S'abonner par :
 rss
 email

Hans Kung

Hans Kung

Il n’y a pas que les catholiques qui puissent s’exprimer sur cette crise qui s’amplifie de jour en jour. Nous sommes tous concernés, car s’il y a crise interne, il y a aussi une distance de plus en plus marquée entre les instances de l’Eglise catholique actuelle, c’est-à-dire le pape et la curie romaine, et la société civile.

Le journal Le Monde, dans son édition du Dimanche 18 au Lundi 19 avril, vient de publier un long article dans lequel Hans Küng, qui fut, avec le futur Benoit XVI, l’un des deux plus jeunes théologiens du Concile Vatican II (1962-1965), fait le bilan de cinq ans de pontificat et avance des propositions pour sortir de la crise.

Ce bilan et ces propositions nous interpellent tous, les chrétiens comme les agnostiques, car la crise que vit l’Eglise catholiques à déjà des répercussions sur l’ensemble de la société. Il me paraît important de résumer dans ce blog, cette intervention pour que ceux qui n’ont pas pu lire l’article du Monde, puissent en prendre connaissance.

Commençant par analyser le pontificat de Benoit XVI, il dit qu’il se présente comme celui des occasions manquées :

  • Manqué le rapprochement avec les églises protestantes.
  • Manqué, l’accord durable avec les juifs à partir du moment où il a réintégré des prélats schismatiques notoirement antisémites et poussé à la béatification de Pie XII.
  • Manqué le dialogue ouvert avec les musulmans, lorsque dans son discours de Ratisbonne il a caricaturé l’islam en religion violente.
  • Manquée, la réconciliation avec les peuples autochtones colonisés d’Amérique latine.
  • Manquée l’opportunité de venir en aide aux peuples africains dans leur lutte contre la surpopulation par la contraception et l’utilisation du préservatif.
  • Manquée l’occasion de faire la paix avec la science moderne par la reconnaissance sans équivoque de la théorie de l’évolution et la tolérance pour les recherches sur les cellules souches.
  • Manquée la chance de faire de l’esprit de Vatican II la boussole de l’Eglise catholique et de faire avancer sa réforme. Concernant ce dernier point, Hans Küng souligne que c’est particulièrement grave, car le pape n’a de cessé de relativiser la portée des documents du concile et les interprète dans un sens rétrograde.Ce faisant, il a agi ouvertement contre le concile qui selon le droit canon constitue la plus haute autorité de l’Eglise catholique. Ainsi :
  • Il a réintégré sans condition les évêques intégristes de la Fraternité Saint Pie X.
  • Il a encouragé par tous les moyens le retour à la messe tridentine (en latin et dos aux fidèles)
  • Il n’a pas mis en œuvre les accords pris avec l’Eglise anglicane.

Il a nommé systématiquement à la tête de l’administration vaticane des adversaires du concile et des évêques réactionnaires.

A tous ces facteurs de crises s’ajoutent désormais le scandale des abus sexuels dont des prêtres se sont rendus coupables sur des milliers d’enfants dans le silence d’une hiérarchie pilotée par le préfet de la congrégation des rites dirigée de 1981 à 2005 par le cardinal Ratzinger lui-même.

Face à cette situation, Hans Küng avance six propositions :

  1. En finir avec la loi du silence. En choisissant le silence les évêques se rendent complices de ces dérives graves.
  2. Prendre les réformes en main. Evêque, prêtre ou laïc, chacun doit dans sa sphère d’influence, grande ou petite apporter sa pierre à la revitalisation de l’Eglise.
  3. Aller de l’avant collégialement, collégialité du pape et des évêques décrétée par le concile.
  4. La soumission totale n’est due qu’à Dieu seul : lors de leur intronisation, les évêques font vœu d’obéissance absolue au pape. Mais une obéissance totale n’est jamais due à une autorité humaine, mais à Dieu seul.
  5. Résoudre les problèmes au niveau local. Hans Küng aborde ici la question du mariage des prêtres, en disant que ceux qui après mûre réflexion envisageraient de se marier ne devraient pas être ipso facto déchus de leur ministère.
  6. Exiger un concile : de même qu’il a fallu convoquer un concile pour réformer la liturgie et promouvoir la tolérance religieuse, de même le caractère urgent du problème de la réforme en requiert un autre.

