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Les plaids multicolores de l'église Saint François

L’Eglise Réformée du Canton de Vaud a passé quelques années à se réorganiser, ou plutôt à baisser la voilure après une désaffection très importante dans les dernières décennies. La politique de leur église est de maintenant chercher de nouvelles pistes pour toucher des personnes qui ne vont plus au culte ou qui n’y sont jamais allé.

Un appel à idées a été lancé, quelques projets ont été retenus pour être expérimentés, un bilan sera fait au bout de trois ans.

Dans l’église Saint-François à Lausanne, une permanence silencieuse est assurée du mardi au vendredi entre 12h et 14h, 16h et 18h, et le samedi entre 12h et 17h. Trois consoles modernes sur lesquelles reposent des livres, des flyers reproduisant un extrait d’un poème du Suédois Tomas Tranströmer, Prix Nobel de littérature 2011, et des recueils de textes accueillent le visiteur. Sur les bancs sont disposés des plaids aux couleurs vives. Discrètement installé sur le côté de la nef, le pasteur Jean-François Ramelet, assis à un pupitre, est penché sur des livres. Ce mercredi, plusieurs personnes pénètrent dans l’église sans toutefois s’y arrêter.

À la Cathédrale de Lausanne, les circonstances sont différentes puisque 400 000 personnes visitent ce monument chaque année, il s’agit de faire en sorte qu’elles puissent voir autre chose qu’un lieur touristique, un pasteur a été délégué à l’accueil de ces visiteurs mais aussi pour être à disposition de personnes qui souhaitent s’entretenir de spiritualité et des questions liées au sens.

À Saint-Laurent, l’accent est mis sur les cultes. L’objectif est d’étonner tout en restant fidèle à l’esprit réformé, précise le pasteur Paolo Mariani. Le culte de Pâques était centré sur la mort du Christ plutôt que sur la résurrection. Il est vrai que cela a un peu choqué.

Une autre initiative rencontre un succès certain. La pasteure Sophie Wahli-Raccaud organise, deux fois par an, des célébrations conçues pour des personnes qui ne vont pas au culte. La célébration dure deux heures, il y a des chants, de la musique populaire, un moment libre où les gens peuvent circuler dans l’église, la présentation d’un texte biblique, un bref sermon, une cène. Les gens vont et viennent au gré de leurs envies. Une célébration d’inspiration évangélique? Non, affirme la pasteure. Mais nous voulons répondre à une attente de sens, de convivialité et de bien-être.

À Genève, le temple de la Fusterie est un pionnier en matière de spiritualité urbaine. Chaque jour à 12h30, excepté le dimanche, une activité différente a lieu: un atelier de communication non-violente le lundi, un concert le mardi, une demi-heure de célébration à la façon Taizé le mercredi, des conférences-débats en prise avec l’actualité le jeudi, un culte court axé sur la prédication le vendredi, et 45 minutes de silence animées par un pasteur le samedi.

Personnellement, aucune de ces formules ne me ferait tellement rester cinq minutes dans une église dans laquelle j’entrerais par hasard. Mais peut-être que je ne suis précisément pas le public visé par cette campagne : les personnes qui ont perdu les codes d’accès au culte, qu’ils trouvent long, ennuyeux et triste. Alors que personnellement je trouve le culte réformé en général pacifiant, nourrissant et assez sympa.

Pour plus de détails, voir :

  • Cet article du Temps.
  • Le site de l’ER du canton de Vaud.

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7 Réponses à “L’Eglise Réformée du Canton de Vaud, en Suisse cherche de nouvelles pistes pour intéreser les gens”

  1. Hervé A. dit :

    Oui, le style du culte réformée a toute sa place.

    Mais sa grande faiblesse est qu’il demande à l’assemblée et à l’officiant beaucoup de dynamisme, alors qu’il est plutôt calme dans le déroulement. On distingue très bien une assemblée de gens qui écoutent d’une assemblée de gens qui dorment.

    Il me semble qu’il ne faut pas hésiter à mettre des éléments d’animation, en cas de risque. En matière de culte réformé, préférer la réforme à l’orthodoxie – cela devrait être évident ?

    Par exemple, remplacer l’indétronable orgue par un orchestre de rock – bien souvent, la simple menace réveille ces assemblées d’abruptis réformés qui s’assoyent à la même place depuis 40 ans, alors que du point de vue de la liturgie cela n’a pas la moindre importance.

