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Gaspard de Coligny

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 2 mars 2014

Nous ne savons rien des circonstances d’écriture de ce Psaume de David. Ce que nous savons, par contre, c’est l’usage qui en était fait au moment de sa traduction en grec à Alexandrie en -300. Il a été alors ajouté dans l’entête « Psaume pour le premier jour de la semaine ». À lire ce Psaume, quel titre lui aurions nous donné ? Psaume pour entrer en contact avec Dieu ? ou Psaume pour s’ouvrir à la venue de Dieu dans notre existence ? Psaume pour ouvrir le culte et invoquer la présence de Dieu ? Psaume pour méditer sur le règne de Dieu qui s’est approché en Christ ? À chacun d’avoir son interprétation, puisque la Bible est « le livre écrit pour nous personnellement », comme le dit le Psaume 40. L’expérience des anciens nous propose d’utiliser ce Psaume pour commencer la semaine du bon pied. Un Psaume pour se souhaiter un joyeux lundi, une belle semaine. Un Psaume pour prendre courage et vivre dans le monde.

Ce Psaume 24 commence par nous placer devant Dieu, et cela fonde une confiance pour aller dans le monde. Il est certes un peu chaotique comme la mer et les fleuves peuvent l’être, mais il a un bon fond, posé par l’Éternel. Ce n’est même pas une espérance dans un lendemain meilleur, c’est une confiance. Pas une confiance dans le monde mais une confiance en Dieu. Il est le créateur et donc ce monde n’est pas mauvais. Ce n’est pas de la naïveté, c’est un regard sage et bienveillant. Nous n’aimons pas le monde malgré le chaos, mais parce qu’il en vaut la peine. Nous aimons les gens, nous aimons la vie parce qu’au fond il y a quelque chose de bon qui est fondé par l’Éternel, et que lui est bon. Jusqu’à notre propre existence avec tout ce qui l’emplit qui est aimée par lui, soutenue, fondée solidement.

Nous avons là une théologie du monde.

Ce monde et ce qu’il renferme n’est pas impur nous dit l’apôtre Paul qui utilise lui aussi ce Psaume 24 pour encourager les chrétiens en ces termes :

« La terre et tout ce qu’elle renferme est au Seigneur,
et donc, si un non-croyant vous invite et que vous vouliez y aller, mangez de tout ce qu’on vous présentera sans vous enquérir de rien par motif de conscience. » (1 Corinthiens 10:26-27).

Et Paul fonde sur cette théologie du monde son fameux principe de liberté individuelle du chrétien dans le monde : « Tout est permis, mais tout n’est pas utile; tout est permis, mais tout ne construit pas. » (1 Cor. 10 :23)

… suite du texte ici

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2 Réponses à “Prédication : Psaume pour commencer la semaine d’un bon pied”

  1. Bernard dit :

    Bonsoir Marc,

    Merci pour votre message de ce matin. Je me permets de vous envoyer les autres questions (en espérant que ce soit les dernières) dont je vous avais parlé et que je souhaitais formuler de la manière la moins « agressive » possible. Ne me répondez par écrit que si vous le jugez utile et en avez le temps. Je suis intéressé par votre cycle d’initiation à la théologie mais j’ai un engagement le mardi au premier semestre et les horaires se chevauchent. Je suis intéressé par le cycle approfondissement théologique et je suis disponible ce lundi : je pense donc venir.
    Voici le texte de mes questions :

    Pour être concis : comment lire et accepter certains textes de l’AT et quelles sont les positions de l’Oratoire sur certains « piliers » de la foi chrétienne :

    en tant qu’humaniste / « honnête homme » ? L’AT est tout simplement horrible pour une grande part. Le Nouveau est certes mystique (Paul, évangile de Jean, apocalypse) mais merveilleux si l’on s’attache à la personne et l’enseignement de Jésus lui même : on peut y voir une approche libératrice de l’humain, un refus de la condamnation définitive et sans appel. De plus, le contraste entre l’enseignement, l’attitude de Jésus et la faiblesse pleine d’humanité de ses disciples de leurs arguments (pourtant bien meilleurs que les miens!) est impressionnante. Quels que soient les enjolivements ou rajouts éventuels d’un évangile à l’autre, la personnalité de Jésus transperce tous ces récits elle sent le vrai : il ne s’agit pas d’une hagiographie. Il peut au moins constituer un « maître », comme voire plus que Socrate et Platon car ce n’est pas principalement (?) la vérité qu’il enseigne mais à vivre la vie. Même sans que l’on accepte l’idée de Dieu. On peut alors se retrouver assez proche de ce pasteur Néerlandais ou Danois (?) athée dont l’actualité parlait il y a quelques temps.

