S'abonner par :
 rss
 email
Obsèques à l'Oratoire du Louvre © photo Godong

Obsèques à l’Oratoire du Louvre © photo Godong

Question d’un visiteur :

Cher pasteur Gaspard de Coligny,

Le terme bénédiction me « torture », car en cherchant le pour, le contre pour certaines situations je reste sur un ?…. Je suis prédicateur laïc depuis une quinzaine d’années. J’ai pris à coeur les cérémonies de décès que je pratique depuis l’année 2000 surtout en l’absence de pasteur en congés ou d’année sans pasteur en cas de départ.

Ce temps de réflexion national sur la bénédiction qui finalement est un débat sur la bénédiction des homosexuels (mariage, mais il y a aussi les décès où une bénédiction est faite en fin de cérémonie pour les vivants….)- J’ai personnellement fait 2 cérémonies de décès d’homosexuels et malgré mon soucis de respecter la ligne de l’Église Réformée de France (s’il y en a une dans ce domaine…), j’ai assuré ces cérémonies jusqu’à la bénédiction malgré Paul aux Romains chap. 1 versets 26 et 27….. Suis-je allé trop loin ? Je dirai pour ma part, avec le recul, que je n’éprouve aucun remords d’avoir effectué ces cérémonies jusqu’à la bénédiction en présence de l’ami « intime » du décédé…..
Et pourtant j’ai beaucoup de difficulté à accepter la bénédiction d’un mariage d’homosexuels…. décidément ce Paul malmène ma vie de croyant avec foi !!!!!

Pour la deuxième fois je fais appel à votre aide beaucoup plus pour comprendre que pour me tranquilliser…. Je connais des couples homosexuels hommes dont la tenue respectueuse et le comportement de vie pour les autres me laisse à penser que nous avons nous Chrétiens, et moi le premier, parfois à prendre chez eux, aussi, des leçons de vie…… Pour avoir connu Théodore Monod je fais mienne son idée convaincue qu’il y aura dans le domaine du Père des personnes que nous pouvons avoir « mises au pilon » dans notre vie ici-bas.

Merci cher Pasteur Gaspard de Coligny pour votre aide spirituelle,

Réponse d’un pasteur :

Cher Monsieur

Nous ne pouvons pas faire un lecture de la Bible qui prenne au pied de la lettre sans aucun recul, surtout conduisant à la condamnation de personnes et de couples. Voir à ce sujet http://blog.oratoiredulouvre.fr/2012/08/concernant-l-homosexualite-la-parole-de-dieu-est-claire-et-ne-ressemble-pas-a-votre-reponse/

À mon avis, l’homosexualité n’est ni une maladie ni un péché. Et il est bon d’encourager les couples, tous les couples, à s’engager mutuellement à vie à la fidélité, et de l efaire en demandant l’aide de Dieu (la bénédiction).

Mais en ce qui concerne les obsèques, la question n’est absolument pas là. Je ne sais pas ce que l’on vous a dit lors de la formation de prédicateur laïc, mais :

  • Les obsèques protestantes n’ont absolument rien à voir avec la canonisation catholique d’un saint ! La qualité morale, spirituelle, existentielle de la personne morte n’a rien à voir avec le fait d’organiser des obsèques ou non.
  • En effet, il n’est pas question de prier pour les morts dans les obsèques protestantes. La bénédiction qui est donnée n’est pas portée sur la personne morte, mais sur ses proches, sur ceux qui le pleurent.
  • Ensuite, quand bien même une personne est ennemi de Dieu, est un horrible pécheur, voire un violeur d’enfants, c’est pour lui que la bénédiction est utile. Elle n’est pas un visa pour faire n’importe quoi, la bénédiction est une prière pour demander l’action du Saint-Esprit sur cette personne, ce dont a le plus besoin le plus pécheur. Voir à ce propos Matthieu 5:44-45, où Jésus nous assure que Dieu est le premier à aimer ses ennemis, à bénir ceux qui le maudissent, à faire du bien à ceux qui le haïssent, et à espérer le meilleur pour ceux qui le maltraitent et qui le persécutent.