    Ou que l’officiant présente quelques mots d’explications, ou glisse quelques plaisanteries modérées (évidemment), etc, tout cela met à l’aise celui qui ne fait que passer, et facilite la circulation de l’esprit.

    En cas d’assemblée vivante, on peut préférer l’orthodoxie à la réforme, c’est vrai.

    Et je rêve d’un jour où les évangéliques feraient de temps en temps des cultes de type réformé, et les réformés de temps en temps des cultes de type évangélique. Ces églises qui font des cultes selon leurs prétendues traditions sont une catastrophe spirituelle et humaine.

    Cordialement.

  2. benoite dit :

    « Ces églises qui font des cultes selon leurs prétendues traditions sont une catastrophe spirituelle et humaine. »

    est-ce que vous pourriez préciser un peu plus votre pensée Hervé car j’ai quelque peine à vous suivre.. »catastrophe  » dites-vous ?

    je crois qu’il ne faut pas oublier « la cible » visée : les suisses étant plutôt gens calmes et posés, on peut imaginer qu’il y a eu une longue réflexion avant de s’aventurer sur d’autres terres. Il sera intéressant de suivre cette démarche, voir aussi s’il y a lieu à « modélisation »..

    Je reviens à votre autre observation :
    « e rêve d’un jour où les évangéliques feraient de temps en temps des cultes de type réformé, et les réformés de temps en temps des cultes de type évangélique »

    chaque chose en son temps et « un temps pour chaque chose »..les échanges de chaires se font déjà entre luthériens et réformés sans trop de heurts pour ce que j’en sais..
    Viendront sans doute peu à peu des échanges aussi à l’intérieur de cette nouvelle entité de protestantisme uni.
    Les changements de mentalité sont des choses délicates et il faut leur donner du temps : ce temps laisse la place au rêve.
    tout au moins ce me semble !

  3. Hervé A. dit :

    Ahoulà si on me demande des explications à ce que je dis, maintenant…

    D’abord, je ne connais pas du tout le contexte suisse, je répondais surtout aux pensées de l’auteur sur le fait qu’il était heureux du culte réformée tel qu’il est pratiqué.

    Pour ce qui est des « prétendues traditions », j’observe que la tradition est souvent un prétexte pour refuser une évolution. Mais la tradition est vivante, c’est une histoire en évolution. La musique en est un bon exemple : à une époque à ce que je sais il était même interdit de chanter dans le cadre de l’église protestante, et aujourd’hui le chant est considéré pratiquement comme une prière.

    Une cérémonie aux formes fixe est une catastrophe humaine et théologique, car le culte devient une référence à un public, à une réflexion ; non pas qu’il faille rejeter cela, mais il faut aussi considérer que le culte devrait être élan vers Dieu et les autres, et qu’il ne saurait se manifester dans une convention seule. Mais sortir de conventions n’est pas si facile, et un moyen pas mal pour espérer y parvenir est d’en changer. (d’ailleurs, je crois que le terme de « réformé’ vient de ce genre d’idée).

    Concernant les échanges de chaire, je sais qu’elle se déroulent avec grande prudence. Dans le milieu réformé que je connais, on arrive à faire des échanges de chaire entre… pasteurs réformés, c’est dire si c’est fort ! Le plus extraordinaire, et que cela arrive à choquer quelques uns dans les assemblées, semble-t-il. Incroyable.

    Ce que je disais était non pas des échanges de chaire (ce qui est bien), mais aussi que chacun ponctuellement sa façon de faire le culte, pour « copier » tantôt un style évangélique, ou catholique, etc. Au simple motif de dire que son style propre n’est pas une fin en soi, et de découvrir d’autres.

    Mais j’admets que c’est probablement impossible.

    Et ne me demandez pas trop d’explications sur ce que je dis, je n’en sais pas toujours grand chose moi même.

  4. benoite dit :

    OK, je ne vous demanderai pas d’autres explications bien que j’ai du mal à trouver un fil rouge dans votre propos Hervé..

    Je reviendrai donc simplement sur la forme du culte, car la forme protège le fond aussi (pas seulement pour le culte).
    Un culte structuré permet au fidèle de savoir où il va, et comment il y va.
    Ensuite, le Pasteur sait en principe lui aussi ce qu’il lui est possible de réformer, et réformer sans cesse puisque c’est aussi si j’ai bien compris le sens de la Réforme.
    Et pour revenir à votre suggestion, je ne l’avais pas attendue pour accompagner une de mes filles à un culte évangélique. Même si cela ne me correspond pas, je n’y ai rien trouvé qui me gêne, sinon..la longueur, et de la difficulté à m’y retrouver.
    cela dit c’est très participatif, une autre forme de participation.
    Pour conclure, je considère que l’essentiel en matière de pratique religieuse, est que chacun puisse trouver une forme dans laquelle il se sente bien pour vivre sa foi.
    C’est je crois ce domaine que l’église vaudoise explore si j’ai bien compris, celui de la forme.

