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ange, Nicolò Rondinelli (15e, Murano)

Question d’un visiteur :

Bonjour monsieur le Pasteur,

Je suis maronite (catholique romain de rite oriental), et tiens avant tout à vous remercier ainsi qu’à vous encourager dans le travail que vous faites au niveau des questions/réponses, que je trouve très bon.
J’ai aussi une question à vous poser : Quel est le positionnement du Protestantisme (ou du moins de votre Eglise) vis à vis des écrits des Pères de l’Eglise, notamment en ce qui concerne ceux qui ont vécu dans le contexte de la rédaction du symbole des apôtres, qui est si je ne me trompe la seule profession de foi commune à l’ensemble des Eglises ?

Merci encore pour tout !

En fraternité dans le Christ,

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Dans le protestantisme, nous apprécions et lisons les Pères de l’Eglise. Leurs écrits sont souvent très riches et bien plus libres, plus divers que les textes produits après le IVe siècle. En effet, à cette époque, Constantin, le premier empereur de Rome à s’être converti au christianisme, a commencé à vouloir réduire cette diversité, d’abord par le dialogue,puis par la contrainte… Cette diversité en débat des théologiens des 3 ou 4 premiers siècles est une chose qui nous est chère dans le protestantisme, ressentie comme une richesse et non comme un scandale. Le scandale, c’est le jugement porté sur l’autre, c’est l’excommunication, l’anathème lancé sur l’autre, pas la diversité quand elle est fondée sur une foi sincère et réfléchie.

Je ne pense pas que le Symbole dit « des apôtres » soit une profession de foi commune à l’ensemble des églises. Au contraire, ce texte a été écrit bien des siècles après la disparition des premiers apôtres précisément pour exclure certains courants de chrétiens, certaines églises, que le courant majoritaire voulait combattre. C’est pourquoi tout ce qui est essentiel et rassemble tous les chrétiens ne se trouve précisément pas dans ce texte : la grâce et le pardon de Dieu, le fait que Jésus-Christ ait parlé et guéri, ce texte ne parle pas de foi, ni d’espérance…

Ce qui me gène dans « le symbole des apôtres » c’est plutôt ce qui manque, comme je vous le disais, c’est à dire l’essentiel de l’évangile et du salut en Jésus-Christ. Pour ce qui est dans ce texte, la principale difficulté est que bien des concepts sont absolument impénétrables pour des oreilles non averties.

Par exemple, que peut bien entendre l’homme ou la femme mettant pour une fois les pieds dans une église quand on lui dit que nous croyons (ou pire : qu’il faudrait croire) que le Christ est « assis à la droite de Dieu » ? Il s’agit, bien entendu, d’une façon de parler qui désigne une réalité théologique et spirituelle à laquelle on peut adhérer en toute bonne foi si on a étudié la question, mais littéralement cet énoncé est quand-même problématique…

C’est pourquoi, dans notre église, nous proposons comme confession de foi rassemblant tout le monde ce « symbole » qui était en vigueur dans les premières communautés, selon Paul : « Jésus-Christ est le Seigneur » (1Corinthiens 12:3). Ça, oui, c’est indubitablement commun à toutes les églises chrétiennes, avec bien entendu une certaine diversité dans la façon de s’approprier ces mots.

Dans notre église, chacun peut, par ailleurs, avoir ses propres convictions théologiques et spirituelles. En effet, nous ne sommes pas unis par une liste de choses à croire ou non (des dogmes), mais nous sommes plutôt unis par un centre (Jésus-Christ) et par une méthode (la recherche de Dieu sincère et responsable, dans le respect des autres, par l’étude de la Bible, la réflexion, la prière personnelle). Lors d’un baptême d’adulte ou une profession de foi, la personne prononce une libre confession de foi qui peut être le « symbole des apôtres », ou une confession de foi classique comme celles mises sur le site de l’Oratoire, mais souvent la personne écrit elle-même sa propre confession de foi, cherchant à se concentrer sur ce qui est essentiel pour elle. Un certain nombre de ces confessions de foi personnelles sont disponibles en ligne également.

