
Question d’un visiteur :
Bonjour,
Je viens vers vous pour vous poser une question sur le gnosticisme, mouvement qui a été qualifié d’hérésie. J’ai lu l’apocryphe de Thomas et je n’y ai pas vu de contradictions avec l’enseignement de Jésus des synoptiques au premier abord. Il est dit qu’il aurait été rejeté pour être gnostique. En me renseignant un peu sur ces caractéristiques, j’y ai trouvé quelques parallèles avec certaines théologies modernes comme celle du Process ou l’Open Théology.
Finalement je me demande si bannir le Gnosticisme a vraiment été une décision justifiée de la part de l’Eglise Romaine. Il semble y avoir eu diverses influences pour ce mouvement dont certaines qui s’éloignent démesurément des écritures du canon biblique, comme les rites d’initiation et certaines conceptions. Mais pourtant des détails au niveau de l’interprétation prennent d’avantage de sens d’un point de vue gnostique.Quel est votre point de vue sur la question ?
Cordialement,
Sébastien.
Réponse d’un pasteur :
Bonjour Sébastien
Le christianisme a été très libre jusqu’au IVe siècle, même si évidemment il y avait des courants différents qui discutaient parfois âprement. C’est ainsi que les courants gnostiques ont été critiqués par ceux qui n’aimaient pas ce courant, par exemple par Irénée, au IIe siècle. Mais ils avaient tout à fait le droit d’exister. Le fait même d’être taxé d’hérétique serait plutôt un compliment, puisque cela signifie littéralement celui qui choisit, celui qui se décide librement, et c’est un petit peu le programme de l’Oratoire du Louvre, que chacun puisse être un libre croyant, chrétien à sa propre façon.
Quant au gnosticisme, oui, il y a certainement des choses intéressantes, en particulier la façon dont ce courant de pensée a su assimiler le message de Jésus, le faire sien, se laisser transformer par lui est un bel exemple de ce que nous pouvons faire nous-mêmes dans notre existence. Mais personnellement, le gnosticisme n’est pas du tout mas tasse de thé, car je trouve qu’il n’est pas assez ouvert et libre, avec ce côté un peu secret, avec ces degrés de connaissance réservés à certains… Mais bon, on a le droit d’avoir son club, et comme le dit Jésus: qui n’est pas contre nous est avec nous.
Je suis très touché par certains passages de l’évangile selon Thomas, qui me donnent souvent une impression d’authenticité et de fraîcheur formidable, comme si certaines paroles avaient été prises en notes par un témoin de Jésus parlant aux foules.
Mais certains passage de cet évangile selon Thomas ne semblent, si, tout à fait éloignés des évangiles dits « canoniques ». Par exemple :
13. Jésus prit Thomas, se retira et lui dit trois mots… Quand Thomas revint vers ses compagnons, ils l’interrogèrent : « Que t’a dit Jésus ? » Thomas leur répond : « Si je vous disais une seule des paroles qu’il m’a dites, vous prendriez des pierres, vous les jetteriez contre moi ! Un feu sortirait de ces pierres et vous seriez consumés… »
Dans les évangiles synoptiques, il arrive que Jésus réserve un enseignement à certains (par exemple à la transfiguration, ou pour expliquer des paraboles), mais c’est juste temporaire, tant que Jésus est encore vivant au milieu d’eux et qu’il doit en priorité bien former quelques personnes sans se faire tuer trop vite, mais en définitive, cet enseignement doit être crié sur les toits pour que tout le monde en profite. C’est juste une question d’agenda, pas une question de nature, comme dans cette parole de Thomas. Tous, même les plus simples des gens doit pouvoir entendre la totalité de l’Evangile.
118. Simon-Pierre leur dit : « Que Marie sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie ! » Jésus dit : « Voici ; moi, je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles ! car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux. »
Cette misogynie est logique dans ce contexte gnostique où la vie physique est problématique, la procréation est alors comme une réplique de la chute, et c’est la femme qui donne la vie. Dans les évangiles canonique, au contraire, la vie en ce monde est une bénédiction et la femme est à l’honneur bien souvent. Et cette sensibilité des évangiles canoniques est également celle de bien des passages du premier testament, en particulier de la Genèse et des Psaumes. Sur ce point, la pensée gnostique est plus orientale que vraiment biblique.
J’ai donc bien l’impression que l’évangile de Thomas rassemble deux traditions assez différentes, du meilleur, avec ces paroles de Jésus, et de l’extérieur qui me plait bien moins.
Cordialement
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Bonjours,oui l’Evangile de Thomas est interressant sous bien des points.
Le plus important pour moi est qu’il transmet en effet des paroles de Jesus sans aucune mise en scene,elle sont libre d’interpretation.
Il faut savoir qu’au debut du Christianisme,celui ci etait pluriel et que pour etre juste historiquement ils faudrai dire les Christianismes.
Certain Evangiles(dit Apocryphes)etaient reverés bien plus que nos Canoniques et suivi par une majorité de Chretiens.
Ils y avait les Ebionites,les marcionites,les Gnostiques ect ect.
Et certains etaient majoritaire par exemple certaine communauté réverait l’evangile de Pierre(Apocryphe).
Donc je pense qu’il est possible de lire les Evangiles Canoniques et Apocryphes car ils sont autant de visions de Jesus.
Ils faut juste faire attention a certain se referant a l’enfance de Jesus et qui sont clairement dans la mythologie!
J’ai meme vu certains ecris(compilé par un moine) se referant aux elements de la vie de Jesus qui non pas ete annotés dans les Evangiles et certain textes etaient merveilleux.
Enfin tout cela pour dire que la parole est vivante et qu’il serai dommage de ce priver de certains textes tout en faisant attention a l’interpretation que l’on peut en faire.
Pour cela rien ne vaut les Canoniques comme socle et de comparer les Apocryphes par rapport a cet etalon.