est certes adultère au regard de la Loi, mais qui peut dire qu’elle a péché contre l’amour ? Ce serait déjà lui jeter la pierre…
    En ne condamnant pas cette femme, Jésus conteste radicalement la Loi de Moïse ou du moins le rôle mortifère qu’on lui fait jouer : elle écrase les humains et exerce sur eux une violence inouïe. Comment cette loi pouvait-elle être divine si elle ordonnait de tuer à coup de pierres les amants adultères ?
    En tirant un enseignement moral de cette péricope, on en détourne le sens profond. Car ce que Jésus veut faire comprendre à ses auditeurs, ce n’est pas qu’ils ne doivent pas pécher, mais qu’ils ne doivent pas accuser, qu’ils ne doivent pas juger ni à fortiori condamner. L’impératif absolu devient : « tu ne jugeras pas », « tu ne condamneras pas ». Ce sont les hommes qui accusent la femme qui sont pour Jésus inhumains, mais il ne les condamne pas non plus. L’enseignement de Jésus ne porte pas sur le péché d’adultère mais sur celui, infiniment plus grave à ses yeux, de l’exclusion morale et du jugement d’autrui. Jésus, d’ailleurs, ne prononce aucune parole de pardon et la femme, aucune parole de repentance. Jésus lui dit seulement « je ne te condamne pas. » Cette parole est la chute finale qui vient clore la péricope. Le « désormais ne pèche plus » me paraît être une addition du rédacteur final qui ne respecte pas le sens de l’enseignement de Jésus et qui n’a pu s’empêcher de donner à Jésus un ton moralisateur. En disant cela, j’ai conscience que mon opinion risque fort de paraître suspecte aux yeux des moralistes. Cependant l’exégète allemand Dieter Lührmann a souligné que dans « dans la version la plus ancienne de la péricope, qui a été révélée par le commentaire de l’Ecclésiaste de Didyme l’Aveugle, retrouvé à Touraine, cette exhortation finale de Jésus manque. » Enrico Norelli, qui cite Lürhrmann, évoque l’hypothèse selon laquelle « la finale de la péricope de la femme adultère appartient à une étape relativement tardive du développement de ce récit ».
    Il est remarquable de noter qu’après avoir délivré la femme de la violence des accusateurs, Jésus devient l’objet de cette violence car les pharisiens exaspérés « ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter » (Jn 8, 59)…

  24. Oui, vous avez raison sur la délivrance, la fin de la condamnation de la personne en Jésus-Christ, et donc la fin du jugement porté sur l’autre. L’hypothèse d’une rédaction plus tardive de la finale n’est pas impossible non plus même si les hypothèses des exégètes ne durent souvent guère plus que ce que durent les roses, et il est clair que l’ensemble de l’épisode du sauvetage de la femme adultère par Jésus n’est pas dans les plus anciens manuscrits. Mais ce n’est pas pour autant, je pense, que Jésus n’aurait pas pu dire « ne pèche plus », ni que Jésus sonnerait la fin de l’appel à un comportement moral. Il ne le fait dans le cadre d’une loi, mais d’une autre façon, dans un appel à la responsabilité, à la créativité personnelle, à la souplesse d’esprit afin d’optimiser le bien et limiter le mal en fonction d’une situation particulière, un appel à l’intelligence, à un regard aimant et engagé, cherchant la justice, le service mutuel, visant la perfection, rien de moins. Une visée impossible sans ce « moi non plus je ne te condamne pas ». Mais cette bénédiction ne signifie pas fais n’importe quoi, l’essentiel est que tu t’éclates.

  25. Michel dit :

    Jésus ne sonne certainement pas la fin de l’appel biblique à un comportement moral mais ce n’est pas pour moi le centre de sa prédication et de sa praxis. D’autres s’en sont chargé avant lui. Pour moi, il n’enseigne pas la morale fut-ce plus humainement. La perfection qu’il nous propose, c’est de devenir miséricordieux comme notre Père des cieux.
    Plus j’avance et moins je trouve que Jésus nous propose un idéal moral ou religieux, son milieu n’en manquait pas et ce n’est pas pour cela que ses disciples le suivirent.
    Pour moi, l’action et le message de Jésus est de guérison.
    Guérison de la peur de vivre, de la culpabilité, de la violence qui est en nous afin de nous permettre de vraiment choisir entre la vie et la mort. Jésus rejoint les hommes là où ils sont, dans leur maladie, leur faiblesse, dans ce qui les paralyse à terre, leur aveuglement, leur péché … Pour qu’ils puisse vivre.
    Son action est de salut, de guérison et de libération.
    Par exemple, aimer ses ennemis n’est pas un idéal inaccessible, c’est plutôt de laisser guérir de ce qui, en chacun, est puissance meurtrière à l’égard de l’autre et du différent.
    L’Evangile est un message de liberté pour tous les hommes.
    Faire de l’Evangile un idéal, n’est-ce pas une manière subtile de le tenir à distance ? Et ainsi en faire une utopie irréaliste ? Ce qui est alors sollicité, n’est-ce pas notre idéal du moi et le narcissisme qui en découle qu’une réelle écoute de Dieu dans une vie ? Le désir d’obtenir ainsi une belle image de soi, fut-ce par procuration alors que Jésus nous propose comme à Nicodème de naître d’en haut.
    Il me semble que la prédication de l’Evangile qui guérit et libère aurait une force plus grande sur les gens qui ont besoin d’être guérit et libérés que l’idéal inaccessible qu’on leur propose trop souvent.

