S'abonner par :
 rss
 email
angelot souriant, scuplture dans l'Oratoire

angelot souriant, salle haute dans l’Oratoire du Louvre

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur,

Je tenais encore une fois à vous remercier pour le travail que vous faites concernant les questions-réponses du site de l’Oratoire. Peu de personnes trouvent le temps de pouvoir répondre aux questions spirituelles et pratiques des nombreux internautes, et ceci est une chance pour nous.

Ma question concerne le courant libéral du protestantisme. J’ai découvert ce terme par le biais d’une page internet dédié au pasteur André Gounelle, et je me pose un tas de question sur ce courant.

  • Tout d’abord concernant les « dogmes » de ce courant, je voulais savoir si les protestants libéraux rejettent majoritairement ou non le dogme de la trinité. Je voulais également savoir s’ils croient en l’Immaculé Conception et aux miracles du Christ dans la Bible ou s’ils s’adoptent plutôt un esprit critique (par exemple comme voir ces miracles comme symboliques).
  • Deuxièmement je m’interroge sur leur pratique religieuse. Est-ce qu’ils manifestent plus leur foi que d’autres protestants ? Est-ce qu’ils plus pratiquant ? Lisent-ils plus souvent la Bible ?
  • Enfin je m’interrogeais également sur leur place dans le protestantisme et plus généralement dans le monde d’aujourd’hui. Est-ce qu’il s’agit d’un courant propre au luthéro-reformée ou bien alors à un courant distinct au sein du protestantisme ? D’un point de vue général, peut-on dire qu’il s’agit d’un second souffle pour le christianisme, d’un renouveau ?

Merci de répondre selon vos possibilités Pasteur
Dieu vous bénisse dans votre ministère

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Merci pour ces encouragements, bien utiles 🙂

Oui, André Gounelle est un penseur honnête, profond, et son esprit de synthèse clarifie bien des choses. Je suis d’ailleurs en train de travailler pendant mes vacances à la mise en ligne d’un certain nombre de ses textes qu’il m’a envoyé pour créer un petit site internet (encore en chantier…)

Vos questions sont intéressantes bien que, précisément, notre « libéralisme » consiste à nous sentir libre de déterminer notre façon de penser et de le faire avec des personnes qui ne pensent pas nécessairement la même chose que nous. Mais vous avez bien compris cela comme on peut le voir dans vos questions, par exemple avec les guillemets autour du mot dogmes,

Bien entendu, mes réponses ne sont que des impressions car si nous faisions des statistiques nous serions peut-être surpris de ce que les personnes fréquentant l’Oratoire pensent en réalité… Mais précisément, comme chacun est libre, il y a une variété assez grande sur chacun des points que vous citez parmi nos membres.

Je ne sais pas si les libéraux « rejettent majoritairement » le dogme de la trinité, je dirais que nombreux sont les libéraux qui n’y attachent pas d’importance, qui ne placent pas cela comme central, qui en voit une construction intellectuelle respectable quand elle est bien comprise. Donc à l’Oratoire nous évitons dans le culte toute formule ou chant trinitaire, mais bien des paroissiens peuvent tout à fait y être personnellement attachés.

