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Dessin d'Annie Vallotton, avancer dans la vie en se posant des questions

Annie Vallotton, avancer dans la vie en se posant des questions

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur le pasteur,

J’ai découvert le site de l’Oratoire ce matin et je dois dire que vos positions théologiques, assez « audacieuses », sur plusieurs sujets remettent complètement en cause mon interprétation de la Bible. C’est très perturbant car j’ai l’impression au final de m’être complètement trompée ou de ne plus savoir en quoi croire tant vos analyses divergent de positions que je pensais être admises par tous les chrétiens et de tout ce qui m’a toujours été enseignées.

Je viens d’une famille chrétienne protestante luthérienne pratiquante, deux de mes arrières grands pères étaient pasteurs, et une de mes tantes l’est également. Je fréquente aujourd’hui une église protestante et je fais partie d’un groupe de jeunes chrétiens. J’avoue ne plus savoir quoi penser, je suis consciente que mes points de vue ont sûrement été influencés par l’analyse familiale, mais tout de même, au final, je découvre que les sens que j’attribuais à certains passages de la Bible, à certaines paroles de Jésus, et à Dieu étaient peut être faux.

Je vous rejoints sur le fait que Dieu est amour et que l’amour est ce qui importe, cependant, mon enseignement ne vous rejoint pas sur le fait que Dieu nous pardonne tous et nous pardonne tout.

Ce qu’on m’a appris s’oppose à vos positions sur le sacrifice de Jésus-Christ, sur le pardon de Dieu, sur le sens de la foi, et sur la façon de vivre cette foi, sur le sens de l’enfer, sur la définition de la vie éternelle, sur notre salut, sur la résurrection de Jésus, sur le mariage homosexuel, sur la « toute puissance » de Dieu, sur notre comportement avant le mariage, sur le sens du péché… etc

J’ai conscience d’être jeune, d’être influençable et d’avoir surement une position non objective, j’ai été confirmée l’année dernière mais je ne suis plus sûre de rien et j’ai peur d’avoir fait fausse route et de ne pas avoir compris la Bible et la volonté de Dieu. J’ai eu un enseignement très classique. Vous remettez en cause beaucoup de mes certitudes.

Alors que dois-je croire? quelle ligne directrice adopter? Est-ce que je me trompe? Est-ce que Dieu me sauve toujours même si finalement je ne l’ai pas compris? Dois-je continuer de penser comme avant ou dois-je remettre revoir tout ce que je sais? Suis-je dans le vrai?

Bien à vous,

Aurélie

Réponse d’un pasteur :

CChère Aurélie

Bravo de vous poser des questions, de creuser, de chercher à vous faire votre propre opinion. C’est génial. Et c’est cela que Dieu veut, cette sincérité et ce courage. Car c’est ainsi qu’il veut l’être humain, debout, libre et responsable. Et que Dieu Dieu nous pardonne, bien sûr. Il nous pardonne tous même s’il rejette avec fermeté certaines choses, certains actes, certaines pensées. Mais l’essentiel est bien la grâce de Dieu (précisément son amour sans condition, c’est quand même le principe de base, affirmé avec force par Jésus dans l’appel au pardon, à aimer ses ennemis, à aimer son prochain… bonnes idées que Dieu est le premier et le seul à pratiquer parfaitement).
Ensuite, l’essentiel est la foi. Mais qu’entend-on par là ? Dans la Bible quand il y a marqué par exemple « celui qui croit a la vie éternelle« , ce verbe « croire » n’est pas celui de croire au sens de penser, au sens de la croyance, du savoir. Mais ce verbe croire est alors celui de la foi, de la confiance en Dieu, celui d’une espérance en lui, d’un lien qui est tenu même au delà des doutes. Par exemple, quand Jésus dit sur la croix « mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné« , c’est manifestement faux du point de vue de la croyance, car Dieu n’abandonne pas ses enfants, et Jésus non plus. Jésus vit alors un temps de sentiment d’absence de Dieu, de baisse du sentiment religieux, mais cela n’empêche pas que c’est un grand moment de foi, de sincérité dans ce reproche même qui ose se dire à Dieu en confiance. Donc, vous n’avez absolument rien à craindre de penser faux, l’essentiel est la sincérité de la recherche de Dieu, la confiance que l’on est autorisé à penser, digne de penser et d’aimer Dieu à sa façon. Et c’est cela même qui permet d’entrer dans un bon cheminement, de baisser ses défenses contre Dieu, de se maisser ainsi aider par lui et capable d’avancer sans se cramponner à nos certitudes comme à des idoles, des amulettes.

