S'abonner par :
 rss
 email
militant anti-avortement qui menace un passant http://idata.over-blog.com/1/63/75/64//pro-life-cartoon.gif

Pas touche à ma pancarte, où je te tues !

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur le Pasteur,

Aujourd’hui j’ai entendu aux infos qu’il y a eu une grande manifestation pour le droit a l’avortement et le droit a l’hôpital public.
Pour l’hôpital public OK il n’y a pas de soucis, mais demander d’avoir le droit d’avorter ?

Je suis contre l’avortement normalement; je peux accepter qu’on avorte seulement dans un but spécial c’est à dire dans un cas de viol, ou si un enfant doit naitre 100 % handicapé. Bien que je ne partage pas la doctrine Catholique, l’église catholique justement n’accepte pas l’avortement. Dans le protestantisme je t’entends pas beaucoup en parler justement.

Mais vous que pensez-vous de l’avortement à l’Oratoire et dans toute l’Église réformée ?

Merci pour votre réponse et de m’avoir lu.

Réponse d’un pasteur :

BBonjour et désolé pour la réponse un peu longue, mais sur des sujets si délicats, je ne sais pas faire court, c’est peut-être pourquoi je n’en parle pas assez ?

Dans le protestantisme, et particulièrement à l’Oratoire, nous sommes très réticents à fixer des règles absolues valables pour tous & pour toujours. Il y a de grands principes généraux, comme l’amour de Dieu, de son prochain et de soi-même. mais pour des questions morales particulières comme l’avortement, par exemple, il y a mille cas particuliers et la dimension humaine, personnelle, tient une grande place.

Pour l’avortement, vous avez raison, il faut tenir compte des circonstances. Il est certain que l’avortement est toujours une mauvaise solution, mais c’est parfois la moins mauvaise des solutions, comme vous le signalez très justement et très humainement en citant des cas extrêmes. Il existe ainsi des situations où pour les parents et pour la famille tout entière (les enfants déjà nés et ceux éventuellement qui naîtrons après) c’est le moins mauvais des choix. Les cas que vous évoquez sont très concrets.

Envisageons le cas d’un enfant à naître qui serait grandement handicapé, comme vous le proposez.

  • Telle famille peut se sentir prête à l’accueillir de tout cœur. C’est alors très bien de garder cet enfant, et ce sera une chance pour lui de vivre sa vie telle qu’elle est (nous sommes tous plus ou moins souffrants et handicapés, dans un certain sens, nous devons « faire avec »), et dans ces conditions il est probable que la famille tout entière recevra bien des richesses humaines et spirituelles au contact avec cet enfant handicapé. Mais c’est vrai que des sacrifices devront être faits, de la part des parents et de la part de tout l’entourage, et un travail est à faire pour accepter que son enfant ne soit pas l’enfant parfait que l’on rêve, et accepter de peser sur son entourage à cause de cet enfant.
  • Telle autre famille ne ses sent pas prête à accueillir un enfant très handicapé, par exemple parce que les parents sont jeunes, ou qu’ils ont déjà d’autres enfants, des métiers déjà compliqués, ou tout simplement qu’ils sentent qu’ils n’ont vraiment pas assez de forces dans la vie pour cette tâche… Mais la difficulté, c’est qu’il n’est pas besoin de raisons objectives pour ne pas se sentir capable, ou de ne pas se sentir appelé à une telle mission… et l’avortement est alors parfois la moins mauvaise des solutions. C’est quand même une solution difficile, évidemment, car il faut faire le deuil de cet enfant que l’on a choisi de ne pas garder. C’est pourquoi, à mon avis, les personnes de ce couple doivent être entourés de la plus grande compassion et compréhension. C’est vraiment trop facile de les juger quand on n’a pas eu soi-même à prendre ce genre de décision, c’est hyper cruel de renforcer leur culpabilité avec des principes à l’emporte pièce.

Les personnes qui ont de grandes certitudes de détenir la vérité avec leur position radicalement opposée à tout avortement dans tous les cas parlent au nom de la vie, mais de quelle vie parlent-ils ? Un fœtus qui ne peut vivre sans le corps de la mère est une vie, mais est-il déjà un individu ? Un enfant désiré n’a pas encore de vie biologique mais pourtant, il est déjà appelé, unique, aimé par celui ou celle qui désire le concevoir ou l’accuillir par l’adoption.

On voit donc bien que le corps, la vie biologique n’est pas tout. Et la vie à respecter c’est aussi la vie de toutes les personnes concernées. La dimension humaine & spirituelle est essentielle dans la décision qui sera prise, l’avenir du fœtus est un élément, mais aussi l’avenir de chaque personne de la famille. Il est bon de prendre en considération les parents et tout particulièrement la mère. Un avortement n’est pas rien, mais avoir un enfant non désiré non plus n’est pas rien, même quand c’est pour le confier à l’adoption.

C’est pourquoi, dans le protestantisme, et tout particulièrement peut-être à l’Oratoire, nous choisissons d’avoir plus une éthique de la responsabilité que des lois morales qui s’imposent aveuglément aux personnes.