Avec mes amitiés fraternelles

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

4 Réponses à “Question sur la bénédiction au cours d’obsèques”

  1. anne marie dit :

    merci mr ferrot, pour cet article sur l’homophobie au dernier départ. Mon fils s’est fait débaptiser car il a vu et entendu des propos dits par des chrétiens, moi je suis encore baptisé mais quand j’entends mme Boutin, sans qu’aucun évêque ne la désavoue, je me dis je vais bientôt faire la même chose que mon fils, mais quelque chose me retient de le faire car je me dis que les intégristes du paraître et de la haine auront gagné!

  2. Je trouve que vous avez tout à fait raison. Démissionner est ce qui arrange le plus les gens haineux. Il est hyper important que les personnes bonnes tiennent bon. Enfin… si elles en ont la force, car chacun fait ce qu’il peut, c’est parfois si dur qu’on ne tient pas.
    Merci pour votre témoignage.

  3. Jean Rastignac dit :

    Un des principaux exemples retenu dans la bible, pour supporter cette mise au pilori de l’homosexualité, et qui s’est depuis inscrit dans l’inconscient collectif, est la condamnation de Sodome et Gomorrhe pour leurs pratiques sexuelles.Lorsqu’on lit le récit de Lot et ses filles, il apparaît que ce qui déclenche la colère de Dieu soit principalement le fait que ses deux villes refusent d’accueillir des étrangers.
    Fais-je erreur Pasteur Pernot?

  4. Quel est la faute des habitants de Sodome, qui leur vaut la sanction de l’Éternel ?

    Est-ce que ce serait l’homosexualité ? Certaines personnes le pensent, grâce à une interprétation possible du verbe hébreu iada « connaître » comme un signifiant parfois « avoir une relation sexuelle » dans un dialogue entre les habitants de Sodome et Lot (Genèse 19).

    C’est une interprétation possible, mais elle est effectivement pour le moins incertaine, si l’on veut bien être honnête.

    D’abord parce que le premier sens du verbe « connaître » signifie tout simplement « connaître », au sens courant du terme, « avoir connaissance ». Par exemple quelque chapitres plus loin dans le même livre de la Genèse, nous avons un dialogue similaire où cela semble le cas : « Jacob dit aux bergers: Mes frères, d’où êtes-vous? Ils répondirent: Nous sommes de Charan. Il leur dit: Connaissez-vous Laban, fils de Nachor? Ils répondirent: Nous le connaissons. »( Genèse 29:4-5) Apparemment, il n’est absolument pas question ici de relations homosexuelles entre les bergers et le beau-père de Jacob ! Pourtant c’est le même verbe tout simple « connaître ». C’est vrai que dans le dialogue entre les habitants de Sodome et Lot, il est effectivement question dans le verset suivant du verbe « connaître » au sens d’« avoir des relations sexuelles » en parlant des filles de Lot qui sont vierges, mais cela ne prouve positivement rien, et il n’est pas question non plus que les habitants de Sodome « connaissent » ces deux filles mais « fassent ce qu’ils ont envie avec elles », ce qui est effectivement moins ambigu.

    Ensuite, ce que reproche Lot aux habitants de Sodome, ce qu’il leur reproche au point d’être prêt à tout donner pour l’éviter, ce n’est pas d’empêcher d’hypothétiques relations homosexuelles, mais simplement d’enfreindre les lois de l’hospitalité : « Ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit. » (Genèse 19:8).

    Et c’est effectivement la question de l’hospitalité (et non celle de l’homosexualité) que Jésus retient lui-même quand il cite cette histoire de Sodome. Jésus donne des conseils à ses disciples qui partent en mission dans le pays, et il explique que parfois ils ne seront pas accueillis : « Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on ne vous recevra pas, allez dans ses rues, et dites: Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds; sachez cependant que le royaume de Dieu s’est approché. Je vous dis qu’en ce jour Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville-là. » (Luc 10:10-12). En effet, la ville de Sodome, elle, avait alors au moins un juste (Lot) pour accueillir les deux visiteurs envoyés par Dieu.

    Il est donc possible de lire dans cet épisode de Genèse 19 une allusion voilée à l’homosexualité, mais cette hypothèse est pour le moins discutable, et si l’on retient l’interprétation de Jésus, cette hypothèse est plutôt à écarter.

    Il me semble donc que vous avez raison.

Laisser un commentaire