S'abonner par :
 rss
 email

spiritisme

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis Chrétien Protestant mais aussi Spirite. C’est à dire que je prends contact et que j’ai des communications avec des défunts (par l’écriture automatique ou la TCI).

Condamnez vous cela ? Qu en pensez vous et que dit la Bible et l’église reformée ?

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Il est à mon avis difficile de dire que la Bible soit hostile à ce genre de pratiques, les réserves seraient plutôt pour l’astrologie et autre divination…

Mais de toute façon dans notre église nous ne faisons pas une lecture de la Bible comme si c’était un code de lois et d’ordonnances à appliquer à la lettre, il y manquerait bien trop de choses essentielles (comme l’abolition de l’esclavage, par exemple), et il y aurait bien trop de choses scandaleuses et bizarres (comme de lapider son enfant s’il est désobéissant)…

Notre éthique protestante est donc une éthique croyante et en responsabilité, c’est à dire que chacun puise dans sa propre expérience de Dieu, dans sa réflexion nourrie de lecture biblique & de débat pluraliste… ce qu’il pense être le cheminement juste pour lui-même à un moment donné. Cette façon de cheminer n’est pas réservé à l’Oratoire du Louvre, ni inventée par le protestantisme progressiste contemporain, mais cette façon existe déjà dans les idées de Jésus (juif libéral qui résume -ou limite- toute la Loi au le seul commandement d’aimer) et de l’apôtre Paul (auteur du « tout est permis mais tous n’est pas utile »).

L’Eglise Réformée na pas de position officielle donnant des lois à suivre pour ses membres, mais elle invite chacun à cheminer avec et par le Christ vers Dieu. D’ailleurs quand d’aventure tel ou tel membre ou instance de l’administration de l’Eglise Réformée se risque à faire un communiqué de presse, il n’engage que lui et certainement pas les membres des églises locales. Bien heureusement.

Cela dit, personnellement, je ne suis vraiment pas favorable à l’idée de dialogue avec les morts.

D’abord parce que l’expérience spirituelle fondamentale est, dans notre foi, la relation à Dieu, au Dieu unique.

Ensuite parce qu’il me semble que ces morts ont bon dos et qu’il est difficile de ne pas projeter ses propres idées, fantasmes, craintes et espérances, blessures anciennes et vieux restes d’histoire de famille mal digérées dans ce que l’on pense qu’ils nous disent… Alors peut-être, si on assume le fait de cette profonde subjectivité, si l’on dit que l’on laisse divaguer cette subjectivité en pensant à telle personne que l’on aime, peut-être alors ce serait une fidélité à cette personne, quelque chose de vrai, de sain.

Même en science, le doute est fécond, ouvre humblement une porte à une erreur d’interprétation. Dans les expériences spirituelles aussi, cela me semble indispensable, même en ce qui concerne la relation à Dieu, dont nous pouvons dire que l’expérience d’une communication avec lui est largement partagée par des milliards de personnes, il est à mon avis indispensable d’avoir beaucoup d’humilité et de pudeur avant même de penser que Dieu nous aurait délivré un message ou donné un signe. Je suis toujours étonné de l’assurance de celui qui affirme « Dieu m’a dit… » (le pire à mon avis est quand il ou elle en est persuadé lui-même). Au moins, il me semble respectueux de Dieu de présenter cela avec un minimum de réserve « J’ai l’impression, j’ai le sentiment que Dieu me dit… » ou « Ne pensez-vous pas que Dieu serait favorable à… », ou « ne serait-ce pas un signe que Dieu… ».

Cette réserve, cette prudence me semble encore plus grande à avoir en ce qui concerne d’autres expériences spirituelles que la prière.

Et le dialogue, si je puis dire, avec les morts me semble meilleur quand on lit leurs écrits, quand on fait mémoire de leurs propres actes et de leurs paroles mêmes. Là, au moins, on a un certain degré d’objectivité dans ce qui vient vraiment d’eux-mêmes. Et là au moins on s’intéresse à leur vie en ce monde, et donc notre vie en ce monde-ci, et pas à des personnes dans l’autre monde ?

Car c’est enfin la dernière réserve que j’aurais, c’est de s’occuper des vivants dans l’autre monde et même de tout ce qui concerne la vie dans l’autre monde. Ce genre de réalité nous est quelque chose d’à peu près impensable, et l’essentiel est de concentrer notre préoccupation de vivre bien la vie en ce monde, pour l’instant. Et donc avec Dieu, et avec nos frères et sœurs.

Avec mes amitiés fraternelles

Gaspard de Coligny

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

Laisser un commentaire