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fleur en forme de cœur

Une vraie fleur, faite par la nature, et photographiée en montagne par Sophie

Question d’un visiteur :

Bonsoir,

Comment comprendre la contemplation de la nature comme expérience du sacré ? Un ami ( qui se dit matérialiste, fils spirituel de Démocrite et Lucrèce ! ) m’objecte que si le sacré est l’expression d’une transcendance, alors ce n’est pas la nature qui peut nous faire ressentir ce sentiment du sacré. Je suis ennuyé car je suis personnellement très sensible à la sublimité de la nature qui me renvoie à la foi en un Dieu dont la puissance est celle de l’amour.

Autre question : l’expérience mystique via la contemplation de la nature a-t-elle encore un sens pour quelqu’un qui se dit matérialiste et athée ?Personnellement je ne vois pas trop, et j’ai toujours le sentiment que l’expérience du sacré traduit/trahit alors une  » nostalgie ( inconsciente) de Dieu ».

J’espère ne pas être trop confuse, et ne pas abuser de votre temps.
En toute amitié

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Vanessa

Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant l’expérience de la nature. Comme je suis très gourmand, en plus d’aimer la montagne, cela me fait aussi parfois le même effet en attaquant un repas ou un plat.

L’objection de votre ami « si le sacré est l’expression d’une transcendance, alors ce n’est pas la nature qui peut nous faire ressentir ce sentiment du sacré » ne fonctionne pas, à mon avis, avec la théologie biblique, et particulièrement pas avec la théologie chrétienne. C’est vrai que Dieu est extérieur à la nature, il n’est pas seulement le printemps qui fait bourgeonner les arbres… Mais la théologie biblique est une théologie de l’incarnation. La transcendance n’est alors pas une sorte de Zeus qui reste loin dans les hauteurs à festoyer, mais un Dieu qui se manifeste en créant, et il ne crée pas seulement de loin mais comme un souffle qui plane à la surface de ce monde, comme une dynamique d’évolution qui soulève la pâte… il se manifeste en embrasant un buisson d’épines pour décider Moïse. Bien entendu, c’est une façon de parler, mais cette histoire et significative quand même d’une certaine vision de la transcendance. Selon l’apôtre Paul « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’oeil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages » (Romains 1:20) la nature n’est alors plus seulement la nature mais un livre de théologie. Et dans un passage assez surréaliste du livre d’Esaïe 55:12 « Les montagnes et les collines éclateront d’allégresse devant vous, Et tous les arbres de la campagne battront des mains. » la nature est alors une louange au créateur. Avec le Christ encore plus, la parole éternelle, vivante, indiscible de Dieu, cette Parole se fait chair en Christ, on la voit de nos yeux, on voit ses œuvres, on l’entend de nos oreilles.

Je dirais comme vous, donc, que l’émotion face à la nature est une émotion mystique, spirituelle, et non seulement sensorielle. On peut le voir comme un stade esthétique, pré-mystique, ou en dessous. On peut le voir comme un appétit de Dieu (plus qu’une nostalgie de Dieu, car je ne suis pas certain que l’on naisse croyant, au contraire, il faut une vie entière pour l’être sans cesse un peu plus). Mais je pense que c’est plus que cela. C’est de la mystique mais dont le bénéficiaire n’emploie pas nécessairement un langage religieux pour en parler. De même que Jean dit dans sa 1ère lettre « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jean 4:7), l’amour vrai est alors un fruit de l’Esprit de Dieu en nous, même si on ne l’a pas analysé ainsi, même chez quelqu’un qui ne le verbaliserait dans ce langage là.

Ce n’est pas dans mon sens de la récupération de dire cela, c’est plutôt que je me sens en communion avec la personne qui aime et que je ne peux pas honnêtement dire que ce qu’elle vit alors, ce qu’elle est alors, ne serait aussi essentiel que ce que j’appelle le souffle de Dieu en nous, croyants. Et l’amour dont parle Jean dans ce beau passage, cet amour c’est s’intéresser à quelque chose d’autre que seulement soi-même, et être dans l’admiration pour cette chose, et lui vouloir du bien. L’émotion devant la nature a quelque chose de cette sortie de notre nombrilisme, quelque chose de l’amour que nous commande le Christ, ou qu’il nous propose d’espérer.

Amitiés fraternelles

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