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Gaspard de Coligny

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 4 mai 2014

La foi est souvent présentée comme un don de Dieu. Cela pose deux problèmes.

Problèmes si la foi était un don de Dieu?

1) D’abord, cette idée épouvantable pour celui qui aimerait avoir la foi et qui pense ne pas l’avoir ou en manquer. Car en affirmant que la foi est un don de Dieu, que dit-on à celui qui pense ne pas avoir la foi ? Qu’il n’est pas aimé de Dieu ? Qu’il fait partie des personnes rejetées, ou moins aimées par Dieu ? C’est hyper cruel, et cela donne une terrible image de Dieu : quel amour permettrait cela, quelle justice ?

2) Le 2nd problème que pose le fait de dire que la foi ne serait pas un choix de la personne, c’est que ce n’est pas cohérent avec bien des passages clefs de l’Évangile. Par exemple, quand Jésus dit « Ayez foi en Dieu, et ayez foi en moi. » (Jean 14:1, Marc 1 :15, 11 :22), il y a bien un impératif. Souvent Jésus s’étonne du manque de foi de ses disciples et le sens même de la vie du Christ est d’inviter chacun à « avoir foi par lui »(Jean 3 :16), Dieu ne développerait pas de tels trésors de pédagogie s’il avait déjà forcé ses chouchous à avoir la foi. Cela n’a pas de sens.

Ne pas confondre la grâce et la foi

La foi est un choix personnel que l’on peut faire ou ne pas faire, que l’on peut travailler, approfondir, vivifier. Et c’est à ce travail que nous appelle Jacques dans ce texte.

Le don de Dieu, c’est autre chose : c’est sa grâce, c’est la fin du chantage à la performance. L’amour de Dieu, comme tout véritable amour, n’est pas à vendre, il nous aimera que nous croyons en lui ou non, que nous soyons religieux ou non, que nous fassions plein d’œuvres généreuses ou plein d’erreurs.

C’est cette grâce qui libère pour avoir la foi, ou non. Nous avons une attirance naturelle pour Dieu, pour ce qui est élevé et beau, et cette attirance est effectivement un don de Dieu(Jean 6:44), c’est dans notre nature. Mais cette attirance n’est pas contraignante. Elle se manifeste dans les multiples dimensions de l’humain, chacun a sa personnalité et son histoire. Certains ressentent comme la présence d’un amour qui les garde et nomment cela « la foi », certaines personnes n’ont pas ce sentiment mais cela ne veut pas dire que leur foi soit absente ou trop petite pour autant.

… suite du texte ici

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4 Réponses à “Prédication : Si ! on peut choisir d’avoir la foi, et de l’améliorer, heureusement (Lettre de Jacques 2)”

  1. Jean-Pierre Capmeil dit :

    Belle et profonde prédication sur le rapport entre la foi et les actes et sur le choix qui nous est donné de répondre ou pas à l’appel de la grâce par la foi.

  2. Béréenne attitude dit :

    Bonsoir,
    Les dernières Bible (NBS et Seg21) ont continué de traduire pistis par foi. Pourtant, il me semble qu’en parlant de confiance ou/et de fidélité, ces questions ne se poseraient plus ?
    Sur quels critères, appréciations, etc, les traducteurs de la NBS par exemple, se sont basés pour choisir quels thermes rapprocher des langues à l’origine de la Bible ?

    Autre exemple, vous-même, dans un autre article, (http://blog.oratoiredulouvre.fr/2012/10/jesus-est-il-dieu-sous-la-forme-humaine-ou-son-fils/) rapprochez « je suis » qu’utilise plusieurs fois Jésus en parlant de lui-même sous la plume de Jean, du ‘ego eimi o’ d’Exode de La Septante. Pourquoi ne pas avoir traduit dans les évangiles (et l’apocalypse) cette poignée de « je suis » par «je suis celui qui est (je suis celui qui suis) » ? Le lecteur lambda pourrait alors faire un rapprochement entre les dires de Jésus et la réponse à Moïse.
    Vous-même ne parlez pas de confiance, de fidélité pour pistis. Par contre, vous, soulignez ego eimi o. Aussi, je ne m’explique souvent pas la logique des ‘choix théologiens’. Puis-je vous demander sur quels fondements repose votre f… c’est à dire votre croyance ?!
    Et si vous pouviez me renseigner aussi sur les choix des traducteurs des nouvelles Segond, ce serait avec joie que je vous lirais.

