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Gaspard de Coligny

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 18 août 2012

Ce texte de l’Évangile commence bizarrement par : …et trois jours après, il y eut des noces à Cana…

Cela ne gêne pas les évangélistes de coller des épisodes qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre sans faire de lien entre eux. Par conséquent, nous ne pouvons pas faire comme si Jean avait écrit ce « … et trois jours après » pour rien. Surtout compte tenu de cette durée de trois jours qui évoque dans la Bible le temps du passage de la mort à la vie, comme pour Jonas dans le ventre de la baleine, ou Jésus dans le tombeau. Ce que l’on trouve avant ce « … et trois jours après » c’est une promesse de Jésus que nous vivrons tous ce qu’a vécu Jacob dans le texte que nous lisions dimanche dernier :

Jésus dit : Amen, amen, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.

Quand Jésus introduit une annonce par « Amen, Amen, je vous le dis », c’est qu’il n’est pas en train de plaisanter (ce qui devait donc lui arriver, sinon ce « Amen Amen » ne servirait à rien). Mais ici, nous avons la promesse solennelle d’une vraie relation, personnelle, vivante, ouverte… entre Dieu et le « fils de l’homme » Mais qui est ce « fils de l’Homme » ? Cette expression est très courante dans la Bible hébraïque, elle apparaît 141 fois, nous ne pouvons donc pas dire que nous ne savons pas ce que veut dire cette expression « ben adam » en hébreu « fils d’Adam ». Cette expression désigne cette petite créature qu’est la personne humaine, faite à partir de la poussière du sol, fabriquée avec des atomes, des molécules ordinaires, dirions-nous. C’est vrai que dans la bouche de certaines personnes de l’époque de Jésus cette expression de « le Fils de l’homme » pouvait désigner aussi l’humain véritablement abouti qu’est le Messie, le Sauveur ultime de l’humanité. Le fils de l’homme dont il est question ici désigne à la fois le messie attendu et chaque humain ordinaire que nous sommes.

Jean témoigne ici qu’il a vraiment vu en Christ le ciel ouvert et la Parole circuler. Et c’est à nous que Jésus promet que tout fils d’Adam, tout fils ou fille de la poussière du sol que nous sommes, il nous est promis à cette qualité de relation avec Dieu. Voilà le programme de la suite, que Jésus annonce et qu’il met en valeur avec les cloches et les trompettes de son « Amen amen je vous le dis ».

Alors, après le « … et trois jours après », nous attendons un fracas terrible de tonnerre et de tremblement de terre qui mette en scène l’ouverture du ciel et la manifestation de Dieu sur les fils d’Adam, un peu dans le style de ces récits du livre de l’Exode qui décrivent Moïse rencontrant Dieu sur la montagne. L’Évangile poursuit d’une manière si prosaïque que nos paupières se dessillent et que nos oreilles frémissent de stupéfaction.Voilà comment se manifeste le signe de l’ouverture du ciel pour nous :

Et, trois jours après, il y eut une fête de mariage à Cana en Galilée.

Comment ? Pour introduire le chemin de ce formidable programme de genèse de l’humain par Dieu, l’Évangile selon Jean commence en nous racontant que Jésus participe à un banquet de mariage bien arrosé ? Et bien oui […]

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