  26. Tout à fait d’accord avec ce que vous dites, mais je ne comprends pas bien votre répulsion à l’idée qu’il y ait une dimension d’idéal moral dans ce qu’apporte le Christ. Cela me semble indissociable de ce que vous relevez très justement de la miséricorde, de la liberté, de la transformation (qui n’est pas seulement une guérison, mais aussi une évolution). Il ne s’agit pas, évidemment, de « faire de l’Evangile un idéal ». Mais de prendre en compte cette dimension, d’une façon non culpabilisante, parce que manifestement inatteignable, mais comme un appel à la responsabilité, un appel à porter des fruits, un appel à ce que quelque chose de l’Evangile s’incarne vraiment. Puisque le « ne pêche plus » de Jésus à la femme adultère ne vous plait pas trop, il y aurait d’autres exemples (j’en ai mille en stocks, mais nous n’aurons pas la patience ni vous ni moi, et puisque nous nous sommes compris mutuellement il n’est pas utile de chercher à convaincre l’autre, et les lecteurs peuvent se sentir libre). Alors mettons un dernier pour la route. La parabole du bon samaritain, dans son célèbre retournement final nous invite à nous laisser d’abord guérir, ressusciter par le Christ, ou par ce qui est christique dans notre bon samaritain du jour, ou directement par Dieu… puis vient le « Va, et toi, fais de même » de Jésus (Luc 10:37) qui rend indissociable les deux dimensions d’évolution reçue et d’appel à ce que cette dynamique s’incarne dans des actes, à notre façon, à notre mesure.

  27. Michel dit :

    Merci Marc pour ta patience et ton attention.

  28. Michel dit :

    Marc, ce qui me gêne dans l’idéal, c’est la dimension d’absolu inaccessible qu’il prend souvent. Or comme nous sommes des êtres limités et finis, nous en concluons bien vite que c’est parce que nous sommes pécheurs. D’où le grâce indispensable pour pouvoir nous tenir devant Dieu. Ce qui n’empêche pas malgré tout de nous reconnaître néanmoins pécheurs cultes après cultes. On est donc infidèle à l’idéal, on l’avoue, mais on continue de s’en réclamer. De ce fait, nous ne cessons pas de nous juger, et en nous jugeant nous témoignons pour lui, mais sans doute aussi pour nous, car nous pouvons continuer à nous penser comme « des êtres à idéal élevé » sans changer le moins du monde. Ce système me semble vicié.
    Jésus, me semble-t-il, ne nous propose pas d’imiter le samaritain comme un idéal de personne, mais d’éprouver de la gratitude à l’égard de celui qui nous aura secouru et soigné comme lui, cette gratitude engendrant naturellement le désir de faire comme lui. Ce samaritain qui vient au secours de nos blessures, c’est Jésus bien-sur…
    Avez-vous remarqué que quand dans le métro, quelqu’un nous retient ces lourdes portes qui se referment toutes seules, nous faisons spontanément de même à notre tour sans nous poser de questions…

  29. Cher Michel

    Vraiment bravo de faire spontanément passer au prochain un bon geste reçu (la porte tenue par une personne aimable), même si c’est par simple mimétisme, c’est déjà quelque chose qui rend la vie un peu plus belle, pour celui qui du coup ne prend pas la porte dans les lunettes, mais aussi pour vous, avec le petit frétillement de joie qu’il peut y avoir d’avoir fait un simple geste, et chose improbable, d’avoir été gratifié d’un merci, dans notre dos, gratuitement.

    Mais pour ce qui est de l’idéal qui serait culpabilisant et fait se sentir pécheur. Nous en avons déjà parlé ensemble par mail, et je n’étais sans doute pas arrivé à te convaincre, mais je pense sincèrement que c’est absolument l’inverse. C’est une petite morale minimale qui a un effet destructeur, soit pour celui qui n’y arrive pas et qui a toute les raisons alors de se sentir nul, disqualifié. Soit pour celui qui y arrive et qui peut se sentir supérieur à ceux qui n’y arrivent pas.