  3. Il est clair que toute traduction est approximative, et un peu trompeuse, car il n’y a souvent pas de mot français qui rend exactement le mot grec ou hébreu. Le pire est pour le verbe aimer, peut-être, car en français c’est le même verbe qui sert pour dire que l’on aime son conjoint, que l’on aime son ami, ou que l’on aime son enfant ou que l’on aime le chocolat.

    Pour le mot foi, encore, ça va, c’est assez correct à mon avis pour dire la « pistis ». Le mot foi en français a donné le mot confiance mais en grec il existe un mot pour dire la confiance en quelqu’un « pepoithesis », peut-être que les traducteurs ont voulu aisni distinguer les deux. Mais vous avez raison, peut-être de préférer traduire « pistis » par confiance car pour le verbe qui correspond « avoir la foi » : « pisteuo », je pense aussi que c’est bien de traduire par « avoir confiance » plut^to que par le verbe souvent utilisé « croire ». Parce que « croire » est ambigu, il évoque aussi bien « avoir une croyance » que « avoir la foi »… Quand au mot « fidélité » il dérive aussi en français du mot « foi », mais dans la Bible hébraïque, le premier testament, le mot « émeth » signifie à la fois « vérité » et « fidélité », c’est donc un mot important qui signifie une vraie bonne relation avec quelqu’un, peut-être quelque chose comme la sincérité, qui est effectivement apparenté au mot foi (émounah) puis que tous ont pour racine le verbe aman, comme dans amen), mais ce n’est pas le même mot.

    Bref, traduire est un vrai casse-tête. Une seule solution si l’on veut vraiment s’approcher du sens du texte, c’est d’apprendre au moins des rudiments d’hébreu biblique et de grec biblique. Cela demande un effort, mais rien d’insurmontable. C’est pourquoi il est demandé aux pasteurs d’avoir quand même fait cet effort avant de pouvoir être pasteur. C’est le minimum de respect des écritures.

    Pour le « je suis », dans l’article que vous citez, si vous regardez bien, je ne tranche pas pour dire que ce « ego eimi » de l’évangile selon Jean signifie certainement le « Je suis » qui est le nom de Dieu révélé à Moïse en Exode 3. Je dis que bien des théologiens le prétendent, mais cela ne fait pas l’unanimité. En particulier parce que dans la Bible en grec que connaissaient les juifs du temps de Jésus (la Bible dite « des septantes » ou LXX) le nom de Dieu est plutôt mis au participe présent qu’à l’inaccompli. Dieu se présente en disant non pas « Je suis : ‘Je suis’  » mais en disant « Je suis : ‘l’étant' » (Εγώ εἰμι ὁ ὤν) effectivement, il y a ensuite « … tu leur diras ‘ὁ ὤν’ m’a envoyé vers vous… ». Donc, dans la Bible le nom de Dieu serait plutôt « ὁ ὤν » que « Εγώ εἰμι ». Mais bon, c’est discutable, évidemment.

    Donc, bref, mettre carrément dans le texte « Je suis celui qui est » quand il y a seulement « je suis », ce n’est déjà plus de la traduction mais on entre déjà dans la prédication, c’est à dire dans un témoignage personnel, une interprétation. Pourquoi pas, mais dans une traduction c’est un peu contraindre la liberté d’interprétation du lecteur. C’est pourquoi le traducteur d’une édition sérieuse comme la NBS cherche à rester proche du texte et à mettre ces pistes intéressantes dans les notes. Une bonne bible d’étude, par exemple celle de la NBS, est à ce titre très utile.

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