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Benoit XVI a BelemDans son discours le 12 mai dernier à Lisbonne (au Centre culturel de Belém), Benoît XVI évoque la Réforme et les Lumières en ces mots :

Le Concile Vatican II, au cours duquel l’Église, partant d’un conscience renouvelée de la tradition catholique, prend au sérieux et discerne, transfigure et dépasse les critiques qui sont à la base des courants qui ont caractérisé la modernité, c’est-à-dire la Réforme et les Lumières. Ainsi, d’elle-même, l’Église accueille et régénère le meilleur des exigences de la modernité, d’une part en les assumant et en les dépassant et d’autre part en évitant leurs erreurs et impasses.

Faut-il prendre cela comme un hommage à la Réforme protestante ? Un éloge des Lumières ? Serait-ce un mea culpa de ce pape qui avait tout fait, jusqu’alors, pour revenir en arrière sur les évolutions du concile de Vatican II ?

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14 Réponses à “Benoît XVI évoque la Réforme et les Lumières”

  1. benoite dit :

    … »Ainsi, d’elle-même, l’Église accueille et régénère le meilleur des exigences de la modernité, d’une part en les assumant et en les dépassant et d’autre part en évitant leurs erreurs et impasses.  » nous dit le pape.
    « Faut-il prendre cela comme un hommage à la Réforme protestante ? Un éloge des Lumières ? Serait-ce un mea culpa de ce pape qui avait tout fait, jusqu’alors, pour revenir en arrière sur les évolutions du concile de Vatican II ?  » interroge le Pasteur Pernot.

    Il faudrait être une petite souris cachée dans le bureau du st père pour répondre à vos questions Pasteur Pernot.

    Plusieurs choses me viennent à l’esprit :

    je ne sais si le dogme de l’infaillibilité est encore de rigueur ou s’il est encore une pierre d’achoppement. Quoi qu’il en soit, on n’imagine pas un pape en train de s’excuser.
    Ce pape est un bon théologien, donc à priori un homme intelligent : peut-être a-t-il écouté l’homélie de Monseigneur Bruguès aux Rameaux à Notre Dame, et en a-t-il retiré un questionnement…
    il doit aussi avoir d’autres échos.

    L’église catholique a su éviter un schisme avec sa branche « traditionaliste », pourquoi ne serait-elle pas capable de progresser dans une démarche constructive de paix avec les autres églises chrétiennes, admettant de ce fait qu’elle n’a pas le monopole de la chrétienté.
    Cela étant, où ce questionnement nous conduit-il ?
    Qu’importe qu’il y ait ou non hommage à la Réforme, ou éloge des Lumières ? ce sont peut-être simplement des prolégomènes.
    Par contre ce qui me semblerait intéressant ce serait une position officielle sur les « évolutions du concile de Vatican II à nos jours » : est-ce que cela existe ?

    sommes-nous toujours dans le sujet ?

  2. Eric dit :

    Je préfère ne rien dire… les mots dépasseraient ma pensée…

  3. Tigreek dit :

    Tout l’art du Pape est de faire avancer l’ouverture, sans trahir les dogmes catholiques (dont un qui dit que l’Eglise catholique romaine est la seule vraie juste voie vers la vérité). Je trouve qu’avec tout ce qu’on lui met sur le dos, il ne se débrouille pas si mal que ça…

    Par ailleurs, sur l’infaillibilité papale : elle n’est pas invoquée à tout bout de champ, hein… Seulement dans certaines circonstances bien précises, pour affirmer des points théologiques généralement mûrement réfléchis et pas piqués des hannetons…

    Je me doute qu’ici, je dois faire figure de « l’avocat du diable »… Mais il faut bien contre-balancer le libéralisme parfois bien débridé des différents intervenants ! ;)

  4. benoite dit :

    Heureusement tigreek qu’ici « le libéralisme est parfois bien débridé » car sur un autre blog ou forum, votre post aurait été supprimé sans autre forme de procès, pour une appréciation que l’on pourrait qualifier de subjective.

    Un de vos Evèques (d’Autun) disait un jour : avec un protestant, je suis toujours perdu, car je ne sais pas jusqu’où va sa permissivité.
    Il nous appartient à chacun de savoir jusqu’où nous pouvons aller, et jusqu’où nous pouvons aller trop loin.

    ceci étant posé, je reviens donc à votre intervention que j’ai du mal à suivre, en particulier lorsque vous dites :

    « Par ailleurs, sur l’infaillibilité papale : elle n’est pas invoquée à tout bout de champ, hein… Seulement dans certaines circonstances bien précises, pour affirmer des points théologiques généralement mûrement réfléchis et pas piqués des hannetons… »

    est-ce que vous pensez à un point particulier concernant la déclaration citée, et si oui pourriez-vous précisez votre pensée ?
    d’avance je vous en remercie.