C’est un des principes fondamentaux du protestantisme (et à mon avis du christianisme) que de libérer ainsi la personne humaine individuelle plutôt que de l’inféoder à la doctrine d’une église, aussi affinée soit-elle.

Vous n’avez donc pas à croire votre pasteur, votre tante, vos parents, ni Gaspard de Coligny, ni Martin Luther ou Jean Calvin, ni votre collègue de bureau… vous avez le droit de les écouter si cela vous semble être important pour vous, vous avez le devoir alors de les respecter en tant que personnes, mais pas nécessairement de trouver génial ce qu’ils racontent, ni tous les points en particulier de leur pensée, de leurs théories.

Mais vous avez à avancer tranquillement dans votre lecture des évangiles, votre prière, votre propre réflexion. Vous avez à ne pas enterrer vos talents, votre intelligence, votre conscience, votre foi dans le Dieu de Jésus-Christ, votre courage.

C’est tout à fait normal de ressentir un moment de vertige quand on lâche la bouée pour nager vraiment, alors que l’on sait que l’on n’a pas pieds. C’est le même vertige quand pour la première fois on enlève les roulettes de notre vélo, ou que l’on accepte de penser par soi même, et remettant en cause l’idée que le dogme est sacré. Bien des étudiants en théologie ressentent ce vertige quand ils découvrent les coulisses, si je puis dire, de l’écriture de la Bible, de la constitution des dogmes au cours des siècles. Après ce temps de vertige où l’on pense marcher sur des sables mouvants, vient très vite, en général, un second souffle, fait de confiance en Dieu, de sincérité, permettant de profondes résonances entre ce souffle de la Dieu et ce que nous sommes, notre existence; souffle reçu par une foi vivante, en marche.

Mais vous n’êtes pas obligée ni de penser tout comme avant, ni de tout remettre ce que vous saviez. Plutôt de partir de cela, et d’avancer, pas à pas, à votre rythme. De découverte en découverte, n’adoptant une opinion que pesée, critiquée, purifiée, personnalisée, et intégrée à votre synthèse personnelle.

C’est alors que vous êtes dans le vrai, bien sûr pas dans le vrai à 100% dans ce que vous penserez et ferez ! Mais dans une relation vraie et avec Dieu et avec vous-mêmes et avec les générations de croyants qui vous ont précédée, et qui ont vécu eux aussi en ajoutant leur pierre à ce qui les a précédés.

Avec mes amitiés fraternelles
Et mon admiration

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27 Réponses à “Question : Remise en cause de ma foi et croyances ?”

  1. Geneviève dit :

    Bonsoir,

    C’est toujours avec beaucoup de respect, de plaisir et de joie que je viens ici, cela m’ouvre des horizons inconnus ou horizons que j’approfondis, je salue le travail que vous faites pour notre bien à tous, notre cheminement vers le meilleur…

    J’ai une question concernant le diable : s’il n’existe pas en tant qu’entité au même titre que Dieu, l’unique, alors lorsque l’on parle de personnes possédées qu’on exorcisme on parle de quoi ou de qui? Je vous avoue que cela me trouble car j’ai vu un film basé sur des faits réels et franchement la personne qui était dite possédée n’était plus vraiment elle, ne parlait plus comme auparavant, réagissait différemment et surtout quand on priait Dieu et Jésus, il y avait des manifestations, bible en mains, croix, eau bénite, qui du reste me laisse perplexe car comment une eau peut faire fuir quiconque et surtout le démon, et n’en parlons même pas de la croix en tant que symbole tout simplement.
    Oui j’avoue être désorientée quant au fait de dire que le diable n’existe pas.

    Merci pour votre réponse.

    Bien à vous.

  2. Personnellement, oui, je suis tout à fait monothéiste, et je ne crois qu’en une seule puissance transcendante, Dieu, et qui est bonne, aimante. Il n’y a pas de dieu méchant, ni d’ange déchu, dans la création.

