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Jean Paul II prie Marie dans la grotte de Lourdes

Jean Paul II prie Marie dans la grotte de Lourdes

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Il y maintenant quelques semaines j’ai eu l’impression d’avoir été touché par Dieu, j’ai la foi et le protestantisme est la religion qui me convient le mieux, je me sens protestant mais j’ai un problème : Je crois en la Vierge Marie.

Que dois-je faire ?
Pour finir les protestants peuvent-ils porter la croix chrétienne ?
Merci d’avance et bonne continuation

Réponse d’un pasteur :

Cher monsieur,

Je ne sais pas ce que vous entendez par « croire en la vierge Marie ».

Marie est, dans ces évangiles et donc pour les protestants (en général), un peu le modèle du croyant que nous sommes. Il y a d’autres figures qui nous sont proposées pour que nous devenions disciples du Christ, par exemple Jean-Baptiste, les apôtres, le centurion… mais Marie est un des personnages majeurs dans les 4 évangiles. Cette femme a été la mère de Jésus (ce n’est pas rien), elle l’a élevé (c’est encore plus important comme action, et le résultat est encore plus à son honneur que de l’avoir conçu et porté).

Bien des protestants croient que Marie n’a pas eu de relation sexuelles pour concevoir Jésus. Deux des quatre évangiles parlent de cette conception virginale. Mais les évangiles de Marc et de Jean n’en parlent pas, ils appellent parfois Jésus Fils de Joseph et Paul dit que Jésus est né d’une femme comme nous. Cette question de la virginité de Marie est donc discutée dans la Bible elle-même, elle l’est encore plus parmi les protestants. Et là encore, on a le droit d’y croire, ce n’est pas un problème. On a aussi le droit de penser que c’est un récit symbolique, exprimant une vérité théologique sous forme d’un récit (en Christ la Parole de Dieu est faite chair).

C’est vrai que les protestants, en général, ne prient pas d’autres personnes que Dieu. Mais quand une personne devient membre de l’Eglise Réformée on ne lui demande pas de jurer qu’elle ne prie jamais quelqu’un d’autre que Dieu, on ne demande qu’une seule chose, c’est de croire et de dire que « Jésus-Christ est le Seigneur ». Cela dit, personnellement, je n’envisage pas de prier Marie. Dieu lui-même est plein de tendresse pour nous, il nous connaît et nous aime déjà comme nous sommes, il est une vraie mère pour nous, cherchant à nous nourrir, nous élever… pourquoi chercher une autre mère que Dieu ?

Mais cela dit, à l’Oratoire, nous aimons bien la liberté de foi et de pensée de chacun, et ce serait terriblement arrogant, à mon avis, de considérer que le milliard de catholiques existant dans le monde, dont la plupart sont bien sincères dans leur foi, seraient des idolâtres quand ils prient Marie… Personnellement cela ne me viendrait pas à l’idée une seconde de prier un être humain, même cette femme exceptionnelle qu’a été Marie, mais bon.

Pour ce qui est de la croix, il y a encore moins de consignes sur ce genre de choses. La croix est un symbole chrétien depuis le IVe siècle, cela n’est pas peu de chose. Souvent, les protestants préfèrent une croix sans un Jésus accroché dessus, pour insister plus sur la résurrection que sur la mort du Christ en croix, mais là encore, chacun fait selon sa foi, sa sensibilité.

Amitiés fraternelles

Marc

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9 Réponses à “J’ai un problème : Je crois en la Vierge Marie”

  1. benoite dit :

    aucun commentaire ici..la discussion se passe sur face book : pour information à ceux que cela intéresse..

  2. benoite dit :

    une réflexion ou une question en entrainant une autre, j’ai trouvé ce texte de/sur zwingli, un de « nos »réformateurs..
    et vous le propose :

    « Huldrych Zwingli (1531)
    Ulrich Zwingli – on trouve aussi Huldreich Zwingli et Huldrych Zwingli, (1484-1531).

