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Image: 'Day 26'  http://www.flickr.com/photos/26646199@N05/12903306295

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Une amie se pose des questions qu’elle n’ose pas (encore) adresser directement à un pasteur, aussi lui ai-je proposé de s’en ouvrir auprès de vous, qui me semblez très souvent d’excellent conseil.

En l’occurrence, elle a eu un enfant hors mariage, fréquente depuis peu une paroisse protestante réformée (elle est « d’origine » catholique), et se demande comment elle sera reçue dans sa nouvelle église au vu de sa situation. De plus, elle projette d’épouser son nouveau compagnon, qui a cheminé comme elle vers le protestantisme, et s’inquiète de savoir si ce mariage sera bien accepté.

En en discutant, nous avons dérivé vers d’autres questions, plus abstraites, mais qui peuvent en dire long sur la qualité d’accueil d’une église (au-delà de la sympathie des personnes au niveau local), et de reconnaissance des trajectoires personnelles: par exemple, pourrait-elle, toujours au vu de son « passif » (qui est un charmant petit garçon), rendre des services dans l’église ?

Pourrait-elle, pourquoi pas, devenir pasteur (je crois avoir lu que des personnes avaient été refusées au pastorat en raison de leur homosexualité… ce qui personnellement me choque, mais j’ignore quelles sont les clauses de bonne conduite morale exigées!)? ou si son compagnon souhaitait devenir pasteur, avoir épousé une fille-mère (comme on dit encore dans mon village natal) serait-il un obstacle?
Merci d’avance pour les réponses que vous saurez apporter à ce florilège de questions!
Bien cordialement

Réponse d’un pasteur :

Merci pour les encouragements, c’est bien sympa.

Votre amie peut s’attendre au meilleur des accueils dans une église réformée, bien entendu, à moins de tomber sur un pasteur qui a attrapé un gros coup de soleil sur la tête, auquel cas il devrait suffire d’aller dans une autre paroisse de l’Eglise Réformée pour avoir un accueil normal, c’est à dire fraternel. Par ailleurs, les paroissiens devraient aussi être tout à fait accueillants, même si personne n’est à l’abri de « tomber » sur une personne désagréable, même dans l’église. Dans les trois paroisses où j’ai été pasteur dan sles 20 dernières années, les personnes homosexuelles ont été toujours accueillies sans faire de distinction avec les personnes d’une orientation différante. Et c’est bien la moindre des choses, puisque toute personne est enfant de Dieu, sans distinction. Et aujourd’hui l’accueil d’un homosexuel comme pasteur est possible, même si c’est vrai que ce profil sera mieux ressenti dans certaines paroisses que dans d’autres, probablement.

Pour ce qui est du parcours de votre amie, franchement, je n’ai pas une impression négative, au contraire. Je trouve qu’il y a là un fort beau, courageux et sincère cheminement. Bravo à eux deux pour leur recherche, et leur engagement spirituel.

Pour devenir pasteur, ce cheminement ne pose aucun problème non plus, bien entendu. La question est ailleurs. Pour devenir pasteur, à mon avis, il faut déjà, pour commencer :

  • Par aimer Dieu, Jésus-Christ, aimer étudier la Bible, la philosophie, ça m’a l’air d’être le cas pour vos amis.
  • Plus difficile : il faut aimer les gens, aimer les rencontrer, les aider, aimer travailler en équipe. Mais s’il y a forcément quelques personnes un peu soufrantes dans l’église, à 95 ou 99% les fidèles sont vraiment biens, touchants, et même souvent géniaux.
  • Encore plus difficile, il faut aimer l’église. Pour savoir si c’est le cas, il faut être engagé comme bénévole depuis quelques années dans une paroisse, dans différents postes. Il est bon d’avoir fréquenté quelques paroisses différentes de la même église pour prendre conscience de la diversité qui existe, et ne pas être seulement adepte d’une des sensibilités.
  • Le plus difficile est peut-être d’assumer la vie pratique : un travail passionnant et très humain mais dont on ne peut jamais se dire à la fin de la semaine : ouf, ça y est, j’ai fini ce que j’avais à faire. Non, il y a toujours une grand mère seule que l’on a pas visité, un livre que l’on aurait aimé lire pour préparer une rencontre… Il y a aussi les déménagements tous les 5 à 10 ans, pile quand on vient de se faire de vrais amis. Il y a le fait que les finances sont un peu justes justes si le conjoint ne travaille pas (L’administration juge que ma femme et moi sommes en dessous du seuil de pauvreté, éligibles pour le RSA, même avec le logement et ses charges offerts par l’église).
  • Si tout cela va bien, il faut ensuite obtenir un master pro de théologie protestante dans une faculté reconnue par notre église, puis être reconnu par cette église.

Amitiés fraternelles

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