    En tant que croyant « intégral » (la première lecture) la bible est un tout cohérent (ce qui est bien confortable) :
    elle montre un Dieu fort (à main forte, à bras étendu) dans l’AT mais qui ne supporte pas l’impureté (d’où toutes ces saines exterminations de Sodome à Jéricho, de même que l’impunité de David quand au service de Ben Hadad il massacre des populations non juives pour faire du butin ou la condamnation à mort de l’enfant né de l’amour adultérin avec Bat schéba voulue par Dieu mais annoncée par le prophète Nathan (?)),
    elle montre un Dieu d’abord faible dans le second (jusqu’à la crucifixion) mais finalement triomphant (la résurrection).
    Bien sûr il y a quelques incohérences : que va faire Elie chez une veuve non juive à Sarepta (mais c’est le Prophète?), la guérison du général syrien (mais il est près de se convertir) et surtout la notion de pardon qui contrevient un peu à tous ces crimes, massacres, exterminations pourtant commandées par Dieu lui même selon le texte Lequel a pourtant donné à Moïse les 10 commandements dont le fameux « Tu ne tueras point ».
    Jésus ne remet pas en cause cette conception d’un Dieu fort me semble-t-il (?) quand il demande : « pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mais c’est avant la résurrection (qu’il avait par ailleurs annoncée).

    En tant que « postulant » libéral, voici ce que je comprends de votre enseignement :
    La bible se lit à partir de la révélation de l’évangile qui manifeste l’amour de Dieu pour tous et sa volonté de salut (la brebis perdue). Dieu étant un Dieu de vie ne peut chercher à faire mourir (ainsi contrairement à Pierre, Jésus n’a jamais prononcé de condamnation à mort). La liberté de l’homme voulue par Dieu implique que Dieu n’interfère pas avec la vie des hommes directement (une sorte de Dieu « faible » la shoah en donnant un exemple)

    Soit, mais en quoi alors certains textes de l’AT sont-ils saints ou au moins dignes de figurer dans ceux que nous lisons régulièrement quand ils affirment le contraire ? Selon le texte, Dieu aurait demandé de passer par le fil de l’épée tout Jericho (sauf Rahab et les siens), de même après la première défaite d’Aï non seulement ce pauvre Acan qui avait conservé un butin doit être passé par le feu mais aussi tout ce qui lui appartient donc bien sûr sa famille ! Le fait que Dieu soit invoqué/évoqué dans ces textes ne suffit pas (les nazis reprenant un usage du St Empire Romain Germanique portaient une boucle de ceinture mentionnant « Gott mit uns »). Le fait qu’il pourrait s’agir d’allégories (on a jamais vu de ville voir ses remparts effondrés au son de la trompette) n’excuse pas les termes employés. Ces textes ne paraissent-ils pas des faux sur Dieu,ce que l’on appelle des blasphèmes, Dieu ne pouvant avoir suggéré un tel ordre dans la conception libérale ? Ce texte d’Acan par exemple pourrait aussi paraître de circonstance : couvrir une erreur stratégique (la première bataille d’Aï où trop peu de soldats avaient été envoyés) mais alors Dieu devient un objet de manipulation politique ? Cela a souvent été fait dans l’histoire et notamment chez nous (« tuez-les tous Dieu reconnaîtra les siens ») et permettant aussi de couvrir ce/ces crimes : Dieu à contre-emploi.
    Pourquoi les conserver ? parce qu’ils constituent un « patrimoine » commun sur lesquels prient et réfléchissent les croyants ? Cette justification n’est-elle pas faible ?