Nous sommes responsables et devons agir au mieux dans un monde où le bien et le mal sont parfois mêlés. D’un point de vue théologique, il me semble important de noter que ce n’est pas Dieu qui fait le handicap, ou qui enverrait un enfant handicapé à telle famille ! Dieu est le Dieu de la vie et de la santé. Et quand on travaille avec intelligence et respect pour la santé contre la maladie, ce n’est pas contre le plan de Dieu que l’on travaille mais avec Dieu. Quand un enfant handicapé s’annonce, c’est avec Dieu que chacun doit mettre à l’épreuve sa vocation, en discuter avec lui, sui je peux dire, décider avec lui, dans le dialogue et non pas seulement dans une obéissance aveugle à une loi.

Comme théologien et comme pasteur, je ne pense vraiment pas que je devrais décider à la place de ces personnes, la décision est de leur responsabilité. Si elles le désirent, nous pouvons nous poser des questions et en débattre ensemble. Je peux leur redire l’appel que Dieu adresse à chacun de réfléchir par lui-même, de prier et se décider en relation avec lui. Je peux leur redire l’évangile: Dieu nous comprend et nous pardonne, parce qu’il nous aime d’un amour que rien ne peut diminuer.

Cela dit, les circonstances d’un viol ou d’un enfant gravement handicapé ne sont pas tous les cas.

Être responsable ce n’est pas coucher n’importe comment avec n’importe qui, se retrouver mère ou père sans l’avoir désiré, et avorter ensuite. Cela peut arriver de faire une bêtise, et à ce moment là, on essaye de gérer la situation au mieux, en réfléchissant, en se décidant éventuellement pour un avortement, de confier l’enfant à l’adoption, ou de le garder… là encore la décision doit être prise en responsabilité personnelle,pas par une simple obéissance. Et si bêtise il y a eu, il est bon de le reconnaître, justement, en être responsable. Il est possible de le faire devant Dieu puisque l’on se sait aimé et que Dieu comprend, pardonne. Mais il appelle aussi à un comportement responsable, constructif, et il nous aide pour cela, nous éclaire sur les enjeux, nous donne la force de mieux vivre ce que l’on pense être juste…

Avec mes amitiés fraternelles.

pasteur Gaspard de Coligny

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

9 Réponses à “À l’Oratoire et dans l’Église réformée : que pensez vous de l’avortement ?”

  1. À la fin de votre billet, vous posez cette bonne question : « Quid de l’accompagnement des personnes qui s’interrogent sur ce sujet ? »

    C’est une bonne question. Nous ne forçons pas les personnes, ni à prendre telle décision, ni à être accompagnées par un pasteur dans des entretiens en tête à tête. Mais dans notre église, il y a un accompagnement qui est possible:

    il consiste d’abord en une incitation et une formation à la réflexion personnelle. Cela commence au catéchisme où nous essayons d’inviter les enfants et les jeunes à se poser des questions, à débattre, nuancer, prendre en compte différents paramètres, lire et interpréter la Bible… Mais cela est vrai aussi pour les adultes, avec une prédication et des groupes bibliques, des conférences qui invitent elles aussi à ce genre de démarche.

    et en cas de situation particulière, le pasteur est disponible pour recevoir, et accompagner les personnes et les familles. La confession n’est pas obligatoire dans notre église, mais elle existe pour ceux qui le désirent. Nous n’avons pas d’accompagnateur spirituel sur le long terme, mais nous avons des pasteurs de paroisse qui sont là pour accompagner spirituellement et théologiquement, non comme détenteur d’une Vérité, mais pour aider chacun, dans les bons comme dans moment difficiles, à chercher la Vérité, cette Vérité qu’incarne le Christ, une relation fidèle avec Dieu, avec les autres et avec soi-même.

  2. Visiteur dit :

    Tiens tiens,

    Vous confesser aussi ?
    Je croyais qu’il y avais de l’Eglise Catholique qui faisais la confession.

    Moi je ne confesse jamais à un pasteur ou pretre ou autre je me confesse à Dieu uniquement malgré le texte suivant:
    Ac 19:18  » Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait. »

    Chacun ses opinions.

    Pour l’avortement certaines religions l’interdise, d’autre tolère.
    à mon sens les gens ne réflechisse pas, leurs parents leurs a donner la vie et ils en sont bien contents, eux aussi devrais donner la vie à l’enfant au lieu de l’avorter, car la vie est un don et non un commerce, non une consommation, la vie est un don gratuit de Dieu , elle est précieuse et elle se transmet, donc les personnes qui avorte ne sont pas conscient de leur comportement et de leur attitude.
    Lorsque j’ai mentionner que je tolérai l’avortement, dans le cas de viol, comme la fille qui peut etre mineur et etre enceinte de son propre père, ce n’est pas une bonne image et un exemple pour l’enfant qui naitrait.
    Quand j’ai mentionner dans le cas d’un handicape, c’est parce que laisser naitre un enfant handicapé ne lui rendra pas service, il sera rejeter, mépriser dans une société ingrate et indifferente, et j’en suis la preuve vivante, du fait de mon handicape j’ai connu et je connais encore le mepris et l’indifference, j’avais toujours dis il vallait mieux m’avorter, mais heureusement que Dieu est là, car c’est lui mon seul espior, Surtout le psaume 129 m’a toujours réconforter.

