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enfant avec un maillot de foot du portugalUn enfant de cinq ans, élève en maternelle à Massy (Essonne), n’a pas pu entrer en classe mardi matin, car il portait un maillot de football du Portugal, selon une information donnée par Le Parisien et reprise par bien des médias.

Les enseignants de cet établissement public avaient en effet décidé qu’il serait interdit aux jeunes écoliers de venir en classe vêtus d’un maillot de foot, ce qui pourrait créer des « rivalités entre les enfants », a indiqué la directrice de l’école. La maman du petit garçon raconte qu’elle n’avait pas été avertie de ce ce nouveau règlement, ni par un mot dans le carnet de correspondance ni par voie d’affichage, et qu’elle a dû quitter l’école avec son fils. « Il avait à moitié les larmes aux yeux. Il ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas rester à l’école ». Deux autres mamans ont d’ailleurs eu le même problème. Une a dû changer son fils à midi, et un autre enfant a eu son maillot de foot caché par une chemise.

Peut-être est-ce seulement un délire personnel de quelques enseignants ? Mais peut-être que l’on peut rapprocher ce minuscule évènement de l’interdiction dans l’école de tout signe d’appartenance religieuse. Finalement, l’idéal, selon cette conception de l’école publique, ne serait-ce pas d’avoir des élèves tous en blouse de la même couleur, des élèves qui seraient sans religion, sans origines, sans culture propres, sans le droit de se passionner pour tel sport, sans sensibilités politiques… ?

Qu’on le veuille ou non, ces interdits de tout signe visible projettent un certain modèle de société aux enfants, et je ne suis pas certain que ce modèle soit idéal, ni même possible aujourd’hui. Cela projette une certaine idée de la paix, une paix qui ne serait pas dans le respect de l’identité de l’autre, mais dans l’uniformité, dans la disparition des différences, en un mot, dans l’intégration, le « je ne veux voir qu’une tête ».

Dans le fameux mythe de la ville et de la tour que les humains construisent à Babel (Genèse 11), le problème (si problème il y a dans ce projet des hommes), ce n’est apparemment pas tant la construction d’une tour que celle d’une ville où « les gens avaient une seule langue, une seule pensée, un seul nom ». C’est cela qui est mauvais, et c’est cela que Dieu disperse, pour que chacun puisse avoir son cheminement spécifique, sa voie propre et sa voix propre (son mot à dire). Parce que le projet de Dieu n’est pas de nous faire tous semblables, mais qu’au contraire la personnalité de chacun puisse s’épanouir, avec ses spécificités, et que chacun ait sa place dans l’humanité, une place spécifique, comme un des membres d’un corps unifié (1 Corinthien 12). La paix ne se fonde alors pas sur la pensée unique, le projet unique, l’identité unique valable pour tous et chacun. Mais la paix se fonde alors sur la communion, la compassion, le service réciproque.

Tant mieux si un enfant est passionné par l’équipe de foot de son pays d’origine ou du pays d’origine de ses parents, tant mieux si un petit juif porte kippa, une petit catho porte une croix, on pourrait leur faire explique à chacun ce qui les intéresse dans le foot, le portugal, les dinausores, l’Évangile ou le Coran… et tenter de leur faire expérimenter ce que peut être l’enrichissement par les différences.

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11 Réponses à “L’accès de l’école refusé à un élève de maternelle vêtu d’un maillot de foot”

  1. Tigreek dit :

    L’uniforme a aussi ses avantages (voir en pays anglo-saxon) ! Pas de préjugés sur les vêtements, et toute liberté de s’exprimer, de travailler, de faire le clown…

  2. André ALOUJES dit :

    Quand je fréquentais l’école communale et laïque, il à plus de 50 ans, nous portions tous une blouse grise. C’est à cela qu’il faut revenir, sinon on connaîtra de plus en plus des délires de ce type…

  3. benoite dit :

    dans mon petit bahut, nous avions des blouses de couleur bise sans que cela ne nous pose aucun problème.
    pour les garçons, si je me souviens bien, les blouses étaient gris acier. (établissements laïcs mixtes).

    quelques décennies plus tard, mes filles portaient des tabliers bleus, genre chasuble, où le prénom était brodé sur l’emplacement : je ne me souviens pas de pb particulier à ce sujet, sinon qu’il fallait veiller à ce qu’il soit propre pour le lundi matin, chaque élève n’en ayant qu’un : les enfants grandissent si vite ! un fournisseur unique aussi (ou 2 peut-être). établissement privé sous contrat.
    ce n’était pas un signe de totalitarisme, mais devait justement effacer les différences sociales.

