S'abonner par :
 rss
 email
eucharistie romaine

eucharistie romaine

Question d’un visiteur :

Mon pasteur,

Je suis protestante réformé (je pense). Voilà, près de chez moi, une église évangéliste, où je vais parfois (de plus en plus souvent) prier. Pourquoi celle-là ? Elle est proche de chez moi, et puis c’est une église ! Voilà deux dimanche (pas de suite) que je vais à la messe. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, l’envie, le besoin, un sentiment profond. J’avoue être perdue entre les chants et les prières mais se n’est pas grave. Juste une chose qui me travaille : l’ostie. Je n’ai pas fais de communion. Et pourtant je prends l’ostie. Alors d’après les catholiques et surement les évangélistes, je commets un péché. Est-ce vrai ?

Pourquoi, je ne pourrais pas recevoir le corps du christ ? Ne suis-je pas une enfant de Dieu ? Ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas reçue d’éducation religieuse! Si je n’ai pas fait mon cathéchisme ? Pourquoi je ne pourrais pas recevoir le corps du Christ ? Quand je prends l’ostie, je demande à Dieu de me pardonner si j’ai commis un péché.Mais il sait (car rien n’est secret pour lui) que mon intention est bonne. Je lui dis que je le veux en moi, enfin il sait que je ne fais pas ça par non respect ou autres. J’ai besoin de lui et j’estime que j’ai le droit comme tous les hommes de partager la sainte cène. Et puis au plus profond de moi, je ne ressens pas commettre un péché, mais aux yeux des hommes apparement c’est une autre histoire.
Je ne sais pas si je suis claire. Je voudrais savoir ce que vous en pensez.

J’ai beaucoup de respect pour vous, vous m’avez tellement aidé mon cher Pasteur Marc. Jai hâte de vous lire. Bravos encore pour votre site.
que Dieu vous bénisse.

Catherine

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Catherine

Je ne sais pas ce que vous répondrais un prêtre sur votre participation à leur eucharistie, tout dépend probablement du degré d’ouverture de chaque prêtre.

Personnellement, je pense qu’il faut être pragmatique en matière de religion. Chacun va dans l’église qui lui apporte le plus à un moment donné de sa vie. Comme le dit Jésus, dans une phrase que je trouve absolument lumineuse sur la question de la religion, et même sur toute question concernant la religion : « le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Mr 2:27). On pourrait dire de même : la Sainte Cène ou l’Eucharistie est faite pour l’homme et non l’homme pour la Sainte Cène ou l’Eucharistie.

Je dirais donc : pas de problèmes. Si cela renforce votre foi de participer à ce rite: tant mieux, c’est bien. Mais de grâce, n’ayez pas peur de Dieu. Il vous bénit, bien entendu. Comment est-ce que ce serait un péché de vouloir nourrir sa foi en participant à la communion ?

Personnellement, je ne pense pas que le pain soit le corps du Christ au sens matériel. Mais je pense (c’est en général ce que pensent les protestants), que c’est quand on prend et que l’on mange le pain, que l’on boit dans la coupe que l’on participe au corps du Christ. C’est nous, les humains, qui sommes le corps dont le Christ est la tête. C’est nous qui sommes le temple de Dieu, et non des mollécules de cellulose. La présence du Christ est ainsi réelle mais spirituelle, et quand on a ce geste de foi, comme vous le dites, on s’ouvre à la présence de Dieu, on nourrit sa communion au Christ. Pourquoi s’en priver si cela vous fait du bien ?

Dans notre église, nous ne célébrons la sainte cène qu’une fois par mois, régulièrement. Pourquoi cette rareté ? Justement pour garder un caractère un peu exceptionnel, un peu unique, à cet instant. C’est également pour que l’église ne prenne pas une place exagérée dans la vie des fidèles et que ce soit la prière personnelle, la lecture personnelle de la Bible, la réflexion personnelle… bref qu’une ligne directe s’instaure comme le temps principal de la communion avec Dieu, pas un rite d’église. C’est ainsi, nous semble-t-il que la communion, la Sainte Cène ou l’Eucharistie seront précisément au service de l’homme et de sa foi, plutôt que l’inverse : de faire que l’homme soit fait pour la Sainte Cène et non la Sainte Cène pour l’homme.

Bonne route à vous sur votre chemin de foi, d’espérance et d’amour de Dieu.

