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parasol multicolore

Question d’un visiteur :

Bonjour Marc,

Même si je suis de sensibilité plus évangélique et que je peux ne pas être d’accord avec vous sur certains point de vue (comme le sacrifice expiatoire de Jésus et le péché originel), je tiens néanmoins à vous féliciter pour votre site qui apporte un peu de Lumière dans ce monde.

En tout cas, même si nos opinions peuvent diverger, je tiens à saluer votre respect de la différence et votre tolérance. D’ailleurs, sur certains points, l’évangélique que je suis tend à rejoindre le raisonnement du libéral que vous êtes.

J’en viens à ma question : Selon vous, comment équilibrer un certain fondamentalisme avec la raison ? Tout en ayant une lecture plus littérale que la votre de la bible, certains débordement fondamentaliste de quelques chrétiens me fait un peu peur. Ne peut il y avoir de « juste milieu » ?

Bien a vous,

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Nous sommes de toutes façons tous dans un certain juste milieu. La preuve, c’est que même les plus fondamentalistes des chrétiens ne lisent pas « au pied de la lettre », littéralement cette affirmation que « Jésus est la lumière du monde ». C’est évidemment faux au sens physique (Jésus n’est pas un champ électromagnétique, ni un flux de photons), et même les acharnés disent qu’il faut le lire au sens spirituel.

Pour tous les chrétiens de toutes les sensibilité, il y a ainsi des passages que l’on choisit de lire au pied de la lettre, d’autre au sens figuré, d’autres que l’on lit à la fois au pied de la lettre et au sens figuré. Dans le sens figuré, on ne peut pas dire n’importe quoi, mais il existe de multiples sens possibles qui sont légitimes.

Le libéral, c’est celui qui pense que sa propre façon de voir n’est pas la seule possible ou la seule bonne, que d’autres personnes peuvent avoir une lecture différente sans pour autant être dans l’erreur, sans pour autant être taxées de ne pas être fidèles à Dieu. Mais le libéral, normalement, accepte donc que certaines personnes de la paroisse dans la paroisse croient que Jésus a physiquement marché sur l’eau, et que d’autres pensent qu’il s’agit plus là d’une vérité spirituelle et théologique, comme quand on dit que Jésus est la lumière du monde.

Souvent, l’interprétation de tel ou tel passage de telle ou telle façon est en grande partie culturel, faisant référence à une tradition qui impose un « cela veut dire ça et ce n’est pas autrement ». Mais si l’on ouvre un peu les yeux, ce n’est souvent qu’une tradition, et d’autres lectures sont possibles.

Par exemple pour la place des femmes dans l’église. On a longtemps dit, même dans l’église réformée, que Paul interdisait aux femmes de parler dans une église. C’est vrai, mais qu’est-ce qui dit que c’est juste de l’appliquer hors du contexte de l’église particulière à laquelle Paul s’adressait ? Pourquoi ne pas prendre au contraire comme référence l’envoi en mission par Jésus lui-même d’une femme annoncer sa Parole aux 11 apôtres rassemblés dans la salle haute ? Sur cette base, il est évident qu’une femme peut enseigner dans l’église, c’était la tradition qui imposait une lecture comme seule bonne, une lecture qui permettait aux hommes d’opprimer les femmes. C’est la tradition, une tradition qui remonte au 2e ou 3e siècles, certes, qui fait trouver la trinité dans certains textes de la Bible, on a le droit, évidemment, mais on a le droit aussi de ne pas adopter cette tradition là, après tout. C’est la tradition qui fait prier certains chrétiens en groupe de prière, cette tradition remonte aux apôtres, ce qui n’est pas rien, mais on peut aussi remonter à cette parole de Jésus qui dit : « quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret », nous avons là une autre tradition, par exemple un peu à la façon de Thomas qui n’est pas avec les 10 autres dans la chambre haute…

On a le droit d’avoir sa lecture, mais il y a à mon avis un problème existentiel et spirituel quand on pense que sa propre lecture serait la seule possible,la seule bonne, la seule et unique façon d’être fidèle à Dieu.

Le libéral, c’est celui qui considère que la foi est plus importante que les croyances. Certes, il faut avoir ses propres convictions, il faut avoir une forme de religion et de rites religieux (culte, chants, baptême…), mais cela est pour nous moins important que la foi (la recherche personnelle qui est d’autant plus ouverte à Dieu qu’elle sera sincère et confiante, et pas contrainte par des obligations et des menaces).

On peut donc avoir une pensée théologique et une interprétation de la Bible qui se rapproche de celle des églises évangéliques et avoir un état d’esprit libéral. Ce n’est pas incompatible.

Le juste milieu, en l’occurrence, c’est à mon avis d’avoir sa propre lecture libre et sincère, d’avoir ses propres convictions et de poser comme principe que cette lecture est partielle, en partie subjective, en partie basée sur des options personnelles, une sensibilité qui nous est propre et qu’il en existe d’autres qui complètent ma lecture.

Un grand merci pour vos encouragements, c’est très précieux !

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2 Réponses à “Être « libéral » et « évangélique » en même temps ?”

  1. Rosalindasiwo dit :

    Merci pour cet article très intéressant. Ça fait quelque jours que je suis tombée sur votre votre blog et je prend plaisir à lire vos divers articles. ☺

  2. margherita rapin dit :

    La question posée me semble très intéressante, tout comme la réponse qui lui est donnée. En effet il s’agit de trouver le point de compatibilité entre deux approches très différentes. Il faudra peut-être beaucoup de réflexion, de prière aussi, mais quand on y arrive, on est très apaisé et stimulé. Cela a été mon cas.

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