    sous prétexte de..de quoi au juste ? les uniformes ont été supprimés, en lisant cet article, j’en viens à me demander si c’était une bonne idée !

    est-ce qu’un enfant de 5 ans se prend déjà la tête avec le foot ou est-ce que ce sont les parents qui tiennent à marquer leur différence ?
    au fait, est-ce que le portugal est toujours en piste ?

    est-ce que que l’enfant juif a pas besoin de sa kippa pour marquer sa différence ? je ne le crois pas, et heureusement;

    « La paix ne se fonde alors pas sur la pensée unique, le projet unique, l’identité unique valable pour tous et chacun. Mais la paix se fonde alors sur la communion, la compassion, le service réciproque. »

    tout à fait d’accord, cela ne se manifeste pas sur les signes extérieurs d’habillement encore qu’un même uniforme puisse aussi vous rassembler, à mon sens.

  4. Eric dit :

    Je suis POUR un retour de l’uniforme dans toutes les écoles !!! Comme dans certains pays !
    Cela reglerait tous les problèmes !

  5. benoite dit :

    Je ne sais pas si l’uniforme règlerait tous les problèmes, mais ceux issus des signes extérieurs..probablement..

  6. Les serveurs de KFC portent comme uniforme un tee-shirt personnalisé avec ce qu’ils aiment : qui le foot, la danse, la musique classique… Finalement, peut-être qu’il y a là une idée à proposer à l’éducation nationale : à la fois l’uniforme qui nivelle les classes sociales sans nier l’existence de l’individu avec sa culture, ses orientations ?

  7. benoite dit :

    « Finalement, peut-être qu’il y a là une idée à proposer à l’éducation nationale : à la fois l’uniforme qui nivelle les classes sociales sans nier l’existence de l’individu avec sa culture, ses orientations ? »

    on vous reconnait bien là pasteur Pernot..à vouloir ménager la chèvre et le choux et faire plaisir à tout le monde !
    l’uniforme des serveurs du KFC relève d’une certaine option de communication choisie par l’entreprise.

    j’ose espérer que « l’existence de l’individu avec sa culture » ne relève pas d’un uniforme ou de la non existence d’un uniforme : rien ne l’empêche de s’habiller en supporter dans la sphère privée qui est la sienne, l’école faisait partie de la sphère publique avec ses règles etc..
    cela apprend à se situer, ne pensez-vous pas ? à savoir où l’on est et « comment ça fonctionne » là où l’on est.

  8. Ce n’est pas pour faire plaisir à tout le monde, mais plutôt pour essayer de chercher une solution qui optimise les avantages et minimise les inconvénients. Bien souvent, nous avons tendance à voir les choses en noir/blanc, il est utile de diminuer le contraste, de discerner les demis teintes, les marbrures.

    Et non, je ne crois pas qu’il soit une bonne idée d’interdire que les opinions personnelles s’expriment, et donc s’affichent dans l’espace public, même et surtout dans un domaine éducatif.Cela me semble fondamental d’apprendre aux enfants, précisément, à accepter que certaines choses personnelles peuvent s’exprimer, et d’autres non, et pourquoi. A mon avis une préférence religieuse, une culture d’origine, un hobby… sont effectivement des choses personnelles que l’on devrait pouvoir exprimer et afficher, des choses que les enfants devraient apprendre à respecter chez l’autre même s’ils ne les partagent pas. C’est un point essentiel de l’éducation civique. Or, ce n’est peut-être pas tellement fait dans les familles, c’est d’autant moins fait que certains intégrismes montent (chez les chrétiens, les musulmans, les juifs, mais aussi les athées), que certains sifflent des hymnes nationaux, brûlent des drapeaux, dessinent des croix gammées sur des synagogues, des mosquées ou des tombes… et que certains athées intégristes veulent à tout prix cantonner la foi à la sphère privée, la jugeant indécente ?

  9. benoite dit :

    « Ce n’est pas pour faire plaisir à tout le monde, mais plutôt pour essayer de chercher une solution qui optimise les avantages et minimise les inconvénients. »

    pourquoi vouloir optimiser les avantages et minimiser les inconvénients ?
    sur quoi repose ce postulat ?

     » Bien souvent, nous avons tendance à voir les choses en noir/blanc, il est utile de diminuer le contraste, de discerner les demis teintes, les marbrures. »
    effectivement, on peut voir la vie en pastel, indéfini clair ou indéfini foncé..et gommer tout ce qui nous dérange, mais ce faisant, sommes nous encore dans la réalité, ou dans un monde imaginaire ?