Marc

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

9 Réponses à “Je suis protestante, et je commence à aimer la messe”

  1. Chère Catherine,
    Que cherchez-vous en allant à la messe? Est-ce une liturgie plus chaleureuse, plus fervente? ou, plus fondamentalement, recherchez-vous une réponse sur la présence réelle dans l’eucharistie?
    Voyez-vous,, en ce qui me concerne, si j’ai rejoint la famille réformée, en dehors des problèmes de dogmes qui sont pour moi fondamentaux, c’est aussi parce que je trouvais que la liturgie faisait appel à trop d’émotivité, trop d’affectivité et que je trouvais que j’y perdais le sens de la recherche et de la prière au bénéfice du sentiment esthétique.
    Attention, il faut se méfier de son affectivité et de ses sentiments.
    Georges

  2. benoite dit :

    J’aime bien la question de Catherine, qui à sa manière recoupe le sujet intéressant sur l’attitude de Benoit XVI.

    la réponse du Pasteur Pernot que j’apprécie autant que Catherine et pour les mêmes raisons :

    « Je ne sais pas ce que vous répondrait un prêtre sur votre participation à leur eucharistie, tout dépend probablement du degré d’ouverture de chaque prêtre.

    Personnellement, je pense qu’il faut être pragmatique en matière de religion. Chacun va dans l’église qui lui apporte le plus à un moment donné de sa vie  »

    cette réponse me semble très juste.
    Dieu est là par habitude, par tradition, ou parce que nous l’avons rencontré d’une manière ou d’une autre, par l’un des plus petits de qui nous avons été le prochain, ou dont nous le sommes encore.., et /ou parce que Dieu nous a envoyé l’un des siens pour un cheminement commun.
    Il est là parce que nous l’avons cherché et que lui aussi nous a cherché, à « un moment donné de notre vie »

    dans cette ligne d’idées, je vous propose cette prière qui m’a été envoyée il n’y a pas si longtemps..

    Prière de l’inexaucé

    Adaptée par le frère Bernard-Marie d’une célèbre prière américaine qui aurait, dit-on été composée par un soldat Sudiste lors de la guerre de sécession.

    ***

    Seigneur, je t’avais demandé la santé pour être plus efficace sur cette terre. Tu m’as donné la faiblesse du corps pour que je compte davantage sur toi que sur moi même.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé une belle intelligence pour mieux comprendre le monde et réussir ma vie. Tu m’as donné une mémoire trébuchante et un esprit lent pour m’ouvrir à tes mystères par l’humilité.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé des responsabilités pour faire triompher les bonnes idées et les bonnes causes. Tu m’as donné d’être traité pour rien et d’obéir, afin de mieux me configurer à ton Fils, obéissant et crucifié.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé de rencontrer le grand amour pour donner un sens à ma vie. Tu m’as donné de pouvoir croire à la bonté du coeur humain et le désir de partager cette foi avec tous les mal-aimés que tu me ferais rencontrer.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé la richesse pour mieux aider les pauvres. Tu m’as donné la pauvreté et tes propres richesses à leur distribuer.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé une foi à soulever les montagnes. Tu as permis qu’il reste en moi des doutes inconfortables qui m’obligent à rester prudent et tout abandonné à ta Providence.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé le bonheur des miens. Tu leur as donné toutes sortes d’épreuves, me rappelant ainsi que Jésus et les siens ont eux-même souffert avant de rentrer dans la joie de ton Royaume.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

    Seigneur, je t’avais demandé de devenir un saint. Tu m’as donné de mieux voir mes péchés et de pouvoir me relever après chacune de mes grosses chutes sans désespérer.

    Sois béni, mon Dieu Sauveur!

  3. Francisco dit :

    Je suis catholique mais j’ai bien apprécié le sermon du pasteur James Woody sur ces vieux vêtements sur lesquels on coud de nouvelles pièces. Ils risquent de se déchirer et comme je fêtais ce dimanche 9 mai mon 90 ème anniversaire, j’ai compris que moi aussi je risquais de m’égarer si j’oubliais l’essentiel : aimer le Seigneur comme il nous a aimé, sans réserves.
    Benoite, cette prière du soldat sudiste je la fais mienne…

  4. benoite dit :

    Je ne sais pas si catherine a trouvé ici une réponse dans toutes les réponses proposées.
    Pour revenir à la communion, elle est en temps fort pour tous les chrétiens, est-ce que la forme revêt une importance si particulière, ou est-ce la forme du culte rendu qui en change la nature : qu’est-ce qui pose question exactement ?