    A côté de Dieu, je pense que l’humain est une créature vraiment spéciale, ayant plus que nulle autre (en ce monde) un pouvoir de création limité mais bien réel, une liberté, une capacité de choisir et de faire des plans. Cela fait de l’homme le principal, voire le seul lieu où peut exister une autre source de vraie création en dehors de Dieu. Et c’est dans l’homme qu’il y a du satanique, du démoniaque. Mais cela ne veut pas dire que l’homme soit possédé d’une sorte de parasite qui lui vienne d’ailleurs. Il s’agit d’une maladie ou d’un manque de développement de la personne, de toute personne. Ce démoniaque en nous, c’est le péché, c’est une souffrance mal gérée, des traumatismes anciens, des choix mauvais, un manque de magnésium ou de vitamine, la colère ou le laisser allé, c’est le manque d’ouverture à ce qui est positif et bon au plus profond de nous-mêmes, un problème de relation avec les autres, nous entraînant malheureusement dans une spirale descendante…

    Je pense que Dieu peut vraiment aider, ainsi que des personnes qui nous respectent vraiment, car nous sommes sur la même barque, et avec des médecins aussi, car parfois il y a une composante médicale à nos problèmes, il n’y a pas de honte à le dire, au contraire.

    Personnellement, je me refuse à utiliser le langage de l’exorcisme et de la libération des démons. Il me semble bien préférable de traduire ce langage métaphorique pour y lire en vérité « ce qui en va pas et qui me pourrit la vie ». Et dire que la solution n’est pas dans une prière magique, ou dans un crucifix, dans un talisman… Mais dans l’ouverture à l’action de Dieu. La Bible si elle n’est pas ouverte, lue, interprétée, n’est qu’un objet fait de feuille et d’encre, plus un peu de colle et de plastique (du cuir pour les versions luxe, pas plus efficaces pour autant, mais plus belles). En traitant cette Bible comme un objet magique même s’il n’est pas lu, on en fausse le mode d’emploi. De même de la prière, ce n’est pas un abracadabra magique, comme si Dieu attendait une formule du genre Alibaba et les 40 voleurs pour ouvrir la grotte. La prière est ouverture à Dieu, qui ne demande pas mieux, lui, que d’agir en notre faveur.

    Je ne parle pas de libération de démons ou d’exorcismes, personnellement, je préférerais parler de réconciliation, de création ou de construction. Car fondamentalement, pour jeter dehors nos « démons » nous devons, avec Dieu, avancer dans un travail de réconciliation avec nous-mêmes, avec les autres, avec Dieu et avec la vie. Puis un travail de construction de nous mêmes, de création de vraies relations, d’attachements, d’alliances, avec Dieu et avec notre prochain, et de création de notre vie, qui commence aujourd’hui par une résurrection que Dieu seul peut donner.

  3. Pauline dit :

    Bonjour,
    Je pense tout de même qu il y a certaines choses et notions dans la Bible que l’on ne doit pas trop interpréter. Et puis, il y a une certaine beauté dans le fait de croire sans douter de tout car je pense qu’ à force de tout remettre en cause, on finit par perdre le sens premier de ce qui est important.

    Pauline

  4. D’accord, vraiment oui, à commencer par cette « chose » qu’est la grâce de Dieu, manifestée particulièrement en Jésus Christ : Dieu est amour, et nous n’avons donc rien, absolument rien à craindre de lui, il n’y a plus de peur, juste de la confiance et de l’espérance. C’est le point fixe, la clef d’interprétation de la Bible, et de notre existence, de notre foi.

    Pour le reste, le sens premier n’est pas toujours celui qui compte. Il peut même être un obstacle, pour notre propre salut, et ridiculisant la Bible aux yeux du monde. Par exemple quand Jésus dit « Je suis la lumière du monde », le sens littéral premier n’a pas de sens, car Jésus n’est pas une ampoule électrique, ni une source de champ électromagnétique. Dans cette phrase, c’est le sens figuré, ou allégorique, qui fait sens, et pour s’ouvrir au salut compris dans cette phrase, le doute, la remise en cause du sens premier évident, a permis de briser la coquille dure et sèche de la lecture littérale, permettant de découvrir le cœur nourrissant et salutaire offert par Dieu en Christ.

