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Pierre Olivier Léchot

prédication du professeur Pierre-Olivier Léchot
pour le dimanche 22 septembre 2013

Chers frères et sœurs,

C’est un Paul comme nous ne le voyons ou ne l’imaginons que rarement qu’il nous est donné de lire ce matin, un Paul bien embarrassé à la vérité : la communauté de Corinthe, cette communauté qu’il a contribué à fonder, à laquelle il voue un attachement tout particulier et à laquelle il a déjà écrit plusieurs fois, cette communauté hésite à participer à la collecte destinée à l’Eglise de Jérusalem. C’est donc d’argent qu’il est question à l’arrière-plan de cet extrait, de problèmes bassement matériels en somme, mais des problèmes qui révèlent aussi des difficultés bien plus profondes et donc bien plus graves. Car il en va aussi de trahison et de doute.

Trahison de ceux de Corinthe qui ont reçu parmi eux d’autres apôtres, des apôtres qui n’ont pas hésité à demander à être payés des Corinthiens pour entendre les révélations extraordinaires qu’ils auraient reçues de Dieu.

Doute, par conséquent, à l’égard du message de Paul, absent, et donc muet. La communauté de Corinthe à laquelle Paul écrit est donc pleine de tentations nouvelles : elle écoute les affabulations mystiques, les rêveries de nouveaux prophètes illuminés et risque, ce faisant, de se désolidariser des frères et des sœurs de Jérusalem. Bref, le schisme est à la porte…

Or, Paul hésite : que faire ? Comment parler alors qu’il est absent ? Doit-il prendre en compte les techniques de ses adversaires, se fonder sur leur démarche en montrant que lui aussi a reçu des révélations, que lui aussi il a entendu Dieu lui parler et que Dieu lui a dévoilé ses mystères ?

Certes, il pourrait le faire. Il pourrait se venter et faire sien le discours de ses adversaires en racontant ses propres extases mystiques. Et il le fait bel et bien mais en passant, non pas pour essayer de montrer que ses révélations à lui sont encore plus extraordinaires que celles de ses concurrents, mais de manière à montrer à ceux de Corinthe qu’en soi, il n’y a là rien de bien remarquable et que c’est, au fond, une banalité : je connais un homme qui a été transporté au ciel, un homme comme il peut y en avoir d’autres, qui pourront toujours à leur tours raconter tout un tas d’histoire merveilleuses et impressionnantes. Ils pourront, comme lui, dater bien précisément le moment de leur vision, rapporter les détails de ce qu’ils ont vu, préciser jusqu’au degré céleste de leur envol et se demander si l’expérience était celle de leur corps ou pas, mais tout cela n’aura, au fond, rien de bien original.

… suite du texte ici

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