  • Sur « l’immaculé conception », la réponse est plus facile, car cette théorie concernerait une conception Immaculée de Marie, cette pensée comprend plusieurs concepts qui sont fort étrangers au protestantisme, mais aussi à l’anthropologie biblique, à mon avis. Je ne connais pas de protestant libéraux qui défendrait cette théorie sur Marie, mais bon, tout est possible.
  • Sur les miracles du Christ, tout dépend du miracle en question, mais en général oui, bien des protestants libéraux sont attachés à rechercher une pensée cohérente non seulement avec la Bible mais aussi avec les autres branches de l’intelligence et donc avec la science, et le bon sens. Cela n’exclut pas de s’ouvrir à ce supra naturel qu’est Dieu et donc l’Esprit, la foi. Mais cela implique de réfléchir et d’avoir une pensée cohérente. Concernant les miracles, certains y croient en bloc (on a le droit), la majorité des gens passent en se disant que ce sont de pieuses légendes ajoutées comme cela se faisait à l’époque dans bien des récits, d’autres, dont je suis, pensent qu’il y a une base historique a une part de ces miracles, en particulier certaines guérisons par Jésus, mais que chacune de ces histoires a un sens métaphorique.
  • Le courant « libéral » ou « progressiste » existe dans chaque religion et je dirais même dans chaque courant de pensée, de même qu’un courant traditionaliste voire intégriste. Il y a du judaïsme libéral, de l’islam libéral du lacanisme libéral, sans doute…
    – Toutes les facultés de théologies protestantes des églises réformées et luthériennes sont plutôt libérales (Paris, Montpellier, Strasbourg).
    – A l’autre extrême du protestantisme il y a le courant s’appelant lui-même « évangélique » qui incarne une forme traditionaliste au sens où un type unique d’interprétation des écritures y est imposé à l’ensemble des fidèles, avec des doctrines et une morale de base sont très fermement imposées à chacun. Il va sans dire que les relations sont très difficiles avec les chrétiens de ces églises qui nous considèrent parfois comme d’horribles hérétiques qui iront sans doute griller en enfer pour les siècles des siècles…
    – L’Eglise Réformée est plutôt libérale bien qu’un certain nombre de paroisses soient de l’autre extrême. Le luthéranisme parisien est plutôt traditionaliste alors que dans le pays de Montbéliard c’est l’inverse…Mais au moins dans ces églises qui sont maintenant en train de s’unir dans l’Eglise Protestante Unie de France, les uns et les autres se reconnaissent comme chrétiens. On pourrait donc dire que même s’il y a des protestants dans les églises réformées qui sont de pensée très traditionnelle, voire « évangélique » respectent les « libéraux » comme étant tout aussi chrétiens qu’eux, et pouvant tout à fait être dans la même église qu’eux. C’est ce que l’on voit avec la fusion actuelle des églises réformées et luthériennes dans une même église unie.
  • Je ne sais pas si le courant « progressiste » (ou « libéral ») est un renouveau du protestantisme, dans un sens oui même si cette mouvance existait depuis le christianisme dès son origine (Jésus étant ,dans un sens, un juif libéral). Il me semble effectivement que cette sensibilité convient très bien à un nombre croissant de personnes. Mais le courant « évangélique » a connu une forte croissance. En effet, s’il est formidable de pouvoir réfléchir par soi-même comme le courant libéral le permet et l’encourage, si cela permet une sincérité maximale, une ouverture sans crainte à Dieu… et bien d’autres avantages exceptionnels, ce n’est ni très reposant ni très sécurisant de devoir réfléchir, évoluer plutôt que de se reposer sur une pensée, une morale et des rites largement fixés et présentés comme une vérité en béton, venant directement de Dieu lui-même…

Bref il y en a pour tous les goûts et c’est très bien ainsi.

Amitiés fraternelles

Gaspard de Coligny
PS. Nous avions fait un N° de notre bulletin avec divers témoignages sur ce que serait le protestantisme libéral :
https://oratoiredulouvre.fr/bulletin/777/Qu-est-ce-que-le-protestantisme-liberal.php

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

8 Réponses à “Ma question concerne le courant libéral du protestantisme”

  1. Alvin Gongora dit :

    Je vous écris en tant qu’un évangélique. C’est dommage que nous, en tant évangéliques ont déjà envoyé les protestants libéraux en enfer avec les païens, les musulmans, les sorcières, des communistes, enviromentalists, les homosexuels, et des millions d’autres. Honteusement, je dois admettre que ce que vous dites est vrai. Toutefois, permettez-moi d’ajouter le commentaire suivant:
    L’évangélisme, comme il est connu en Amérique latine d’où je viens, marche sur deux lignes parallèles: celui des traditions protestantes et celle de l’intégrisme des États-Unis du début du 20e siècle. L’historien suisse Jean-Pierre Bastian identifie trois générations dans le protestantisme latino-américain. La première est l’évangélique qui est politiquement progressive en dépit de ses convictions théologiques en arrière. La deuxième génération est plus déterminé par la mentalité de la « guerre froide » qui est typique de l’évangélisme des États-Unis. La troisième génération est charismatique. plus à l’écoute des attentes du marché et l’industrie du divertissement et il est est extrêmement agressif dans leurs stratégies de prosélytisme.
    Quelques-uns d’entre nous au sein du troupeau évangélique d’Amérique latine s’efforcent après avoir maintenu une approche critique de nos propres traditions. Telle est un pèlerinage sain mais douloureux. Pour cette raison, les réflexions telles que celle que vous offrent sont extrêmement bénéfiques. Merci beaucoup.
    (Toronto, Canadá)