    « Et non, je ne crois pas qu’il soit une bonne idée d’interdire que les opinions personnelles s’expriment, et donc s’affichent dans l’espace public, même et surtout dans un domaine éducatif.Cela me semble fondamental d’apprendre aux enfants, précisément, à accepter que certaines choses personnelles peuvent s’exprimer, et d’autres non, et pourquoi. A mon avis une préférence religieuse, une culture d’origine, un hobby… sont effectivement des choses personnelles que l’on devrait pouvoir exprimer et afficher, des choses que les enfants devraient apprendre à respecter chez l’autre même s’ils ne les partagent pas. »

    emile combes et d’autres se sont battus pour obtenir l’école laïque..cette notion est battue en brèche par certaines autorités écclésiales et parfois par l’etat, avec le succès que l’on connait..
    l’observance de cette laïcité nous avait gardé à l’abri des débordements raciales et/ou racistes, leur non respect nous y entraine de nouveau : certes c’est un choix de société qui est posé.

    tant que la religion a été cantonnée à la sphère privée, il n’y a pas eu de gros problèmes : c’est le choix de l’école laïque.
    si on remet la religion à l’école, il n’y aura plus d’école laïque, on reviendra peut-être pas au moyen page mais presque..
    mais c’est un choix de société qui peut s’entendre : on n’est simplement pas obligé d’y adhérer.
    à qui cela profitera-t-il ?
    pas forcément à ceux que l’on pourrait imaginer.

  10. Euh, je ne sais pas comment dire. Vous demandez « pourquoi vouloir optimiser les avantages et minimiser les inconvénients ? », à moins d’être masochiste, qui ne le voudrait pas ?

    Euh, encore, comment m’expliquer plus clairement ? Quand je propose de voir les choses en demi teintes et en marbré, ce n’est évidemment pas pour ne garder que ce qui me plait ou pour gommer les différences, au contraire, c’est pour mieux les appréhender.

    Et non, l’école laïque et la laïcité à la française (pour lesquelles le protestantisme a tant fait depuis toujours), n’est absolument pas le zéro religion, mais la liberté d’avoir la religion de son choix ou de ne pas avoir de religion. Cela n’a absolument rien à voir avec le fait de rendre visible ou non son choix personnel.

    C’est plus gênant, effectivement quand il s’agit du professeur, car il a une autorité sur les enfants, qu’il le veuille ou non, et malgré toute sa bonne volonté. Il vaut donc mieux qu’il ne montre pas ses choix en matière de religion ou d’opinion politique. Mais pour ce qui est des enfants, je ne vois pas pourquoi ce serait regrettable.

  11. benoite dit :

    merci la maïeutique !

    « Euh, je ne sais pas comment dire. Vous demandez « pourquoi vouloir optimiser les avantages et minimiser les inconvénients ? », à moins d’être masochiste, qui ne le voudrait pas ? »

    il n’est pas question de faire de la psychologie de boulevard, donc d’être maso ou non.
    de voir les choses en face, blanches ou noires, permet d’appréhender la réalité, et encore de pouvoir analyser et chercher des solutions adaptées, parce que l’on met des mots dessus.
    le pastel, c’est la fuite, mais parfois la seule solution possible pour celui/celle qui l’utilise, la canne comme dirait certain..

    « Et non, l’école laïque et la laïcité à la française (pour lesquelles le protestantisme a tant fait depuis toujours), n’est absolument pas le zéro religion, mais la liberté d’avoir la religion de son choix ou de ne pas avoir de religion.  »

    tout à fait, mais chacun à sa place, une place pour chaque chose etc..

    la religion n’est pas à mon sens l’affaire de l’école, pas plus que l’enseignement de l’école n’est l’affaire de la religion.

    « Cela n’a absolument rien à voir avec le fait de rendre visible ou non son choix personnel. »
    c’est votre point de vue et en tant que tel, il est respectable..
    rendre visible à l’école le choix personnel en matière de religion ne relève plus de la laïcité. c’est pourquoi on évite tout signe distinctif..et qu’on a cru bon de devoir légiférer à ce sujet pour éviter les dérives ! ces législateurs furent des futurologues ou des sages avant l’heure.

    s’il vaut mieux que l’enseignant ne montre pas ses choix, il me semble évident qu’il ne saurait y avoir deux systèmes de fonctionnement dans un même lieu, l’école, et que ce que l’on attend de l’enseignant, on peut l’attendre aussi de chacun de ceux qui fréquentent le lieu.

    « Mais pour ce qui est des enfants, je ne vois pas pourquoi ce serait regrettable. »
    parce qu’une des choses importantes pour un enfant est de savoir/pouvoir se situer. de mélanger éducation et instruction, religion et école ne l’aide pas vraiment, même si cela part de bons sentiments..ou que l’on suppose tels.

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