Hans Küng termine son analyse en adjurant les évêques de mettre dans la balance le poids de leur autorité Un nombre inimaginable de gens ont perdu confiance en l’Eglise. Seul un abord ouvert et franc des problèmes et des réformes que ceux-ci impliquent est en mesure de la restaurer. Je demande avec tout le respect qui est du aux évêques, qu’ils y contribuent, autant que possible en commun mais, si nécessaire, aussi seuls « avec assurance » (Actes des apôtres 4, 29-31) Ainsi adresseront-ils aux fidèles un signe d’espérance et d’encouragement, et, à notre Eglise une perspective de salut.

Articles similaires :

30 Réponses à “Comment l’Eglise catholique peut-elle sortir de la crise actuelle ?”

  1. KTOvox dit :

    Excusez-moi mais M. Küng prêche pour sa paroisse et son agenda. Nous ne sommes pas dupes sur les interférences provoquées par ce M. Küng et son pendant français M. Gaillot.

    Hans Küng n’est plus crédible pour un grand nombre de catholiques

    Entre nous, que viennent faire des protestants dans ce genre d’affaire. Depuis quand les protestants de France désirent résoudrent les difficultés de l’Eglise catholique romaine ? Je pense qu’ils feraient mieux de régler leurs propres problèmes avant de s’ingérer dans les affaires de l’Eglise catholique comme le fond les juifs-sionistes et le monde anglo-saxon-protestant.

    KTOvox

  2. samuel Le Goff dit :

    KTOvox, votre commentaire est profondément éclairant du repli communautaire que vivent les catholiques pratiquants !

    Votre réponse, c’est : De toute manière, Kung est un vieux con que personne n’écoute, et occupez de vous vos affaires. Seuls les catholiques « dans la ligne officielle » sont habilités à s’exprimer.

    Parce que vous croyez que Benoit XVI ou le cardinal Bertone soient crédibles pour un grand nombre de catholiques ? parce que vous croyez que la morale sexuelle prêchée par le Vatican est suivie à la lettre par les fidèles ? Vous ne devez pas souvent en rencontrer…

    Concernant la participation des protestants, on voit que vous n’avez aucune conscience de ce qu’est être minoritaire. Les problèmes des catholiques ont forcement des répercutions sur les protestants, notamment en France, où trop souvent, on utilise abusivement catholique comme synonyme de chrétien. De fait, on se retrouve dans la même barque, parfois bien malgré nous, du fait des simplifications médiatiques. Si celle-ci prend l’eau, on est quelque part concerné car on en subit parfois des dommages collatéraux.

    C’est triste de voir comment vous accueillez les mains tendues, en nous assimilant à des juifs sionistes et à des évangéliques américains.

    Si vous voulez continuer à rester dans votre tour d’ivoire, c’est votre problème.

  3. benoite dit :

    Tout à fait d’accord avec samuel sur les points qu’il évoque.
    je reviens vers KTOvox :
    « que viennent faire des protestants dans ce genre d’affaire » ?
    Peut-être que le fait de ne pas vouloir tenir compte du regard des autres, car c’est bien ce dont il s’agit, peut à priori paraitre plus confortable : « ce qui n’est pas nommé n’existe pas. »
    mais à la réflexion, est-ce que ce souci de l’autre ne vaut pas mieux que l’indifférence ?
    ne vaut pas mieux qu’un silence dont on sait trop bien ce qu’il recouvre ?
    nous pouvons nous occuper de nos affaires..mais est-ce que cela nous exempt du souci de l’image de la chrétienté dans son ensemble, image que nous partageons puisque tous chrétiens, catholiques et protestants, image dont nous sommes responsables aussi : ce que l’on donne à voir du peuple dont nous nous réclamons, et ce que cela signifie.
    Il me semble qu’il s’agit plus d’un souci que d’un jugement, même si, les media aidant, on peut confondre.
    si l’institution se doit d’être forte, cela lui sera plus facile dans la sérénité, donc en regardant au plus profond d’elle-même et de ses structures : je précise que cette réflexion n’engage que moi, tout au moins pour le moment.

  4. Tigreek dit :

    Il me semble que ce blog devient de plus en plus propice au « catho-bashing », et cela m’attriste…

  5. benoite dit :

    Nous ne lisons assurément pas le même blog Tigreek, car je ne lis aucune agression.
    Nous avons les uns et les autres des contacts sains et souvent sympathiques entre catholiques et protestants, mais est-ce que cela nous oblige à parler et à dire uniquement « politiquement correct » ?
    on peut bien sûr adopter un discours convenu, mais qui trompera-t-il ce discours ? à quoi servira-t-il ?