  2. visiteur dit :

    Je vous remercie Pasteur d’avoir pris la peine de répondre, et de m’avoir apporter une réponse très précise. C’est aujourd’hui bénédiction de pouvoir parler de sa Foi avec quelqu’un.

    Je suis donc futur étudiant en philosophie, et si Dieu veut, je pense étudier la Théologie un peu plus tard.

    Je suis issue d’une famille Catholique, mais cela ne m’empêche pas de m’intéresser aux autres courants du Christianisme et également aux autres formes de spiritualité.

    J’étudie le Christianisme et j’essaye de recherche ce qui pourrait en être pour moi son essence. Je considère que chaque religion possède une essence qui fait qu’elle est synonyme de liberté et d’amour. Par exemple en Islam, l’essence de cette religion semble en être la voie mystique du Soufisme qui prône la liberté humaine et la non violence. En ce qui concerne le Christianisme, il se peut que une part de son essence s’y trouve dans le protestantisme.

    En effet, le protestantisme (notamment le protestantisme libéral) prône une très grande liberté humaine, ce qui permet à l’homme de ne pas se sentir enfermé dans des dogmes et des traditions. Je pense que le plus important pour l’homme est d’avoir un rapport direct avec Dieu, sans dogme (sauf ci ceux-ci peuvent lui permettre d’être sincèrement plus proche de Dieu), sans superstition. C’est justement l’un des fondements de l’enseignement du Christ ; pour lui la véritable relation avec Dieu ne passait pas par tel ou tel coutume ou tel ou tel dogme, mais par une élévation du cœur . De même que le Christ est venu abolir toutes fausses superstitions pour ne laisser place qu’à la Foi (justification par la Foi).

    Dans le fond, il se peux que le protestantisme propose un Christianisme qui dépasse tout concept religieux. En ce sens, le Christianisme serait bien plus qu’une religion, avec toutes les choses instituées par l’homme, le christianisme deviendrait alors un mode de vie, et un rapport spirituel entre l’homme et son Créateur. Cela serait un Christianisme qui transcende tout signes religieux, tout dogmes, pour laisser place à l’essentiel, à savoir la doctrine du Christ qui prône l’amour envers le prochain et la non violence. Cela pourrait permettre aux chrétiens d’être plus unis en faisant pas les dogmes au second plan, car les dogmes sont souvent sources de division, mais d’être unis parce que nous avons le même Seigneur.

  3. @ Alvin : Grand merci pour ce témoignage, pour votre action au service de l’Évangile.

    @ visisteur : Dans un sens, oui, placer les dogmes, les rites, les codes… comme secondaires par rapport à la foi. Mais à mon avis sans les supprimer. Ce serait comme de dire que dans un orchestre, pour que tout le monde soit d’accord on allait supprimer les instruments. Certes. Mais il y a de plus belles façons d’avancer, avec chacun sa façon d’être, sa partition… mais dans une union, dans une communion, dans un dialogue qui transforme ce qui pourrait être une insupportable cacophonie, en une incroyable beauté.

    La mission de chacun est à mon avis au contraire de choisir son chemin et de le creuser, le purifier, l’explorer, avoir conscience que ce n’est qu’un parmi de multiples chemins possibles mais l’aimer et le rendre beau.

