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Image: 'Lulu Petite' http://www.flickr.com/photos/51035555243@N01/52111102

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis née catholique dans une famille catholique. Mon frère a été heureux que j’accepte d’être la marraine de son fils. Le parrain, qui était un voisin, s’est éloigné, et le petit Julien n’a maintenant plus que sa marraine…

Le problème est que je me sentais à l’étroit dans le catholicisme, je n’y ai jamais été à l’aise et avais même perdu la foi pendant une longue période. Après quoi les circonstances m’ont permis de la retrouver mais en ayant pris conscience du malaise que je ressentais. Sachant ma foi encore fragile, j’ai décidé d’avancer toute seule vers Dieu, en essayant de ne pas marcher trop de travers et d’éviter les ornières. Depuis longtemps, ma pensée est réformée, depuis longtemps j’ai rompu avec les dogmes catholiques, mais cela s’est fait si doucement que je ne m’en suis rendu compte que très récemment et que, sitôt la surprise passée, l’évidence s’est imposée d’elle-même, avec force et détermination.

La dernière chose qui m’a maintenue dans le catholicisme, qui m’a fait retarder ma décision, c’est que je ne voulais pas que l’on puisse dire « ça y est, maintenant, Julien n’a vraiment plus ni parrain ni marraine ». Mais se maintenir artificiellement dans un culte auquel on ne croit plus, dans lequel on ne se reconnaît plus, c’est être malhonnête envers soi-même, et – pire encore – être malhonnête envers Dieu.

Aussi, un soir, au cours d’une prière, j’ai pris ma décision. S’adressant à Dieu, je me suis mise à nu, j’ai laissé mon cœur s’exprimer, ma foi parler, et… le soulagement fut intense.

C’est peut-être présomptueux de ma part de dire que je suis, par ce seul geste, devenue protestante. Mais pour moi, peu importe qu’il n’y ait eu aucun témoin, personne d’autre que moi dans la pièce, à ce moment-là : une promesse faite devant un humain parfois se trahit, se ternit, s’oublie, s’interprète ; une promesse faite devant Dieu ne se rompt jamais, elle nous habite en permanence et Lui seul peut nous en délivrer.

Cette histoire de marraine me pose un cas de conscience, car je voudrais vraiment aider Julien à grandir dans la foi chrétienne, être à l’écoute de ses doutes, le guider vers des réponses à ses questions, ou juste être là pour le rassurer, le conseiller, l’entourer. Mais lors de son baptême, je me suis engagée devant Dieu, en tant que marraine confirmée et catholique. Aujourd’hui, je suis protestante, ce qui revient à dire que j’ai renié cet engagement devant Dieu. Toutefois, si je suis devenue protestante, c’est que Dieu m’a guidée là où ma foi pourrait s’épanouir, et cette promesse-là, liée à ma foi, c’est également à Dieu que je l’ai faite.

Que dire alors à Julien ? A-t-il lui aussi perdu sa marraine ?

Merci

Christine

PS. Je voudrais vous remercier du merveilleux ouvrage que vous faites sur ce site.

Avant de me décider à vous écrire, j’ai parcouru un certain nombre de commentaires, et j’ai été stupéfiée de l’espoir, de la confiance, de la tolérance et de l’enthousiasme qui se dégageait à la fois des questions posées et des réponses. Je ne m’attendais pas à ce que des gens d’horizons aussi divers viennent ici chercher des réponses.

L’ensemble du site de l’Oratoire, d’ailleurs, est incroyable, je ne m’en lasse pas, tout respire l’altruisme, l’ouverture d’esprit et la simplicité. J’ai conscience des efforts et de la persévérance que cela requiert, pour maintenir l’écoute et le contact sur la toile tout en menant de front la prédication et toutes les autres activités « de visu ». Merci infiniment pour toute cette lumière que vous dispensez.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Christine

Franchement, je trouve que votre filleul a bien de la chance d’avoir une marraine non seulement qui tient à lui mais en plus qui a une vraie foi, sincère et réfléchie. C’est le premier point, essentiel. Catholique ou protestante, la foi est chrétienne avant tout. C’est dans ce domaine qu’il aura le plus besoin de témoignage, d’un témoignage vrai et non d’un perroquet qui répète des choses apprise au catéchisme mais qui ne nous anime pas vraiment. Pour ce qui est du catholicisme plus particulièrement, vous n’êtes pas du tout obligée de lui dire du mal des bulles de Benoît XVI, ou de l’église de Rome, ou du dogme de l’infaillibilité du pape, de l’immaculée conception ou de je ne sais quoi encore… Votre témoignage peut rester positif. C’est de toute façon préférable. Moi-même, je tente très sincèrement de ne dire aucun mal d’une autre église chrétienne pendant le culte du dimanche, par respect pour les catholiques qui sont présents (c’est un minimum).

Je pense même que le fait que Julien ait des parents catholiques et une marraine protestante est un vrai enrichissement. Une seule foi chrétienne et deux confessions différentes ouvre un espace d’interprétation et de liberté pour lui. La foi chrétienne n’est alors pas une chose non négociable et à accepter ou bien à refuser telle quelle, mais c’est une ouverture à explorer de façon personnelle afin de chercher quelle relation on veut avoir ou non avec le Christ.

Par ailleurs, oui, vous pouvez tout à fait vous considérer comme chrétienne et protestante par le seul fait de votre propre engagement intime devant Dieu. Il est possible d’inscrire cela au cours d’un culte, c’est important pour bien des personnes mais ce n’est pas une obligation. L’essentiel pour nous-mêmes comme pour Dieu, c’est le cœur.

M’est avis que Julien a une excellente marraine.

Avec mes amitiés fraternelles + grand grand merci pour les encouragements !

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3 Réponses à “J’ai accepté d’être marraine quand j’étais catholique, est-ce un problème si je deviens protestante”

  1. Tigreek dit :

    J’ajouterai que le baptême est le seul sacrement commun à toutes les confessions chrétiennes, et reconnu entre elles… Les parrains et marraines, s’ils peuvent parfois être appelés « témoins », sont de toute façon des référents de la foi chrétienne, et pas forcément d’une confession en particulier.

    En tout cas, bonne route avec Julien sur le chemin de la foi ! 😉

  2. Malheureusement, non, le baptême non plus n’est pas unanimement reconnu par toutes les églises chrétiennes. Certaines églises ne reconnaissent le baptême fait dans une autre église chrétienne que sous condition : qu’il soit fait alors que la personne est adulte, ou qu’il soit fait par immersion et non par aspersion, qu’il soit fait « au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit » et pas seulement « au nom de Jésus »…

    C’est vrai que c’est franchement une joie et un beau témoignage que l’église catholique romaine et les églises protestantes reconnaissent mutuellement le baptême fait dans une autre église. Espérons que dans un avenir proche nous puissions également partager la Communion entre chrétiens catholiques et protestants (autrement qu’en catimini).

  3. jean claude dit :

    bonjour,

    En tant que catholique , je partage l’espoir du pasteur Pernot sur la possibilité de communier ensemble catholiques et protestants.Mais il s’avère que pour l ‘Eglise catholique , la communion est le sacrement de l’unité « retrouvée » et ne peut être considérée comme un moyen d’y parvenir.
    Hélas

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