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lustre en verre de Venise

La lumière brille dans les ténèbres (et c'est plus beau quand il y a de nombreuses lampes)

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je participe a des réunions de jeunes évangéliques et j’essaye d’amener les plus fondamentalistes à la réflexion. La fois dernière, nous avons évoqués l’évangélisation qui était présentée comme le rôle premier du chrétien et indissociable de la vie de croyant. L’argumentation s’appuyait en partie sur le verset disant : « Allez et faites de toutes les nations des disciples ».

Je fis remarquer qu’il ne s’agissait pas d’une alarme à feu qui devait nous pousser à démarcher tout le monde dans les lieux publics. Mais je n’ai pas convaincu grand monde ! Comment justifier bibliquement une approche libéraliste des écritures quand celles ci ne sont pas relativisées ?

Je trouve que l’évangélisation est pratiquée de façon trop radicale et orientée rapidement sur les doctrines. Dieu est tout de même d’un sujet difficile à aborder avec les mots de la Bible de nos jours. J’ai l’impression qu’y aller progressivement avec des approches libérales serait plus confortable pour la personne.

Cordialement,

Réponse d’un pasteur :

Merci et bravo.

Je ne suis pas certain que la démarche « On (Dieu, le Christ, ou mon église) me commande de témoigner, donc je dois aller réciter des dogmes et des versets aux gens que je croise » soit excellente. D’abord, comme vous le dites, l’Évangile n’est pas d’abord un dogme, mais ce serait plutôt un événement, une expérience.

Mais en plus, si on témoigne par soumission à un ordre, je ne suis pas certain que le témoignage soit génial, parce qu’alors, en réalité, on ne s’intéresse pas à la personne que l’on rencontre, mais on s’intéresse à soi-même : moi, pour vivre dignement, je dois témoigner. C’est même parfois avec un sentiment de crainte que certains se lancent dans cette « évangélisation » : persuadé (par son église) que pour être un vrai chrétien et donc pour être reçu au paradis et éviter l’enfer, je dois, sous la contrainte de cette menace, témoigner, et même témoigner la sainte doctrine droitement, sinon ce serait terrible (ou plus précisément, il faudrait enseigner ce que l’on m’a toujours dit être la Vérité avec un grand V, la Vérité de Dieu, mis en dogmes & règles indiscutables…)

Pour cette question du témoignage, je dirais que cela vient du cœur, tout simplement. Sinon, ce n’est pas grave si l’on ne témoigne pas. Dieu ne nous en voudra pas, pour autant, nous ne sommes pas à l’usine et il n’est pas un terrible patron qui vire des employés inefficaces, il est comme un père qui aime chacun sans condition… Cela vaut même peut-être même mieux de ne pas témoigner si on ne « le sent pas », car un témoignage forcé témoigne d’un Dieu qui nous contraint sous la menace à faire sa pub, non ?

Ce qui témoigne de Dieu, c’est quand ça vient du cœur, quand on veut le bien de la personne que l’on rencontre par sympathie pour elle. Par exemple, quand on a trouvé une bonne adresse de restaurant, ou vu un film sympa, on le signale naturellement à ses proches parce qu’on les aime et qu’on serait heureux de leur procurer quelques minutes intéressantes ou agréables. C’est alors à l’autre que l’on pense, parce qu’on reconnaît en lui un semblable à nous et que l’on se sent concerné par son épanouissement. Quand l’évangile est transmis ainsi, il est alors porté par un amour désintéressé, non par de l’égoïsme plus ou moins teinté de crainte. Alors notre témoignage en est un, de témoignage, au lieu d’être la récitation d’un dogme, voire la récitation d’une menace : si tu ne crois pas cela, ne fais pas ceci tu ne seras pas sauvé mais ira griller en enfer, à bon entendeur salut (j’exagère à peine).

A mon avis, c’est ce que propose le début du livre des actes des apôtres avec cette promesse de Jésus : « vous serez mes témoins ». Ce n’est pas un ordre « soyez mes témoins sinon ça va barder », mais c’est une promesse : quand vous aurez goûté à ce que Dieu vous apporte, alors vous aurez à cœur de témoigner de cette expérience. Ce ne sont alors pas des dogmes que l’on récite, mais c’est plus simplement une expérience personnelle. On parle alors de ce que l’on a vécu, d’un enrichissement intérieur, c’est lors d’une joie que l’on témoigne, comme une bonne adresse que l’on veut donner à un ami.

Mais cela dit, précisément, nous pouvons témoigner auprès des autres de ce que nous reçu (qu’ils soient chrétiens de toutes sortes ou non chrétiens, athées ou agnostiques…), nous pouvons leur dire, tout simplement notre joie de vivre une foi qui cherche Dieu dans la sincérité et la liberté, sans que pèse sur nous la crainte d’un Dieu menaçant, mais au contraire, joyeux d’avoir déjà goûté un petit peu ce qu’il nous apporte.

Ce témoignage peut se faire sans critiquer la foi ou la philosophie des autres. Peut-être simplement l’un ou l’autre aura lui aussi, envie d’essayer de se tourner vers Dieu en l’aimant avec confiance, ce Dieu qui, nous dit Jésus-Christ, aime même ses ennemis, bénit ceux qui le persécutent plutôt que de les faire mourir.

Vous avez raison, donc, de penser à ce que notre témoignage soit confortable pour les personne. Il l’est à mon avis quand il n’est ainsi pas menaçant, non ?

Amitiés fraternelles

Marc

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