  5. Hervé A. dit :

    Attention que le fait de changer ne signifie pas déstructurer ; par exemple le culte style évangélique est un changement par rapport au culte style réformé, pour autant le culte évangélique est très structuré lui aussi.

    Attention aussi que, si la structure est utile, elle n’est nullement garante pour permettre au fidèle de savoir où il va, comment il va. Ce « savoir » – pour le judéo-christianisme c’est plutôt une écoute, je pense – vient en dernière analyse de Dieu et du dialogue. (certains disent : de Dieu tout court… bon… )

    Cette confusion ne gène pas les habitués – au contraire, malheureusement – mais elle se paye cash avec, par exemple, les nouveaux arrivants, qui ne comprennent rien à la « structure ». Vous en avez fait vous même l’expérience avec les évangéliques, semble-t-il.

    Il faut donc 1) reconnaître les nouveaux arrivants, 2) comprendre comment les aborder, dialoguer avec eux, etc, 3) leur expliquer… 3bis) re-étudier la structure… La structure fait partie des réponses, mais n’est pas la réponse.

    Cordialement.

  6. benoite dit :

    Vous affirmez Hervé que :

    « Attention que le fait de changer ne signifie pas déstructurer »
    tout dépend de ce que l’on appelle changer ?

    « Attention aussi que, si la structure est utile, elle n’est nullement garante pour permettre au fidèle de savoir où il va,  »

    je peux accepter cela comme votre point de vue et en tant que tel le respecter, mais ne pas l’adopter.
    La structure me semble être une base d’écoute nécessaire, pour se sentir en confiance.

    « Il faut donc 1) reconnaître les nouveaux arrivants, 2) comprendre comment les aborder, dialoguer avec eux, etc, 3) leur expliquer… 3bis) re-étudier la structure… La structure fait partie des réponses, mais n’est pas la réponse. »

    c’est je suppose « la technique évangélique »..qui fait ses preuves avec certains, alors pourquoi pas..en faisant attention à ne pas faire fuir les autres.
    Lorsque je parle de structure, je parle de la structure, de l’ordre du culte..

  7. Hervé A. dit :

    Bonjour benoite,

    Au sujet de changement et structure, cela dépend certes du changement. Je voulais dire que un changement pouvait amener un système aussi structuré que le précédent.. Un changement peut être une restructuration.

    Au sujet de « La structure me semble être une base d’écoute nécessaire, pour se sentir en confiance. »,.. notez que je ne suis pas du tout contre la structure en tant que base d’écoute, mais regardez ce qui se passe, par exemple, lors d’un accident, d’un imprévu : tout le monde se met à écouter de façon plus attentive. Donc la structure ne favorise pas forcément l’écoute. Ni non plus l’accident, c’est vrai.

    La relation entre structure et écoute est forte, nous sommes d’accord, mais elle est bien plus complexe que le simple « plus de structure = plus d’écoute ». Ainsi sans solfège, sans rythme, pas de musique, pas d’écoute. Mais avec solfège, et avec du rythme, dans bien des cas il n’y a ni musique ni écoute aussi.

    J’admets que bien des personnes sont rassurées par la simple reconnaissance d’une structure ; par l’ordre du culte, par exemple. Ils disent alors qu’ils écoutent, ou je ne sais quoi d’autre, (se sentent bien, par ex), de façon presque automatique, dès lors qu’ils reconnaissent l’ordre.

    Certains se fichent même de la crédibilité, par ex. Au simple motif qu’ils disent les choses correctement, ils s’imaginent être écoutés. Encore plus fort : j’ai même vu des gens être directement heureux, en reconnaissant une chose se dérouler de la façon qu’ils considèrent correcte.

    Je n’y vois aucun inconvénient. Ça m’échappe un peu, je l’admets. Mais je n’y vois pas d’inconvénient non plus. Et ne croyez pas que ce soit le désordre qui m’intéresse plus… L’ordre est juste pour moi quelque chose qui peut être utile, comme quelque chose qui peut être inutile ; c’est juste un outil. L’on peut parfaitement écouter, se sentir bien, ou être heureux, avec ou sans.

    Cordialement.

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