S'abonner par :
 rss
 email

James Woody

prédication du pasteur James Woody
pour le dimanche 12 janvier 2014

De quoi Dieu est-il le nom ?

Chers frères et sœurs, c’est presqu’un soulagement de lire dans cette lettre que personne n’a jamais vu Dieu. Cela correspond tellement à notre expérience ou plus exactement notre non-expérience d’un Dieu qui se montrerait, d’un Dieu que l’on verrait face à face. Lire que personne n’a jamais vu Dieu est rassurant, mais c’est faux. En tout cas, c’est contradictoire avec ce que nous pouvons lire dans le livre de l’Exode, aussi bien en Ex 24/11 qui stipule que les Israélites virent Dieu puis qu’ils mangèrent et burent, qu’en Nb 12/8 qui rapporte que Moïse et l’Eternel parlaient bouche à bouche et que Moïse voyait la forme de l’Eternel.

Cette lettre de Jean aurait tout aussi bien pu dire que personne n’a jamais entendu Dieu, ce qui nous rassurerait sur le fait que nous pouvons nous affirmer chrétien sans avoir pourtant jamais entendu la voix de Dieu, alors que le premier Testament est constellé de paroles de Dieu, de personnages bibliques qui semblent entendre Dieu comme vous m’entendez actuellement. Ce serait rassurant, mais contradictoire avec une grande partie des récits bibliques.

Faut-il en conclure que nous sommes de piètres croyants ? Faut-il en conclure que l’auteur de cette lettre ne valait pas beaucoup mieux que nous ? A moins qu’il faille en conclure que l’auteur de cette lettre ne connaissait pas la Torah ou ne lui accordait aucune valeur ?

Cette situation est significative de bien des moments de notre vie spirituelle où nous nous trouvons en porte à faux entre ce que nous expérimentons et ce que nous imaginons devoir être un modèle de vie spirituelle : bien souvent, ce que nous croyons vraiment ne correspond pas tout à fait voire pas du tout à ce que nous imaginons être la règle en matière de religion chrétienne. Il est écrit que… mais nous, nous constatons que ça se passe autrement. Par exemple, on nous dit « parole de Dieu », mais nous n’avons jamais entendu la moindre parole qui soit prononcée par quelqu’un qui serait manifestement Dieu.

Qui a raison, qui a tort ? La Bible a-t-elle raison contre nous ? Le rédacteur de ce texte a-t-il tort contre le livre de l’Exode ? En affirmant que les deux ont raison, et que ni la Bible ni nous n’avons tort, je ne vais pas chercher à prouver que la Bible ne se contredit jamais, ni qu’elle ne contiendrait aucune erreur historique. Et en essayant de vous rendre sensibles au fait que celui qui écrit que personne n’a jamais vu Dieu dit la même chose que celui qui a écrit que les Israélites virent Dieu, je ne cherche pas à vous rendre fou ou à sauver la cohérence du texte biblique à tout prix. J’en profite, par contre, pour vous alerter sur le risque que pourrait faire courir une lecture littérale, sans interprétation. Je veux plutôt vous mettre en garde contre une lecture des textes bibliques qui opposerait des versets isolés de leur contexte. Nous savons tous que, de nos jours, l’expression « c’est mortel » change de sens en fonction de son contexte. Elle peut vouloir exprimer le danger mortel d’une situation, comme conduire en ayant bu trop d’alcool. Elle peut vouloir exprimer le caractère merveilleux d’une situation qui suscite un bonheur rare. Une « prédication mortelle » peut être ennuyeuse ou excellente, selon le contexte.

… suite du texte ici

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

2 Réponses à “Prédication : Personne ne verra jamais Dieu, mais l’amour dont il est le nom (1 Jean 4)”

  1. Nathan andiran dit :

    J’ai trouvé la prédication intéréssante.
    C’est effectivement dans l’altérité (la rencontre, le face à face) que l’amour peut se manifester. Nous ne sommes pas loin du prologue de l’Evangile de Jean.
    Cette altérité c’est donc accepter l’autre en tant qu’autre de nous, dans sa différence, dans son opposition. Ce n’est donc pas rien. J’accepte qu’il ne me ressemble pas.
    Une fois ce face à face accepté, c’est aider l’autre à vivre mieux, à avoir cette force qui le pousse en avant. A devenir la source d’eau qui jaillit, dont Jésus parla à la femme samaritaine. Or pour que cette force puisse faire jaillir, il faut pouvoir lui donner notre amour à priori.
    Dieu nous a aimé le premier.
    Et c’est accepter que celui qu’on a aimé puisse aimer à son tour les autres. C’est une force contagieuse. Merci James Woody de parler de l’amour comme d’une force. C’est une grande vérité.

  2. emdeclerm dit :

    Nous savons aimer et c’est ceux à quoi nous nous préparons en tant que chrétiens chaque jour. Aimer plus et le plus possible.
    Mais je me demande souvent : est-ce que Jésus a aimé Marie sa mère, un peu plus ou différemment et son père Joseph comme nous, nous pourrions aimer nos parents en leur accordant notre préférence ? serait-ce une faiblesse de la part de Jésus si c’était le cas ?

Laisser un commentaire