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Gaspard de Coligny

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 29 septembre 2013

Un homme se présente devant Jésus avec bonne volonté et lui demande des conseils pour vivre, et non seulement survivre. Excellente démarche. La réponse, ou plutôt les réponses successives de Jésus sont invraisemblables. Elles ont d’ailleurs fait scandale parmi les théologiens chrétiens depuis 2000 ans, à peu près.

Il faut voir l’embarras des théologiens, surtout à partir du IVe siècle, devant le refus de Jésus de se laisser qualifier de « bon » en quoi que ce soit, faisant alors une différence radicale de nature entre Dieu et lui-même, Jésus, le Christ.

Une petite morale laïque de base

Et quand le jeune homme lui demande « que ferai-je pour hériter la vie éternelle ? » la réponse de Jésus est tout à fait choquante en théologie chrétienne. La « bonne » réponse, nous la connaissons : c’est cette du salut par la grâce de Dieu, par le moyen de la foi. Mais Jésus répond avec 5 des 10 commandements de la Loi de Moïse, et même pas ceux auxquels on s’attendait. Jésus fait l’impasse sur la 1ère des 10 paroles de Moïse, cette parole essentielle qui pose la grâce libérante de Dieu comme la base de tout. Jésus fait l’impasse sur les 2e, 3e et 4e commandements qui appellent à respecter Dieu et à garder du temps pour le chercher. Jésus ne garde ici dans les tables de la Loi de Moïse que la morale la plus basique : ne pas tuer, voler, mentir, tromper : ce qu’il résume en « ne fais de tort à personne », plus le 5e commandement qui consiste à « honorer son père et sa mère ». Jésus ne garde même pas dans cette sélection le 10e commandement, pourtant assez intéressant car en nous invitant à ne pas convoiter ce qui appartient à un autre, ce commandement nous invite à une qualité d’être, au-delà des actes, et donc à rechercher la source d’une croissance qui transcende notre être… et quelle serait-elle si ce n’est de Dieu ?

Bref, Jésus ne garde ici que le strict minimum de la morale laïque de base, avec pas un mot sur Dieu. C’est plus que surréaliste. Alors que la question de cette page de l’Évangile est de savoir comment entrer dans le Royaume de Dieu, la moindre des choses quand on veut entrer chez quelqu’un est de le demander poliment à celui qui y habite, ou au moins de lui dire bonjour en entrant. Et bien non, penser à Dieu n’est même pas dans cette sélection minimale.

Jésus ne joue vraiment pas ici au « bon maître ».
… suite du texte ici

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3 Réponses à “Prédication : Le bon maître et le chameau ( Marc 10:13-27 )”

  1. Casano dit :

    Au sujet du verset Marc 10.23,

    Le trou d’une aiguille fait référence à un trou dans l’enceinte de Jérusalem dont les gens se servaient pour pénétrer la ville quand elle était fermée, à cause d’une attaque ennemie éventuelle. C’était très difficile de pousser les chameaux à travers ces trous… d’où la phrase ‘il est plus aisé à un chameau de passer à travers le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer le royaume de dieu’. Le terme d »aiguille’ ne fait pas référence à une aiguille à coudre, car faire passer un chameau à travers est complètement impossible.
    Pour passer par se trou les chameaux devait s’abaisser et leurs chargement était retiré.
    Et cela est significatif, l’abaissement= l’humiliation=la repentance
    et le déchargement= l’abandon de soi pour que Christ puisse prendre la place qui lui revient dans nos vies.

    Cordialement,

  2. Bonjour Madame

    Oui, cette explication rationnelle de cette parole de Jésus est très classique. Mais elle ne rend à mon avis pas justice au texte de l’Evangile.

    Si Jésus avait voulu parler de la porte de l’aiguille, il aurait dit « la porte de l’aiguille ». Mais Jésus parle bien d’un chameau et d’une aiguille à coudre, littéralement. C’est absolument invraisemblable qu’un chameau, qui est une des plus grosses bêtes vivant en Israël, puisse passer par le chas d’une aiguille. Mais c’est précisément cette impossibilité qui permet à Jésus de bien rendre compte du caractère absolument inouï du salut que Dieu nous donne par grâce. D’ailleurs, c’est ce que Jésus dit clairement ici en parlant du salut : « aux hommes c’est impossible mais pour Dieu c’est très possible ». Il ne s’agit donc pas d’une simple petite leçon de morale qui consiste à rappeler l’importance de l’humilité, ce qui est certes très juste, mais qui est sans commune mesure avec le salut de Dieu, complètement hors de portée de l’homme par sa seule sagesse.

    En général, les explications tendant à éliminer tout ce qui est de l’ordre du prodige dans la Bible me semble aplatir le texte et refuser précisément ce qu’il y a de nécessairement transcendant dans le salut qui est donné par Dieu. Par exemple quand on explique que Moïse a très bien pu passer à tel endroit car sous certaines conditions de vent et de marée il n’y a presque pas d’eau… C’est peut-être vrai, mais cela ne rend pas bien compte du fait que le texte présente ce passage comme un prodige impossible à vues humaines, ce qui rend bien compte, là aussi, de ce qu’il y a d’infiniment prodigieux dans ce que Dieu nous apporte dans notre être et dans notre vie comme libération. La question de savoir comment cela s’est passé et même si cela s’est physiquement passé comme ça n’a à peu près aucune importance en ce qui concerne notre propre salut. Celui-ci est une libération qui est donnée par la seule grâce de Dieu de génération en génération.

    Amitiés fraternelles

    Marc

  3. peinturelure dit :

    Une plaidoirie édifiante! Les commandements « basiques » en fait ici retenus : ne pas tuer, voler, mentir, tromper et honorer son père et sa mère sont je pense liés et amènent à respecter les commandements restant. Je trouve que même s’ils sont « basiques », ceux sont les plus difficiles à honorer pour l’être humain que nous sommes aujourd’hui. Et en arrivant à les respecter, on s’achemine sur le plus divin.

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