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Question d’un visiteur :

Bonjour,
Voici une question qui me tracasse pas mal: pourquoi prier Jésus ou le Christ?

La dévotion au Seigneur Jésus est courante et quasi naturelle dans les églises chrétiennes, on lui adresse nos prières . Or, je me sent complètement étranger à cette pratique, je ne la comprend pas, sinon de manière intellectuelle qui considère que son humanité terrestre est présente de manière concrète auprès de Dieu comme une lecture littérale de la bible peut pousser à le faire. Une certaine théologie de la trinité peut venir renforcer cette dévotion.

Pour moi, c’est une conception matérielle de la réception du Christ en Dieu à laquelle je n’arrive pas à adhérer . Ça me paraît même faire du Christ une idole. Après ça on peut bien rendre un culte à Marie et à tous les saints!

Je pense que la résurrection de Jésus est une façon de dire que Dieu assume pleinement la prédication , les actes, la vie entière jusqu’à la mort du Christ, qu’il accueille pleinement notre humanité. Pour moi ce n’est plus une sorte de survie de Jésus dans un au-delà , dans un ciel comme le pensent encore beaucoup de catholiques, d’évangéliques et même de réformés. Il me semble que je pense les choses de manière plus spirituelle , certain dirons abstraite. C’est pourquoi je ne peux pas prier Jésus-Christ mais seulement ( si je puis dire ) Dieu, le Dieu révélé par lui.

Mais peut-être quelque chose m’échappe?

Merci de bien vouloir m’éclairer sur ce point.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Franchement, je suis absolument d’accord avec vous, prier Jésus me semble incompréhensible. Cela ne me semble pas du tout correct du point de vue théologique, voire toxique. Comme tout ce qui mène à trop confondre Dieu et l’homme, à trop « anthropologiser » Dieu.

La dévotion à Jésus ou au Christ est devenu chose courante dans bien des églises chrétiennes, y compris l’église réformée à une certaine époque et dans certains de nos cantiques. En général, à l’Oratoire, tous les textes liturgiques choisis ne prient que Dieu et jamais Jésus ou le Christ. Quand nous reprenons un grand beau texte qui prie le Christ, nous le transformons en une prière à Dieu, « au nom de Jésus-Christ ».

Déjà, nous ne sommes pas tellement trinitaires à l’Oratoire, même si certaines personnes y sont très attachées (on a le droit), cette façon d’exprimer la foi chrétienne nous semble pleine de risques, et nous préférons nous abstenir d’utiliser des formules trinitaires. La preuve que c’est dangereux, c’est que certaines personnes se mettent à prier Jésus ! Le très saint dogme de la trinité n’a jamais dit ça, quand même. En théorie la 2e personne de la trinité est la parole éternelle de Dieu. Certes elle s’incarne en Christ, mais la nuance est de taille. Le Jésus qui marche avec ses sandales sur les routes poudreuses de la Galilée n’est pas Dieu. Je veux bien qu’il soit le Parole de Dieu faite chair, c’est à dire le projet de Dieu en ce qui concerne l’humain enfin réalisé, l’Adam véritable, si l’on veut, mais dire que c’est totalement Dieu me semble erroné, voire dangereux spirituellement et existentiellement.

Et puis, pourquoi prier Jésus ? Il me semble que le point essentiel du message de Jésus est que l’on peut s’adresser à Dieu directement, car il n’y a rien à craindre de lui. A mon avis, les personnes qui prient Jésus ont souvent un reste de crainte de Dieu. Il leur semble un juge un peu terrible, mieux vaut se méfier un peu, de risque qu’en se montrant devant lui tels que nous sommes, de qualité moyenne, de bilan relatif, de théologie plus ou moins erronée, d’aller vers lui en plus avec nos demandes puériles… Semble à ces personnes chose peu convenable… Alors que Jésus leur semble plus proche, plus déchiffrable, moins dangereux puisqu’il n’a apparemment jamais foudroyé personne, au pire, nous risquons une bonne engueulade. Au pire, nous pouvons même prier, tant qu’à faire, Marie, elle a la tendresse d’une mère, et son fils ne lui refusera pas de nous aider si nous le lui demandons gentiment… Cette peur de Dieu devrait être chassée par la lecture et la méditation des évangiles. Il nous montre un Dieu qui aime même ses ennemis, un Dieu berger qui ne méprise pas la pire de ses brebis mais ne se lassera jamais de la chercher, un père qui attend le fils prodigue les bras ouverts… Mais ces paroles et ces gestes sublimes de l’Evangile ont été recouvert dans les églises, progressivement au cours des siècles, par l’idée de Dieu projetée par la figure de Zeus. Puis par une conception de Dieu induite par une pédagogie de la menace et de la récompense pour inviter les fidèles à être bien sages…