    En effet, le christianisme est à mon avis un cheminement de foi, certes, mais qui s’incarne. Dans des paroles et des actes de justice mais aussi dans une recherche spirituelle et théologique. Cencernant cette dernière, la clef est à mon avis dans cette révolution « copernicienne » que propose Jésus dans cette leçon « le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ». Cela met à sa juste place l’acte religieux comme un moyen, simple mais utile, pragmatique, au service du développement de la personne humaine et de l’humanité, non à son asservissement,

    pasteur Gaspard de Coligny

  4. Steven dit :

    La recherche du « vrai Dieu » nous condamne sans doute à une certaine forme d’errance. Quoi qu’il en soit de la modalité de notre recherche, de notre appartenance à telle ou telle confession chrétienne, le sentiment nous vient, après plusieurs années de réflexions, de rencontres, de (re)-découvertes et d’oublis, que l’objet de notre quête ne se trouve, en effet, « ni dans le temps, ni dans l’espace, ni dans le savoir, qu’il est ailleurs que dans « l’ailleurs » où nous le cherchions.» (D. Vasse)

    Parce qu’il est impossible de figer la vérité en un contenu intangible, la théologie chrétienne libérale prend ses distances avec la prétention toute orthodoxe de vouloir « à tout prix » formaliser un discours sans faille sur Dieu. Violence ultime en quelque sorte que ce discours sans faille puisqu’au lieu d’accueillir la Parole et de nous livrer au mouvement qu’elle révèle, l’impérieuse orthodoxie pense l’acquérir comme un objet. Avec tous les risques que cela implique de se perdre dans le labyrinthe des définitions, jusqu’à l’amertume, la dérision ou la révolte.

    Pour rompre avec cette logique de violence, la théologie chrétienne libérale semble mettre en lumière l’existence d’un au-delà du savoir et de la représentation. Car, toujours selon Denis Vasse, « ce n’est pas le savoir en soi qui est le critère de la vérité, mais plutôt l’inverse. Le critère du savoir, c’est la vérité en tant qu’elle est sans cesse désirée ». Dans cette optique, la théologie chrétienne libérale n’hésite pas à manifester les limites de son savoir afin de témoigner tout ensemble de la rigueur de ses connaissances et de la vérité qu’elle cherche à cerner et qu’elle n’épuise jamais.

    Consciente de ses propres limites, la théologie chrétienne libérale s’efforce de lutter avec lucidité et amour contre les tentations qui peuvent accompagner toute recherche de Dieu : le ritualisme, le fondamentalisme et l’autoritarisme. Si le ritualisme peut être envisagé comme une « forme déviée de la célébration cultuelle du divin, qui présuppose notamment une conception naïvement interventionniste et substitutive de la Providence » (R. Lamboley), le fondamentalisme renvoie, de son côté, au « culte d’une interprétation aveuglément littérale des textes religieux, en les retranchant de toute approche scientifique de leur contexte historique et de toute prise en compte des genres littéraires dans lesquels ils ont été rédigés. » (Idem) Pour ce qui est de l’autoritarisme, on peut l’entendre comme « l’imposition aux autres de ce fondamentalisme, qui, en ses accès de fièvre fanatique, peut devenir haine et exclusion de ceux qui pensent autrement ou revendiquent un minimum d’autonomie dans l’appropriation de leur foi » (idem).

    Le protestantisme libéral s’inscrit bel et bien dans cette logique d’émancipation. Jouant la carte de la transparence, ce courant a ouvert et ouvre encore aujourd’hui la voie à une nouvelle forme de témoignage chrétien. Poétique et éthique, volontiers énigmatique, le protestantisme libéral se veut au service de la libre circulation de la Parole et de l’identité pleine et ouverte de Celui qui se distingue des autres humains par « l’intensité de sa conscience de Dieu. » (F. Schleiermacher)

    La prédication, telle qu’elle peut se vivre à l’Oratoire du Louvre, prend la forme de ce témoignage poétique et éthique, interrogeant sans cesse des textes à la fois archaïques et visionnaires, vivifiants et dérangeants. « Nous sommes à l’écoute d’une parole elle-même décalée qui remet en question ce qui est établi et communément admis et qui en même temps révèle qui on est vraiment. » (V. Schmid) Cette pratique systématique du décalage nous est nécessaire en ce qu’elle nous délivre du devoir-faire-semblant et nous fait goûter au fruit de la cohérence et de l’authenticité.

