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James Woody

prédication du pasteur James Woody
pour le jour de l’Ascension 2013

Chers frères et sœurs, la fête de l’Ascension est peut-être la célébration la plus paradoxale qui soit pour des protestants de tradition réformée. Ce que l’on retient de cet épisode biblique est la montée spectaculaire de Jésus et la question de savoir comment cela serait physiquement possible occupe les esprits plus que toute autre considération. Ajoutons à cela que l’Ascension est fêtée le jour même et non reportée sur le dimanche qui précède, pour que nous ayons le sentiment légitime que tout cela n’est pas très raisonnable.

En fait, les réformateurs tels que Calvin et, plus encore Zwingli, qu’on peut difficilement taxer de superstitieux, ont pris très au sérieux l’Ascension et en ont même fait une clef essentielle pour une compréhension authentique de ce qu’est la vie chrétienne. A la limite, là où le réformateur Zwingli a fait une lecture métaphorique de l’essentiel des textes bibliques, il a quasiment cédé au littéralisme sur l’épisode de l’Ascension. Pourquoi ? Pour appuyer sa compréhension de la cène, à savoir que Jésus n’est pas matériellement présent dans le pain et dans le vin. En effet, si Jésus est monté au ciel, alors il ne peut pas être physiquement présent dans le pain et dans le vin de la cène.

Prendre au sérieux l’Ascension de Jésus, c’est prendre au sérieux le fait qu’il n’est plus là, au milieu de nous. Toutefois, nul besoin de verser dans le littéralisme pour dire cela. Une lecture métaphorique de ce récit permet d’aboutir au même constat et d’en tirer des conséquences importantes pour la vie des chrétiens.

Oui, dire que Jésus est monté au ciel, dire qu’il est à la droite de Dieu comme le précise la finale longue de l’évangile selon Marc, c’est dire qu’il y a entre Jésus et nous une distance irréductible, un espace qu’il nous est impossible de franchir ou, pour le dire simplement, que Jésus n’est plus parmi nous, vraiment.

Cela semble une évidence, mais c’est une évidence qu’il n’est pas mauvais de rappeler. En effet, il peut nous arriver de prendre au pied de la lettre le cantique que nous venons de chanter « reste avec nous, Seigneur, le jour décline », qui fait écho à l’épisode des disciples en route vers Emmaüs. Il n’est pas rare que la présence de Jésus soit requise auprès de nous, sinon affirmée. Mais l’Ascension contrarie ce désir possible. L’Ascension met en place une vie sans Jésus, radicalement sans lui, ce qui, dans un langage technique, correspond à une théologie de la sécularisation : envisager la vie sans la présence d’un être qui manifesterait totalement l’espérance divine. Pour le dire dans un langage moins technique, ce que l’Ascension nous propose, c’est de fêter la liberté. L’Ascension comme fête de la liberté, voilà ce que nous pouvons célébrer aujourd’hui.

Liberté d’être

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2 Réponses à “Prédication : La fête de la liberté (Actes 1:4-11)”

  1. Agnès dit :

    Très belle prédication, une écriture et des références qui me séduisent vraiment.

  2. Slaite dit :

    A propos de la liberté,

    La liberté n’est pas un cadeau elle s’acquiert. On ne peut travailler à la construction ou à la réparation d’une voiture qu’à condition d’avoir reçu un enseignement et une formation qui nous donne la connaissance et le savoir de s’employer efficacement à la tâche. Pour le chrétien qui veut s’employer à vivre son amour pour le Seigneur et pour son prochain, il ne peut le faire avec cœur que s’il a reçu un enseignement et une formation. L’église a pour charge de conduire tout homme à Jésus Christ notre Seigneur.

    Mon point de vue diffère un peu de l’opinion communément admise qui dit que nous sommes capable de vivre, et de penser par nous-même. Pour moi c’est le principe même de la solitude. En conséquence je crois que nous ne sommes jamais seuls. Il est écrit avant qu’Abraham fut je suis. Ma liberté c’est de faire du tabernacle de mon cœur la demeure de la Parole de Dieu. Il ne me viendrait pas à l’esprit de m’émanciper au nom de la liberté de la Parole de Dieu, ce qui pour moi serait un suicide spirituel.

    Je remercie le pasteur James Woody, dont la prédication m’a permis de réfléchir et de partager mon opinion.

    “Et il lui dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme” Jean 1 : 51 (1 : 52)

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