Mais quand bien même nous serions tentés de prier Jésus ou je ne sais qui d’autre, d’ailleurs, nous pourrions au moins suivre ce que ce Jésus nous dit sur la prière, si vraiment le Christ compte tant pour nous, et prier comme il nous l’apprend, c’est à dire sans exception de prier Dieu, ou le Père que nous avons dans les cieux, de le prier si l’on veut « en son nom » à lui, au nom de Jésus.

“Prier au nom de Jésus”, c’est finalement ça, à mon avis, c’est prier Dieu avec la confiance et l’espérance à laquelle nous invite Jésus. “Prier au nom de Jésus”, ce n’est pas une formule magique à ajouter, comme un « sésame ouvre toi », ce n’est pas non plus prier Jésus en pensant qu’il transmettra à Dieu ce que nous n’oserions pas lui dire directement, ou qu’il n’entendrait pas bien car il aurait les oreilles un peu bouchée !

De plus, même si nous étions tentés de prier Jésus, même si c’était parfait théologiquement, spirituellement… Prier Jésus est extrêmement choquant pour les autres croyants monothéistes, les juifs et les musulmans. Rien que par respect pour eux, dans une idée aussi que la foi chrétienne soit intelligible pour les musulmans et les juifs, que nous puissions discuter ensemble, organiser ensemble des cérémonies de mariage… il me semble que nous pourrions nous abstenir de prier Jésus.

Bref, oui, avec vous, il y a quelque chose qui nous échappe. Comment peut-on prier qui que ce soit d’autre que Dieu quand on est chrétien ?

Mais bon, je ne comprends pas, je ne pratique pas de prière à d’autres que Dieu, mais si d’autres le font et y trouve un enrichissement, c’est bien leur droit. Et je me réjouis alors sincèrement de la fécondité de leur prière. De toute façon, effectivement, Dieu est amour et la prière de chacun, qu’elle soit lancée en sa direction, qu’elle soit adressée à Jésus, à machin-truc ou même à Toutatis, toute prière venant du cœur trouve son chemin. Et Dieu qui, lui, écoute, travaillera à l’exaucer en cherchant à nous faire évoluer, grandir…

Avec mes amitiés fraternelles

Gaspard de Coligny

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11 Réponses à “Pourquoi prier Jésus ou le Christ ?”

  1. visiteur dit :

    On peut invoquer l’esprit de Jésus, toutefois il me paraît délicat de s’adresser à lui purement et simplement . Comme le dit Gaspard de Coligny, c’est anthropomorphiser Dieu. Je pense même que c’est idolâtre.

    Paul Tillich écrit que sur la croix, Jésus meurt et laisse ainsi toute la place à Dieu. Il écrit: la présence de JC « n’est pas celle d’un corps ramené à la vie(et transmué); elle n’est pas non plus, la réapparition d’une âme individuelle ; elle relève d’une présence spirituelle. Le Christ « est l’Esprit » et « nous le connaissons maintenant » seulement parce qu’il est l’Esprit ». (TS,3, p245). Tillich écrit dans « théologie de la culture  » à propos des symboles religieux qui peuvent être idolâtrés, démonisés, élevés jusqu’à la validité ultime que le symbole de la croix est le symbole qui exprime le mieux la revendication chrétienne anti-idolâtre. Il écrit:  » Celui qui incarne lui-même toute la présence du divin se sacrifie afin de ne pas devenir une idole, UN AUTRE DIEU A CÔTÉ DE DIEU, un Dieu tel que les disciples voulaient faire de lui ».

