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James Woody

prédication du pasteur James Woody
pour le dimanche 27 avril 2014

Chers frères et sœurs, le texte du Deutéronome rassemble les Hébreux au seuil de la terre promise. Dans ces chapitres qui précèdent la mort de Moïse, il est question de préparer le peuple à entrer dans cette terre, c’est-à-dire à accéder à la vie authentique, la vie en plénitude. Ainsi en va-t-il de l’enfant qui est baptisé alors qu’il se trouve au seuil de sa propre vie. C’est le bon moment de l’équiper de ce qui lui sera nécessaire pour la suite. L’équipement consiste en une cartographie de l’existence qui aide les randonneurs de la vie à s’orienter. Ici, il est d’abord question d’identifier quelques menaces, trois menaces que je qualifierai avec le terme moderne d’angoisse : trois angoisses auxquelles chaque être humain est susceptible d’être confronté.

3 angoisses

La mort

L’angoisse de la mort est un fait universel. Nous sommes toutes et tous, à un moment de notre vie, marqué par l’angoisse que provoque la finitude de l’homme. Devant nous, il n’y a pas que la vie, il y a aussi la mort, parfois comme une abstraction, sous la forme d’un destin inéluctable auquel nous savons ne pas pouvoir échapper ; la mort, nous en faisons parfois l’expérience : elle est là, terriblement présente, marquant la chair de notre histoire personnelle. Bouger, voir du monde, faire, gesticuler, donner le change, faire semblant, ne pas être soi (« not to be »), mais faire bonne figure… ce peut être autant de façons de tromper l’angoisse de la mort.

L’absurde

L’absurde, c’est l’angoisse qui grandit quand la vie n’a plus vraiment de sens, quand elle est comme une coquille vide. La lassitude, la grande fatigue sont les symptômes de cette angoisse ; c’est ce que le Deutéronome exprime par le verbe ‘avad (périr, s’évanouir). C’est lorsque des croyances s’effondrent et que nous n’avons plus de raisons de nous lever, de nous lancer dans une nouvelle journée.

Certains surmontent cette angoisse par un fanatisme dans des certitudes qu’ils s’interdiront de mettre en doute. Ils sauveront leur vie en sacrifiant leur liberté, cette liberté d’interroger, de remettre en cause, de critiquer. Le théologien Paul Tillich note que c’est cette angoisse de l’absurde, du vide, qui pousse le fanatique à persécuter les dissidents, parce que les dissidents sont une figure insupportable de l’altérité, une figure de cette possibilité qu’il puisse y avoir une autre manière d’envisager la vie que celle que je me suis forgée, si péniblement.

La condamnation

… suite du texte ici

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2 Réponses à “Prédication : Bénir, l’éloge de la vie démultipliée (Deutéronome 30:15-20)”

  1. WINK dit :

    Bonjour Révérend,
    J’ ai récemment vu le film « There Will Be Blood », et je trouve qu’il illustre parfaitement le culte du 27 avril 2014 – Deuteronome 30 (15-20) – notamment lorsqu’est invoqué le rejet des autres au travers du rejet et du dégoût de soi.

    Respectueusement.

  2. Jean-Pierre Capmeil dit :

    Beaucoup de gens, à notre époque, démultiplient leur(s) vie(s) quantitativement en s’agitant dans tous les sens par peur d’un vide existentiel qui leur évoque le vide absolue de la mort.
    A l’opposé, on nous propose ici une démultiplication qualitative de la vie en lui donnant une une saveur pétrie d’humanité.

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