S'abonner par :
 rss
 email

Des gouttes de pluie sur une flaqueLors d’une rencontre sur la problématique des migrations et des migrants, Olivier Abel rappelait la nécessité d’avoir « un soi » avant de se situer face à l’ »autre », ce que le philosophe Paul Ricœur formulait ainsi : « Pour avoir un autre que soi, il faut avoir un soi ».

La mairie du 10° avait organisé le 27 avril un débat sur « le non foyer » animé par daniel ramirez, philosophe catholique qui a animé un groupe de paroles en milieu sdf à genevilliers. de ce qui a été dit à ce groupe, il apparait que : il y a des familles et des personnes qui vivent sans abri, ce qui amène à parler de « non foyer ».

A ce niveau, on pourrait se rappeler que Ricoeur situait la dignité humaine dans le fait de :

  • pourvoir parler
  • pouvoir faire
  • pourvoir (se) raconter
  • pouvoir échanger avec autrui

Dans cet ordre d’idée la philosophie allemande définirait 3 axes de réflexion :

  • la reconnaissance → la famille est ce lieu qui donne confiance en soi car les gens sont entre eux.
  • le droit qui, dans une démocratie moderne, s’appuie sur le respect de soi
  • l’estime de soi : partager ce que l’on apporte vraiment, reconnaître à l’autre un rôle actif dans la société, n’est pas possible si les autres conditions ne sont pas remplies.

Le foyer, autrefois le lieu du feu, là où la famille se réunissait, le lieu de transmission n’existe pas pour tous.Il y a des familles qui vivent sans-abri.On peut évoquer içi la notion de « non-foyer ».

Que signifie «habiter» ? hébergé sans pouvoir habiter, on parle alors de «non foyer», les foyers d’hébergement n’étant pas des lieux qui favorisent la notion d’habitat : on ne peut rien y laisser.L’importance d’un « chez-soi » s’en trouve accrue. car il y a de plus en plus d’exclus, de plus en plus de trés grands marginaux.

Articles similaires :

3 Réponses à “Migrations & migrants”

  1. benoite dit :

    Une personne sur 20 a été sans logement une fois dans sa vie (stat INSEE)…. .12% des personnes à l’hôtel «était en famille en 1999.
    en 2006, 36% des personnes hébergées sont des mineurs.

    En conclusion :

    Puisque le foyer est considéré comme un élèment essentiel pour la dignité humaine, tant d’exclus sans foyer pose un important problème politique et éthique.Comment envisager une société sans exclus ? Que devient l’hospitalité dans une société de plus en plus hostile aux différences ? Comment modifier le regard sur les sans-abris, apporter plus d’humanité dans nos rapports avec autrui, donner enfin à la fraternité tout son sens ?

  2. Sylvain rené dit :

    Une terre pour tous, un toit pour tous, une utopie ou un devoir moral d’état ?

    Devant l’ampleur de la misère qui ne cesse de croître de par le monde, il est un principe qui devrait être inclus dans toute déclaration universelle des droits de l’homme.
    Dans la mesure où chaque individu est aussi partie intégrante d’une société gérée par un état, chacun à sa naissance devrait se voir attribuer une part de cette terre qui est la notre à tous. Cette terre serait considérée comme faisant corps avec lui, et donc INALIENABLE.
    A son décès cette terre redeviendrait à la société et serait à nouveau redistribuée à un nouveau né.
    Un peu plus concrètement.
    Supposons une superficie de 400 mètres carrés, considérée par exemple comme minimum vital par un état, c’est à dire suffisante pour arriver à vivre même le plus simplement du monde, un jardin, un chez soi qui peut être un mobil home.
    Que cet homme soit devenu riche ou pauvre de par les aléas de la vie, qu’il possède un château ou qu’il n’ait qu’un coin de rue pour faire la manche, qu’importe, il possèderait depuis sa naissance au moins cette terre qui dans ce dernier cas pourra lui redonner la dignité auquel il a droit.
    Que voulons-nous ? Un sans abri faisant la manche sur un trottoir de Paris ou le même au fin fond d’une province sur un terrain alloué par la mairie dans une minuscule toit d’un logis en bois ? Certains diront qu’on ne peut déplacer certaines personnes. Demandons leur en premier !
    Le jour ou chaque mairie de France se devra d’avoir un quota de sol minimum, comme il est exigé d’avoir un espace pour les gens du voyage, alors nous aurons fait un grand pas.
    Voilà la première réflexion à partir de laquelle je ferais plancher une équipe si j’avais quelque pouvoir politique parce que seraient nombreux les rapaces voulant détourner cette loi du sol !

  3. benoite dit :

    Il est vrai Sylvain que le « sans logis » est souvent un citadin..
    si on lui allouait une terrain en province, comment le gèrerait-il ? effectivement il faudrait le lui demander.
    quel travail pourrait espérer le sans logis à la campagne qui lui permettrait aussi de vivre, sinon de survivre ?
    car sous certains toits se cachent aussi une profonde détresse.
    alors liberté, égalité, fraternité ? si la fraternité existait, les associations de type ONG ou caritatives n’auraient plus de raison d’exister.
    Comment envisager une société sans exclus ?
    comment penser une organisation de la société qui prenne en compte tout ce qui créé l’exclusion ?

    Que devient l’hospitalité dans une société de plus en plus hostile aux différences ? Comment modifier le regard sur les sans-abris, apporter plus d’humanité dans nos rapports avec autrui, donner enfin à la fraternité tout son sens ?

    ce sont toutes ces questions que je me pose et que je vous pose aussi, à vous qui lisez ici !

    « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fit » dit la sagesse populaire.
    on peut aussi inverser et positiver :
    fais à autrui ce que tu voudrais que l’on te fasse.
    est-ce que cela nous permet d’avancer dans cette réflexion ?

Laisser un commentaire