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culte à l'Oratoire du Louvre, Paris

culte

Question d’un visiteur :

Monsieur le Pasteur,

Je me permets de vous poser une question, si vous voulez bien. Je crois avoir lu dans Le protestantisme. Ce qu’il est, ce qu’il n’est pas (André Gounelle & Laurent Gagnebin) qu’à la différence des luthériens, les réformés considèrent le culte comme un acte purement social. Qu’en pensez-vous ? J’imagine que si vous publiez des textes pour le culte personnel, c’est que vous l’encouragez, non ? Le culte personnel est-il une manière de s’unir à l’Eglise, in absentia ? Est-ce une « compensation » ?

Si je vous semble débarquer, c’est que je suis né dans une famille catholique, bien loin de ces vues en ce domaine.

Par avance, je vous remercie chaleureusement,

André.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir André,

Il y a effectivement quelques différences de sensibilités entre les luthériens et les réformés. C’est probablement assez théorique, car il y a une grande diversité chez les protestants, en particulier parmi les réformés, et encore plus à l’Oratoire.

C’est sans doute vrai que les luthériens, en général, attachent plus d’importance au culte, à la liturgie, à la « Communion ». Alors que les réformés insisteraient toujours un peu plus sur le fait que le culte est, dans son ensemble: une prédication, une annonce de l’Evangile, un appel à la conversion… mais que l’essentiel serait plutôt dans la foi personnelle, dans la relation directe, intime, avec Dieu. Le culte serait alors un moyen au service de la foi et de la réflexion personnelle. Schématiquement, on pourrait dire que pour un catholique, le rapport serait l’inverse : le plus important étant la messe, l’eucharistie. Les luthériens seraient plutôt entre les deux, avec un équilibre entre les deux pôles communautaires et privé ?

Mais je ne sais pas si je dirais que le culte est purement social. Cela me semble exagéré. Même si le but est d’aider chaque personne à accéder à une certaine autonomie dans sa foi, dans sa réflexion et dans sa prière, il n’est pas du tout interdit de se sentir en relation à Dieu au cours du culte. Et nous disons toujours, au début du culte, que c’est Dieu qui nous appelle, et que cette communauté que nous formons lors de ce culte est une conséquence de cette appel fondateur de Dieu.

Par définition même, l’Eglise est cela : l’ensemble des personnes qui sont appelées par Dieu à se mettre en mouvement. En effet, Ekklesia, en grec (ou son homologue dans la bible hébraïque Quahalla), signifie « être appelé hors de (chez-soi) ». Quand une personne prie dans sa chambre elle n’est pas unie à l’Eglise in absentia, mais elle fait partie pleinement de l’Eglise, au sens propre du terme, car elle est en mouvement, par l’Esprit, elle est dans un mouvement de conversion, un cheminement vers Dieu, avec Dieu, et par Dieu.

Le rassemblement de personnes dans un même lieu est une conséquence, un bénéfice colatéral, si je puis dire, à l’appel de Dieu. Et c’est aussi une aide efficace pour avancer. C’est une expérience que font bien des gens, et c’est pourquoi le culte est sans doute l’activité qui a le plus de succès dans notre église, bien plus que les conférences, les études bibliques, les groupes de discussions ou les temps de convivialité…

Les statistiques du nombre de visiteurs pour les différentes pages du site internet montrent effectivement que ce qui semble le plus utile pour les personnes, ce sont les prédications (en particulier les vidéos du culte du dimanche), ensuite, les éléments qui aident à prier chez soi. Si nous pouvons ainsi rendre service à quelques personnes (de l’ordre de 15000 visiteurs par mois) c’est une vraie joie pour moi.

Amitiés

Gaspard de Coligny

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