    Et réalité, c’est surtout les interprétations imposées par les autres, par l’église, par notre pasteur et ceux qui prétendent détenir la vérité… qu’il faut écouter, mais mettre en doute, en question, afin de nous faire notre propre lecture, notre propre opinion, dans la confiance en Dieu, qui nous rend digne et capable de réfléchir et de le chercher.

  5. Geneviève dit :

    j’ai cherché un endroit où poser cette question mais je n’ai pas trouvé, donc je viens ici : une chose qui me turlupine : pourquoi Dieu « permet » que le méchant fasse du mal à tel enfant, et pas à un autre? Est ce qu’il a une mission « spéciale » pour cet enfant plus tard, et si oui faut-il passer par le malheur dans sa chair pour aider d’autres(comme Jésus j’ai envie de dire)? Et si ce n’est pas Dieu qui « permet » une telle monstruosité, c’est qui, c’est la vie tout simplement…? le hasard que cela tombe sur moi comme on jouerait à la roulette russe?

    Quand une personne boit prend le volant, se tue ou se retrouve estropiée, qu’il s’en prend à Dieu, personnellement je hurle NON là Dieu n’y est pour rien, c’était de la responsabilité de ce conducteur de ne pas boire et conduire ensuite, donc c’est lui le fautif.

    Mais quand une personne et notamment un enfant qui n’a rien demandé, rien compris à ce qu’on lui faisait, se retrouve déglingué par un acte malveillant il est vrai que tout de suite on se dit « mais pourquoi Dieu a-t-il permis ça »? Il pouvait l’arrêter…

  6. Non, Dieu n’a pas permis ça, il a tout fait pour l’empêcher, et puis c’est arrivé. Donc Dieu n’est pas tout puissant. Il n’est pas impuissant non plus mais sa puissance n’est pas celle d’un magicien, ni d’un marionnettiste avec ses marionnettes.
    C’est la fameuse question de l’existence du mal et de la souffrance dans le monde, il y a plein de réponses, toutes ne sont à mon avis pas satisfaisantes, voir https://oratoiredulouvre.fr/dictionnaire/mal-souffrance-pourquoi.php

  7. Pauline dit :

    Combien de question recevez-vous par jour?

  8. Deux ou trois par jours en moyenne. Mais elles viennent souvent par vagues. Je ne sais pas pourquoi, même si c’est parfois compréhensible, par exemple dans la semaine de Pâques, j’en ai reçu deux fois plus que d’habitude, du coup, j’ai pris du retard pour répondre. C’est en plus de mon « travail », si je puis dire, qui consiste quand même à m’occuper de la paroisse dont j’ai la charge, l’Oratoire du Louvre, et de ses paroissiens.

  9. Pauline dit :

    Je ne sais pas comment formuler ma question mais est-ce que votre métier vous rend-il heureux? Je veux dire est-ce que le fait de vivre sa foi totalement comme cela rend il heureux? Ou plus spécialement est ce que la foi peut garantir le bonheur?

  10. ltrobat dit :

    Un ancien pasteur de ma paroisse disait un jour que la foi n’est pas une assurance multirisque. Je ne sais donc pas si croire rend plus heureux. Par expérience, je n’ai pas vu dans les églises moins de gens sous anxiolytiques ou sous antidépresseurs qu’ailleurs (ni plus non plus).
    En revanche, vivre sa foi dans le don de soi peut donner une véritable force intérieure. Le pasteur auquel je faisais allusion au début de mon post a eu l’occasion, dans sa jeunesse, de rencontrer Albert Schweitzer et de l’entendre dire que le service des autres est la clé du bonheur…

  11. @ Pauline : un pasteur ne vit pas plus totalement sa foi qu’un boulanger ou un fonctionnaire. Mais c’est vrai que la foi participe au bonheur de l’homme, en général. Ça rend aussi la vie plus compliquée, plus souffrante, dans un sens, car avoir plus de compassion pour les autres, se sentir responsable de faire avancer la justice et la paix dans le monde n’est pas particulièrement facile. Mais oui, il y a du bonheur, je pense, dans le fait de vivre plus intensément sa vie par ce travail de la grâce de Dieu et de la foi en nous.