Avec mes amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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5 Réponses à “Symbole « des apôtres »”

  1. Tigreek dit :

    Hum… Le symbole des Apôtres, ou le symbole de Nicée-Constantinople sont effectivement des résumés de foi, qui comportent quelques expressions ardues, pas évidentes pour le premier venu. Mais il me semble que quelqu’un qui s’intéresse à ce que l’on croit, cherchera à approfondir la question plutôt que s’arrêter à ces quelques mots… Non ?

    Et puis, c’est quand même un bon début quand on parle d’oecuménisme…

  2. Visiteur anonyme dit :

    Moi le seul truc qui me gene dans le symbole de nicée-constantinople, c’est l’expression: » je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et aspostolique » c’est ça qui gache toute et comme le fais remarquer effectivement le pasteur, il manque des choses essentiels qui aurais pu faire un credo de communion entre les divers chrétiens.

  3. En général, quand nous disons le « symbole des apôtres », il comprend plutôt cette phrase dite ainsi : « Je crois l’église une, sainte universelle et apostolique ».

    En effet, « catholique » est un mot grec qui signifie « universel ». Ce qui fait que cette affirmation « je crois l’église universelle » est en réalité une ouverture : je crois que l’église est bien plus large que mon église personnelle, qu’elle a une dimension universelle au sens où Dieu considère chaque homme, chaque femme comme son enfant bien-aimé. Mais c’est vrai qu’il y a une difficulté quand on dit « je crois en l’église », car avec ce simple petit « en », l’église devient comme médiatrice, elle est alors un objet de foi, comme Dieu. Et c’est vrai qu’en ne traduisant pas ce mot « catholique » en universel, le risque existe que cette affirmation de foi en l’église devienne une fermeture, l’affirmation que la véritable église est ce que l’on appelle communément « l’église catholique (romaine) ».

    Pour les autres termes, ils sont assez beaux : l’église est une, au delà des différences de lieux, de sensibilités, d’institutions, de cultures… l’église est une, comme le disait l’apôtre Paul, elle est comme un corps avec différents membres et cette unité n’est pas faite par les hommes mais par l’Esprit Saint.

    L’église est « sainte », c’est vrai que là encore cette affirmation est tout à fait trompeuse en langage moderne, cela signifierait que l’église serait infaillible, sans erreurs ni péché, ce qui est évidemment loin loin d’être le cas. Mais dans le langage biblique « saint » n’est pas une qualité morale, c’est une vocation. Dans le langage biblique, nous sommes tous saints, c’est à dire reconnus individuellement par Dieu comme uniques et étant appelés à avoir une mission. En l’occurrence, cette mission est apostolique, c’est à dire d’être envoyés vers les autres, envoyés dans le monde, plutôt que de vivre dans notre petit coin, dans notre petite foi…

    Bref, cette définition de l’église est assez belle, mais quand elle est dite sans que les termes soient traduits dans le langage moderne elle est impossible à comprendre, et même trompeuse.

  4. Francisco dit :

    Ne peut-on légitimement admettre qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ, mais beaucoup de médiations entre le Christ et les hommes (le témoignage des prophètes, les Anges, les Eglises, l’Ecriture, la Loi, la Tradition chrétienne, l’intercession des Saints…).
    Il y eut au moyen-âge beaucoup de superstition dans le culte des saints spécialistes de telle ou telle maladie mais finalement les prières n’aboutissent-elles pas toutes au Christ Médiateur universel ?

  5. Visiteur anonyme dit :

    Mr Francisco,

    Votre histoire les saints et consors mediateurs entre Dieu et les hommes je n’y crois pas.
    Déjà je le Christ nous dit ceci: » nul ne va au père que par moi.
    « quand priez et demander en mon nom »
    « Lorsque deux ou trois sonréunie en mon nom, je suis là, au mileu d’eux ».
    donc ces histoires des saints, Marie etc ne tienne pas la route.
    là où je suis d’accord avec vous c’est quand vous disiez que le christ est mediateur entre Dieuet les hommes.

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