  5. Francisco dit :

    Benoite, la question est : les Eglises Réformées acceptent -elles la présence réelle du corps du Christ dans le pain et le vin consacrés ? La Cène dominicale, s’agit-il d’un simple rappel d’un évènement lointain dans le passé ou du renouvellement de cet évènement dans le présent.
    Le concile de Trente a tranché en faveur de la seconde hypoyhèse me semble-t-il. Mais il fait appel à la notion de « transubstantiation » selon laquelle la substance du pain et du vin étaient remplacée par le corps et le sang du Christ tandis que restaient les apparences physiques.
    Utiliser un mot savant suffit-il pas à prouver la transformation invisible ?
    Chacun répond selon sa « bonne foi », mais les conséquences sont graves et déterminent toute la liturgie de nos cérémonies.

  6. Oui, nous reconnaissons en général la présence réelle du Christ, mais une présence spirituelle plus que matérielle.

    Quant à la notion de substance, c’est assez délicat. Dans le contexte du contexte de Trente, c’est la notion de la philosophie grecque classique qui est retenue, au sens de la réalité profonde d’une chose, étant à distinguer de l’apparence. Le problème c’est que cette notion de substance n’a rien à voir avec le sens moderne de ce mot, qui évoque plus la réalité matérielle d’une chose. A ma connaissance, aucun théologien catholique ne pense que le Christ serait présent matériellement dans l’hostie. En effet, si l’on faisait une analyse physico-chimique d’une hostie consacrée, on trouverait de la cellulose, pas des protéines, et encore moins l’ADN de Jésus de Nazareth.

    Finalement, la présence « substantielle » du Christ dans la pain me semble pas tellement éloignée de la conception protestante, au sens d’une présence réelle, bien qu’elle soit invisible, au delà du matériel, et donc spirituelle.

    Mais qu’importe, finalement, la conception des uns et des autres, de toutes façon entre deux protestants il y a aussi des différences de sensibilité, et entre deux catholiques il existe aussi des différences de sensibilité. Il me semble que l’unité du corps du Christ signifie précisément l’unité par le Christ de membres différents, c’est bien cela le miracle, et que le témoignage serait d’autant plus fort d’accepter de communier avec l’autre au nom du Christ, et malgré nos différences !

  7. Francisco dit :

    On peut donc se demander ce que les grecs nous ont apporté avec la transsubstantiation alors que la bible nous disait déjà »l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
    Il existe une analogie entre l’eucharistie et l’Incarnation, la Parole de Dieu est présente dans le pain de l’eucharistie comme elle est présente dans la chair du Christ. Est-ce plus qu’une image ? est-ce une réalité ? Il faudrait que tous les chrétiens l’acceptent.

  8. Weber-Lefeuve dit :

    Tout ce qui s’éloigne du « merveilleux », de « l’épique », de la « légende » et de l’irrationnel, pour moi s’approche du vrai, du solide. C’est pourquoi, quand je communie, je le fais en souvenir de Jésus, comme témoignage de ma foi ; j’ai pris une fois pour toutes le « Chemin » spirituel qu’il nous a indiqué, même si je ne vais pas très loin, et je communie avec lui et mes frères et soeurs en la même foi en Dieu, comme un seul corps « mystique » (?). J’avoue que finalement je n’ai pas tellement besoin pour ma part de communier souvent, car je me pense rattaché à Dieu le Père par le « Chemin » Jésus. Comme si tout cela était tissé en moi de longue date.

  9. Patrice dit :

    Bonjour,
    Pour ceux qui ne sont pas catholique ( ou orthodoxe) , par respect pour la foi des catholiques, il est bien de ne pas prendre la communion, mais vous pouvez vous présenter devant le prêtre les bras en croix pour recevoir une prière.
    Il faut respecter les dogmes des autres religions.
    Je suis marié à une hindou et je respecte l’interdit de ne pas manger de viande avant de rentrer dans son lieux de culte et je ne participe pas à certains repas sacré réservé au seul hindou.
    Pourquoi ne pas respecter la demande des catholiques concernant la communion catholique, si c’est leur foi?

Laisser un commentaire