    A propos de patrimoine commun mais celui relatif aux chrétiens maintenant, je n’ai pas tout à fait compris la position libérale en matière de résurrection :

    le credo de l’Oratoire ne la mentionne pas. Pourquoi ? Il me semblait que c’était un des piliers du christianisme (« sans la résurrection votre foi est vaine ») partagé par toutes les églises à ma connaissance ?. La résurrection peut bien sûr être entendue comme un mieux dans la vie courante mais elle a un autre sens dans l’acception usuelle et on peut penser que c’est bien ce sens usuel que Paul a en tête de même que Jésus quand il en parle à ses contradicteurs sur la veuve épousant successivement les 7 frères d’une même fratrie ?
    la notion de Fils (Unique) est peu évoquée dans ce credo ? (il est vrai aussi que Jésus nous considère comme ses frères),
    selon une prédication récente citant Calvin, Jésus est tout en Christ mais Christ n’est pas tout en Jésus : Jésus serait-il une sorte d’avatar (au sens du film de Cameron) ? Comment peut-il montrer ses mains et son coté percés à Thomas ou dire à Saul « je suis ce Jésus que tu persécutes » ,
    Bien sûr nous chantons aussi des psaumes et des cantiques dont certains me semblent dire le contraire ?

    Désolé de vous harceler ainsi Marc. Affectueusement. Bernard.

  2. Bonjour Bernard

    Merci pour ce débat. Et pour vos encouragements. Bravo pour votre démarche sincère, intelligente et belle. Oui, c’est possible de se voir aussi de visu, c’est souvent plus sympa qu’avec du fil de cuivre ou de la fibre optique entre les deux, mais en attendant je peux vous envoyer rapidement quelques remarques (mais sans que vous soyez le moins du monde obligé d’être d’accord en tout).

    Concernant Dieu

    Oui, je suis persuadé que la volonté de Dieu est le salut de chacun, et donc de tous, vous avez raison de penser que je pense cela à partir de ma lecture de l’Evangile du Christ.

    Mais je ne dirais pas que Dieu n’interfère pas avec les vie des hommes, il cherche à interférer, de toutes ses forces qui sont celles de la Parole et de l’amour, et donc sans coercition, sans menaces, sans chantage à la vie, à la préférence ou à la bénédiction. Mais il cherche à interférer même d’autant plus que nous nous éloignons. Dans un sens c’est vrai que c’est un Dieu faible dans la façon de faire, faible dans le rythme car son action se déploie dans une infinie patience, mais ce n’est pas réellement une faiblesse puisque, comme dans la parabole de la brebis perdue, il finit par aboutir à sa volonté.

    Dans un sens, oui, la shoah a bien montré cette faiblesse de Dieu, à moins de justifier d’une façon ou d’une autre cette horreur. Et l’horreur encore plus difficile à comprendre, car la responsabilité de l’homme n’y est en général pour rien, de graves malformations faisant mourir dans des souffrances atroces des enfants en bas âge.

    Concernant Dieu et la Bible

    Je comprends alors les textes qui parle du massacre d’une catégorie de personnes et du salut d’une autre comme une typologie de ce qui est voué à la vie en chacun de nous et ce qui ne l’est pas (soit que ce soit temporaire, ou souffrant, ou mauvais, ou pas assez développé). Chacun de nous, individuellement et en tant que groupe, sommes à la fois les hébreux (l’enfant de Dieu en nous) et les habitants de Jéricho (ce qui nous bloque dans notre avancée sur ce chemin qu’est le Christ, la vie divine en nous), Dieu nous aidant par miracle à triompher de ce qui nous bloque, et il nous invite à ne pas faire de quartier, pas de compromission avec ce mal ancien en nous. De même, dans le jugement décrit pas Jésus dans Matthieu 25:31-46, chacun de nosu est à la fois brebis et bouc. Ce n’est pas moi qui invente cette lecture, c’est très classique depuis des millénaires et par exemple c’est ainsi que l’apôtre Pierre reconnaît le baptême dans le déluge sauvant Noé et massacrant le reste de l’humanité, interprété donc comme une purification en chacun de nous de l’humanité ancienne pour la résurrection de l’enfant de Dieu en nous.
    Voir ces prédications, par exemple :
    https://oratoiredulouvre.fr/predications/dieu-sauve-noe-ses-enfants-et-des-animaux.php
    https://oratoiredulouvre.fr/predications/des-brebis-et-des-boucs-ou-qu-est-ce-qui-est-garde-en-chacun.php