    Ensuite, c’est vrai que pasteur est aussi un métier, et c’est un métier que l’on peut faire par passion & par vocation. Et ça, c’est une chance, d’avoir un métier qui vous passionne. Comme dit le proverbe : aime ton métier et tu seras comme en vacances tous les jours. C’est un peu le ressenti quotidien, conduisant à se passionner à plus que plein temps. Et cela marcherait aussi pour un boulanger passionné de boulange, un charpentier passionné de bel ouvrage, un infirmier ou un médecin, un artiste peintre ou un prof… Quel chance nous avons de pouvoir avoir un métier passion.

    Ensuite, il ne faut pas dresser un tableau idyllique non plus, il y a parfois des difficultés, dans ce job, car tout nouveau projet suscite la plupart du temps une somme d’inertie, d’indifférence et d’opposition assez surréaliste, et sans la foi, sans la passion, il serait facile de baisser les bras. Il y a la difficulté de devoir sans cesse, dimanche après dimanche, catéchisme après étude biblique, être exposé dans ce que l’on a de plus intime : sa foi personnelle, intime, ses valeurs, sa vie familiale… Il y a enfin les difficultés financières, même si on a un logement offert, la paye est si petite que ma femme et moi devons compter sur le RSA ou sur l’aide des parents, étant en dessous de ce qui est considéré par l’état comme le minimum de pauvreté… bien des pasteurs vivent une retraite très misérable s’ils n’ont pas de fortune personnelle.

    La remarque d’Albert Schweitzer est bonne, comme le dit aussi la sagesse paysanne : si tu veux récolter du bonheur, sème du bonheur dans le champ du voisin.

  12. Marie-Alicia dit :

    Bonjour.
    Quelle reconnaissance à avoir pour vos ministères.

    Peut-être, pas seulement un travail, et même s’il vous est passionnant?
    Les pasteurs, sont-ils vraiment récompensés au regard de tout ce qu’ils apportent à chacun ?
    Est-ce que ceux et celles qui sont au bénéfice de vos conseils, de vos actions, de vos enseignements, entendent aussi que vous avez, comme tout un chacun, à gérer la vie, avec tout ce que cela comporte au jour le jour ? Pasteurs, théologiens, mais humains aussi, qui avez à vivre, pourquoi pas le mieux possible, non pas, toujours ou souvent ? au plus juste ? L’équité, par ailleurs ; avec la reconnaissance.

    Une vocation – pastorale – n’aurait-elle pas une valeur, au moins équivalente, voire davantage, à d’autres vocations ? Y compris en reconnaissance matérielle. Pourquoi, toujours sur la brèche, avec des possibilités de vie seulement, amoindries ? C’est même très injuste à l’égard de vos ministères… (le temps du Moyen-Age !)

    Bien cordialement.

  13. Un de mes grands-pères, ayant un esprit un peu caustique, et laïc engagé dans l’église (conseiller presbytéral, trésorier national…) disait en rigolant : « une femme pour être heureuse, doit être encouragée et félicitée une fois chaque jour, pour un pasteur, c’est au moins sept fois par jour ».

  14. Marie-Alicia dit :

    Donc au moins > rencontrer 7 personnes le même jour + qui auront idée à vous encourager une fois !!

  15. Pauline dit :

    Bon courage pour votre mission! Et bravo de prendre le temps de repondre aux questions de chacun de nous alors même que vous devez avoir un métier assez prenant !

  16. Geneviève dit :

    De vous lire conter vos propres problèmes ici m’étonne mais dans le bon sens, car souvent j’ai l’impression que les gens qui aident doivent se cacher, ne pas se montrer aussi dépourvus, embarrassés que nous autres communs des mortels…c’est comme si tout à coup je lisais un ami qui se racontait, qui se livrait et non plus un pasteur au-dessus de moi.

    Merci et que Dieu vous fortifie vous et votre famille.

  17. Marie-Alicia dit :

    « Vivre d’amour et … d’eau fraîche », un peu comme cela.
    Et à condition qu’il y ait l’amour et l’eau, fraîche.