  6. samuel Le Goff dit :

    Tigreek, si dire que l’église catholique traverse une passe difficile en ce moment, si reprendre une critique de la manière dont cette crise est gérée, c’est faire du catho-bashing, cela interdit de fait de parler du catholicisme.

    Vous rejoignez un peu KTOvox dans sa position de citadelle assiégée, où toute remarque ou critique est prise pour une agression. Ce n’est pas comme ça que vous allez vous en sortir !

  7. Dauge dit :

    Le réquisitoire de Hans Küng est un modèle du genre : pas un mot sur le courage de Benoit XVI qui restera le premier pape grand rassembleur de la chrétienté dispersée par la faute de nos ancêtres qui n’ont pas été capables de se mettre d’accord sur des sujets dérisoires qui nous divisent encore.
    Non il n’y a pas de citadelle assiègèe à Rome mais un vieillard qui ose enfin prendre à bras le corps les sujets que ses prédécesseurs n’ont pas eu le courage d ‘aborder.

    Signé : Francisco

  8. Vous avez raison, il faut chercher à voir le positif en toute personne, pas seulement le négatif. Cela est valable aussi vis à vis de Benoit XVI, qui mérite, comme toute personne, puissante ou humble, un peu de bienveillance.
    Cela dit, je ne sais pas si je retiendrais comme qualité à ce pape celle d’être un grand rassembleur de la chrétienté. Ce n’est vraiment pas l’impression que nous avons dans les églises protestantes, et encore moins en tant que chrétiens de sensibilité libérale. Au contraire, cela fait des années qu’il fait preuve à notre égard d’une agressivité assez surprenante et de gestes limitant au maximum les gestes œcuméniques heureusement venus après le bénéfique concile de Vatican II.
    Je serais plus d’accord avec votre second point. Oui, Benoit XVI est un théologien profond, qui a le mérite de faire de la théologie, de prendre du temps pour cela, et d’encourager ainsi les chrétiens à réfléchir, à faire eux-mêmes de la théologie. Nous pouvons être reconnaissants pour cette œuvre.

  9. Dauge dit :

    Marc il me semble que Benoit XVI a fait un geste généreux face aux adeptes de Mgr Lefèvre en reconnaissant 3 évêques dont l’un doutait de l’existence des chambres à gaz. Le pape n’est pas toujours bien renseigné, ne l’accusons pas de révisionisme. Il a fait « machine arrière ».
    La messe « tridantine » est célébrée sans créer de remous dans les diocèses.
    Concernant les protestants ceux de l’Eglise anglicane ont établis des liens avec Rome mais un pareil rapprochement ne se fait pas en un jour. Le voyage prévu en Angleterre en septembre prouve la détermination de ce pape pour faire avancer les choses et les moqueries des humoristes ne le feront pas renoncer.
    Je n’avais pas conscience de l’agressivité de Benoit XVI vis à vis des autres Eglises réformées. Son prédécesseur avait-il une autre conception de l’oeucuménisme ?

  10. L’accueil de Benoit XVI aux intégristes catholiques serait un geste de rassemblement s’il avait par ailleurs ouvert la porte aux extrémistes de l’autre côté de l’évantail, aux libéraux comme Hans Kung. Mais ce n’est pas le cas. Cet accueil surprenant de personnes qui ne reconnaissent toujours pas le Concile de Vatican II est plus un virage qu’une ouverture.

    L’ouverture aux anglicans traditionalistes a plutôt été pris comme une agression de la part de la communion anglicane que comme un geste de paix, un appel à la division dans cette église pour en arracher un morceau.

    Au début du ministère de Jean-Paul II, il y a eu de beaux gestes, en particulier la prière interreligieuse à Assise. Mais à la fin de son ministère, il y a eu un refroidissement assez fort de l’œcuménisme. Le pape a commencé à dire que les églises protestantes n’étaient pas de véritables églises, il a interdit qu’un non prêtre donne l’homélie dans une messe catholique ce qui a empêché les échanges de chaire entre deux paroisses catholique et protestante voisines, il a interdit tout accueil eucharistique même pour des couples œcuméniques ou pour des célébrations communes… et cela ne va pas tellement mieux avec le pape actuel. Mais Là encore, vous avez raison, on peut retenir finalement de Jean-Paul II le geste d’Assise, soyons positifs et bienveillants.