    Au contraire, si l’on me donne un idéal inatteignable, personne ne peut m’en vouloir de ne pas arriver à l’atteindre, pas même moi, qui n’ai aucune raison de me trouver nul de ne pas être capable de faire ce que personne ne sera jamais capable de faire. C’est typiquement le cas de « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », ou « priez sans cesse », ou aimer Dieu de tout son être + son prochain (nous en avons 7 milliards, plus ceux des générations futures à aimer aussi) + s’aimer soi-même …

    Il faut bien saisir ce choc de l’impossibilité d’accomplir ce qui est ainsi proposé comme but, comme tu le fais, mais que ce choc serve à briser précisément le moralisme, briser la tentation de mesurer la dignité de l’homme (et la mienne en particulier) à l’aune de ses performances puisque nous sommes absolument tous du même côté de la barre. Et donc de changer notre rapport à la morale. Mais en même temps garder une visée, qui est intéressante, qui est indispensable, à mon avis, pour orienter et stimuler notre désir d’avancer sans y être contraint.

    Si je retrouve, grâce au bien serviable gmail, ce que je t’avais envoyé, je le collerai ici.

    Amitiés fraternelles.

  30. Voilà la réponse où je développais un peu plus une réponse à cette question :

    Cher Michel

    C’est tout à fait exact que l’idéal proposé par le Christ est absolument irréalisable. Mais à l’inverse, c’est précisément cela qui le rend parfaitement déculpabilisant et stimulant à la fois.

    En effet, quand le Christ dit « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48), le caractère totalement irréalisable est assumé, par conséquent comment pourrait-on nous en vouloir de ne pas y arriver ? C’est d’ailleurs à mon avis précisément pour nous culpabiliser après ce commandement particulièrement difficile « aimez vos ennemis » que Jésus ajoute ce « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait », ce qui montre clairement qu’il sait bien que c’est pour nous tout aussi possible d’aimer nos ennemis que d’atteindre la perfection de Dieu. C’est génial. Cela permet à Jésus de nous montrer une espérance (avoir un cœur qui aime, être capable du pardon), et cela permet en même temps à Jésus de nous dire que personne en peut nous en vouloir de ne pas y arriver, que c’est à recevoir comme un enfant reçoit la vie de ses parents (par la grâce seul, personne ne choisissant de naître).

    Il en est de même de ce commandement qui est le plus célèbre « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force, et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Marc 12:30-31). Il nous faudrait donc aimer Dieu de tout notre être, à 100%. Il nous faudrait aussi aimer notre prochain à 100% (multiplié par 7 milliards de prochains plus ceux des générations futures), et il nous faudrait nous aimer nous-mêmes à 100%. Même si certains pour-cents comptent double (par exemple quand on prie, on aime à la fois Dieu et soi-même), cela fait certainement bien trop de % pour tenir dans notre temps disponible chaque jour, chaque mois, chaque année. Jésus nous donne ainsi un idéal essentiel (cette triple dimension de l’amour) et en même temps la façon qu’a Jésus de nous présenter cet idéal implique un « et maintenant, toi, fais au mieux, en fonction des circonstances, en fonction de ta force, de tes choix personnels pour aujourd’hui.

    Et précisément, dans le triple commandement d’aimer, Jésus a ajouté « tu aimeras Dieu avec intelligence », avec toute ton intelligence, non pour la sacrifier, mais pour t’en servir afin de choisir ce qui te semblera le mieux. Et nous voyons que c’est ce que Jésus fait dans sa vie. Lui aussi est face à ce tragique qui fait que nos ressources de temps sont limitées (comme tout autre ressource matérielle). Parfois Jésus plaque tout le monde en disant que maintenant, cela suffit, et qu’il va se retirer seul pour se reposer et prier. Parfois, Jésus interrompt sa prière ou son sabbat pour répondre à l’irruption de quelqu’un et il va lui donner de son temps. Le fait même que Jésus ose ajouter ce « tu aimeras Dieu avec toute ton intelligence » est extrêmement subversif pour ce texte répété sans cesse tout au long de chaque journée du juif depuis 1000 ans, porté sur le front, sur le bras, sur le montant de chaque maison. C’est ce texte là, du Shema, que Jésus ose transformer pour ajouter qu’il faut aimer Dieu avec raisonnabilité et intelligence, pour chercher comment concrètement nous allons essayer de vivre en fonction de l’idéal infini de Dieu. Cette responsabilité de chercher avec intelligence ce que nous allons faire n’est pas donnée à un collège d’experts, mais à Jésus la place dans le Shema, le type même de la prière qui est dite individuellement par le croyant.

    C’est vraiment une chance que Jésus parle comme cela, avec un idéal infini et un faites-le avec intelligence. C’est au contraire si Jésus nous donnait des conseils bien raisonnables, par exemple « donnez chaque mois 10 % de votre revenu pour les pauvres ». il y aurait pas mal de problèmes.

    Le premier inconvénient qu’aurait un bon commandement bien raisonnable comme ça, c’est que n’aurions pas à réfléchir, il faudrait le faire c’est tout. Le problème c’est qu’une morale bien raisonnable comme ça prend les gens pour des imbéciles incapables de réfléchir, ou plutôt une telle morale raisonnable transforme les gens en imbéciles puisqu’ils n’ont plus à réfléchir mais seulement à appliquer : donne tant pour les pauvres, tant pour l’église, prie à tel moment, va au culte le dimanche… c’est ce que font les sectes, il n’y a plus qu’à se soumettre.

