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grand mère rigolote. http://www.flickr.com/photos/7487149@N03/540252799 Found on flickrcc.netJe vous propose ces extraits de « l’éloge de la vieillesse » de Herman Hesse :

La vieillesse est source de bien des douleurs, mais de bien des grâces aussi. Pour nous mettre à l’abri de nos problèmes et de nos souffrances, elle fait naître en nous l’oubli, la fatigue et la résignation. Cela peut prendre la forme de l’indolence, de la sclérose, d’une indifférence atroce ; mais sous l’éclairage légèrement différent d’un autre instant, cela peut apparaître aussi comme de la tranquillité, de la patience, de l’humour, un degré élevé de sagesse, le Tao.

La vieillesse aide à surmonter bien des choses. Lorsqu’un vieil homme secoue la tête ou murmure quelques paroles, les uns y voient l’expression d’une sagesse éclairée, les autres un symptôme de vieillissement. Quant à savoir si son rapport au monde résulte de son expérience, de la sagesse qu’il a acquise ou bien simplement des troubles circulatoires dont il souffre, cela reste un mystère, pour le vieil homme aussi d’ailleurs.
C’est seulement en vieillissant que l’on s’aperçoit que la beauté est rare, que l’on comprend le miracle que constitue l’épanouissement d’une fleur au milieu des ruines et des canons, la survie des oeuvres littéraires au milieu des journaux et des cotes boursières.

Les jeunes accordent à leur propre existence, à la quête qu’ils poursuivent et à leurs souffrances une immense importance, justifiée à leurs yeux. L’homme devenu vieux considère cette quête comme un égarement et la vie entière comme un échec si elles ne l’ont pas amené à vénérer quelque chose d’objectif, au-delà de sa propre personne et de ses soucis, quelque chose d’absolu ou de divin au service duquel il se place, dont le seul culte donne sens à son existence…

La jeunesse a besoin de pouvoir se prendre au sérieux. La vieillesse a besoin de pouvoir se sacrifier parce qu’elle prend au sérieux ce qui la dépasse. Je n’aime guère prononcer des articles de foi, mais je crois vraiment que, entre ces deux pôles de la vie, il faut qu’une existence spirituelle se développe, joue son rôle. La jeunesse a pour mission, pour aspiration, pour devoir le devenir; l’homme mûr doit se débarrasser de lui-même ou, comme le disaient autrefois les mystiques allemands, « défaire son être ». II est nécessaire d’être un homme accompli, de posséder une véritable personnalité, d’avoir enduré les souffrances de cette individuation pour pouvoir ensuite se sacrifier soi-même.

Vivre devrait ressembler,
selon moi,
à un acte de transcendance,
à une progression
étape par étape.

Il faut traverser les espaces
les uns après les autres
en les laissant chacun
derrière soi
comme le musicien qui écrit,
joue, achève puis abandonne
les uns après les autres
les thèmes et les tempi,
sans jamais de lassitude, de repos,
toujours vif, pleinement présent.

J’ai découvert l’existence
de ces étapes, de ces espaces
en analysant l’expérience
de l’éveil à la nouveauté.

J’ai noté par exemple
que les instants
qui marquent la conclusion
d’une période de notre vie
ont une tonalité un peu terne,
semblent porter en eux le désir de la fin
qui incite à passer à autre chose,
à s’éveiller,
à prendre un nouveau départ.

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Une Réponse à “La vieillesse est source de bien des douleurs, mais de bien des grâces aussi (Herman Hesse)”

  1. zaza dit :

    J’ai trouvé cela magnifique !!!!
    Cela me réchauffe le coeur de lire ça.

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