    Jésus accepte le titre de Christ « à cette unique condition qu’il aille à Jérusalem pour souffrir et mourir, c’est à dire pour nier cette tendance à l’idolâtrie qui se manifestait même à l’égard de sa propre personne. Ce symbole est en même temps le critère de tous les autres symboles; il est également le critère auquel toute église chrétienne doit se soumettre ». (p 82).

    Malheureusement les églises n’ont pas échappé à cette démonisation. Le culte rendu à Jésus et la prière qui lui est adressée en sont les symptômes les plus flagrants.

  2. Euh, j’aime beaucoup Tillich, mais sur le coup, je trouve scabreux et morbide cette idée d’une sorte de suicide de Jésus pour éviter qu’on le prenne pour Dieu.

    A mon humble avis Jésus n’a pas pensé une seconde que des gens le prendraient pour Dieu. Mais s’il avait pensé que c’est en se sacrifiant spectaculairement qu’il éviterait ce risque, Jésus aurait été particulièrement naïf. Il aurait été bien plus efficace de continuer à parler plutôt que de disparaître prématurément en laissant le champ libre aux élucubration de ses disciples. Il aurait été préférable de se montrer vieillissant plutôt que de mourir en pleine force de l’âge pour montrer qu’il avait une réelle dimension humaine en plus d’une réelle dimension divine.

    Ensuite, je pense qu’il n’a pas souhaité une seconde mourir ou donner un autre sens à cette mort que celui de se donner pour les autres contraint et forcé, il est éventuellement possible qu’il y ait été encouragé par Esaïe 53, mais guère plus.

    Enfin si Tillich dit que le Christ est l’Esprit, s’il dit que le Christ incarne lui-même TOUTE la présence du divin… alors Paul Tillich lui-même ne résisterait pas à le diviniser.

  3. Arthur dit :

    Bonjour,

    « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils » (Jn 14:13).

    Par ailleurs, la crainte de Dieu est une absolue nécessité et une réalité biblique au moins aussi bien établie que la figure du Dieu berger…

    Quant à l’argument du respect des autres monothéismes, il est tout bonnement ridicule. « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi » (Jc 2:19).

    Bon dimanche de la Trinité à tous,

  4. Vous avez raison : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils » (Jn 14:13).
    Donc si nous respectons cette parole de Jésus, nous prierons Dieu au nom de Jésus, et nous ne prierons pas Jésus. Nous sommes donc d’accord.

  5. Billa Piere Andre dit :

    bonjour
    je suis d’accord avec vous sur ce point , mais nos églises ne nous donne pas tous les enseignements . nous prions Dieu au nom de Jésus Christ .

  6. Élise Lefetz dit :

    Bonjour,

    Que signifie donc cette phrase: « le père et moi, nous sommes un.  » (Jn 10:30)

  7. Ce mot « un » ne veut pas dire une égalité, mais une communion. C’est le même mot qui est repris plus loin dans le même évangile, où Jésus prient : « afin qu’eux aussi (les enfants de Dieu) soient un en nous » (Jn 17:21) Il n’est pas question de nous prendre pour Dieu pour autant, mais d’être en communion, comme un corps avec de multiple membres.

    Si l’on reprend les versets dont sont tirés cette simple phrase de Jésus « le père et moi, nous sommes un », nous voyons que Jésus, comme souvent dans l’évangile selon Jean, s’efface devant celui qu’il appelle « le Père » qui est la source, qui est plus grand que tous (et Jésus se met ici dans ce « tous », sinon il dirait « plus grand qu’eux », ou « plus grand que vous tous »). Et Jésus vit de cette source et c’est en ce sens qu’il est en communion avec lui ici : « Mon Père, qui me les a données (mes brebis), est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un. Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider. Jésus leur dit: Je vous ai fait voir plusieurs bonnes oeuvres venant de mon Père: pour laquelle me lapidez-vous? »

  8. Caimghin dit :

    Je suis scandalisé par ce que je viens de lire. Les Protestants s’appuient, théoriquement sur la Bible, or, il est écrit tout au long de la Bible que Dieu viendrait sur Terre, le Père Tout-Puissant, l’Emmanuel, etc annoncé par les prophètes, et Jésus est donc Dieu, l’Eternel, le Roi des Armées, etc. Donc, Priez Jésus Christ (car Jésus est Christ) est nécessaire, car il est Dieu, au même titre que le Père et que l’Esprit Saint. C’est de dogme de la Trinité, qui est censée est COMMUNE à toutes les confessions chrétiennes. Cela m’attriste donc que des « chrétiens » renient la divinité du Christ, et que vous vous détournez de son Amour en refusant de vous confier à lui.