    Le second inconvénient qu’aurait un système de règles bien raisonnables, ce serait d’être soit démoralisés, soit arrogants et fiers. Par exemple dans une église où un montant de don obligatoire est donné, telle personne qui n’y arriverait pas pour une raison ou une autre (parce qu’elle n’a déjà pas assez pour manger ou qu’elle s’est mal organisée, ou qu’elle veut payer du sport à ses enfants), une telle personne, là, oui, risque de se sentir nulle, culpabilisée, et honteuse vis-à vis de Dieu. Telle autre personne qui arriverait à atteindre les objectifs serait tentée de se dire logiquement “J’ai fait ce que je devais, je suis un bon chrétien, Dieu peut être fier de moi, heureusement que je ne suis pas comme Monsieur Machin, qui devrait avoir honte…”. Le pire dans ce registre là est dans le domaine des croyances obligatoires (car on ne peut jamais être convaincu à 1000%, sauf à être totalement décérébré, ne se posant même plus de questions). Jésus ne nous a jamais demandé ce genre de choses, mais juste d’avoir foi, de chercher avec confiance.

    Comment donner une éthique qui puisse donner un véritable idéal commun à tous, un idéal ayant du souffle et pas un petit idéal riquiqui, un idéal qui ne culpabilise personne, qui puisse s’adapter à tous les cas particuliers dans leur infinie variété, s’adapter à la vocation et à la sensibilité de chacun à chaque moment de sa vie ?

    A mon avis, Jésus atteint précisément ces objectifs avec ses commandements impossibles parce qu’infinis.

    Et c’est ainsi que Jésus n’a jamais dit qu’il faille donner 10% de ses revenus aux pauvres ou encore moins à l’église, bien sûr (cela a été inventé par certaines églises pour remplir leurs caisses), mais Jésus dit au jeune homme riche « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » (Matthieu 19:21). C’est manifestement impossible car en respirant nous gardons pour nous de l’oxygène pour notre usage personnel, sans le donner pour les pauvres, en buvant de l’eau aussi, en mangeant encore plus… Alors comment comprendre cette phrase de Jésus ? Cela signifie que ce n’est pas possible d’être parfait, qu’il n’y a donc aucune culpabilité à avoir, mais qu’il est important de se poser la question du don. De se poser la question pour soi-même, pas pour les autres en les jugeant puisque de toute façon, personne d’entre nous n’aura jamais fait assez, et le moindre que nous aurions pu éventuellement faire sera toujours trop par rapport à la grâce de Dieu qui ne nous oblige à rien. C’est ainsi que nous pouvons alors donner de bon cœur, et non sous la contrainte. Et nous pouvons garder pour autre chose, sans culpabiliser, puisque nosu devons non seulement aimer Dieu et notre prochain mais aussi nous-mêmes, puisque Dieu veut notre épanouissement, nous pourrons donc garder pour notre propre repos, pour reprendre des forces, pour nos loisirs, comme Jésus prend de la nourriture et du temps pour reconstituer sa force afin d’aller dans le monde.

    Donc oui, absolument, c’est parce que Dieu est bon qu’il nous donne un idéal surhumain. Mais il ne faut pas se tromper sur le mode d’emploi de ces énoncés : il s’agit d’un idéal, il ne s’agit pas de commandements qui s’imposent pas l’obéissance. Nous sommes dignes d’un tel idéal, même si nous sommes incapables de l’accomplir. Rien de cruel dans cet idéal inaccessible. Au contraire, cette impossibilité est tout ce qu’il y a de plus déculpabilisant et respectueux de notre propre rythme de cheminement.

    Même si c’est dans une certaine mesure nécessaire au bon fonctionnement d’une entreprise, il y a quelque chose de tyrannique et d’oppressant dans ces objectifs qui sont fixés aux employés, ces objectifs qui sont juste à la limite de ce que nous pourrions arriver à faire si nous étions bons et que nous avions de la chance. Et si un employé atteint les objectifs une année, ils seront encore montés l’année suivante, jusqu’à la limite de la rupture… Dieu n’est pas comme ça. Il nous dit d’abord notre dignité d’enfant bien aimé, sans condition. Il nous montre des idéaux à envisager, il nous laisse toute latitude pour les adopter et les adapter par nous mêmes avec intelligence et cœur, pour élaborer ce que nous voudrons et pourrons faire, et pour cheminer à notre rythme. C’est vraiment la fin de la menace, la fin de l’aliénation, c’est une éducation basée sur la confiance et l’amour, visant à nous aider à devenir un petit peu adultes, libres et responsables, solidaires mais également individuellement sujet de notre propre existence.

    Amitiés fraternelles

    Marc

  31. Michel dit :

    Merci Marc !

  32. Georges dit :

    Bonjour.

