S'abonner par :
 rss
 email

chant-assemblee-dans-le-choeurQuestion d’un visiteur :

Bonjour mrs les pasteurs,

Dimanche dernier,(je viens de temps en temps étant paroissienne du Foyer de l’Âme) présente au culte à l’Oratoire, nous avons chanté la liturgie du temps de l’Avent et de Noël, alors que le temps liturgique se termine le 1er dimanche de janvier. J’avais déjà fait cette remarque l’an passé. Je ne comprends pas, si l’église a des chant liturgiques pour les temps de l’année, pourquoi ne pas les suivre ?

J’apprécie le culte à l’Oratoire (prédication et choix des textes liturgiques) et je m’étonne et trouve décalé de chanter Noël à ce moment de l’année. Bien sur cela vous semble peut-être un détail, mais parfois les détails ont beaucoup d’importance.

Amicales pensées

Réponse du pasteur James Woody :

Chère Madame,

Merci beaucoup pour l’attention que vous portez à à notre vie d’Eglise et à la cohérence de nos pratiques. Je serai intéressé de savoir à quelle tradition liturgique vous faites référence au sujet du 1er dimanche de janvier. Le principe des temps liturgiques n’est pas réformé et, à l’Oratoire, si nous le pratiquons pour une part, c’est à la fois pour attester une forme de communion avec les Eglises luthériennes et parce qu’il me semble que c’est là une manière pédagogique de donner quelques points de repères aux paroissiens qui découvrent la foi chrétienne ou du confort à ceux qui pratiquent la vie ecclésial depuis longtemps. Justement parce que cela peut servir de repères, nous avons à coeur que ces chants spontanés s’inscrivent dans la chronologie biblique et plus spécialement dans les récits des évangiles.

la question se pose donc de savoir que faire chanter entre Noël et Carême/Passion. Certainement pas des cantiques du temps de l’Eglise puisque l’Eglise ne commence qu’à Pentecôte, d’un point de vue de ces temps liturgiques. Nous aurions pu choisir des psaumes, ce que Jésus était susceptible de chanter, et exclusivement des psaumes. En choisissant de poursuivre avec les spontanés de Noël cela évite d’avoir des temps liturgiques réduits à 5 dimanches, ce qui est bien peu pour donner des repères et un habitus et cela donne un Noël un caractère moins ponctuel, confiné à une date (qui n’a d’ailleurs rien d’historique) alors que Noël est un processus qui se prolonge dans tout le ministère de Jésus, et donc dans notre vie personnelle.

Cela étant dit, c’est un choix parmi d’autres possibles, qui n’a rien d’un décrêt immuable. Si vous avez des suggestions meilleures à faire, elles seront les bienvenues.

Très cordialement,

James Woody

Réponse du pasteur Gaspard de Coligny :

Bonsoir Madame

Merci pour cette remarque.

Avoir des temps liturgiques a été mise en place par soucis d’œcuménisme avec les catholiques, les luthériens, mais ce n’est pas dans la culture réformée. Pour nous, c’est chaque dimanche Noël, Vendredi Saint, Pâques et la Pentecôte à la fois. Ce qui fait que chanter « Brillante étoile du matin » au temps des cerises, et chanter « A toi la gloire » en novembre ne nous semble pas hors calendrier.

Chez nos amis cathos & luthériens, il y a successivement le temps de l’avent, le temps de Noël, le temps « ordinaire » (ou temps dit « de l’église »), le temps de carême, le temps de Pâques, puis de nouveau le temps « ordinaire » (ou « de l’église »).

Cela fait beaucoup de passage d’un temps à l’autre, un peu trop à notre goût. Par ailleurs, les noms de « ordinaire » (qui semble trop quelconque), de « carême » (nos ancêtres s’étant fait persécuter pour ne pas le respecter), et d’ »Avent » nous plaisent moyennement, car ils ne sont pas attestés dans la Bible, à laquelle nous sommes assez attachés.

Comment avons-nous fait alors pour définir les temps liturgiques du culte à l’Oratoire ?

Le temps dit de l’Avent est le plus court, avec 4 semaines seulement, à peine commençons nous à nous habituer à une série de réponds que ce temps est déjà terminé, nous l’avons regroupé avec le temps de Noël, fêter un peu plus longtemps la naissance de Jésus et l’incarnation de la Parole nous a semblé à la fois biblique et profitable.

Nous avons remplacé le « temps de carême » par un « temps de la Passion », la passion du Christ est notion plus biblique, et moins centrée sur l’observance religieuse du jeûne obligatoire qu’a été le carême (cette pratique de 40 jours de jeûne relatif pendant les 40 jours précédent Pâques ne date que du VIIe siècle, et manifestement Jésus est les apôtres n’ont pas jeûné avant la fête de la Pâque si l’on en juge par le diner de fête à Béthanie).

Nous avons remplacés le « temps ordinaire » par « temps de Pentecôte » (plutôt que « temps de l’église », qui ne nous semblait pas non plus satisfaisant, sonnant comme trop à la gloire de l’église).

Du coup, nous avons successivement :

  • Le temps de Noël, qui court du 1er dimanche de l’Avent chez nos amis catholiques jusqu’au temps de la Passion.
  • Le temps de la Passion qui court du 1er dimanche de carême de l’église catholique jusqu’au temps de Pâques.
  • Le temps de Pâques qui commence à la fête de Pâques jusqu’au temps de Pentecôte.
  • Le temps de la Pentecôte qui va de la fête de Pentecôte jusqu’au temps de Noël suivant.