    Car disais le pasteur: » Un fœtus qui ne peut vivre sans le corps de la mère est une vie, mais est-il déjà un individu ? Un enfant désiré n’a pas encore de vie biologique mais pourtant, il est déjà appelé, unique, aimé par celui ou celle qui désire le concevoir ou l’accuillir par l’adoption.  »
    Moi je n’impose aucun ideologie contre l’avortement,chacun fais ce qu’il veut.

    le fœtus est le stade du développement prénatal qui succède à l’embryon et qui devient au fure et à mesure un etre humain.

    l’avortement devrais etre utile uniquement comme je l’ai mentionner en cas de viol, et d’handicape, et non par désir fantesiste de supprimer le foetus et pour plus tard refaire un enfant.

    Un fille va sans doute dire j’ai couché avec le gard, il m’a déçu , il me trompe, je ne veut plus d’enfant de lui, alors j’avorte, plus tard je ferai un autre enfant avec un autre mec, donc comme dans tout il ya des derives, c’est a prendre en compte.

    Excusez moi d’avoir été un peu long, mais il fallait que je m’exprime là dessus 🙂

    Que Dieu vous benisse.

  3. Tigreek dit :

    « Laisser naître un enfant handicapé ne lui rendra pas service ». Mais laisser naître un enfant, le 10e d’une famille qui n’a pas le sou, ce n’est pas lui rendre service non plus, n’est ce pas ? Cette logique me paraît terriblement dangereuse. Si on avait su dépister le handicap de ma soeur, elle ne serait peut-être pas née ? Mais alors qui serais-je aujourd’hui ? Quel regard aurais-je sur ceux qui sont différents ?

    Si on commence à « ne pas laisser naître » un enfant, « parce que ça ne lui rend pas service », quelle est la prochaine étape ? On tue les grabataires ? On achève les blessés des accidents de la route ?

    Et puis, si on croit que Dieu nous appelle, tous, pourquoi n’appellerait-il pas aussi ceux qui sont différents ? Si la société est ingrate et indifférente, n’est-ce pas elle qui devrait changer ? Et nous les chrétiens, ne sommes-nous pas sensés être le levain de la pâte ? N’avons nous pas comme mission d’améliorer notre monde ?

  4. Visiteur dit :

    Mr Tigreek

    Je ne suis pas d’accord avec vos arguments, réfléchissez bien et analysez bien les choses.

    n’oubliez pas qu’il y a ceux et celles qui devienne handicapés au cours de leur vie.

    il y a certaines personnes qui pète les plomb quand ils apprennent que leur propre mère étais la fille de leur papa etc..

    j’ai beaucoup d’exemple, mais par respect pour le forum, je préfère laisser les choses là ou ils sont.

    – Pour l’avortement je met fin a cette conversation trop delicate, chacun vois et pense comme il veut.

    j’oubliais, Monsieur Tigreek vous citez:  » N’avons nous pas comme mission d’améliorer notre monde ? » , et bien vous etes mal barré.
    Je crois que c’est le contraire qui se fait.

    Salutations fraternelles

  5. Tigreek dit :

    Mal barré ? Je vous trouve bien pessimiste… Ce qui rejoint ce que vous disiez plus haut « il valait mieux m’avorter »… Je ne le crois pas, non : si vous n’étiez pas là, nous n’aurions pas cette discussion aujourd’hui ! Je crois profondément que vous êtes un enfant de Dieu et que vous avez votre place, pleine et entière, dans ce monde, comme chacun.

    Mais certes, le sujet est éminemment sensible. J’ai bien conscience de parler parfois crûment, et je vous prie de m’excuser si je vous ai froissé(e). Si vous l’acceptez, je prierai pour que vous trouviez une meilleure image à vos propres yeux, car il me semble que vous ne vous aimez guère. Jésus nous a dit « Aime ton prochain comme toi-même », ce qui suppose de s’aimer, soi… (si cela vous rassure, c’est une chose que j’ai parfois du mal à faire également)

  6. Visiteur dit :

    Mr Tigreek

    Vous n’avez pas à etre desoler, je ne suis pas froisser puisque je ne suis pas un vetement 🙂 ha ha ha.

    vous n’avez pas a vous excusez, mais ce que j’avais dis c’est en général, je ne parlais pas que de moi.
    Longtemps j’ai raisonné comme Job au Chap 3, mais rassurez vous je ne suis pas pessimiste, je je regarde autour de moi et j’analyse tout simplement, donc autour de moi il ya que le mal et très peu le bien, voilà 🙂

  7. Voir aussi une intéressante chaîne de 37 commentaires sur le facebook de Coligny : http://fr-fr.facebook.com/coligny

  8. Patrick Pique dit :

    Monsieur le Pasteur,
    vos paroles sont très réconfortantes et je vous en remercie. Comment dire ? Il me semble retrouver l’Evangile et Jésus dans vos propos. Cela fait vraiment du bien.

    Fraternellement

    Patrick

Laisser un commentaire