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Gaspard de Coligny

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
sur ces textes des évangiles : Jean 15:1-17 ; Matthieu 5:44-45

Comment l’Évangile peut-il nous commander d’aimer ? Comment se forcer à aimer son ennemi ?

Pour le comprendre il nous faut reprendre la distinction, que vous connaissez peut-être déjà, entre deux mots grecs différents utilisés dans les évangiles pour parler de l’amour.

  • Il y a l’agapè, comme dans ces commandements du Christ « aimez vos ennemis » (Matthieu 5 :44) ou « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé »(Jn 15:9).
  • Et il y a l’amitié, la philia, comme quand Jésus nous dit : « vous êtes mes amis »(Jn 15:14)

On peut lire un petit peu partout, dans les commentaires de la Bible et les prédications, que l’agapè est l’amour supérieur à tous les autres, que l’agapè est l’amour qui est la vie de Dieu en nous… Cela me semble un peu simple, cela me semble même déresponsabilisant.

Au contraire, il me semble que l’agapè est à notre portée, c’est pour cela que le Christ se permet de nous commander d’aimer de cet amour-là. Et il me semble que c’est la philia, l’amitié, qui est proprement divine, que c’est elle qui est de l’ordre de la grâce de Dieu, que c’est la philia qui est au-dessus de tout.
[…]

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5 Réponses à “Comment l’Évangile peut-il nous commander d’aimer ?
Comment se forcer à aimer son ennemi ?”

  1. Geneviève dit :

    Bonjour Gaspard de Coligny,

    Je n’avais jamais pensé de cette façon là à l’amour agapé qui est à ma portée donc plus simple on dirait, que la philia qui vient de Dieu et au dessus tout donc plus difficile..

    Mais je demande, si agapé est à ma porté et que je suis à même de pardonner à mes ennemis, cela suffit il de dire « je te pardonne de m’avoir donné un coup de couteau »(exemple non vécu) » mais je ne veux plus m’asseoir avec toi, manger, boire, rire, cependant,si tu es dans le besoin si je peux je t’aiderais, si tu tombes je te relèverais, mais entre nous ce n’est plus ou pas possible d’avoir une relation amicale ». Suis je dans le pardon en refusant cette amitié qui si j’ai bien compris qui serait la philia, amour de
    Dieu? Et si la réponse est oui alors je ne pardonnerais pas vraiment puisque je ne voudrais plus avoir affaire avec cet ennemi?
    Autre chose : est ce normal si je puis m’exprimer ainsi de pardonner de cette façon? Se faire maltraiter, humiliée et pardonner, n’est ce pas trop simple, n’est ce pas permettre à cette personne de se sentir le droit de recommencer?

    J’espère n’avoir pas été trop confuse et que vous pourriez jeter un regard clair sur mon écrit.

    Vous remerciant pour tout ce que vous faites car cela me permet d’avancer en posant et me posant les bonnes questions.

    Cordialement.

  2. Bonjour Geneviève, à mon avis, le pardon, c’est principalement ne pas vouloir de mal à la personne qui nous a blessé. C’est déjà un grand soulagement pour celui qui avait toutes les raisons d’avoir de la rancœur, de la colère ou de la haine. Mais je ne dirais pas « il faut pardonner », mais plutôt, c’est une grâce de pardonner, un apaisement, une charge en moins sur les épaules de celui qui a été blessé et qui en plus porte le poids de sa rancune comme une séquelle supplémentaire à sa blessure.

    Ensuite, on ne se sent pas nécessairement appelé à fraterniser avec lui (ou elle) ! Ni même à ressentir la vocation que l’on pourrait avoir de travailler à sa conversion, si je puis dire, ou à sa réflexion sur ce qu’il a fait. C’est possible, mais ce n’est pas une obligation. Et nous n’en avons pas nécessairement la force. Ni le talent nécessaire, peut-être.