    Je suis sous le choc quand je lis tout ce qui précède venant d’un pasteur. Vraiment! Quelle donc désormais la référence de base en ce qui concerne la foi? Si ce n’est plus les Saintes Écritures. Vraiment je suis circonspect. Et je fais miennes les déclarations de l’Apôtre Paul (Romains 1: 26-32), n’en déplaise à ceux qui pensent qu’il s’agirait de la psychologie de son temps. La Parole de Dieu, révélée à ces hommes de cette époque est pour moi toujours d’actualité. Toute la philosophie que notre cher pasteur prodigue est vraiment déplorable. Je fais également mienne les paroles du psalmiste (Ps 1:1), et connaissant la vérité sur ce sujet, telle que la Bible nous la révèle, je ne m’assiérai jamais avec un « serviteur de Dieu » qui cautionne de telles situations et émet de telles absurdités. Continués dans votre conformisme et dans votre évolution soi-disant des mœurs; nous nous continuons dans « notre obscurantisme ».
    Vous avez raison sur une chose pasteur, Dieu ne rejette pas le pécheur; tellement il aime sa créature qu’il l’a racheté au prix le plus fort: le sang de son Fils. Mais en recevant le pécheur, il lui dit également: « va et ne pèche plus », comme le Christ l’a lui-même dit à la prostituée. L’homosexuel qui revient à Dieu doit absolument voir sa vie « transformée », vivre une vie de sanctification, et ne plus retourner vers le « viel homme ».
    Bonne chance dans vos théories, et plaise à Dieu d’avoir pitié des âmes que vous entraînez ainsi dans ce l’Apôtre Paul considère comme « des fausses doctrines »… Les âmes de toutes les personnes qui auront été égarées par vos soins vous seront redemandées!

  33. Bonjour Georges
    Vous avez droit, évidemment de faire votre ce que dit Paul dans Romains 1:26ss mais en tout cas pas pour condamner les autres car alors vous tomberiez sous le coupe de Romains 2:1

    Mais vous ne pouvez pas dire que votre interprétation de ce verset est la seule possible et qu’il faut prendre obligatoirement à la lettre ce verset, car vous mêmes (toujours Romains 2:1) faites évidemment la même chose pour bien d’autres versets de la Bible, j’espère. Car une lecture littérale systématique de la Bible fait de vrais morts. C’est le cas pour des jeunes homosexuels poussés au suicide par de tels versets envoyés à leur face. C’est le cas de femmes subissant ce message de l’apôtre Paul lu à la lettre : soyez soumises à votre mari en toute chose, comme au Christ. Une foule de femmes subissent aujourd’hui une vie de torture dans la culpabilité à cause de cette interprétation, violées, humiliées, battues. Et plus d’un jour sur deux, rien qu’en France, une femme meurt sous les coups de leur mari. Et bien non, ce message de l’apôtre Paul sur la soumission de la femme à son mari en toute chose ne peut pas être lu à la lettre, non plus. Et l’on peut être chrétien, mettre au centre de sa vie la Bible, et la prière, et Dieu, et le Christ, sans avoir obligatoire ment une lecture aussi étroite.

    J’ai parlé plus en détail de cette question sur cet autre billet.

    Mais la réponse de la rabbin Delphine Horvilleur à cette question est très éclairante aussi, cette réponse a été publiée dans le Monde des Religions en 2012 :

    Puis-je lapider mon oncle ?

    Peut-être avez-vous reçu, vous aussi, cette lettre très amusante qui a circulé sur internet ces derniers mois. Son auteur, qui n’est pas identifié, l’aurait adressé à l’origine à l’animatrice américaine d’un programme de radio, qui citait régulièrement la Bible (Lévitique 18) pour dénoncer l’homosexualité comme une « abomination ». En voici un extrait :

    « Chère Madame,
    Merci de nous informer si justement de la loi divine. (…) J’ai toutefois besoin de vos conseils au sujet d’autres éléments du texte biblique et de leur mise en pratique :
    – Lorsque je brûle un bœuf sur l’autel comme sacrifice, je sais que c’est une odeur agréable pour l’Éternel (Lévitique 1, 9) mais mes voisins s’en plaignent. Dois-je les éradiquer ?
    – J’aimerais vendre ma fille en esclavage, comme l’autorise Exode 21, 7. Comment savoir ce qui constitue un bon prix ?
    – Je sais qu’aucun contact avec une femme en période menstruelle ne m’est autorisé (Lévitique 15). Le problème est : comment savoir ? J’ai essayé de demander aux femmes qui m’entourent mais la plupart d’entre elles s’en offusquent (…).
    – Mon oncle a la fâcheuse habitude de jurer et de blasphémer souvent. Est-il vraiment nécessaire de demander à toute la ville de le lapider (Lévitique 24). Ne peut-on plutôt le brûler à une fête familiale privée comme nous le faisons lorsque quelqu’un couche avec un membre de sa famille ? (Lévitique 20).
    Je sais que vous avez beaucoup étudié ces questions et je suis sûr que vous pourrez m’aider. Merci à vous de nous rappeler que la parole de Dieu est éternelle et inaltérable.
    Signé : votre fan. »

    Cette lettre pleine d’humour place efficacement les « littéralistes » face à leurs contradictions.