  5. Francisco dit :

    Le Pape assume décidément tout le passif de l’Eglise, ses erreurs passées (pouvoir temporel, simonie, moeurs dépravées) qui ont provoqué la Réforme et les Lumières qui ne s’en prenaient qu’aux abus du clergé, pas à l’existence de Dieu. Aujourd’hui la Société lui demande des comptes et l’Eglise est prête à livrer « au bûcher » ses membres gangrenés comme elle le faisait sous l’Inquisition des apostats et autres déviants dans la foi.
    C’est cette attitude d’un pécheur repentant qui devrait calmer l’irritation des Réformés qui lui reprochent son orgueil et sa prétention à donner l’image d’une prétendue perfection.
    Ces déclarations sont dues chez ce pape intègre à la révélation de tous les scandales récents de pédophilie. Il a rencontré des victimes à Malte il y a quelques jours et ses yeux se sont ouverts sur des réalités terrestres qu’ils appréhendait moins bien que les vertus célestes.
    La foi de l’Eglise en la réalité des apparitions de la Vierge Marie a Fatima a certainement été pour beaucoup dans cette évolution.

  6. Si je n’ai pas mis de commentaire à cette simple citation du discours du Pape de l’Eglise romaine, c’est parce que je suis entre le doute et l’espérance qu’effectivement, Benoît XVI rende enfin hommage à la Réforme et aux Lumières, qu’il se réjouisse des évolutions de Vatican II et les prolonge encore, qu’il aille jusqu’à permettre que protestants et catholiques puissent prendre la Communion ensemble. Ce serait effectivement une véritable conversion de sa part. Merci Francisco, votre message me renforce un petit peu dans cette espérance.

  7. Francisco dit :

    Il est certain pour tous les chrétiens que l’intercommunion sera pleinement réalisée dans le Royaume de Dieu. Sur notre terre pour les uns le pain et le vin ne sont que des images du corps et du sang du Christ. Pour les autres c’est le Christ lui-même qui est présent. La messe est « l’actualisation » de la Cène par un prêtre consacré tenant la place de Jésus et distribuant pain et vin aux participants qui tiennent la place des apôtres et des disciples. Jésus est la Parole de Dieu, il la transmet aux hommes sous l’apparence du pain et du vin.
    En respectant nos croyances, nous sommes assurés de faire la volonté du Père.

  8. Nous tous, avec la finale de l’Evangile selon Saint Matthieu, croyons que le Christ est réellement présent avec nous jusqu’à la fin du monde. Qu’importe si certains pensent qu’il est matériellement présent dans le pain, si d’autres pensent qu’il est spirituellement présent et que nous le recevons avec ce geste de prendre et manger le pain, de boire dans la coupe. L’essentiel est cette communion avec le Christ.

    A mon avis, puisque nous sommes unis par cela, rien n’empêche que nous prenions la communion ensemble. Nous le faisions régulièrement, avec un réel sentiment de communion, avant que Jean-Paul II ne l’interdise. Même après ce triste retour en arrière, j’ai été plusieurs fois été invité à participer à l’eucharistie en qualité de pasteur, par des prêtres catholiques dans la messe de leur paroisse ou par des Abbés dans des monastères. Heureusement, Rome est loin. L’Esprit unit, et ce ne sont que des hommes qui mettent des barrières entre les hommes.

  9. Francisco dit :

    Pour tout catholique la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie est plus qu’un symbole mais une réalité. Si l’Esprit Divin pénètre en nous quand nous communions il pénètre de la même façon chez ma soeur ou mon frère protestants venus m’accompagner à la messe. Le concile de Trente n’a fait que définir la réalité de la Présence divine. Pourquoi en priver ceux qui ne souhaitent que fortifier leur foi ? Où est le sacrilège ? Benoit XVI devrait réfléchir aussi à ce problème là.

  10. jean dit :

    Bonsoir , juste un petit mot ou deux sur l’infaillibilité pontificale :

