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Jean Calvin travaillant

Jean Calvin travaillant

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je vous écris pour avoir votre opinion sur l’étrange situation « spirituelle » dans laquelle je me trouve, comme le cul entre deux chaises. Honnêtement, je ne puis me déclarer Chrétien. La foi est un don que je n’ai pas reçu. Mais qui sait, les voies du Seigneur sont impénétrables, et peut-être qu’un jour…

Ayant fait, un bref tour des religions, en bon cartésien, je suis d’accord avec les cinq points du Calvinisme. J’utilise ici le terme « accord » au sens musical car il me semble le plus juste pour décrire mes sentiments vis à vis du Calvinisme. Je ne perçois aucun point de dissonance avec la doctrine Calviniste. Je suis aussi tout à fait en accord avec mes amis juifs qui me disent (et ceci est une position que bien des juifs désapprouvent) qu’il ne faut pas forcément croire en Dieu pour être Juif, et que le judaïsme est aussi (avant tout pour mes amis) une culture, une obligation morale à cultiver et à préserver.

Ainsi, par principe, je soutiens l’église réformée, tout en n’en étant pas membre. Lorsque que quelqu’un me demande mon appartenance religieuse, je réponds (et si cela vous déplaît, j’y renoncerai, car mon intention n’est de blesser personne) que je suis calviniste de coeur. Comme je l’ai mentionné auparavant, je crois que la foi est un don, et que l’Homme ne peut en aucun cas oeuvrer pour obtenir foi ou salut. J’accepte mon don, à chacun le sien. Cela ne m’empêche pas d’aller souvent flâner sur le site internet de l’Oratoire, comme un promeneur va dans un jardin y admirer les nombreuses fleurs qui y poussent, tout en ignorant leurs noms et leur origines.

Mais, vous êtes homme de Foi, et certainement aussi homme de raison, et il me plairait de savoir ce que vous pensez de ma position vis à vis de la religion que vous représentez.

Merci, et je veuillez agréer à mes meilleures salutations.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Monsieur

Tout dépend de ce que l’on entend pas « la foi ». Cela dépend un peu des gens et cela peut prendre plusieurs formes, cela peut même avoir plusieurs dimensions pour une même personne.

  • Il peut y avoir une dimension de sentiment religieux, c’est à dire le sentiment de la présence de Dieu, d’un amour, une relation, d’une écoute voire d’une parole qui est reçue. Effectivement cette dimension là ne se décrète pas, ne se choisit pas, cela se reçoit. Et il existe des personnes plus ou moins sensibles à ce genre d’expérience. C’est comme l’émotion artistique, il est impossible à quelqu’un qui est vraiment amateur de musique ou de poésie ou de peinture d’expliquer son émotion à quelqu’un qui n’y est pas sensible.
  • Il peut y avoir une recherche théologique, une recherche de sens, une recherche d’idéal de justice et de bonté,une recherche de ce qui est en définitive pour nous la source de la vie bonne et vraie. C’est aussi la foi, puisque cela nous met en relation avec l’ultime.
  • Il peut y avoir aussi une recherche de fidélité par l’action, l’engagement.

C’est ainsi que Jésus lui-même définit la foi : « aimer Dieu avec son cœur, son âme, sa force, et de sa pensée ». Personne n’y met parfaitement toutes ces dimensions, ni « tout son cœur », ni « toute son âme », ni « toute sa force », ni « toute sa pensée ». Mais au moins un peu, ou au moins en essayant un peu, c’est déjà de la foi.

C’est ainsi que Pascal ressent que Dieu lui dit « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ».

Et je dirais donc que,  si : on  peut quand même choisir d’avoir la foi. Choisir de chercher, choisir de penser.

Donc bravo pour votre recherche.  Franchement, j’appelle déjà ça de la foi, même si ce n’est pas totalement  dans les stéréotypes.

La question n’est pas tellement de « croire en Dieu », comme si l’on devait nécessairemnt penser qu’il y a un grand père barbu assis sur le coin d’un nuage. La question est plutôt de chercher en quel Dieu on croit mais aussi de quel Dieu nous sommes athée (en quel Dieu nous ne pouvons croire et en quel dieu nous ne voulons pas croire), et chercher en quel sens est-on agnostique (il vaut toujours mieux l’être trop que pas assez afin de rester en recherche, et de garder cette sorte de respect qu’est la suspension de son propre jugement sur certaines choses, et la reconnaissance qu’il y a des choses qui ne sont pas atteignable par nos investigations, ou partiellement atteinte seulement, avec un certain degré de possibilité mais sans certitude).

On peut tout à fait être pratiquant (un peu, moyennement, ou très) sans pour autant croire qu’il existe une puissance transcendante en dehors de l’univers. Des personnes comme cela existent dans l’Oratoire, et cela ne nous pose pas de problème.

Et vous pouvez tout à fait vous déclarer protestant. Il n’y a pas de censeur pour être gardien du label. Ou vous qualifier de calviniste si vous appréciez la démarche de Jean Calvin (nous nous disons plus « protestants ou chrétiens réformés » que calvinistes car Calvin était il y a 500 ans et heureusement que nous avons continué et avons encore à continuer de nous réformer encore), mais on a le droit d’aimer Calvin et de se sentir son héritier, même si l’on ne garde pas tout de sa pensée…

Merci pour les encouragements que vous m’adressez en me signalant que vous avez vu des fleurs dans les recoins de ce site, ou au détours d’une prédication…

Amitiés fraternelles

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