    La démarche de ceux qui se parent du texte comme d’un argument absolu souffre constamment d’incohérence. Le sens premier d’un verset est parfois invoqué comme légitime pour justifier une norme sociale établie, un mode de vie, ou un statu quo politique. Mais il est réfuté sans discuter – quand il s’agit de juger anachroniques certaines lois et pratiques pourtant légales dans la Bible, ou même prescrites (peu de gens militent aujourd’hui pour la lapidation de la femme adultère ou la réhabilitation de l’esclavage…)

    Le paradoxe de ces lectures littérales est donc que leurs partisans invoquent le texte ou le réfutent tour à tour, au nom du « c’est écrit » ou au contraire de la distance interprétative.

    Quand certains aujourd’hui encore citent l’écrit indiscutable, il est utile de rappeler qu’un texte est sacré si l’on accepte que son message n’est pas clôturé par son sens premier, et si l’on se refuse à l’instrumentaliser, En cela, la lecture rigoureuse des sources religieuses est celle qui demande le plus de souplesse. Elle est aussi celle qui soulève les questions théologiques les plus complexes : Quels sont les versets dont nous percevons la vérité littérale comme intemporelle ? Quels sont ceux qui nous faut approcher plus humblement encore ?

    Une lecture honnête consiste peut-être à ne jamais laisser la source être kidnappée par un a priori, à ne pas permettre au texte d’être réduit ni à l’un des sens, ni à l’indécence.
    Delphine Horvilleur

  34. Pablo dit :

    M. le Pasteur,

    Pouvez-vous m’informer de ce qu’il en est à ce jour de la bénédiction publique dans le temple du mariage de deux personnes de même sexe ?
    Qu’en est-il au niveau de l’Oratoire et au niveau plus large de l’Église protestante unie ? La question a-t-elle été discutée, débattue depuis 2010 ?

    Fraternellement vôtre.

  35. Bonjour Monsieur
    Cette question va être débattue au cours des synodes régionaux cet automne, puis au synode national à l’ascension 2015.
    Amitiés

  36. André dit :

    La sodomie est elle interdite par Dieu Jusqu’à nos jours?

  37. Jésus n’a pas parlé de ça !
    Et à mon avis, il a bien fait.

  38. André dit :

    Ah ah ah…
    Pas mal comme réponse.
    Mais l’ancien testament en parle et l’apotre paul en parle, non?

  39. De toute façon, après Jésus-Christ, on ne peut pas lire la Bible comme un code de lois. Ni la Bible hébraïque, ni les lettres de Paul.

    Quant au reste, le cœur ne notre foi c’est la personne de Jésus-Christ.

  40. MARC dit :

    Paul avait il l’Esprit du Seigneur?

  41. Daniel Zimmer dit :

    Vous voulez dire qu’il l’avait dans sa poche ? Sûrement pas ! Il était humain, Paul, comme nous tous. C’est pas mal des religions d’humains, faites pour les humains… Et avec l’Esprit pour ne pas buter sur la lettre. Ni sur l’épitre.

  42. MARC dit :

    je ne comprends très bien votre commentaire.
    mais ma question fait suite à la réponse qui a été donnée à André: « Jésus n’a jamais parlé de ça ».
    Mais puisque vous parlez de lettres, je voudrais juste savoir si c’est poussé par L’Esprit du Seigneur que Paul désapprouve l’homosexualité dans dans ROM 1/26.

  43. Daniel Zimmer dit :

    Oui, Paul a écrit cela, et il a aussi écrit cela : 2 Corinthiens 5, 16 et suivants : « Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation ».
    Alors dans quel passage Paul était-il inspiré par l’Esprit, dans la condamnation, ou dans la réconciliation ?

  44. MARC dit :

    Ok, votre commentaire est intéressant à bien de niveaux:
    Vous confirmez que l’homosexualité est une offense à Dieu,selon le verset que vous citez; ce qui contraste beaucoup avec les réponses que j’ai lues sur le site.
    Vous confirmer que ce n’est pas une lecture littérale que comprendre que Paul a bien désapprouvé l’homosexualité car vous confirmez par votre question que Paul était inspiré dans les deux passages.( le mien et le votre)
    D’autre part, nous sommes tous les deux d’accord que Dieu est un Dieu de réconciliation et non de condamnation.
    Mais je souhaite que nous nous arrêtions un peu sur le mot réconciliation. vous êtes d’accord avec moi que c’est un mot composé. ré_conciliation suppose qu’une conciliation a été rompue, une communion a été rompue. qu’est-ce qui est l’objet de cette rupture? c’est l’offense. Dans le cas présent, c’est l’homosexualité. peut on être réconcilié avec Dieu Sans abandonner l’offense qui lui est faite? N ‘est-ce pas celui qui confesse ses transgressions et qui les abandonne, qui obtient miséricorde?
    certes Dieu ne nous impute pas nos offenses. mais continuerai-je à l’offenser au nom de sa bonté? continuerai-je de nouveau à crucifier Jésus-Christ?
    la suite du verset que vous avez cité nous dit que nous faisons fonction d’ambassadeur pour Christ. Que défend un ambassadeur? l’intégrité du pays qu’il représente. Certes il est formé à la diplomatie, mais, il ne perd pas le nord. Il doit réconcilier le monde avec Dieu, dans toute la diplomatie divine.
    à bientôt.

