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deux visages de femmes

Da Vinci : peintures découvertes sous 'l'adoration des mages'

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je vous remercie de prendre un moment pour tenter d’esquisser des pistes vers des réponses à mes interrogations, si elles ne vous semblent pas trop confuses. Je suis une étudiante passionnée (voire engagée) dans des études à un niveau assez poussé en sciences humaines. C’est important, parce à travers mes recherches, je considère comme une vocation de défendre les choses de la raison et de la Culture dans la société actuelle.

Malgré une certaine bonne volonté de la part de mes parents, ma formation religieuse n’est pas allée au-delà du baptême catholique : les cours de catéchisme avaient été envisagés mais pour des raisons matérielles notamment –difficile à exposer brièvement- je n’en ai finalement pas suivis. La question de « l’adhésion » à la religion n’a jamais vraiment quitté mon esprit. Il me semble que je me suis toujours interrogée plus ou moins activement, comme s’il m’était impossible de ne pas croire, comme si je n’osais pas ne pas croire. En même temps, je ne peux pas dire que j’ai été transcendée par la foi ; j’ai d’ailleurs toujours été un peu effrayée par les dogmes catholiques. Ces aspects mériteraient d’être développés. Peu importe.

Je voudrais en venir au fait que depuis quelques années, je crois avoir trouvé en l’Eglise réformée une résolution à ces tensions en moi. C’est comme si pour la première fois, je pouvais envisager de m’identifier à une religion qui correspond réellement à mes valeurs. Et ceci, parce que je suis l’actualité de l’Oratoire, tantôt de près (en me rendant quelquefois au culte) tantôt de loin (grâce à votre site, très bien documenté, riches en idées – je suis souvent à l’étranger).

Pour autant une question me taraude : j’ai l’impression que cette adhésion est en effet d’avantage l’expression de la recherche d’une discussion, d’une quête d’idées, plus que d’un chemin vers la foi. J’ai l’impression que de ma part, c’est la recherche en matière d’éthique qui prévaut. N’est-ce pas se fourvoyer que de vouloir arriver à la religion par des questions d’éthique ?

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Et bravo pour cette belle démarche, je suis certain que ça vous apportera beaucoup.

Dans notre église, nous accueillons avec joie toute personne qui s’intéresse et il existe bien des cheminements différents, du plus philosophique au plus mystique. Être motivé par une recherche éthique est certainement une excellente démarche.

L’être humain est une réalité complexe, c’est le moins que l’on puisse dire, et tout est plus ou moins lié en nous. Notre recherche de valeurs, notre réflexion sur ce qui est juste, notre interrogation sur le monde et sur notre vie, notre recherche de progresser dans la cohérence entre ce que nous pensons et ce que nous faisons en réalité, et donc nos succès et nos échecs dans ce domaine, notre mémoire de ce que nous avons vécu, et donc notre joie et nos regrets… tout cela est lié. Par conséquent, une recherche éthique conduit à une démarche bien plus vaste et profonde qu’une simple recherche abstraite. Et c’est très bien ainsi.

D’autant plus que vous menez cette recherche éthique non seulement avec des outils tirés des sciences humaines (ce qui est très bien) mais aussi avec des éléments théologiques et bibliques. Cela me semble précieux.

D’abord parce que cela vous ouvre à ce trésor de milliers d’années de débats. Ce n’est absolument pas forcément entrer dans le carcan d’une pensée unique, un donjon fait de dogmes éternels et non négociables, au contraire. Déjà, dans la Bible, des courants de pensée multiples s’expriment et ont été intégrés dans cette bibliothèque qu’est la Bible. Il y a ainsi plusieurs récits de création différents mis les uns après les autres dans les premières pages de la Genèse, il y a aussi 4 témoignages différents sur ce qu’a apporté Jésus-Christ au monde… Vous pouvez donc tout à fait arriver à la religion en partant d’une recherche éthique. Cela peut rester pour vous le principal intérêt de votre démarche.

Vous enrichissez peut-être, ou vous pourriez enrichir votre démarche d’une dimension de prière, à mon avis, c’est assez favorable, même si vous ne « ressentez » pas la présence de Dieu, même si ce n’est qu’un dialogue intérieur entre vos convictions et votre ressenti, c’est déjà très important. Le « sentiment religieux » est assez répandu dans l’humanité, mais il n’est pas universel, chacun a sa propre sensibilité, sa culture et sa propre histoire. Il ne faut donc pas se sentir un mauvais chrétien si l’on n’est pas un grand grand mystique.

La foi est une recherche, un cheminement, ce n’est pas une performance. Jésus lui-même sur la croix prie ainsi « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ». Il ne « sent » plus la présence de Dieu, et sa théologie vacille… mais c’est certainement un cri de foi, une recherche, une espérance.

Si, chemin faisant, vous devenez, en plus d’être philosophe, une mystique, tant mieux, mais on ne peut pas se forcer en ce domaine, on peut simplement le laisser venir si ça vient.

Bonne route donc, à vous. Et bravo.

Merci pour les encouragements concernant le site et les ressources proposées, je suis ravi que cela vous ait apporté quelque chose. Merci de votre présence dans l’Oratoire, c’est une force de nous rassembler ainsi dans

Amicalement

pasteur Gaspard de Coligny

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