  11. Dauge dit :

    Personnellement je n’ai pas le même ressenti, nos frères protestants sont présents sur Radio Chrétienne en France où ils commentent fréquemment l’évangile du jour et à ma connaissance il n’y a aucune protestation ce qui semble indiquer qu’à la base les mentalités évoluent. En haut lieu le « gardien de la foi » semble fermer les yeux sur ces intervenrions qui s’adressent à des centaines de milliers d’auditeurs puisqu’elle sont répétées plusieurs fois chaque matin.
    Il y a 2 ou 3 ans c’est une dame pasteure qui avait fait le commentaire d’Evangile le jour du 15 août, fête de l’Assomption, insistant sur le modèle qu’était la Vierge Marie. Sur KTO la chaine de l’information catholique il y a des discussions avec des pasteurs sur les points dits « litigieux » entre nos confessions.
    C’est de la base que partent les évolutions, pas du sommet qui est obligé d’en tenir compte un jour ou l’autre.
    L’évolution va vers un certain désintérêt des fidèles pour problèmes théologiques et un besoin d’unité face au matéralisme ambiant.

  12. Tout à fait d’accord sur le sentiment d’union profonde qu’ont la plupart des fidèles catholiques et protestants (sauf les extrémistes catholiques, ou les extrémistes protestants, bien entendu). Cela se ressent très bien, en particulier dans les groupes bibliques œcuméniques qui sont vraiment sympas et bien suivis, pour les mariages œcuméniques, à la radio, la télé, les journaux comme La Croix… Comme vous le dites, face au matérialisme et au manque de tout idéal d’une majeure partie de la population française, nous nous sentons (si je puis dire) dans le même camp, et non plus dans des camps opposés avec les autres chrétiens, et à un moindre titre mais quand même aussi, dans le même camp que les juifs et les musulmans (en tout cas ceux qui ne sont pas intégristes)

    Pour ce qui est des papes, il n’en est pas de même. Mais comme me le disait un collègue prêtre : Rome est loin…

  13. jean dit :

    Je crois que les différences entre confessions chrétiennes sont finalement très mineures , surtout quand on les rapporte à ce qui nous rassemble .La formulation de la foi (le credo ) est identique ou quasi identique entre catholiques , orthodoxes et protetants .

    Les chrétiens des premiers siècles étaient me semble t’il bien plus séparés que nous le sommes actuellement (d’où les différents conciles à répétition étalées sur plusieurs siècles pour définir avec des concepts philosophiques la nature de Jésus par rapport à DIeu.

    En fait , j’ai l’impression que la seule différence actuelle entre confessions tient à la gouvernance de l’Eglise : la papauté défend un modèle monarchique irrecevable depuis les « Lumières », alors que les Eglises de la Réforme ont opté pour un mode de fonctionnement plus « interfaçables  » avec le monde moderne

    En tant que catholique , j’avais trouvé particulièrement insultante la déclaration « Domine Iesus « de Joseph Ratzinger ( cardinal à l’époque) quir traitait les Eglises protestantes de communauté ecclésiales et non d’Eglises

  14. Dauge dit :

    Faut-il revenir aux premiers siècles où le nom de « chrétiens » recouvrait des « gnôses » les plus diverses qui au fil des siècles dans la pensées des Pères de l’Eglise, puis dans la décison des grands conciles se sont exprimées dans des dogmes si décriés ?

    « C’est le propre de la charité que de tout supporter et de céder à tout le monde. A l’opposé il appartient à la foi de n’accepter jamais une atteinte si petite
    soit-elle et de ne rien céder à personne » (Luther, commentaire des galates 5/9).
    N’est pas ce qui justifie l’unité des chrétiens dans une structure unique ?

  15. jean dit :

    Nest ce pas ce qui justifie l’unité des chrétiens dans une structure unique?
    Je suis bien sur pour l’unité des chrétiens , notamment avec nos frêrs protestants mais est -il nécessaire de la concevoir dans le cadre d’une structure unique? S’il n’y avait pas eu la réforme , Jean Sébastien Bach aurait certainement été un musicien génial mais il n’aurait pas composé de cantates ! En tant que musicien j’aime autant les chroals luthériens que les motets de Palestrina ou le chant grégorien( peut-être même plus); tout cela pour dire que la diversité nous enrichit , elle rend le monde plus beau ; la divison par contre nous appauvrit car elle refuse de voir la richesse de l’autre;
    il faudrait donc imaginer une structure unique si , structure unique il doit y avoir où la diversité serait acceptée ; il faudra de l’imagination pour celà mais l’esprit saint en a plus que nous!