  45. Daniel Zimmer dit :

    Tout d’abord, je ne parle qu’en mon propre nom, c’est-à-dire, je n’impose de vérité à personne. Je me reconnais ensuite comme étant moi-même pécheur, bien que je ne sois pas homosexuel, car cela est de l’ordre de la condition humaine: l’homme, un homme « Adam », c’est-à-dire nous tous, sommes marqués par ce fossé qui nous sépare de Dieu. Ce n’est pas une liste d’actes interdits qui auraient été transgressés, c’est un statut existentiel. Nous ne pouvons qu’en être désespérés, mais ne pouvons pas nous en tirer par nous-mêmes, pas par nos propres forces. La fonction particulière du Christ vient là, à cet endroit précis où nous ne pouvons pas agir de nos propres forces, il vient apporter la réconciliation avec Dieu.
    Jésus n’est-il venu que pour ceux qui ont pu lui assurer qu’après cette rencontre, aucun de leurs actes, aucune de leur pensée ne seront plus susceptibles d’être considérés comme un péché? Non, il est venu vers les pécheurs que nous sommes tous, et il leur a donné la grâce de Dieu sans condition préalable.
    Matthieu 9, 10 et suivants : « Comme Jésus était à table dans la maison, voici, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec lui et avec ses disciples. Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples: Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie? Ce que Jésus ayant entendu, il dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez, et apprenez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ».
    Ce n’est donc pas à nous qu’il appartient de réconcilier le monde avec Dieu, Christ l’a déjà fait pour nous. Et cela me semblerait un péché de prétention, que de vouloir prétendre connaître la volonté de Dieu mieux que lui, bien que je pense que ce péché aussi vous soit remis !

  46. @ MARC, à propos de la réconciliation

    Le mot grec qui est traduit ici par « réconciliation » n’évoque pas tellement l’idée de retour en arrière (katallasso), mais est plutôt une avancée positive.

    Si c’était l’offense faite à Dieu qui était le problème initial résolu par cette réconciliation, ce serait Dieu qui aurait eu besoin d’être réconcilié avec l’homme, par l’action du Christ. Mais ici, c’est l’inverse qui est indiqué. Dieu n’a pas et n’a jamais eu besoin d’être réconcilé avec ses enfants. Mais c’est l’homme qui oublie son Dieu, qui lui tourne le dos, et c’est donc l’homme qui a besoin de se tourner vers Dieu. Et cette réconciliation n’est pas fondamentalement une question de morale (celle-ci n’est qu’un fruit) mais une question de confiance en Dieu et dans son amour.

    Et cette question de confiance en Dieu, de respect de Dieu, encourage à lui laisser le jugement des autres. Pourquoi est-ce que vous tenez tant que ça à dire que l’homosexualité serait un péché ? Si vous avez vous-mêmes une attirance homosexuelle et que pour vous-même et vous-même seulement, dans votre conscience affinée dans la réflexion et une ardente prière, vous pensez que ce n’est pas le chemin que Dieu veut pour vous, alors oui, persévérer dans un chemin que vous savez mauvais pour vous serait un péché. Mais il est bien souvent conseillé dans le Nouveau Testament de ne pas se faire juge des autres. Si vous n’êtes pas personnellement concerné par une attirance homosexuelle, il vaudrait mieux ne pas vous sentir investi de la mission de savoir si c’est juste et bon pour d’autres que vous. Aidez-les plutôt chacune et chacun, quelle qu’il soit, à se réconcilier avec Dieu au sens d’avoir envie de lui faire confiance comme une source d’amour, de pardon…