  5. Le Mecreant dit :

    La recherche du « vrai dieu » ???? vaste programme, qui nous conduit à la violence,à la haine, à l’intolérance et qui au final nous éloigne de plus en plus de cette « ligne bleue des vosges »
    J’ai souvenance d’un pot a tabac à 3 visages différents qui trônais sur une commode a la maison. La particularité de cet objet était qu’on ne pouvait jamais en voir les trois visages simultanément.
    Chercher le vrai dieu, c’est ne voir que 2 de ces visages et taxer d’hérésie ceux qui voient le troisieme ou bien qui en voient deux, mais pas les mêmes.

    Je crois que plutôt que chercher « le vrai Dieu » il faut chercher Dieu tel qu’il se présente a nous individuellement, en reconnaissant que d’autres ont une approche différente qui pour autant n’est pas erronée même si nous n’y adhérons pas.

  6. Steven dit :

    @mécréant : justement l’utilisation des guillemets avait pour objectif de souligner la dimension éminemment subjective de cette recherche… Attention à la lecture littérale des commentaires ! Je plaisante mais c’est un peu comme si je prenais au premier degré votre pseudo alors qu’il n’y a sans doute derrière ce choix qu’ironie et douce provocation…

    Cela étant, je comprends votre référence au pot de terre à trois faces : référence qui, à vrai dire, rejoint la ligne théologique de mon commentaire. Comme vous pouvez le constater, je prends plutôt partie pour une théologie ouverte mettant l’accent sur l’intelligence de la foi et la tolérance.

    Mon commentaire manquait sans doute de clarté et gagnerait à être simplifié (les vacances se font décidément attendre… :)) mais je peux vous assurer que j’essaye, en termes de recherche théologique et spirituelle, de m’éloigner le moins possible de ce que vous appelez la « Ligne Bleue des Vosges », la voie du juste milieu en quelque sorte… « Violences, haine, intolérance » et toutes autres formes de délires narcissiques ne sont pas trop ma tasse de thé…

    Concernant votre commentaire, pouvez-nous en dire davantage sur ce que vous entendez par : « il faut chercher Dieu tel qu’il se présente a nous individuellement » ?

    D’avance merci

    Au plaisir d’échanger de nouveau sur ces questions complexes !

  7. Leneveu dit :

    Bonjour,
    Les messages sont anciens et je ne sais pas si j’aurai des réponses. Je tente.
    Issue d’une famille catholique, il me reste quelques valeurs auxquelles je tiens.
    Il y a quelques temps mon fils m’annonce : voila j suis protestant libéral. Choc !! Je crois en des valeurs… mais je ne crois pas en dieu. J’ai lu des articles sur votre foi… je ne suis pas inquiète mais voila… je ne nie pas que mes enfants ont lu La bible… pour enfant ? Des valeurs, une histoire, et une culture… on ne peut pas être lettré sans connaître ses origines… et puis il y a des valeurs dans la religion que je ne renie pas.
    Ma question est : peut-on être croyant sans renoncer à sa pensée ?
    Je m’explique : j’ai rencontré un philosophe… et puis j’ai découvert que c’était un fondamentaliste catholique… peut-on penser sans avoir de blocages ?
    Bah avec mon fils discussions très ouvertes : arguments de l’un et de l’autre. J’avoue c’est super enrichissant. Maintenant mon inquiétude est qu’il s’enferme dans un courant de pensée. Pouvez-vous m’en dire plus sur ce courant de pensée ?
    Bah mon inquiétude si je résume c’est l’intégrisme.
    Bonne journee

  8. Bonjour

    Dans toutes les religions, il y a toute une palette de sensibilité. En gros cela va de l’intégrisme au libéralisme. Le courant libéral est donc aux antipodes de l’intégrisme. Ce qu’on lui reprocherait plutôt, c’est d’être trop ouvert, de trop relativiser la religion pour privilégier la libre réflexion et les débats. Par définition, ce ne devrait pas être un enfermement dans du prêt à penser, dans une doctrine. Mais au contraire une stimulation pour se poser des questions, avoir son sens critique, se donner les moyens d’avancer, débattre dans le respect…

    Pour plus de précisions voir par exemple cet article qui situe les libéraux dans cet éventail : http://blog.oratoiredulouvre.fr/2015/04/choisir-sa-religion-et-son-rapport-avec-sa-religion/

    Donc, bravo d’avoir un fils qui cherche, qui avance…

Laisser un commentaire