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James Woody

prédication du pasteur James Woody
pour le dimanche 30 mars 2014

Chers frères et sœurs, la foi chrétienne est ce qui nous réunit. Je pourrais tout aussi bien dire que la foi chrétienne est ce qui nous sépare. Nous avons l’habitude, dans cette Eglise, de varier les confessions de foi, de privilégier la pluralité des expressions théologiques. Nous affirmons que des images différentes de Dieu peuvent coexister en ce même lieu sans que cela donne lieu à des anathèmes. Dans ces conditions, la foi est-elle vraiment ce qui nous unit, ce qui fait communion entre les membres de l’association cultuelle et, plus encore, entre toutes les personnes qui fréquentent ce lieu de culte et y trouvent leur place ? La foi chrétienne est-elle véritablement notre dénominateur commun ou faut-il le chercher ailleurs ?

Avec ce passage de l’épître aux Hébreux, il me semble que nous pouvons concevoir une approche de la foi qui nous soit commune, en tout cas qui fasse largement consensus entre nous tous et qui puisse donc constituer notre identité spirituelle commune. Ce passage biblique ne définit pas la foi comme le ferait un dictionnaire, en en traçant l’exact périmètre. Ce passage aborde frontalement la question de la foi, mais sans chercher à la délimiter. Il s’agit plutôt de l’évoquer en exposant quels sont les bénéfices que l’on retire de la foi. Et ce que j’aimerais mettre en évidence, c’est que ces bénéfices de la foi, c’est ce que nous avons en commun, raison pour laquelle il me semble que nous puissions dire que nous avons une foi commune.

La foi nous permet de penser le monde

Le premier bénéfice de la foi est de nous permettre de comprendre le monde. Littéralement, le rédacteur écrit que, par la foi, nous comprenons, nous avons l’intelligence (noos) des époques (aion), qui est aussi le terme utilisé pour exprimer ce que nous traduisons par « éternel ». La foi, c’est ce qui nous permet de comprendre l’éternité. Si vous ne comprenez rien à l’éternité, ne partez pas tout de suite, il est possible que vous compreniez dans quelques instants.

Notons, déjà, que cette phrase ressemble aux versets qui inaugurent la Bible, et qui sont donc en tête du récit de la Genèse. Dire que l’éternité est organisée par la parole de Dieu, c’est une manière de dire que Dieu a créé le ciel et la terre par sa parole. Dieu a créé, mais pas fabriqué. Le texte de Gn 1 ne parle pas d’une fabrication de notre monde. Il est dit que des paroles divines ont retenti dans le tohu-bohu, que ces paroles ont donné un nom et une fonction à tout ce qui composait ce tohu-bohu et que plus les paroles retentissaient, plus le monde devenait vivable. Ces paroles ont organisé le bazar pour en faire une création, notre monde. L’éternité, c’est le monde lorsqu’il est arraché au tohu-bohu. L’éternité, c’est lorsque des paroles font sens au milieu du fouillis, de la pagaille. L’éternité n’est pas une histoire de temps qui s’étire à l’infini. Ce n’est pas une quantité. L’éternité est une manière de désigner la qualité de la vie. « Comprendre l’éternité », c’est penser le monde, c’est prononcer des paroles qui rendent le monde plus vivable. C’est faire de la politique, l’art de rendre l’espace commun habitable par tous et toutes.
… suite du texte ici

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