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"La lumière Jaillira" pochette du disque original éponyme

« La lumière Jaillira » pochette du disque original éponyme

En entendant par hasard une chanson peu connue de Jacques Brel « La lumière jaillira », il m’a semblé reconnaître le son de notre orgue. Après vérification, Jacques Brel a effectivement enregistré en 1958 des chansons avec accompagnées par l’orgue de l’Oratoire du Louvre et/ou celui de l’étoile, en tout cas tenu par notre organiste Marie-Louise Girod. Je suis allé hier lui demandé si elle se souvenait comment cela s’était passé. Elle ne se souvient que d’un charmant jeune homme venu lui demander d’enregistrer à l’Oratoire des chants avec un accompagnement d’orgue. Il s’agissait de l’ancien orgue, avant celui que nous connaissons et qui date de 1960-1962. Mais comme une bonne partie des jeux a été récupérée dans le nouveau et que l’accoustique de l’Oratoire est inchangée, la sonorité de « notre » orgue semble reconnaissable.

En tout cas, Marie Louise se souvient d’avoir joué en premier « Dites , Si c’était vrai » au temple de l’étoile, avenue de la grande armée, qui semble être sa première rencontre avec Jacques Brel :



Pourquoi Jacques Brel a-t-il cherché un accompagnement d’orgue d’église ?
Jacques Brel chantait ce qu’il avait à cœur de chanter, l’amour, la jalousie et le désespoir, la compassion… et il a produit des sortes de « sermons chantés » pour dire sa foi, son sentiment religieux.

Pourquoi des orgues dans des temples protestants de Paris et avec Marie-Louise, et non pas une église catholique de Belgique et de France ?
Est-ce à cause de la renommée de Marie-Louise comme artiste ? L’ouverture de la théologie protestante ? Un peu des deux ?

Jacques Brel avait une foi, un peu enfantine, teintée de doutes, attirée par celle des prêtres ouvriers, comme nous le voyons dans la chanson « Voici ». Est-ce cette affinité qui lui fait prendre ses distances avec l’église catholique, alors que le pape Pie XII rejette le mouvement des prêtres ouvriers en 1954 puis condamne violemment les prêtres ouvriers récalcitrant en 1959 ?

La lumière jaillira


 

La lumière jaillira
Claire et blanche un matin
Brusquement devant moi
Quelque part en chemin

La lumière jaillira
Et la reconnaîtrai
Pour l´avoir tant de fois
Chaque jour espérée

La lumière jaillira
Et de la voir si belle
Je connaîtrai pourquoi
J´avais tant besoin d´elle

La lumière jaillira
Et nous nous marierons
Pour n´être qu´un combat
N´être qu´une chanson

La lumière jaillira
Et je l´inviterai
A venir sous mon toit
Pour y tout transformer

La lumière jaillira
Et déjà modifié
Lui avouerai du doigt
Les meubles du passé

La lumière jaillira
Et j´aurai un palais
Tout ne change-t-il pas
Au soleil de juillet?

La lumière jaillira
Et toute ma maison
Assise au feu de bois
Apprendra ses chansons

La lumière jaillira
Parsemant mes silences
De sourires de joie
Qui meurent et recommencent

La lumière jaillira
Qu´éternel voyageur
Mon cœur en vain chercha
Mais qui était en mon cœur

La lumière jaillira
Reculant l´horizon
La lumière jaillira
Et portera ton nom

Voici

Voici
Qu’un ciel penche ses nuages
Sur ces chemins d’Italie
Pour amoureux sans bagages

Voici
Des coteaux en ribambelles
Pour enrubanner nos vies
De vins clairs de fleurs nouvelles

Voici
Des cloches sonnant la fête
Des fêtes pour que l’on rie
Des rires que rien n’arrête

Voici
Des amours en robe blanche
Moitié fleur et moitié fruit
Que nous jalousent les anges

Voici
Des échos qui font la chaîne
Pour porter à l’infini
Nos « toujours » et nos « je t’aime »

Voici
Des promesse de Saint-Jean
De Saint-Jean qui durent la vie
Des vies qu’épargne le temps

Voici
Certains sourires de nos pères
Que l’on recherche la nuit
Pour mieux calmer sa colère

Voici
Qu’au carrefour des amitiés
La douleur s’évanouit
Broyée par nos mains serrées

