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Françoise et Daniel Larribe

Françoise et Daniel Larribe dans le Sahara en 2006

Une pensée joyeuse pour les Larribe, en particulier qui vivent aujourd’hui la joie de cette libération.

Françoise Larribe, ex-otage elle-même a vraiment développé une activité de soutien à son mari, avec un amour, une dignité et une sagesse remarquable, portant aussi un témoignage de foi génial. Comme dans cet article de Réforme, paru il y a plus de deux ans, après ce qui semblait déjà une trop longue détention de son mari.

Je n’avais nulle envie de pleurer sur moi-même, ni de me plaindre, pas plus de demander à Dieu de nous délivrer. La prière de demande m’est en général plutôt insupportable. J’ai toujours l’impression de ne rien avoir à réclamer à Dieu, même si, en la circonstance, je priais pour mes filles. Mais dans ce désert, j’ai le sentiment d’avoir découvert la prière. C’était comme un moment d’apaisement. Prier, c’est être en paix avec soi-même face à cet infini et à l’inconnu. Dans le silence face à moi, devant Dieu.

J’avais cette conviction que pas plus Dieu que moi n’avions prise sur ces événements. Je participais, comme tant d’autres, au malheur du monde, je faisais l’expérience de cette souffrance qui fait intégralement partie de la vie et contre laquelle on reste impuissant. Un mal qu’il nous faut accepter et essayer de dépasser si l’on veut continuer d’avancer et de vivre. Prier revenait simplement à tout remettre entre les mains de Dieu, j’étais entre ses mains, voilà tout.

Sur l’un de nos derniers lieux de vie, j’avais trouvé un morceau de bois mort. Je l’ai planté à côté d’une dalle de granit que Daniel avait dressée ; à la tombée de la nuit, c’était “mon lieu” de recueillement et de silence. Je pense que ces temps de réflexion et d’abandon m’ont considérablement aidée et apaisée. Ces moments me permettaient au moins d’être en paix avec moi-même et les autres. Nous n’avions rien, aucun livre quel qu’il soit, et j’ai dû passer des heures à me chanter et me souvenir des cantiques de la Réforme. J’ai retrouvé la première strophe de Confie à Dieu ta route, dont j’aime particulièrement le texte et la musique, ces paroles m’ont longtemps accompagnée…

J’ai découvert aussi combien l’on peut vivre dans le dépouillement complet, qu’il est possible de vivre, envers et contre tout, des moments d’harmonie avec très peu de choses… Parce que la vie continue, que l’on n’a pas le choix, et que l’on est porté par cette volonté de résistance.

Et encore dans la récente vidéo ci-dessous ou elle nous parle de l’espérance (regarder à partir de 1:58 minutes).

Une pensée pour les autres otages et leurs proches, j’ai reçu cette semaine un appel venant de Pierre-Yves et Martine Henin dont le fils est otage depuis juin dernier en Syrie. Plus de renseignement sur la personne et la situation de leur fils Nicolas sur cette page Facebook.

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3 Réponses à “En pensée avec les otages et ex-otages, et leurs proches”

  1. Marie-Alicia dit :

    Le bonheur pour eux de se retrouver.

    Et maintenant, réapprendre à vivre aussi.
    Un autre aspect du courage et de la patience.

    De nouvelles grâces.

  2. Daniel et Françoise Larribe ont choisi le journal Réforme pour raconter ces trois ans de vie dans de si grands dénuements et solitudes, l’un dans le désert et l’autre dans la jungle des difficultés sans nombres
    http://www.reforme.net/une/rencontre/recit-daniel-larribe-otage-libere

  3. Emilie dit :

    Un récit digne et beau. Je souhaite une reconstruction paisible à ces personnes et beaucoup de belles choses par la suite.

    Très beau témoignage aussi sur le sens de la prière (selon ma sensibilité).

    En espérant que tous nos amis otages soient libérés, notamment un prêtre de Sceaux, capturé récemment.

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