    Puisse la Trinité Sainte prendre pitié de vous et vous éclairez de sa Lumière.

  9. Que la paix du Christ vous soit donnée.

    Oui, les protestants aiment à s’appuyer sur la Bible. Précisément, le Christ (qui est quand même, et de très trèèèèès loin la référence centrale pour les chrétiens) dit toujours de prier le Père, de le prier en son nom.

    Le dogme de la Trinité est adopté par une très large majorité de chrétiens depuis les conciles du IVe siècle. Et c’est très légitime, évidemment. Mais non, il n’est pas censé être commun à tous les chrétiens, par définition, puisque ce dogme a été promulgué seulement une dizaine de générations après le Christ, que ce dogme de la trinité n’a pas été promulgué à l’unanimité des chrétiens, et que dès l’origine il y a eu une belle diversité de sensibilité entre les apôtres, les évangiles et les chrétiens. Par ailleurs, si c’était si indispensable d’exprimer sa foi selon le dogme trinitaire, Jésus l’aurait développé, ce qui n’est pas le cas. Ou au moins l’aurait-il prononcé, ce qui n’est pas le cas non plus, le Christ ne disant jamais que Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit.

    De plus, même si un chrétien n’exprime pas sa foi de façon trinitaire, ce n’est pas pour autant qu’il nie forcément la divinité du Christ. Et encore moins qu’il ne se confie pas en Christ.

    Ensuite, le dogme trinitaire ne dit pas que « Jésus est Dieu » tout court, ce dogme tient à tenir dans la même formule que Christ est à la fois « vrai Dieu et vrai homme ». En effet, quand on dit que « Christ est Dieu » cela rend incompréhensible par exemple la prière de Jésus « Non ma volonté mais la tienne » dans le Jardin de Gethsémanée, ou sa prière « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné sur la croix », et bien d’autres passages. Le dogme de la trinité est très une pensée très fine et délicate à penser.

    Enfin, même si l’on pense que Christ est Dieu, cela rend possible de prier le Christ, mais, cela ne rend pas obligatoire de prier le Christ.

    Mais bon, chacun fait selon sa sensibilité. Et ce n’est pas une raison pour juger la foi des autres, et encore moins de les injurier, me semble-t-il…

  10. kong dit :

    Pourquoi adorer Jésus-Christ ?

    Il existe, même parmi ceux qui croient en la divinité de Jésus, des réticences sur le fait que la prière ou l’adoration puissent lui être adressées. Se basant sur les paroles du Christ qui demande de prier en son nom, ils affirment que l’on ne doit que prier et adorer le Père céleste au nom de Jésus-Christ, sans adresser une quelconque prière à ce dernier.

    Je ne suis pas de cet avis. C’est pourquoi j’aimerais souligner ici trois raisons bibliques qui soutiennent la prière et l’adoration adressées à Jésus-Christ.

    « 19 Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. 20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. 21 Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. 22 Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, 23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. » (Jean 5 : 19 – 23)

    Nous honorons le Père en l’aimant de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force. Ceci nous le concrétisons en obéissant à ses commandements. Nous honorons aussi le Père en lui rendant un culte, en le louant, en l’adorant et en célébrant ses hauts faits ainsi que sa Divinité.

    Comme, il nous est demandé d’honorer le Fils comme nous honorons le Père, il est clair que même au Fils nous devons louange et adoration.

    Dans l’Ancien Testament, il existe des passages où il est écrit noir sur blanc que YHWH affirme être envoyé par YHWH, que YHWH déclare qu’il sauvera par YHWH, etc.