    Néanmoins, pose cette question tellement chère au protestantisme : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Comment dire que l’on en prend soin, dès lors que nous savons qu’il vit avec des moyens très précaires, que les choses sont en l’état, jusques à quand ? Est-ce cela, l’autoriser à vivre, justement, l’Evangile.
    Ou bien n’est-ce pas davantage un mode de vie et une philosophie religieuse, inscrit dans les traditions, sans interrogation, sans remise en cause, aveuglé dans ses silences et par ses paradoxes et peut-être aussi, une certaine violence, déjà celle que l’indifférence porte en elle.

    A quand une manif contre l’archaïsme et pour une qualité de vie digne de l’Evangile, eu égard à ceux qui l’enseigne.

    Pasteurs et théologiens, en prendre soin ; ou vivre de leur art ? L’un empêche-t-il l’autre ?

  18. Geneviève dit :

    Hier je parlais avec une amie, je la sais catholique et personnellement cela ne me pose aucun problème, je la laisse libre, l’aime et l’accepte, mais je pense que de son côté elle fait tout pour me changer..nous nous racontons nos problèmes et elle dit avoir trouvé un moyen d’y faire face en priant pour ses descendants, moi de répondre que je prie pour les vivants car ce sont eux qui ont besoin de moi, et le l’ai sentie se refermer et devenir quelque peu ironique en disant que je ne m’en sortirais jamais si je ne fais pas comme elle…j’ai eu l’impression que notre amitié venait de prendre un autre tournant pas agréable car je la respecte même si je ne suis pas d’accord avec elle mais elle pense qu’elle a totalement raison et que si je ne faisais pas comme elle dit je ne sortirais pas de ma souffrance…je l’ai trouvée suffisante quand elle a rajouté qu’elle pensait que ne n’étais pas une grande prieuse, j’ai compris ce qu’elle voulait dire, et ai répondu je prie mais je ne m’acharne pas et de plus je ne donne pas des ordres à Dieu, que moi je me tiens en garde pour entendre ou attendre sa réponse, il fait comme il veut car il sait ce qui est bon pour nous tous…elle a rigolé et moi j’avais envie de pleurer…

  19. Non, vous auriez pu être fière, franchement, d’avoir eu le courage de dire ce que vous pensez, et comment vous priez. Vous savez, bien des gens sont totalement conditionnés pour confondre leur religion et la Vérité ultime, il leur est alors très difficile, ils se sentent même mis en danger par une personne qui ne prie pas comme eux, d’autant plus qu’ils ont du respect et de l’amitié pour cette personne, car cela fendille leur certitude en béton armé. Tant pis, que cela ne vous trouble pas, ni votre amitié. Si sa façon de prier la fait avancer d’une belle façon tant mieux pour elle. Vous faites bien de prier ainsi, à mon avis c’est une façon épurée et très favorable pour recevoir le meilleur que Dieu vous destine.
    Eventuellement quelque spistes de réflexions ici : https://oratoiredulouvre.fr/predications/dieu-a-salomon-demande-ce-que-tu-veux.php

  20. Geneviève dit :

    J’ai été agressée sexuellement quand j’avais 5 ans.j’ai lu que vous avez dit que Dieu aimait cet homme et qu’il voulait qu’il change, mais aussi qu »il fallait un procès pour que tout « aille mieux », mais le problème c’est que je ne sais pas ce qu’est devenu cet homme, le temps est passé mais cette blessure est là et restera. J’aurais tant voulu lui dire, lui parler lui faire savoir qu’il a mal agi qu’il a fait du mal, je crois que cela m’aurait réconciliée avec moi…

    Puis à 12 ans un de mes beaux-frère est venu dans la nuit pour tenter de m’agresser mais je me suis réveillée et il est reparti, le lendemain j’en ai parlé à ma soeur qui ne m’a pas crue, m’a même confrontée à son mari qui a tout nié…

    J’aime Dieu si tant est on peut l’aimer, mais je le dis quand même parce que j’ai été si fâchée après lui ne comprenant pas les agissements des uns et des autres, mais vous Marc vous m’avez aidée énormément alors que je sais que ma douleur est là mais je continue de regarder vers Dieu qui est mon papa.