    Très présent dans la société, il est un des principaux artisans des différentes tentatives de convertir, y compris militairement, la Suisse à la Réforme.

    En 1523, il parvient à faire adopter la réforme au canton de Zürich, premier canton à le faire. Il est, depuis Zurich, à l’origine des Églises réformées de Suisse alémanique, tandis que Guillaume Farel et Jean Calvin sont les principaux réformateurs en Suisse romande.

    Il est aujourd’hui encore l’une des principales sources d’inspiration des Églises réformées, et notamment du protestantisme libéral. (à vérifier ?)

    Le groupe oecuménique des Dombes nous présente

    sa pensée mariale :

    « Le thème de Marie est peu fréquent chez Zwingli. Pour lui, Marie est plutôt réceptrice que dispensatrice, elle est aussi « maison de Dieu », « serrure », « chambre » du Saint Esprit[1]. Le Zurichois parle occasionnellement de Marie « Theotokos », Dei genitrix », « Mater Christi », ou encore « qui accouche de notre salut ». Il rejette une interprétation figurée et dogmatique de cette maternité, qui est pour lui purement historique, sans rôle médiateur ni coopérateur ».

    Groupe des Dombes,

    ‘ « Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints.

    Tome I : Dans l’histoire et l’Ecriture. Bayard, Paris 1998, § 63

    « Marie n’est pas sainte par elle-même, mais par et dans le Christ. De ce fait, l’immaculée conception est rejetée. La question n’a pas de pertinence biblique. Si Marie est dite « pure », « immaculée », c’est à cause de sa foi et de son obéissance exemplaires qui font d’elle la figure du croyant, non à cause d’une conception hors du péché.

    La sainteté de Marie dépend toujours du Christ : Marie est « christo-typique » ; dans ce sens, elle n’est sainte qu’à partir de son rôle historique, non avant.

    Curieusement, Zwingli maintient à Zurich la fête de l’Assomption, pour raison de dévotion populaire plus que de théologie mariale.

    Cependant, le thème ecclésiologique de Marie mère de l’Eglise est inexistant chez lui. D’autre part – et c’est là une note originale dans les divers courants réformateurs – Zwingli reprend le thème médiéval de Marie figure de la diaconie ecclésiale : la piété mariale doit ramener l’Eglise à sa tâche caritative et sociale.[2] »

    Groupe des Dombes,

    Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints.

    Tome I : Dans l’histoire et l’Ecriture. Bayard, Paris 1998, § 64

    [1] ZW 1, 412.1-8

    [2] Que Marie n’éloigne pas les croyants de la misère sociale vécue par « des filles et des femmes que la beauté ou la pauvreté ont mises en danger. » (ZW 3, 52. 14).

    qu’en pensez-vous amis lecteurs ?

  3. Francisco dit :

    La bienheureuse Vierge Marie est comblée de grâce (Lc 1/28), l’invoquer c’est partager son silence dans les épreuves les plus douloureuses. « Que ta volonté soit faite » à l’exemple de Jésus son Fils bien-aimé.
    Nous sommes loin des bavardages des théologiens
    mais proches des malades, des éprouvés qui vont à Lourdes s’immerger dans un monde de paix et de prière d’où ils reviennent renforcés dans leur foi en Dieu, la source unique de tout Amour.

  4. benoite dit :

    Le discours des théologiens accompagne la réflexion des laïcs qu’à leur manière ils accompagnent : l’un et l’autre doivent trouver leur place ce me semble francisco.
    il n’y a pas de concurrence, même si parfois on aimerait ici ou là plus d’autonomie ou d’encouragement etc..

    pour revenir aux bienfaits de la prière qui renforce, cette attitude est partagée chez les frères pentecôtistes qui sauf erreur de ma part pratiquent l’imposition des mains, mais je ne crois pas qu’ils soient les seuls, et obtiennent /obtiendraient parfois des miracles.., les charismatiques aussi qui sont très axés sur la prière et aussi les catholiques, en allant à lourdes ou en restant tout simplement chez eux.

    chacun à sa manière attend les bienfaits que cette prière pourra lui apporter, et en même temps y apporte toute sa sincérité, sa foi : c’est tout au moins ainsi que je perçois l’accompagnement des proches malades, et des éprouvés, en espérant qu’ils ne le soient pas trop pour avoir encore la force de prier et de croire à la prière.