  47. MARC dit :

    Merci à Daniel et à Marc.
    je pense comme vous que nous sommes tous très mal placés pour juger les autres.
    Mais je pense qu’il ne faut pas perdre de vue l’objet de notre débat. la question posée est: bénédiction de couple homosexuels? Pour répondre à cette question, nous sommes obligés de nous pencher sur ce que Dieu pense de l’homosexualité?
    je pense que le débat continue parce que les avis divergent sur le fait que l’homosexualité est un péché ou non. si nous tombons tous d’accord que l’homosexualité n’est pas un péché, alors le débat est clos. Et la question du thème à l’ordre du jour ne se pose plus. Si nous sommes d’accord que l’homosexualité est un péché, alors c’est étonnant de se poser la question telle qu’elle est posée. car je ne pense pas que le pasteur Marc accepte de bénir un Voleur, un menteur, un meurtrier etc… qui se présentant à lui, parle en ces termes: Pasteur, je suis un tueur professionnel, j’ai un meurtre à commettre bénissez moi pour que je le reussisse. et comme c’est ce que je veux faire toute ma vie bénissez moi pour que mon statue soit reconnu officiellement. si cela peut poser un problème, nous comprenons pourquoi toutes ces prises de position.
    Maintenant je comprends moins bien pourquoi, si je prends une position contraire à la votre, je suis taxé de celui qui juge les autres. Mais n’est-ce pas un jugement que vous me portez aussi?
    j’aborde maintenant vos commentaires:
    – A Danielle, Matthieu 9,10 Le médecin qui vient pour le malade, vient pour le guérir ou pour que le malade soit encore plus malade lorsqu’il laisse une ordonnance, c’est pour suivre le traitement ou pour s’asseoir dessus?
    bien plus, il me semble,(si je me trompe arrêtez-moi), que vous défendez quelque chose et son contraire: c’est vous qui avez cité 2 cor 5/16-19 pour argumenter que Dieu est un Dieu de réconciliation. mais dans ce verset il est dit que nous avons reçu le ministère de la réconciliation et la suite nous dit que nous faisons fonction d’ambassadeur pour Christ pour réconcilier le monde avec Dieu. expliquez moi ce qu’est un ministre ou un ambassadeur? afin que je sache si je suis prétentieux ou pas.
    je pense que nous avons une grande responsabilité en tant que Chrétien et il est grand temps de prendre nos responsabilités.
    – A Marc, pour ce qui est du mot RECONCILIATION, une avancée positive peut elle se faire sans éradiquer le négatif? en mathématique le produit du négatif et du positif donne toujours du négatif. OK Dieu ne se résume pas à des lois mathématiques.Mais je pense que pour aider quelqu’un comme vous dites à faire confiance à Dieu comme source d’amour, de pardon, il faut aussi lui ouvrir les yeux sur la nécessité d’une repentance. car il n’y a pas de réconciliation sans repentance, il n’y a pas d’avancée positive sans abandon du passé négatif.
    Dieu a créé l’homme et la femme et il est dit qu’ils deviendront une seule chair.
    Dans la création Dieu a aussi créé des animaux. Nous nous poserons peut-être aussi la question dans un futur très proche: BENEDICTION DE COUPLE ZOOSEXUELS?
    je vous remercie

  48. Désolé, mais il me semble que si, vous portez un jugement sur les homosexuels. Car l’homosexualité n’est pas un acte, comme l’est le vol ou le mensonge puisque vous prenez ces exemples, l’homosexualité est une dimension de ce que sont certaines personnes sans que ce soit leur choix ni que ce soit une maladie. Dire à une personne homosexuelle qu’elle devrait se repentir de son homosexualité revient ainsi à lui dire de se repentir d’être elle-même, et ce genre de discours est source de bien de souffrances, de bien des drames dans les familles, de bien de morts physique. Quand en plus c’est fait au nom de Dieu, il y a des personnes, de vraies personnes très concrètes, souvent jeunes, à qui l’on dit qu’elles sont réprouvées par Dieu, non pour leurs actes mais pour ce qu’elles sont. C’est là que nous ne pouvons pas aller, en tant que chrétien, me semble-t-il, dans ce jugement non pas seulement des actes mais de la dignité de la personne, et encore pire, de sa dignité aux yeux de Dieu.

    Votre argument de dire que si l’on reconnaît le couple homosexuel dans l’église alors il faudra bientôt reconnaître la zoophilie, cet argument est tout à fait injurieux. C’est à peu près la même chose que de dire que si l’on accepte de bénir le mariage d’un homme et d’une femme on va bientôt devoir bénir le viol.

  49. Daniel Zimmer dit :

    La question récurrente, qui revient à chaque fois dans ces questions distillées de façon pernicieuse, est dans cette différence fondamentale entre une conception du péché comme une liste d’actes qui contreviendraient à la Loi, ou au contraire une conception du péché comme un statut de l’existence, de l’être-au-monde. Le nombre d’actes énumérés dans la loi mosaïque est d’une telle longueur que cela a fait très justement dire à Luther que la seule raison d’être de la Loi était de faire désespérer l’homme, car jamais personne ne pourrait parvenir à remplir TOUTES les conditions de la loi, ce qui ramène dès lors la condition de pécheur précisément à son statut existentiel. Bien sûr Dieu n’est pas un pervers qui nous mettrait à l’épreuve d’une liste de règles que nous serions dans l’incapacité de tenir, mais simplement, ce dont la grâce de Dieu va nous libérer, c’est de l’IMAGINAIRE d’un Dieu que NOUS pensons exigeant de tout et de rien, intrusif dans le contenu de ce que nous mangeons, buvons, pratiquons comme sexualité, etc… La grâce nous libère d’un Dieu imaginaire purement fantasmé comme tyran, pour nous donner, à travers Christ, un Dieu agissant, intime, qui aime et réconcilie, et qui aime à partager le repas et la bénédiction, même et SURTOUT avec ceux que la morale du temps réprime ou réprouve.

  50. Amen !
    Autrement dit : super.

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