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James  Woody

prédication du pasteur Marc Pernot
sur ce texte de la Bible : 1 Rois 3:16-28

Il est assez intéressant de se pencher sur cette histoire biblique qui met en scène Salomon et d’y trouver la trace de sa vertu cardinale : la sagesse [...]

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3 Réponses à “Le cœur a de bonnes raisons”

  1. benoite dit :

    Merci de cette belle prédication.

    cependant..je me demande s’il y a vraiment référence à une « mère porteuse » dans cet exemple (ou à plusieurs).
    est-ce que cela existait explicitement à cette époque, tout au moins de manière rétribuée ?
    on peut relire comment ruth s’était organisée pour assurer une descendance, son « sacrifice ».
    on parle aussi de servante qui auraient accouché sur les genoux de leur maitresse stérile,
    mais était-il réellement question de commerce, comme nous l’entendons aujourd’hui ?

    il me semble tout simplement que ces deux femmes ont eu des réactions de mère, l’une qui ne pouvait pas accepter la réalité, l’enfant mort, et l’autre qui n’attendait probablement rien de la justice mais voulait préserver l’enfant, ne voulait pas qu’il soit l’objet d’un quelconque marchandage, qui l’aimait donc.

  2. Chère Benoite,

    vous pouvez légitimement vous interroger sur la présence réelle ou non de mère porteuse dans ce récit car, de fait, cela n’est pas dit explicitement dans le texte biblique. Ceci dit, c’est le propre d’un récit de ne pas appeler les choses par leur nom au point que lorsque Jésus est identifié au Messie un grand « chut » est imposé. C’est une manière de laisser l’interprétation ouverte et de laisser à chaque lecteur le soin d’avoir son propre parcours de reconnaissance.

    Revenons à notre épisode biblique. J’indique que je repère une ambiance de gestation pour autrui (ce qui revient à suggérer une interprétation qui n’a pas pour vocation de devenir la norme officielle) pour quelques raisons : d’abord l’indication que les femmes sont des prostituées. Si le rédacteur avait juste voulu travailler sur la réaction maternelle, cette indication aurait été superflue, inutile et, à la limite, un parasite. Pour le moins, cela indique un rapport marchand au corps. Ensuite les deux femmes accouchent à peu près en même temps. Bien entendu il peut y avoir des coincidences : deux prostitutées qui manquent leur contraception à peu près en même temps c’est statistiquement possible, surtout à une époque où les moyens de contraception n’ont pas atteint la technicité d’aujourdhui. Mais, curieusement, les deux ont poursuivi leur grossesse alors que cette situation est loin d’être idéale pour exercer leur commerce. Là encore, elles ont pu manquer leur interruption volontaire de grossesse (qui existait bien avant le XXème siècle). Le fait qu’elles soient ensemble, visiblement dans la même pièce, me fait penser à un commerce plutôt bien organisé, comme il en existe de nos jours, dans le cadre d’économies dites souterraines (et le plus souvent avec des femmes issues de l’émigration que l’on exploite en leur faisant miroiter un droit d’asile, des papiers etc.).

    C’est là une hypothèse que je formule. Elle me semble crédible et c’est la raison pour laquelle je l’ai proposée sans en faire pour autant un cheval de bataille. Elle permet aussi d’expliquer les réactions des femmes : l’une est privée de son gagne-pain, elle trouve une solution dans l’inversion des bébés (si on suit l’interprétation traditionnelle. Mais rien n’empêche de penser que la femme qui va se plaindre auprès de Salomon a inventé cette histoire d’inversion d’enfants). Quant aux réactions suite à la suggestion de Salomon, l’une reste dans une arithmétique de la vie et fait preuve d’un calcul froid (mais on pourrait aussi y voir une forme de jalousie à l’égard de l’autre femme : et sa haine va jusqu’à préférer que tout le monde soit privé d’enfant plutôt qu’elle soit la seule à l’être). L’autre femme qui réagit avec son émotion passe sur un autre registre : l’amour de l’autre se manifeste au point qu’elle est prête à abandonner toute prétention sur le nouveau-né. Il y a, pour elle, un au-delà du commerce et c’est dans cet au-delà que retentit un brin d’Evangile, dans cette transformation qui s’est opérée chez cette femme.

    Cela n’est pas contradictoire avec votre lecture si ce n’est sur un tout petit point : il fallait bien que la femme attendît un tout petit quelque chose de la justice pour se rendre devant le juge. Du coup, c’est peut-être un surplus de justice qu’elle reçoit car, non seulement l’enfant est préservé mais la mère est reconnue dans son identité (à moins que ce soit justement cela la justice : dire le droit non pas seulement contre les coupables mais pour tout un chacun).

  3. Francisco dit :

    On connait tous le jugement de Salomon mais ils n’est pas souvent sujet d’étude dans nos sermons. Pourtant on sait que dans les camps nazis d’extermination les « Dr Mangele » et autres bourreaux ont torturé des femmes en les forçant à choisir lequel de leurs enfant devait être tué ou sauvé. C’est la nature humaine plus que la grâce divine qui s’exprime mais c’est du domaine du sacré. Quand la raison n’a plus rien à nous dire, c’est le coeur qui parle. Il en est ainsi de ces « mystères » qui ont donné lieu dans le passé à tant d’interprétations différentes ?

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