    “11 Je vous ai bouleversés, Comme Sodome et Gomorrhe, que Dieu détruisit; Et vous avez été comme un tison arraché de l’incendie. Malgré cela, vous n’êtes pas revenus à moi, dit l’Éternel…” (Amos 4 : 11)

    “24 Alors l`Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de la part de l`Éternel, du haut des cieux.” (Genèse 19 : 24, Ostevald)

    “24 Alors Jéhovah fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu venant de Jéhovah, des cieux.” (Genèse 19 : 24, Traduction du Monde Nouveau)

    “24. Alors le Seigneur fit descendre du Seigneur qui est au Ciel une pluie de soufre et de feu sur Sodome et sur Gomorrhe,” (Genèse 19 : 24, Fillion)

    “8 Car ainsi parle l’Éternel des armées: (…) 10 Pousse des cris d’allégresse et réjouis-toi, Fille de Sion ! Car voici, je viens, et j’habiterai au milieu de toi, Dit l’Éternel. 11 Beaucoup de nations s’attacheront à l’Éternel en ce jour -là, Et deviendront mon peuple; J’habiterai au milieu de toi, Et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé vers toi.” (Zacharie 2 : 8, 10 – 11)

    En utilisant une règle de logique simple qui veut qu’un mot (nom) ne peut pas avoir la même extension dans une même phrase, on devrait comprendre que le YHWH qui envoie YHWH n’est autre que le Père et que le YHWH qui est envoyé par YHWH n’est autre le fils. Ainsi, on aboutit à la conclusion selon laquelle le Fils aussi est appelé YHWH par YHWH lui même, dans plusieurs passages de la Bible.

    Cette explication est totalement corroborée dans les Ecritures. Il suffit de faire d’étudier le Psaumes 45 : 6 – 7 et Hébreux 1 : 8 – 9 pour s’en rendre compte.

    “6 Ton trône, ô Dieu, est à toujours; Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. 7 Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté: C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint D’une huile de joie, par privilège sur tes collègues.” (Psaumes 45 : 6 – 7)

    L’auteur de l’épitre aux Hébreux nous informe qu’au verset 6 du Psaume ci-dessus, c’est le Père qui s’adresse au Fils et que la référence au Dieu qui oint Dieu doit être comprise comme l’action du Père déversant son onction sur le Fils (verset 7).

    « 8 Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu, est éternel; Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité; 9 Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité; C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint D’une huile de joie au-dessus de tes égaux. » (Hébreux 1 : 8 – 9)

    « 6 Elle conçut de nouveau, et enfanta une fille. Et l’Éternel dit à Osée: Donne-lui le nom de Lo-Ruchama; car je n’aurai plus pitié de la maison d’Israël, je ne lui pardonnerai plus. 7 Mais j’aurai pitié de la maison de Juda; je les sauverai par l’Éternel, leur Dieu, et je ne les sauverai ni par l’arc, ni par l’épée, ni par les combats, ni par les chevaux, ni par les cavaliers » (Osée 1 : 6 – 7)

    Dans le passage ci-haut, YHWH affirme au prophète Osée qu’il sauvera la maison de Juda par YHWH leur Dieu. Si on comprend ce passage comme une déclaration du Père qui affirme qu’il sauvera la maison de Juda par le Fils, on comprend que le Père considère le Fils comme le Dieu de la nation d’Israël. C’est ce Fils qui a été suscité dans la maison de David afin de sauver le peuple d’Israël.

    Ainsi, sachant que le Fils est le Dieu de la nation d’Israël, nous pouvons le louer, l’adorer et lui rendre un culte sans que cela n’entre en contradiction avec Deutéronome 6 : 4.

    En effet, dans la célèbre déclaration Deutéronome 6 : 4, couramment appelée “Schema”, il est affirmé : “4 Écoute, Israël: L’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel.”

    Le terme “un seul” dans le verset ci-haut est la traduction du mot hébreu “echad”, qui veut dire “un”. Il faut toutefois souligner que le “un” exprimé par le mot echad n’est pas un “un” singulier mais plutôt une unité composite.

    Ceci se comprend mieux dans les autres utilisations d’echad dans la Bible.

    “24 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule (echad) chair.” (Genèse 2 : 24)

    “6 Et l’Éternel dit: Voici, ils forment un seul (echad) peuple et ont tous une même langue, …” (Genèse 11 : 6)

    On comprend dès lors que le Fils est echad avec le Père et qu’il est avec lui le Dieu d’Israël, celui à qui nous devons louange et adoration.

    La troisième raison pour laquelle adorer le Fils, Jésus-Christ, ne constitue en aucun cas un est péché est que la cour céleste le fait.