Voici
Qu’en nos faubourgs délavés
Des prêtres en litanies
Sont devenus ouvriers

Voici
Des mains ridées de courage
Qui caressent l’établi
D’où jaillit la belle ouvrage

Voici
Ces fleurs poussant en pagaille
Entre nous et l’ennemi
Pour empêcher la bataille

Voici

Dites , Si c’était vrai

Dites, dites, si c´était vrai
S´il était né vraiment à Bethléem, dans une étableDites, si c´était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin
Pour lui porter l´or, la myrrhe, l´encens

Dites, si c´était vrai
Si c´était vrai tout ce qu´ils ont écrit Luc, Matthieu
Et les deux autres,

Dites, si c´était vrai
Si c´était vrai le coup des Noces de Cana
Et le coup de Lazare

Dites, si c´était vrai
Si c´était vrai ce qu´ils racontent les petits enfants
Le soir avant d´aller dormir
Vous savez bien,
quand ils disent Notre Père,
quand ils disent Notre Mère

Si c´était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh, sûrement je dirais oui
Parce que c´est tellement beau tout cela
Quand on croit que c´est vrai.

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12 Réponses à “Jacques Brel a enregistré plusieurs chansons à l’Oratoire du Louvre,
avec Marie-Louise Girod, en 1958”

  1. Louis Pernot dit :

    C’est curieux, d’après sa fille c’était à l’Etoile: Cf début de son entretient sur Radio Classique: http://www.radioclassique.fr/player/progaction/iniPlayer/podcast/2013-11-18-18-03-45.html

  2. Ben, en écoutant, j’ai l’impression que ça sonne plutôt Oratoire, mais bon, peut-être que mes oreilles me jouent des tours.

  3. Notre ami google me conduit à cette page qui attribue la musique à Marie-Louise sur les orgues de l’Oratoire : http://www.france-orgue.fr/disque/index.php?zpg=dsq.fra.rch&ior=1&org=Marie-Louise%20GIROD-PARROT
    Mais bon, affaire à suivre.

  4. Jean-Pierre Capmeil dit :

    Différent musical entre deux frères de sang et de foi

  5. Jean-Pierre Capmeil dit :

    J’aurais tendance à accorder foi au lien Google de Marc plus qu’au souvenir de la fille du grand Jacques cité par Louis.
    Mais bon, je n’y étais pas et de toute façon c’était dans un temple réformé (libéral)

  6. Gill DAUDE dit :

    en tout cas, moi qui ait eu Brel dans presque tous mes biberons, ça me touche beaucoup.
    Et les textes sont d’une belle justesse…

  7. Astor Pierre dit :

    Je ne connaissais pas ces chants.
    En tous cas, je serais heureux d’avoir des nouvelles de Marie Louise GIROD, pour laquelle j’ai une grande admiration depuis mes années d’études -elle a été au jury ou présidente de bon nombre de mes examens-.
    Merci

  8. Mme Marie-Louise Girod est toujours en forme, elle est à la maison de retraite de la Muette, rue du Sergent Bauchat dans le 12e. Nous nous préparons déjà à fêter ses 100 ans l’année prochaine.

  9. Merlin Sébastien dit :

    Voici la réponse sonore ! Merci de corriger ce beau petit article !

    https://www.youtube.com/watch?v=59S1u15eg0E

  10. Merlin Sébastien dit :

    François Rauber s’est aussi mis à l’orgue ce 1 avril 1958 d’après un interview de Paroles & Musique. Qui a donc fait quoi ce jour là ??? Le mystère demeure…

  11. Merci pour cette voix de Marie Louise, c’est très très touchant. J’ai corrigé, peut-être a-t-elle accompagné sur un orgue puis sur l’autre puisqu’elle dit tantôt une chose et tantôt l’autre ?

  12. Merlin Sébastien dit :

    Voici un indice supplémentaire pour nos recherches !
    Il existe aussi un disque nommé « Un Soir À Bethléem » où l’on peut entendre de l’orgue sur les thèmes musicaux de « La Lumière Jaillira » « Voici » et « Voir » qui est paru fin 1958.
    On ne connaît pas les dates d’enregistrement de ces morceaux ! Il n’y a pas Dites si c’était vrai dans ce disque là. Alors c’est peut etre François Rauber qui a participé à l’orgue pour ce disque et Marie Louise sur les chansons classiques…

    http://www.discogs.com/Jacques-Brel-Un-Soir-Bethl%C3%A9em/release/1969213

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