  16. Francisco dit :

    BOEGNER, Marc, Caréme Protestant 1957.
    « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui (Jean 19/25-27)

    Le pasteur BOEGNER, Marc (carème 1957) nous rappelait ma mission de Marie :
    « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui » (Jean 19/25-27)

    « Marie ! Est-il un seul de mes auditeurs qui n’ait éprouvé une émotion douloureuse en se trouvant soudain devant une mère qui sait que, dans peu d’heures, son fils aura cessé de vivre ? Ainsi, maintenant, sommes-nous devant Marie qui regarde silencieusement Jésus agonisant sur la Croix. Et, de la voir ainsi en pleine lumière, avant que des vagues de ténèbres ne déferlent sur le Calvaire, nous sommes tous, je m’assure, remués jusqu’au plus intime de notre cœur »
    Marc Boegner ajoute : « maintenant, sommes-nous devant Marie qui regarde silencieusement Jésus agonisant sur la Croix. Et, de la voir ainsi en pleine lumière, avant que des vagues de ténèbres ne déferlent sur le Calvaire, nous sommes tous, je m’assure, remués jusqu’au plus intime de notre cœur ».

    Prier Marie d’intervenir auprès de son Fils est-ce aujourd’hui « prier une morte » ?

  17. benoite dit :

    dans les religions où on observe un culte marial, comme le catholicisme, il semble aller de pair de pouvoir prier marie.

    est-ce que Boegner, même avec son émotion serait allé jusqu’à prier marie ? rien ne (me) permet de le supposer.

  18. Hideyuki dit :

    @ pasteur Marc Pernot :
    Je voudrais revenir sur quelques unes de vos remarques.
    Tout d’abord une question : Qu’appelez vous integriste catholique ? Moi j’ai ma propre réponse mais j’aimerai que vous m’en donniez une claire, avec des critères précis pour rentrer dans cette catégorie (c’est à dire autre chose que « méchant réactionnaire » ou « saleté de conservateur »). Ce n’est pas le tout d’étiqueter les gens, il faut aussi savoir de quoi l’on parle.
    Je reviens enfin sur votre phrase « on peut retenir finalement de Jean-Paul II le geste d’Assise ». Pour moi c’est justement une des rares erreurs de JP II : cela semble vouloir encourager le relativisme et le synchrétisme, qui sont très négatifs et préjudiciables.

    @ Jean :
    Vous dîtes que vous regrettez que le pape ne dise pas de vous que vous formez votre Eglise propre. Cela est dû à deux conception inconciliables : celle catholique et celle protestante (qui est malheureusement partagée par certains cathos, surtout en France). Pour les protestants, fait partie de l’Eglise du Christ tous ceux qui se réclame de lui ; ils se répartissent ensuite en diverses « Eglises » selon leurs croyances. Les catholiques considère que il n’y a qu’une seule Eglise du Christ, l’Eglise catholique. Comme on le dit dans le credo : « unam, sanctam, catholicam, et apostolicam Ecclesiam. ». Si il y a plusieurs « Eglises », cela ne peut être qu’une question de localisation et pas de difference de Foi ; exemple : Eglise du Morbihan = diocese de Vannes. Tous les chrétiens sont en communion avec l’Eglise catholique, qui est celle du Christ. Mais pour certain, comme vous les protestants, la communion est imparfaite : vous refusez certains dogmes de l’Eglise, et vous n’êtes pas dans sa hiérarchie. Mais en aucun cas vous ne pouvez prétendre fonder une « Eglise ».

  19. A mon avis, quand on dit qu’il n’existe qu’une seule véritable église : la sienne, ou quand on dit qu’il esxiste une seule véritable religion : la sienne, on est déjà intégriste. Cela dit, on a le droit de penser cela, bien entendu.

    Sans entrer dans le « relativisme » honni par certains, on peut avoir des convictions personnelles sans être pour autant intégriste, en disant de sa façon d’être chrétien, par exemple : c’est ici le sentier, le point de vue, la confession de foi, les rites… qui me conviennent le mieux et qui me semblent être les plus fidèles à la volonté de Dieu.

