S'abonner par :
 rss
 email

Question d’un visiteur :

Hitler avec les pasteurs Müller et Schachleitn

Hitler avec les pasteurs Müller et Schachleitn


Pourquoi l’Eglise Protestante de France ne parle-t-elle que très rarement de son passé sous l`occupation où, si oui, seulement avec un des deux oeils bien fermé? Il semble qu’on préfère critiquer les autres acteurs sur la scène du temps.

La pétition personnelle des pasteurs à Adolf Hitler de rendre le Munster de Strasbourg à l’Eglise Protestante, parce qu`on se considérait comme des fort bons National-Sozialistes, beaucoup plus que tous les autres, semble bien oubliée. Aussi du « bien venu » cordial aux correligionaires d`Outre-Rhin on ne parle à peine. C`est vrai qu`on était bien contre Pétain et Vichy, mais on avait des sentiments fraternels pour l`envahisseur majoritairement Luthérien. Souvent les faits historiques sont camouflés derrière un beau maquillage. A-t-on jamais parlé du silence d`Albert Schweitzer au sujet des Juifs dans les camps de l`Est? Le Docteur de Lambaréné ne savait pas tout, mais il était bien informé par ses réseaux allemands.. Un jour, il faut enterrer le passé, mais après une mise sur table de toute la vérité aussi par les Eglises.
Dr. Jürg Gottstein

Réponse d’un pasteur :

Cher monsieur

Vous avez bien raison de nous rafraîchir la mémoire. Et comme vous le dites, pour son propre cheminement il est utile d’ouvrir les yeux sur son passé. Il est très facile pour nous de pousser de dénoncer l’attitude du pape Pie XII pendant la 2e guerre mondiale et d’exalter Bonhoeffer et le comportement des protestants du Chambon… il serait sans doute chrétien et utile, de chercher également ce que Pie XII a quand même fait de bien dans ces circonstances, et d’ouvrir les yeux sur ce que des protestants ont manqué de faire ou ont malheureusement fait.

Cette démarche est utile et bonne. Elle est utile pour ce qui est de l’histoire comme elle est utile pour notre propre histoire, dans le regard que nous portons sur ce que nous avons vécu, dans ce que nous avons pensé, ce que nous avons fait.

C’est ce que l’on appelle la repentance. Il ne s’agit pas de se culpabiliser, mais au contraire de se mettre en situation d’avancer avec le pardon et l’aide de Dieu. Mais c’est aussi la bienveillance et la louange, pour se réjouir grâce à lui et avec lui de ce qui a été beau.

Avec mes amitiés respectueuses

Marc Pernot

Articles similaires :

5 Réponses à “Les protestants pendant la 2e guerre”

  1. J-P. Gottstein dit :

    Cher Pasteur Pernot

    Merci pour votre mot bien réfléchi , nuancé et fort sympathique . Vous mentionnez Bonhoeffer; c`était vraiment un grand homme, un chrétien exemplaire et une lumière dans la nuit profonde. Il a payé avec sa vie. Dans la cathédrale anglicane de Canterbury il est vénéré à coté des saints de notre temps. Deux autres personnages, bien que hostiles au système hitlerien, Karl Barth et le Pasteur Niemöller, sont aujour d`hui, dans mes yeux, souvent trop exaltés; tous les deux ne cachaient pas leur antisémitisme et acceptaient meme l` ìntroduction des paragraphes raciales au sein de leurs églises. Mais, comme vous le dites bien : il faut pas culpabiliser. Nous ne connaissons pas nos réactions dans des telles situations. Aurions nous été des héros et des saints?

    Avec mes remerciements et bons voeux!

    J.P.G.

  2. Le dernier numéro d’Evangile et liberté va un peu dans le sens de JP Gottstein avec cet éditorial de Bernard Reymond :

    Voici quelques exemples particulièrement répréhensibles qui entachent la mémoire protestante : le bûcher de Michel Servet à Genève ; les noyades d’anabaptistes à Zurich et dans le canton de Berne ; les profits que des protestants ont tirés de la traite des noirs ; les justifications de l’esclavage par des pasteurs sudistes au dix-neuvième siècle ; celle de l’apartheid par trop de pasteurs et de théologiens boers en Afrique du Sud ; le refoulement des « peaux-rouges » dans des réserves, voire leur extinction, par des colons protestants nourris du mythe biblique de la conquête d’un « nouveau monde » ; ou encore la manière dont tant de protestants ont allègrement confondu l’évangélisation de la Planète et le triomphe de la civilisation occidentale. Déjà longue, cette liste ne cesse hélas de s’allonger, par exemple sous la forme du terrorisme intellectuel qu’exercent certains cercles créationnistes en Amérique et ailleurs dans le monde.

    Être protestant relève toujours d’un choix, non seulement au sein des différentes formes de christianisme, mais encore entre les divers courants issus de la Réforme du seizième siècle. C’est la raison de notre attachement à un protestantisme « libéral ». Mais lui non plus n’est pas exempt de dérapages, de contradictions, de faux-pas, d’esprit de parti. Que vous partagiez ou non nos opinions, amis lecteurs, appliquez-vous avec nous à déjouer les pièges que ne cesse de nous tendre une trop grande satisfaction de nous-mêmes. Ne nous lassons jamais de lire et relire la parabole de la paille dans l’oeil du voisin et de la poutre dans le nôtre.

    voir Evangile et liberté

  3. lapinou dit :

    Bonjour,Martin Luther ou Jean Calvin deux personnes protestantes qui on fait beaucoup de bien,pouvons nous en dire autant? Toi même tu nous le dis ne regarde pas la paille dans l’oeil du voisin regarde plûtot la poutre qui es dans le tiens.Es tu déjà aller dans un temple protestant? Sais tu ce que l’on enseigne et comment il doit être perçu? En ce qui me concerne je ne suis pas du même avis que le tiens,et c’est la seule(ma seule famille)c’est le seul endroit qui m’ont acceilli les bras ouvert,quant peu de temps avant (2 mois)j’avais appris que j’avais une sclérose alors que (les connaissances) de ma propre famille m’ont délaisser,alors apprend à:connaitre aimer et à respecter et tu pourra alors parler de chose que tu connais.A+

  4. Bravo, votre témoignage est fort.

    Parfois, tout de même, il n’est pas mauvais de dénoncer ce qui ne va pas. Parfois, il est utile de rappeler que nos grands réformateurs (dont nous sommes extrêmement reconnaissants pour ce qu’ils ont fait de bien et pour leurs qualités), n’étaient pas parfaits, qu’ils n’étaient pas Jésus Christ, et que c’est donc de lui seul qui est notre référence ultime, pas Luther ou Calvin.

    Mais vous avez tout à fait raison, il faut être positif, bienveillant, généreux, reconnaissant… Merci du rappel.

    Cela dit,

  5. PAT dit :

    C’est vrai qu’il faut être nuancé. Ne pas oublier, les maquisards cévenols, les Justes, les résistants et français libres protestants, l’homme qui a sauvé Londres, Hollard, André Philipp et tous les autres.N’oublions pas que dans l’entourage de Pétain, il y avait des protestants venant souvent du Cercle Sully, groupe protestant nationaliste et monarchiste.
    Il n’ a aucune étude sur ce Cercle à ce jour ? Et aussi le sinistre Amiral Platon, pro nazi militant.
    Pat, fils de résistant-déporté.

Laisser un commentaire