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couverture du livre "L'église de neige" d'André Trocmé et Patrick CabanelEn 1943, l’inimaginable effort nazi d’extermination des juifs ravage l’Europe, en France c’est même avec la participation du gouvernement, de la police, d’une partie aussi de la population, et grâce aussi à l’indifférence du plus grand nombre. Partout les Juifs sont persécutés, arrêtés, déportés, internés. Partout sauf dans quelques lieux, quelques terres de refuge dont le Chambon sur Lignon, où les hommes et les femmes unis autour de leur pasteur donneront le gite et le couvert à plusieurs milliers de réfugiés dont de nombreux enfants, Juifs pour la plupart. Le dimanche, au temple, le pasteur André Trocmé prêche la liberté, l’hospitalité envers l’étranger, la non-violence, la résistance du chrétien à la loi de César quand celle-ci est injuste. L’Église de neige, c’est sa paroisse et celles de ses collègues, dans la montagne hivernale : c’est aussi le titre de ce recueil. André Trocmé a été pasteur du Chambon-sur-Lignon de 1934 à 1948.

Ses contes ont conservé une valeur universelle et actuelle. On les lit comme des paraboles mises à la portée des enfants, pour leur apprendre leur futur métier d’hommes et de femmes libres. Conter, avec Trocmé au Chambon, c’est encore résister. Comme dans ce conte où le Maître dit aux « Grands » (qui représentent les forces occupantes) : « Vous avez bâti une forteresse énorme et vous avez détruit les chefs d’œuvre des autres. Allez voir ce qu’il reste de votre forteresse. » Et les Grands étant allé voir ne trouvèrent rien, rien que le néant. Quel courage pour André Trocmé de publier, en 1943, une condamnation si claire de la force aveugle et d’entretenir l’espoir d’une civilisation plus humaine.

« L’Église de neige » n’avait jamais été réédité. Cette réédition est préfacée par Patrick Cabanel qui décrypte le rôle des pasteurs dans la résistance non-violente et la symbolique des « contes pour résister ». Patrick Cabanel s’est beaucoup intéressé à cette question du soutien des juifs par des protestants pendant la guerre, et il aime à évoquer les paroles et les actes de notre église de l’Oratoire, comme dans cet article paru dans le livre du bicentenaire de l’Oratoire

L’Eglise de neige, par André Trocmé, avec une préface de Patrick Cabanel
aux Editions Ampelos 15€ en librairie (ISBN 978-2-35618-056-8)

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8 Réponses à “L’Église de Neige, contes de Noël du pasteur Trocmé”

  1. Je vais faire suivre au Cep. Et est-ce que vous pourriez corriger les fautes d’orthographe s’il vous plait ?

  2. Quelles fautes d’orthographe ? Je n’ai vu qu’un « ù » à la place de « où », que j’ai corrigé, à part ça ?

  3. Madi dit :

    L’église de neige disponible sur le site de la librairie Jean Calvin.

  4. Sylvie dit :

    Cher Pasteur

    J’ai récemment lu un livre sur la vie du pasteur André Trocmé. C’était très bon.

    J’ai deux questions.

    1. Le livre dit qu’il a été envoyé à Chambon parce que d’autres temples protestants l’ont rejeté en raison de sa non-violence. : (Est-ce que des protestants sont comme ça aujourd’hui? Est-ce que beaucoup s’opposent à la non-violence? André Trocmé est-il plus respecté aujourd’hui en tant que héros?

    Peut-être est-ce vraiment un miracle qu’il devait aller à Chambon car il pouvait sauver les Juifs là-bas. Il aurait pu ne pas pouvoir le faire dans un temple de la ville.

    2. Sur un sujet différent, le livre dit que le pasteur Trocmé était opposé au cinéma dans les années 1930 comme immoral. Pourquoi était-ce? Était-ce considéré comme trop risqué ou l’idéologie dans les films était-elle difficile pour l’église? Qu’en pense le cinéma 2017? À la fin, dans les années 1950, il a mis en place un cinéma propre dans la salle du temple pour ne montrer que des films «sains». La plupart des protestants s’opposent-ils au cinéma dans les années 1930? Pourquoi? Quoi de neuf aujourd’hui?

    Cordialement amical,

    Sylvie

  5. Bonjour
    Le protestantisme (en tout cas dans notre église), cherche à favoriser et même développer la sensibilité et l’engagement personnel. Il y a donc nécessairement une diversité entre les personnes et les paroisses dans la même église.
    Il y a toujours eu des militants protestants de la non-violence, et des personnes qui trouvent cela inapproprié. C’était le cas du temps des persécutions des protestants par le roi Louis XIV, avec des résistants armés « les camisards » et une résistance par la lecture de la Bible en famille. Cela a été encore le cas pendant la 2e guerre entre la résistance par les armes et les attentats et la résistance par la solidarité et les prises de parole. Certaines personnes participant aux deux, d’ailleurs.
    Un pasteur militant de la non-violence ne pouvait donc faire consensus, or, le Conseil Presbytéral (les délégués élus par les paroissiens) doivent voter pour embaucher ou débaucher un pasteur, tout dépend donc de la sensibilité de ces hommes et femmes à un temps donné.
    En ce qui concerne le cinéma, et les romans, il a pu exister dans le protestantisme une frange moraliste refusant ces divertissements. Je ne suis pas historien mais il me semble que cet extrémisme était très minoritaire. En tout cas je ne l’ai jamais rencontré dans nos églises.

  6. Sylvie dit :

    Cher Pasteur

    Merci d’avoir répondu rapidement.

    Votre approche est agréable, mais cela signifie que l’église ne peut jamais prendre une position unie contre la guerre ou d’autres maux. 🙁

    Sylvie

  7. Quand même !
    Les pacifistes aussi sont contre la guerre. Ce sont les moyens qui diffèrent, et à moins d’être intégriste d’un côté ou de l’autre, c’est plus une question de degré.

  8. Sylvie dit :

    Je souhaite que tous les chrétiens soient pacifistes comme s’ils étaient dans l’église primitive.

    Le prêtre ostracisé John Dear a rencontré le pape au début de l’année. Il l’a fait pression pour écrire une encyclique pacifiste. Je prie que cela se produise. Ce serait un miracle pour l’Église catholique de changer comme ça. C’est déjà un miracle que le pape écoute John Dear.

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