    Quand le crédo évoque « unam, sanctam, catholicam, et apostolicam Ecclesiam » le mot « catholicam » signifie « universel » et non pas « catholique romain ». C’est très volontiers que nous reconnaissons l’église catholique romaine comme membre de l’église universelle, de l’église une et sainte qui est l’église du Christ.

    Comme le dit l’apôtre Paul, il y a diversité de membres dans le corps, mais unité par l’Esprit, en Christ :

    Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation;
    il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
    un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous.
    (Ephésiens 4)

  20. Francisco dit :

    A la manière du pasteur Martin Luther King, I Have a Dream (« Je fais un rêve ») on peut souhaiter qu’un jour nous chantions la gloire de Marie tous réunis à Lourdes, Catholiques et protestants de toutes les tendances enfin unis dans un même élan d’espérance.

  21. DELPECH dit :

    Je ne suis qu’un simple fidèle de l’église catholique et ne prétends pas me mesurer aux personnes possédant une culture théologique qui fréquentent ce site. Depuis Vatican II, je regrette la disparition du culte tridentin. Cependant je me sent très éloigné de la Fraternité Saint Pie X, qui véhicule des idéaux nauséabonds à l’opposé de l’enseignement du Christ. Ces personnes sont tout à fait comparables aux prètres du temple qui reprochaient à Jésus de ne pas suivre les lois. Sur bien des points, je ne suis pas en accord avec nos frères réformés ou protestants ce qui ne m’ empêche nullement de les aimer et de les admirer, car et la est le principal: nous adorons le même Dieu. Et Jésus n a t’il pas dit  » aimez vous les uns les autres ». Notre conduite, notre jugement deviennent claires, si l’acte que je commet va vers l’amour, il a de forte chance d’être bon et si ce n’est pas le cas, il est nécessairement mauvais. Bien sur je sais qu’il est des situations ou les choses ne se présentent pas si facilement, mais l’homme a été pourvu de la faculté de raisonner et le Chrétien se doit d’être ouvert, ainsi que de s’aider par la prière. Voila ce que m’inspire la lecture des messages précédent et surtout ne péchons pas par désespérance.

  22. Merci pour ce témoignage de foi et d’esprit fraternel. Ça devrait être évident, naturel… Ça l’est dans une certaine mesure, mais les haineux font tant de bruit qu’on a parfois l’impression que le bon esprit est rare. Ou que les gens qui respectent les autres son des mous sans convictions. Merci donc de montrer que vous avez des convictions personnelles et du respect, que les deux ne sont pas incompatibles.

    Je comprends que l’on aime la messe en latin. A l’Oratoire nous aimons, nous aussi (mais à notre façon), une forme de culte très classique, voire « vintage », et une prédication novatrice et posant des questions (j’espère). Il existe d’autre sensibilités, c’est normal.

    À Saint Germain l’Auxerois, à quelques centaines de mètres de l’Oratoire, il y a une messe en latin le dimanche matin, mais le père Schubert m’a l’air un homme intelligent, cultivé, il est de plus amical pour son collègue pasteur. Comme quoi…

  23. Francisco dit :

    Le pape vient ainsi béatifier ce matin une grande figure intellectuelle le Cardinal John Henry Newman dont la pensée est très proche de la sienne. Newman dénonça les dérives libérales de son époque, et Benoît XVI n’a de cesse de mettre en garde nos sociétés contre les dangers du relativisme. Au Cofton Park, il vient béatifier ce 19 septembre 2010 son jumeau spirituel.
    Nul doute que cette nouvelle réjouira l’ancien curé de Lucerne, Hans Kung qui reproche à Benoit XVI de n’avoir pas mis en oeuvre les accords pris avec l’Eglise Anglicane.(voir ci-dessus son article publié dans Le Monde du 18 avril).).
    Pourtant un statut particulier a été créé à Rome pour les anglicans qui se convertissent. Ils conservent leurs rites et leurs commuinautés.

  24. benoite dit :

    « A la manière du pasteur Martin Luther King, I Have a Dream (« Je fais un rêve ») on peut souhaiter qu’un jour nous chantions la gloire de Marie tous réunis à Lourdes, Catholiques et protestants de toutes les tendances enfin unis dans un même élan d’espérance. »
    euh..pourquoi pas à Paris ou à Genève ?

