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feuilles d'automne

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur Pernot,

Pourquoi accorderait-on plus d’importance à la Bible qu’aux autres mythes et explications que les hommes avaient des mystères de la vie et de la mort.

En somme pourquoi d’après vous faut-il plus croire en la version que Jésus nous présente de Dieu et de l’univers si finalement nous n’avons de sa vie, ses actes et paroles qu’une vision rapportée, sans doute déformée et difficilement vérifiable? (je précise que je ne pose pas la question avec ironie ou agressivité, c’est réellement une question que je me pose).

Ensuite deuxième question : puisque donc les récits qui composent la Bible sont des témoignages humains et imparfaits, de plus sélectionnés, et qu’en plus à travers le temps des interprétations de plus en plus diverses en ont été faites, comment peut-on se dire « je vais ancrer ma foi en ce que disent ces textes »?

Moi qui suis partie d’une vision athée, pour m’intéresser à différentes visions religieuses (superficiellement je l’avoue) j’ai réellement du mal à me dire je vais croire en cette version plutôt qu’une autre.

Il y a des choses que je sens au fond de moi: Je sens que quelque chose existe qui nous transcende, et peut être même qui nous accompagne et à quoi on peut s’adresser et en quoi on peut même trouver du réconfort dans la prière. Mais je sens qu’on peut juste demander une présence une lucidité, une voie à suivre, mais rien de plus, pour moi c’est plutôt juste un « état » de la nature auquel on peut se connecter en quelque sorte. Je n’arrive pas vraiment à croire à une volonté, un but et à un amour conscient envers nous, sinon pourquoi certains ont tant de chance et ont le sentiment d’être exaucés dans leurs prières et leur vie et d’autres jamais?

Je sens aussi qu’il y a quelque chose après cette vie, et peut être même plusieurs vies pourquoi pas, je sens qu’une part de nous est immortelle et appartient à quelque chose (une sorte d’âme universelle) dont elle vient et à laquelle elle retourne. Je sens que le message d’amour de jésus Christ rejoint celui d’autres religions, même si c’est dit autrement. Mais je n’arrive pas à croire dans le détail à des dogmes précis: Jésus fils de Dieu, Marie vierge pure, les miracles…

Pourtant je trouve parfois dans la bible quelques réponses d’après ma modeste compréhension. est-ce une erreur d’après vous d’avoir une vision si large, ne faut-il s’en tenir qu’à la bible d’après vous? mais alors je reviens à mes 2 premières questions, comment trouver une certitude dans des textes si « humains »? je n’y arrive qu’en me détachant très loin des détails (quand j’ai réussi à les comprendre).

Merci et désolée, je n’arrive jamais à faire simple et concis avec mes questions, j’en ai toujours plusieurs qui s’imbriquent les unes dans les autres…

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Effectivement, c’est une question de choix personnel de prendre la Bible comme élément central de notre réflexion. Cela dit, c’est pour nous l’élément central, mais ce n’est pas la seule chose que nous lisons, bien au contraire, mais parmi tout ce que nous lisons, la Bible est un point essentiel.

Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a objectivement ou subjectivement d’exceptionnel dans ce livre qui mériterait ce choix ?

  1. objectivement : on peut dire ce que l’on veut de ce livre, on peut l’aimer ou non, apprécier ou non tel aspect, tel passage… mais on ne peut pas dire que ce livre soit nul. Il pose d’excellentes questions, le lire ouvre ainsi à une vraie démarche d’interrogation de soi-même, de ce monde, de la vie, de Dieu… Ce livre a pétri notre culture, il est le cœur de 2000-3000 ans de débats, d’interprétations, de prières, de peintures, d’opéras & de musique au 4 coins de la terre. C’est un trésor immense.
  2. objectivement encore : ce livre est massivement pluraliste. A moins d’être malhonnête ou stupide, il est difficile d’être intégriste avec un tel livre dans le quel se rencontrent des façons de penser et d’être en relation à Dieu si différentes. Même en ce qui concerne les témoignages sur Jésus, ce livre a l’extraordinaire sagesse d’incorporer pas moins de 4 ou 5 points de vue très différents (Matthieu, Marc, Luc, Jean, Paul, plus Pierre, Jacques, Jude et tous les collaborateurs à la rédaction de ces livres & lettres).
  3. enfin, subjectivement. La Bible et particulièrement l’Evangile propose une base de théologie (d’un Dieu dont nous n’avons rien à craindre mais tout à espérer) et d’une façon de comprendre la vie humaine (centrée sur la confiance en Dieu et la responsabilité vis à vis de nous-mêmes et des autres). Cette théologie (ou plutôt les théologies possibles sur cette base) et ces façons d’être inspirées de la Bible et des évangiles me semblent extraordinaires, elles me semblent belles et fécondes, s’en inspirer est le choix du chrétien.

En réalité le choix d’une théologie détermine d’une façon déterminante notre façon de vivre et d’espérer. Par exemple la réincarnation : ce n’est pas impossible, après tout, que cela soit une réalité. Mais cette pensée ne me plait pas, car elle relativise, à mon avis, l’infinie valeur de l’individu personnel et de chaque journée qui nous est offerte comme une bénédiction. Je préfère l’évangile qui nous appelle à vivre cette journée présente dans ce monde que Dieu aime, avec d’autres personnes qui nous sont confiées… Pour ce qui est de la vie dans l’au-delà de cette vie, je pense comme vous que c’est une possibilité, mais j’aime cette façon de vivre que nous propose la Bible tout entière de nous proposer de cesser de nous préoccuper de cela pour nous intéresser d’abord à la qualité de ce que nous pouvons vivre maintenant. C’est une clef importante de notre présent et de notre avenir.

D’autres philosophies sont assez bonnes, mais la Bible nous propose une (ou plutôt des philosophies possibles) qui tiennent à une relation personnelle avec Dieu. C’est vrai que c’est un choix, mais ce choix me plait. Comme vous le dites, bien des humains depuis des dizaines de milliers d’années sentent qu’il existe comme une personne avec qui nous sommes en relation et qui nous apporte ce que rien au monde ne peut nous apporter.

La Bible parle de ce que Dieu nous apporte de bien des façons, tantôt avec un langage philosophique, tantôt avec des récits dans lesquels nous pouvons nous reconnaître. Bien de ces passages évoquent la rareté mais l’extraordinaire opportunité de l’action de Dieu dans nos vies, et la difficulté que nous avons à reconnaître cette action. C’est comme cela. Nous avons déjà du mal à être en relation avec nos frères et sœurs à côté de nous, en vérité. Il est évidement encore plus difficile de sentir Dieu, il ne parle pas avec des sons, il n’est pas visible et nous ne le touchons pas comme avec notre corps, mais il est sensible autrement, et souvent c’est après coup que nous pouvons dire : il a changé ma vie.

Donc, oui, c’est tout à fait discutable de considérer la Bible comme l’élément essentiel (mais non unique) de notre réflexion et de notre foi. Mais c’est vraiment pas un choix stupide, tant s’en faut.

Amitiés fraternelles.

pasteur Gaspard de Coligny

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