    Tigreek a raison sur un point au moins , l’infaillibilité pontificale n’est pas évoquée à tout bout de champs!
    En fait elle  » n’a servi  » qu’une seule fois en 1950: Pie XII a , proclamé ex cathedra le dogme de l’Assomption de Marie.
    Depuis plus rien et je pense que ce nest pas de sitôt qu’un pape va se prévaloir de ce dogme formulé en 1870 par le concile vatican I sous le pontificat de Pie IX:
    Pourquoi? parce que dans l’Eglise Catholique , même les prêtres les moins modernistes sourient d’un air gêné quand on leur parle de celà : comment un homme pourrait il être infaillible en parlant de foi ou de moeurs?
    De toute évidence il ne peut l’être et le catholique que je suis est en phase avec Martin Luther quand ce dernier a remis en cause l’autorité pontificale et celle des conciles au motif que des hommes peuvent se tromper!
    Pour comprednre la proclamation de ce dogme ,il faut se replacer dans le contexte du XIX ° siècle avec un pape en place depuis près de 25 ans , qui avait perdu tous ses Etats ( l’Emilie , l’Ombrie , le latium et s’apprêtait à perdre la ville de Rome )
    Au fur et à mesure que son pouvoir temporel diminuait , le pape affirmait de plus en plus son pouvoir spirituel .Compte tenu de la durée de son pontificat , la plupart des évêques avait été nommée par Pie IX lui même , ce qui fait que la déclaration proclamant l’infaillibilité avait receuilli 4/5° des suffrages .Quelques pointures de l’Eglise de France , Mgr Darboy et Mgr Maret s’étaient illustrés par leur opposition à ce dogme .Par la suite , une minorité de catholiques anti infaillibilistes allaient fonder l’Eglise des vieux catholiques ( surtout présente en terre germanique )

  11. benoite dit :

    J’entends bien ce que vous dites Jean et vous remercie de toutes ces précisions.

    revenons à notre préoccupation qui était l’inter-communion, souhaitée par les fidèles des deux courants religieux. est-ce qu’en extrapolant un peu on pourrait dire quelque chose comme :

     » En fait la tradition admet que, grâce à la prière du célébrant, la Parole de Dieu incarnée dans le Christ se trouve présente dans le pain « eucharistié » qui nourrit notre âme. C’est bien le Christ, Parole de Dieu qui est présent pour qui l’accueille avec ferveur. »

    et en ce cas, admettre que nous ne sommes pas si éloignés qu’on semblerait vouloir le dire puisque ou est-ce un peu trop rapide ?

    « c’est la Parole que l’on célèbre à la Cène, c’est même plus que cela, c’est à la Parole de Dieu que l’on s’ouvre, que l’on désire assimiler », même si on ne pense pas que cette Parole se soit matériellement incarnée dans le pain et le vin.

    est-ce que nous ne disons pas la même chose, peut-être autrement ?

  12. Le Mécréant dit :

    L’inter-communion est effectivement un vaste sujet de débat, consubstantiation versus transsubtantiation on peut gloser a l’infini et se jetter les hosties a la tête.

    Mais pour le chretien de base, est-ce vraiment aussi important, et a titre individuel quel est le sens de « la communion » ?

    Je me garderais bien de donner une portée générale a mon propos, mais pour ma part, lorsque je participe a la cène, au dela du sens de ce geste par rapport a ma foi, il y a aussi le sentiment de m’inscrire dans une communauté humaine. Participer a la cène c’est dire je partage ma foi avec vous.
    En revanche, lorsque je vais a la messe, pour un mariage, un enterrement ou autre, je n’ai jamais eu le désir de communier au rite catholique.
    Assister a la cérémonie, oui, rendre hommage, partager la joie ou la peine, oui, m’associer a la prière oui, mais communier a une conception de l’amour de Dieu qui est aux antipodes de mes convictions profondes me semblerais une trahison de ma foi et une injure a la foi de mes hotes et a Dieu puisque ce ne serait pas sincère.

    Je crois que là encore c’est affaire de conscience personnelle, et que l’intercommunion n’est pas une fin en soi.

  13. Francisco dit :

    Nous partageons la même foi en Christ, Parole de Dieu incarné et le pain eucharistique partagé entre nous devait être, selon Jésus, le signe de sa présence parmi nous. Signe sensible mais pas image sous forme d’une hostie exposée ou consommée. N’a-t- il pas affirmé « quand vous vous réunirez en mon nom je serai parmi vous ».
    Pourquoi s’arrêter à l’hostie « image » ou « symbole » et ne pas franchir le pas, hostie = présence, du Verbe incarné en Jésus »?. Les hésitations de Luther démontrent qu’il a mis du temps à voir dans le pain « eucharistié » une simple image. Ce fut probablement un déchirement pour lui.
    Puisse l’Esprit de la Pentecôte nous éclairer !

  14. @ sympathique mécréant : c’est l’éternelle question du verre à moitié plein et moitié vide. Si nous attendions d’avoir une même conception à 100 %, ou même à 99%, nous devrions communier tout seul ! Par contre, au bénéfice de ce qui nous est commun : Dieu, le Christ, la Bible (ce n’est pas peu de chose), nous pourrions communier ensemble, à mon avis, sans problèmes, nos différences n’étant que peu de chose par rapport à l’infinité de ce qui nous unit. Mais bon, chacun son appréciation de ce qui est l’essentiel et l’accessoire…

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