    Déjà en introduisant le Fils dans le monde, le Père avait ordonné aux anges de l’adorer.

    « 6 Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit: Que tous les anges de Dieu l’adorent! » (Hébreux 1 : 6)

    Lorsque l’Apôtre Jean fut emporté dans le ciel, il avait vu dans la cour céleste une scène qui a lieu continuellement, l’adoration du Père.

    « 8 Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d’yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient! 9 Quand les êtres vivants rendent gloire et honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, 10 les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône, et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant: 11 Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées. » (Apocalypse 4 : 8 – 11)

    L’Apôtre Jean n’a pas seulement vu ceux qui constituent la cour céleste adorer le Père. Il les a vus adorer aussi le Fils, l’agneau de Dieu.

    « 8 Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. 9 Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant: Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation; 10 tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. 11 Je regardai, et j’entendis la voix de beaucoup d’anges autour du trône et des êtres vivants et des vieillards, et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers. 12 Ils disaient d’une voix forte: L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. 13 Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient: A celui qui est assis sur le trône, et à l’agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles! 14 Et les quatre êtres vivants disaient: Amen! Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent. » (Apocalypse 5 : 8 – 14)

    Nous voyons non seulement que quatre être vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternent devant l’Agneau, mais aussi qu’ils présentent à celui-ci les prières de Saints et qu’ils adorent le Fils de Dieu en compagnie des myriades de myriades et des milliers de milliers d’anges.

    Il est aussi ajouté que toute les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur et dans la mer affirment que la louange, l’honneur, la gloire, et la force reviennent aux siècles des siècles au Père et à l’agneau.

    A cause de toutes les trois raisons évoquées ci-haut, je puis affirmer avec certitude, sans peur d’être contredis, que le fait d’adorer le Fils et lui adresser nos prières ne constitue en aucun cas un péché.

  11. Bonjour, je ne cherche pas à vous convaincre, car chacun prie comme il veut, l’essentiel est de prier. Mais je veux bien répondre à votre long commentaire.

    Vous reconnaissez que Jésus a dit explicitement de prier Dieu, et de le prier en son nom (au nom de Jésus, ou de Christ). Donc, personnellement, je prie seulement Dieu au nom de Jésus. De préférence, j’essaye de suivre ce que dit Jésus, c’est quand même un peu la base de ce que c’est qu’être chrétien. Même si les apôtres, le diacre Etienne et Marie avaient passé le reste de leur vie à prier Jésus et à nous dire de le faire que cela ne passerait pas par dessus.

    Ensuite, c’est vrai qu’il y a eu une tendance exponentielle à diviniser Jésus. Mais c’est un signal importnat qu’il soit resté néanmoins de très importants passages des évangiles où, souvent de la bouche même de Jésus, il y a une distinction entre le Christ et Dieu. C’est ainsi que les évangiles nous montrent Jésus lui-même prier Dieu (il ne se prie alors pas lui-même, ce serait un mauvais exemple à suivre), et que Jésus dit finalement à Dieu « non pas ma volonté à moi, mais que ta volonté à toit soit faite ! », quand Jésus dit que seul Dieu connaît l’heure de la fin des temps mais que le fils ne la connaît pas, ou quand sur la croix il crie ce reproche à Dieu « mon Dieu pourquoi m’as tu abandonné ? »… Le fait que des éléments comme ceux-ci soient dans nos évangiles nous invitent à ne pas suivre aveuglément la tendance plus tardive à la divinisation de Jésus, l’amenant à le prier.

    Mais bon. Je ne pense pas que ce soit un péché non plus de prier Jésus.

    1) Car c’est néanmoins une façon de chercher Dieu, d’être relié à lui. Et c’est ça qui importe.
    2) Si telle est votre conviction, et votre conviction a l’air sacrément forte, qu’il est bon pour vous de prier Jésus, alors le péché serait de ne pas prier Jésus. De toute façon, Dieu est amour et compassion. Pour encourager les gens à chanter dans l’église, nous disons que même quand nous chantons faux Dieu entend juste. Je dirais de même : même quand nous prions faux, Dieu entend juste, il justifie notre prière en la purifiant.

    Que Dieu vous bénisse et vous garde

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