    J’ai commencé une thérapie il n’y a pas longtemps mais franchement il aurait mieux valu le faire plus tôt, et je le dis à tous ceux et celles qui vivent cet enfer, faites le au moment où, car après c’est beaucoup plus compliqué, plus dur et peut-être pas récupérable, j’ai 52 ans….

    Aujourd’hui avec ma soeur c’est ma soeur mais pas une amie et quand je me retrouve en compagnie de son mari je suis dans le déni..je ne me rappelle même plus ce qu’il a voulu faire, mais dans ma tête et mon corps quelque chose crie…et ce n’est que par la suite que je comprends le pourquoi de mon attitude avec eux et lui…

  21. Geneviève dit :

    Bonsoir,

    Il arrive que je pose des questions ou que je laisse un commentaire sans réponse…peut-être est ce que je dis ce qu’il ne faut pas? Je ne pense pas car je lis des histoires dramatiques et vous répondez toujours, donc je me dis que vous manquez probablement de temps ou c’est la faute à pas de chance 🙂

    Je parlerai tout de même car je ne sais pas où aller.

    J’ai un fils de 26 ans qui vit encore à la maison, mais malheureusement il est coléreux, usant de produits illicites, d’où la peur de représaille, de descente de police où un conflit avec untel et voilà qu’on lui tirerait dessus ou la prison..ah que c’est dur!!! versatile, haineux et ce depuis toujours, j’ai tout essayé en tant que maman mais je n’ai jamais pu toucher son coeur. Il me parle mal, ça me fait horriblement souffrir, il refuse toutes sortes d’emploi, malgré le fait qu’il ait le RSA il ne m’aide pas, mais prend tout ce que j’achète avec le peu que j’ai, il ramène sa copine ici alors que je le lui ai interdit, il n’a aucun respect pour moi, et quand je le lui dis il me dit que c’est faux.
    Je suis fatiguée, écoeurée, déstabilisée, je n’ai personne pour le raisonner car il envoie tout le monde balader,hurlant comme un fou aussi tout le monde dans l’immeuble entend…j’ai honte, j’ai prié mais comme vous le dites si bien, Dieu ne peut pas le forcer à changer..j’ai décidé et lui ait dit que je le laissais jusqu’au mois d’août pour partir d’ici et que je ne reviendrais pas sur ma décision car je vais faire une dépression où je risquerais de le mettre dehors avec violence, donc ne voulant pas arriver à cette extrême je lui laisse du temps…il est allé dire à une de ses amies que j’étais une mère méchante car je sais très bien qu’il n’a aucun endroit où aller et moi je lui mets un ultimatum…j’ai eu mal vraiment, plus que ça même, mais je ne peux pas faire autrement. J’ai une fille qui vit toutes ces choses et je ne veux pas qu’elle souffre de me voir si désemparée face à son frère, et si je n’ai plus d’énergie qui prendra soin d’elle si petite encore? Je suis fatiguée, désespérée et si coupable, mais tellement..

    Marc pensez-vous que j’ai tort, pensez-vous que je sois méchante, mauvaise de lui demander de partir? Je suis si misérable, je ressens un grand sentiment d’échec..la nuit je me réveille et je suis tourmentée, je ne sais plus quoi dire ni quoi faire pour que cela change ayant tout tenté en tant qu’être humain…je pense que je suis arrivée au bout de ce que je pouvais faire.

    Quand j’entends la clé dans la porte je suis saisie d’angoisse, je ne veux pas qu’il soit là, j’ai envie qu’il parte, mon coeur rebondit, j’ai peur non pas qu’il me frappe mais qu’il crie, qu’il s’énerve pour un rien..qu’il cherche à me manipuler encore, oui il sait très bien jouer avec les sentiments, maître en la matière, bien qu’en étant pas dupe je le laisse faire car je ne veux pas me sentir coupable de lui dire de se taire et de partir tout de suite, de cesser ce petit jeu ignoble, mais ma bouche reste close, je suis comme une chose..il revient vers moi comme si rien ne s’était produit de mal…comment un fils peut-il agir ainsi avec sa propre maman? C’est de ma faute.

    Mon histoire me fait penser à l’histoire d’un couple où la femme serait terrorisée par son compagnon et qui ne sait pas comment le quitter..