    Et vous avez raison, il n’est pas question qu’il faille se laisser humilier ni maltraiter. C’est non seulement permis mais c’est même un devoir de refuser absolument ce genre d’actions. Et donc, par exemple, même si les liens du mariage sont sacrés, même si le pardon est une bonne chose, il est juste de quitter son mari (ou sa femme) qui humilie son conjoint, ou qui le frappe, ou le viole… C’est même un devoir au nom de la justice, au nom de la vie et de l’amour. Bien sûr il est bon de faire un effort pour aimer notre conjoint quand il se comporte mal, et tout faire pour qu’il progresse, mais il y a des bornes qu’il ne faut pas laisser dépasser, au risque, comme vous dites, d’encourager le coupable dans son crime, ce qui n’est bon ni pour lui, ni pour son entourage. Il est bon, ensuite, d’espérer pouvoir pardonner, le demander dans la prière le temps qu’il faudra, jusqu’à clore la chapitre de la colère et de la rancune.

  3. Geneviève dit :

    Merci pour votre réponse qui me fait le plus grand bien, cependant comment pardonner? Suffit-il de dire » je pardonne à X pour ce qu’il m’a fait » pour avoir vraiment pardonné? Et si je dis je pardonne, comment dois je me sentir? Libérée aussitôt? Si je me permets de vous écrire ceci c’est parce que je pense, ou il me semble avoir pardonné à une personne qui m’a maltraitée et on m’avait dit que si je le faisais je me sentirais libre, que ma vie pourrait reprendre normalement…pourtant rien de tel ne s’est produit, je me sens aussi désemparée qu’il y a des années portant ce fardeau alors que je n’y suis pour rien, alors pourquoi il faut pardonner? Et en y réfléchissant je me dis et si je disais oui je pardonne, en faisant simplement le pas, et que si j’avais des pensées de rancoeur qui reviennent devrais-je alors dire à ces pensées »non j’ai pardonné donc il ne faut plus venir m’embêter »? Et pourrais-je avoir à nouveau une vie « normale »?

    Je sais que vous avez compris que ce passage de ma vie est d’une grande importance!

    Bien fraternellement.

  4. Vous avez raison, la question n’est pas de dire « je pardonne à X pour ce qu’il m’a fait » comme une formule magique. La question est d’arriver à calmer la colère et la haine que nous pouvons avoir naturellement dans le cœur et la tête. Comme vous le dites, ce n’est pas du tout évident, parfois cela ne peut venir que comme un miracle, une grâce qui ne peut venir que de Dieu. C’est pourquoi, il me semblerait criminel de dire aux autres : « il faut pardonner ». Non. Mais je pense que l’on peut dire effectivement que n’est bon, que c’est un soulagement, de pardonner. C’est déjà merveilleux, comme vous le faites, d’espérer pouvoir pardonner un jour. Mais ensuite, il en est des blessures morales comme des blessures physiques, cela met du temps à se refermer, souvent il reste une cicatrice, parfois douloureuse. Parfois on en ressort un peu boiteux. Mais la promesse qui nous est faites, je pense, c’est qu’avec Dieu, aucune situation n’est désespérée.

    Cela dit, il n’y a pas de vie « normale », et la santé n’est pas une vie « normale ». La santé c’est d’arriver à avancer, à vivre, même si tout n’est pas parfait.

    Et les blessures de notre vie sont bien entendu une difficulté, peut-être un drame. Mais cela pourrait éventuellement ne pas être que cela, ce pourrait être un enrichissement de votre être. C’est délicat de dire cela, je ne voudrais pas que cela soit pris comme une justification des mauvaises choses qui nous arrivent, mais tant qu’à faire que de mauvaises choses nous soient arriver il n’est parfois pas impossible de transformer ce mal en bien. C’est un des messages de Pâques et de la résurrection. Même d’une injustice particulièrement cruelle, Dieu peut faire sortir un plus grand bien. C’est le cas de personne qui ont vécu des choses très difficile et qui en ont tiré une capacité à comprendre ceux qui souffrent, une bonté, un goût de la vie et une attention à ce qui a une véritable valeur au delà des choses futiles qui semblaient si importantes. Mais on a le droit d’atteindre aussi cette qualité d’être sans attendre d’être frappé de catastrophes !

  5. Geneviève dit :

    merci Gaspard de Coligny pour votre réponse qui non seulement me soulage mais me déculpabilise.

    Je sais que maintenant croire en Dieu ne signifie pas avoir une vie normale comme on le pense sans heurts ni blessures mais d’avancer.

    Ce qui me réjouit aussi c’est quand vous dites que l’on peut transformer une malédiction, donc un malheur par une bénédiction dans ma vie et dans celle des autres…en fait je me rends compte en vous lisant que je l’avais déjà compris et que vous êtes venu sceller cette certitude.

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