    La Bible n’est pas sacrée. Seul Dieu l’est. Et donc la vie, la bénédiction et la dignité qu’il a donnée une fois pour toute à chaque personne. La Bible n’est pas sans rapport avec cela, mais en elle même la Bible n’est pas cela. Elle est un recueil de témoignages humains sur leur expérience de Dieu et de vie en ce monde avec lui. Il y a donc dans chaque texte quelque chose qui a directement à voir avec Dieu mais aussi quelque chose de la personne qui a vécu cette expérience et encore des circonstances de rédaction de son texte, les personnes à qui il le destine. Il y a donc une cohérence dans tout ça, mais aussi des différences, des sensibilités, des options, des contextes, des styles différents. Et c’est très bien, cela ouvre à une liberté d’interprétation. Il est non seulement possible mais nécessaire d’avoir sa propre approche, qui est faite pour évoluer, mais qui est une interprétation subjective de ces textes, et une interprétation conjoncturelle.

    Concernant la confession de foi

    Certains pasteurs de l’Oratoire ont rédigé une confession de foi au début du XIXe siècle. Elle n’est en rien normative, ni imposée en quoi que ce soit. D’ailleurs, lors des baptêmes ou professions de foi d’adultes, le seul « crédo » obligatoire est de dire « Jésus-Christ est le Seigneur », chacun étant de plus libre d’entendre ce mot « Seigneur » à sa façon. Cette confession de foi minimale pour tous les chrétiens (je pense) étant ensuite complétée par une confession de foi rédigée librement par la personne, souvent sans que j’e l’aie même vue auparavant et donc encore moins censurée.

    C’est une liberté qui existe à l’Oratoire depuis son origine, avec diverses difficulté au milieu du XIXe (cette liberté gênant le parti conservateur alors majoritaire à Paris qui nommait les pasteurs d’une façon centralisée pour toutes les paroisses, contre la sensibilité libérale qui a toujours été majoritaire parmi les paroissiens de l’Oratoire). Les paroisses obtiennent une certaine liberté en 1882, et l’Oratoire peut alors vivre cette liberté, sans qu’aucune confession de foi définisse ce que l’Eglise penserait, ni ce que l’Oratoire penserait, à la place des paroissiens. Dans ce contexte, à quoi ont pensé les pasteurs du début du XXe quand ils ont rédigé une confession de foi ? Je ne sais pas, mais peut-être est-ce un début de conciliation avec le parti conservateur, conciliation qui aboutira à la constitution d’une union en 1938… En tout cas ce texte n’a absolument pas de normativité, c’est plus un souvenir.

    Oui, c’est vrai, que cette confession de foi a manifestement cherché à rassembler ce qui était plutôt consensuel dans l’Oratoire à l’époque, et c’est donc probablement pour ça qu’il a évité la notion de trinité (on a le droit de penser Dieu comme ça, mais ce n’est pas le cas de tous), la notion de résurrection est évoquée comme une victoire sur la mort (le débat sur la façon de comprendre la présence du Christ ressuscité faisant débat), le Fils Unique (comme vous le dites, il est à la fois fils unique et fils aîné d’un très grand nombre de frères et sœurs)…

    A propos du Christ

    Le mot « Christ » est une fonction, celle d’être le sauveur envoyé par Dieu. Jésus est totalement Christ, il a manifesté l’humanité véritable telle que Dieu l’espère. Certains pensent que seul Jésus est Christ. Il est possible de penser qu’il y a du Christ aussi dans chaque homme ou femme, que c’est même une des choses que Jésus nous a apprises, de reconnaître son visage dans son prochain. Et c’est bien normal puisque le Christ étant l’Homme véritable, reconnaître son prochain comme humain consiste à voir en quoi il y a en lui quelque chose du Christ. On peut dire aussi qu’une personne comme Sœur Emmanuelle, par exemple, a quelque chose de christique. Elle n’est pas une réincarnation de Jésus, elle n’a pas un petit bout de son âme, mais elle christique au sens où elle est douée d’une réelle qualité d’humanité, de foi, d’espérance, d’amour, et qu’elle est source d’un salut venant de Dieu transformant un peu le monde.

    Mais oui, nous sommes tous mi brebis mi bouc, ou 1/3 ange, 1/3 démon, et 1/3 pas fini. D’où notre besoin de l’aide efficace de Dieu. Mais aussi d’un peu de sagesse et de foi.

    Amitiés fraternelles

    Marc

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