Nous avons ainsi des temps centrés sur des épisodes bibliques, reprenant des fêtes majeures dans la culture réformée, et des changements de temps liturgique en nombre plus réduit.

Mais bon, je reconnais que tout cela est très discutable et que l’on peut tout à fait avoir d’autres idées. D’ailleurs, personnellement, mon idée serait de ne pas avoir de temps liturgiques car je n’aime pas tellement ce calendrier qui peut faire penser à un temps circulaire, nous invitant à période fixe, une fois dans l’année, à pleurer sur nos péchés et sur le pauvre Jésus pendant la temps de la passion, puis à passer sur commande, tous en cœur, à la joie de Pâques, Alléluia… En réalité, plutôt que cette liturgie hachée par des réponds, ma sensibilité personnelle me porterait plutôt vers un liturgie bien plus sobre encore, avec le chant par l’assemblée de 5 ou 6 psaumes, chorals ou cantiques dont nous chanterions 3 ou 4 strophes, nous laissant le temps d’entrer dans ces paroles, et l’émotion portée par la mélodie… mais bon, je trouve que c’est bien de ne pas bouleverser la liturgie en usage dans une paroisse. La prédication doit être, à mon avis, le lieu de la nouveauté, voire de l’originalité, de l’adaptation aux questions du présent. Le reste du culte, sa liturgie, ses textes et ses chants sont plutôt le lieu de la fidélité aux générations qui nous ont précédées.

Avec mes amitiés fraternelles

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

5 Réponses à “Étranges temps liturgiques ?”

  1. Marie-Alicia dit :

    Je me demande surtout à quoi servent toutes ces liturgies ; pensez-vous vraiment que Dieu soit satisfait avec cela ?
    J’imagine assez mal Jésus – par ailleurs, à mon sens, ni luthérien, ni calviniste, ni même protestant – dans un culte aujourd’hui + avec et dans une culture juive…
    Et aussi, est-ce que Dieu n’est pas honoré tout autant, sinon mieux, lorsque les exigences que sont les siennes, sont mises en pratique par nous, les humains ? Plutôt qu’avec des rites et des paroles répétées, « parce qu’il faut » ou par habitude ; mais pourquoi « faut-il » ou « faudrait-il » ? Dieu est-il un Dieu des habitudes ??

  2. Nicole dit :

    Merci pour cette belle mise au point.
    Pour ma part, les rituels m’éloignent terriblement de la foi et de l’engagement quotidien qui doit aller de paire.
    Les fêtes religieuses sont à mes yeux un repère qui permet de relancer la réflexion sur des thèmes qui doivent rester vivants toute l’année.
    Alors : d’accord pour chanter l’étoile brillante du matin en tout temps… même s’il faut se lever tôt en été pour la voir encore briller !

  3. @ Marie-Alicia. Je ne pense pas que le but du culte et de la liturgie soit directement de « satisfaire Dieu ». Le seul culte auquel il prend plaisir et qui « donne de la joie dans le ciel », c’est la conversion d’une personne, c’est qu’elle fasse un pas en avant, que son cœur s’éveille un peu plus, que son espérance, son intelligence s’éclaire un peu plus, sa foi s’approfondisse…

    Et donc le but de ce moment qu’est le culte est de favoriser l’évolution de la personne qui y participe.

    La liturgie, la lecture de la Bible, les chants, la prédication, les prières, la Communion, la bénédiction… tout cela ne fait plaisir à Dieu que si des fruits d’évolution et de vie sont préparés.

    Le culte est donc un exercice. C’est ce que Jésus affirme concernant cet acte religieux qu’est le sabbat « le sabbat est fait pour l’homme ». Il n’a pas pour but de plaire à Dieu mais d’aider l’homem à s’ouvrir à l’action de Dieu.

    Comme toute pédagogie, elle doit être adaptée à son public. Le culte est donc fait pour évoluer en fonction des époques, des personnes, de la culture.

    Mais l’objectif demeure. Et aussi la nature humaine. Nous avons besoin d’évoluer (c’est le but du culte), et pour cela nous partons de ce que nous sommes aujourd’hui pour faire un pas de plus. Nous avons besoin dans le culte de quelque chose de dérangeant pour briser nos idoles, nos habitudes, nos préjugés, nos fausses sécurités. Mais tout n’est pas mauvais dans ce que nous sommes, et l’évolution doit savoir partir de ce que nous sommes et de ce que nous ont légué ceux qui nous ont précédés. Il est donc bon que dans le culte il y ait à la fois une dimension qui exprime une recherche nouvelle et une dimension qui exprime la fidélité aux générations passées. Notre culte à l’Oratoire choisit délibérément de placer la fidélité dans la liturgie, dans les prières, les lectures et les chants. Le pôle de recherche est dans la réflexion personnelle de chacun qui normalement doit être suscitée par la prédication. Nous cherchons ainsi une liturgie stable et une prédication dérangeante.

  4. Marie-Alicia dit :

    Merci.
    Avec mes salutations fraternelles.

  5. Marie-Alicia dit :

    De nouveau Bonjour.
    @ Gaspard de Coligny, Pasteur.

    Ce que je veux surtout dire est le fait de l’existence d’une cohérence entre une liturgie, dont l’importance pour moi est moindre, au regard du sens que celle-ci manifeste face aux exigences de l’ultime.
    En d’autres termes, je ne vois que peu ou même pas d’utilité d’une liturgie quelle qu’elle soit, au regard de l’ultime si elle n’exprime pas le réel de nos vies face à cet ultime et à Ses exigences.
    Bien fraternellement.

Laisser un commentaire