    « Pourtant un statut particulier a été créé à Rome pour les anglicans qui se convertissent. Ils conservent leurs rites et leurs communautés. »
    où se situe alors le changement pour eux ?
    la reine de GB est-elle toujours « chef » de l’église anglicane ?
    merci de cette information Francesco..cela parait un premier pas très intéressant, on peut imaginer que cette avancée des petits pas continue : mais dans quelle direction, et avec quelles compromissions ?

  25. Francisco dit :

    Benoite vous trouverez ces renseignements en mettant sur Google le sujet : constitution apostolique anglicanorum coetibus.
    Bonne lecture.

  26. benoite dit :

    oh ! francesco : vous ne pourriez pas répondre ici, juste une brève synthèse ? d’avance merci. cela permettrait un vrai débat ?

  27. Cet « accueil » des anglicans traditionalistes c’est un peu profiter des difficultés actuelles dans la communion anglicane à propos de l’ordination de femmes évêques et de l’accueil des homosexuels dans certaines églises anglicanes.

    On peut se demander si cette invitation du pape à ce que des anglicans passent dans son église n’est pas un petit peu quand même profiter des difficultés de son frère pour essayer de le dépouiller, non ? Qu’il accueille ceux qui quittent la communion anglicane, c’est très bien. Qu’il invite officiellement les anglicans à quitter leur église pour aller dans la sienne, c’est un peu plus limite, non ?

  28. jean dit :

    Le pasteur Pernot a écrit :On peut se demander si cette invitation du pape à ce que des anglicans passent dans son église n’est pas un petit peu quand même profiter des difficultés de son frère pour essayer de le dépouiller, non ? Qu’il accueille ceux qui quittent la communion anglicane, c’est très bien. Qu’il invite officiellement les anglicans à quitter leur église pour aller dans la sienne, c’est un peu plus limite, non ? »

    Je partage votre avis ; il s’agit effectivement d’une stratégie de partage des dépouilles et n’a rien à voir avec une démarche oecuménique .Le pape profite des difficultés nombreuses de l’anglicanisme pour faire son marché auprès des traditionnalistes qui n’acceptent pas l’ordination des femmes et le libéralisme théologique.Il y a toujours eu des va et viens entre les catholiques et les anglicans ;mais là Il s’agit d’un mouvement inédit de grande ampleur avec des paroisses entières qui vont franchir le pas et rejoindre Rome.On comprend la stupeur et l’indignation de l’archevêque de Canterbury . C’est , à la limite comme si au moment de la crise des affaires de pédophilie, des représentant de l’Eglise réformée de France avaient incité des fidèles catholiques en désarroi à venir grossir le rang du protestantisme ! Quelle aurait la réaction de l’Eglise catholique?

    En tant que catholique j’ai , depuis l’affaire Williamson une tendance à me méfier des convertis anglicans :( voilà ce qui arrive quand on prend les éléments les plus intégristes d’une tradition ) mais il ne faut sans doute pas généraliser!

  29. Francisco dit :

    Benoit XVI a, comme c’est son devoir, le souci de l’unité de l’Eglise. Comment pourrait-on lui reprocher cette ouverture à ceux qui frappent à la porte du Vatican ? Devrait-il les repousser en raison de leurs rites tridentins et de leur refus du célibat obligatoire des prêtres ?
    S’il s’agit d’un « mouvement inédit et de grande ampleur » c’est que la nomination d’un évêque homosexuel vivant en couiple est inacceptable au nom de la morale évangélique.
    La liberté tant revendiquée par les églises anglicanes montre là ses limites.

  30. hille dit :

    quelle tristesse !…

    Un peu de tenue …

    Où est Jésus-Christ dans tout celà. Je me demande ?…

    Amour, intelligence, et respect profond de l’autre ! au travail !…

    Néanmoins, à mon sens, Küng approche du vrai : il connaît parfaitement les tenants & aboutissants, hommes & systèmes.
    Il fut dans les couloirs de Vatican II avec le Cardinal Panzer ;

    Les prélats agissants, à Rome , mis de plus en plus sur le grill, se raidissent à l’excès : ils n’ont pas l’habitude de se faire contester, voire se faire  » démolir le portrait »…
    Alors c’est la valse-hésitation qui ne sert aucunement l’Eglise de Dieu et lui donne si peu de crédit, et, plus grave, vide les Eglises .
    …… Il n’y a plus guère que des 55-75 ans à la messe …et quelques moins de 50 ans… ceux qui vécurent au temps d’une Eglise qui « se tenait bien  » et enseignait l’amour de Dieu.

    Aujourd’hui ????…..

Laisser un commentaire