    J’espère que vous aurez un peu de temps pour me répondre..

    Merci…tout simplement.

  22. Non non, désolé, ce n’est pas ce que vous dites. Mais parfois je suis un peu débordé, et je n’arrive pas à tout faire à la seconde, mais on y travaille (il est 23h, et j’ai attaqué ce matin à 7h1/2), mais bon, vous avez raison

  23. PS. Pour les cas vraiment personnels, il vaut mieux poser les questions directement par mail à pasteur@oratoiredulouvre.fr

  24. Franchement, je pense que vous avez raison de mettre un ultimatum pour le mois d’août, et il me semble qu’il faut absolument tenir bon. Je tiendrais seulement le message qu’il est le bienvenu pour venir manger une fois par semaine, par exemple le samedi de midi à 15h.

    Bien sûr, c’est normal de votre part de vous faire du soucis. Il y a de quoi. Mais maintenant c’est à lui d’être responsable de lui-même, on n’est pas non plus au milieu du Sahara, il y a un million d’aide sociale d’associations, d’allocations, de contrats d’insertions, d’emplois aidés…

    C’est normal de vous sentir coupable de la situation. Mais c’est exagéré. Aucune éducation, aucune mère n’est parfaite. Personne n’est Jésus-Christ, ni Marie. Vous avez fait ce que vous pouviez. Longtemps, avec une montagne d’efforts. Le reste est au bénéfice de la grâce et du pardon de Dieu. Vous avez fait votre part, bien au-delà. C’est à lui maintenant de faire avec ce qu’il a reçu. C’est déjà immense.

    Vous avez raison de tenir bon. Parce que c’est le mieux pour vous et la petite, bien sûr. La situation, telle quelle ne peut qu’empirer. Mais aussi parce que c’est mieux pour lui. Ce n’est pas bon de le laisser ainsi mépriser qui que ce soit, c’est encore pire quand c’est sa mère. Vous avez tout à fait raison de comparer la situation d’une femme terrorisée par son mec. Le lendemain il est tout gentil, s’excuse mille fois de façon attendrissante, mais c’est comme pour prendre de l’élan pour une violence chaque fois un peu pire. Il y a un moment où le seuil est atteint, et où il faut arrêter les frais.

    Il a 26 ans, VINGT SIX ANS et pas handicapé ni physique ni mental. Ce n’est pas du manque de respect que de le tenir pour adulte et capable de prendre sa vie en main. Au contraire. C’est du respect pour lui.

    Il ne travaille pas, il a le temps pour aller voir son assistante sociale, demander un foyer, il a encore quelques mois pour en trouver un partout, montrer sa motivation en allant faire la queue, rencontrer, aller voir des centres un peu plus loin de Paris… Sinon, avec l’argent de la drogue, de la cigarette et de l’alcool, des fringues, du téléphone et de je ne sais quoi encore, il peut trouver une chambre dans une petite ville, ou une coloc, ou s’inscrire pour une formation et avoir une chambre en résidence…

    Bon courage. Tenez bon.
    Avec l’espérance que vous trouverez du réconfort dans la foi, la prière, un peu d’amitié quelque part.

  25. Jean-Pierre Capmeil dit :

    Bravo Marc pour cette attention de presque tous les instants (notre pasteur prend quand même quelques heures pour se reposer) à chacun et chacune.
    Un véritable et indispensable travail de fourmi.
    Je trouve ça remarquable d’autant plus que c’est fait avec beaucoup de respect et d’humilité.
    Cela ne compte pas pour rien dans le fait de rendre l’Oratoire vivant et chaleureux chaque jour au delà du 145 rue Saint-Honoré et du 4 rue de l’Oratoire.

  26. Marie-Pierre Tremblay dit :

    Bonjour, depuis toute petite je suis croyante. Mais, depuis un certain temps le doute c’est installé et depuis j’ai beaucoup de difficulté avec ma foi et j’en suis extrêmement attristé. Je pris et demande souvent à dieu qu’il me renvoie ma foi, qu’il me dirige, que je veux faire des efforts, mais rien…. Comme vous dites, il n’est pas magicien. Donc, si vraiment il existe pensez-vous qu’il m’abandonnerait en sachant que je le demande tant ????

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