  5. Francisco dit :

    « Le discours des théologiens accompagne la réflexion des laïcs qu’à leur manière ils accompagnent : l’un et l’autre doivent trouver leur place ce me semble » dit Benoite.
    Que la réflexion accompagne le laïc, pourquoi pas mais Jésus a dit : :
    : »Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant, n’y entrera pas. » Jésus embrassa les enfants et les bénit en leur imposant les mains.
    (d’après Marc 10, 13-16)
    La recherche de la Vérité par la théologie est une voie mais une voie difficile alors que la voie « du coeur » est à la portée de tous même des plus hmbles et des moins instruits.
    C’est vrai dans toutes les religions, me semble-t-il.

    .

  6. Olivier C dit :

    Bonjour,

    Il est bien votre blog ! Ayant été attiré ici par un autre de vos articles je voudrais réagir à ceci :

    « Bien des protestants croient que Marie n’a pas eu de relation sexuelles pour concevoir Jésus. Deux des quatre évangiles parlent de cette conception virginale. Mais les évangiles de Marc et de Jean n’en parlent pas, ils appellent parfois Jésus Fils de Joseph et Paul dit que Jésus est né d’une femme comme nous. Cette question de la virginité de Marie est donc discutée dans la Bible elle-même… »

    Personnellement je ne vois la de contradiction interne à la bible, quand St Paul dit « né d’une femme sujet de la loi » il ne dit rien sur le mode de conception ?

    Quand à l’attribut « fils de Joseph », il est intéressant de voir que les Évangélistes font parler l’entourage. Celui-ci est-il à même de connaître le mode de naissance du Christ ? Luc ne précise-t-il pas : « il était, à ce qu’on croyait, fils de Joseph » (3, 23) ?

    En Jn 6, 42 nous voyons bien cette problématique pour les Juifs connaissant Jésus : « Celui‐là n’est‐il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut‐il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? ».

    Bien à vous

  7. benoite dit :

    Encore une approche intéressante des textes olivier, merci de l’avoir déposée ici..

    en effet, il ne semble pas y avoir de contradiction entre les textes, et le joanisme, fidèle à sa tradition parle au mode indirect…donc ne s’engage pas ! plus loin, dans Jn 10 et 11, « jésus dit », on rapporte toujours, et on se limite à cela.

    mais je ‘ma

  8. benoite dit :

    je m’associerais volontiers à francisco lorsqu’il écrit :

    La recherche de la Vérité par la théologie est une voie mais une voie difficile alors que la voie « du coeur » est à la portée de tous même des plus humbles et des moins instruits.

    à la limite ce qui m’intéresse, c’est ce que l’on fait de/avec la parole.

  9. T.Patrice dit :

    Belle réponse!
    Cette question/réponse date de plusieurs années, et je ne sais si le pasteur Gaspard est toujours présent sur ce site.
    Sa réponse est exemplaire , il ne renie pas sa foi et les difference qu’elle a avec celle des catholiques, tout en respectant celle des autres. Bien des chretiens ( souvent évangélique, trahi catholique… mais aussi modéré comme je pense l’être ) devrait prendre exemple sur vous Marc.

    Patrice
    PS: je suis un chrétien catholique ( non de culture mais par choix à l’âge de 35 ans car ma famille est en grande partie athée et anticlérical surtout cathos) et c’est toujours un enrichissement de lire votre site internet, en attendant un jour de venir à l’un de vos cultes.
    Merci à tous ceux qui contribue à ce site.

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