S'abonner par :
 rss
 email
graffiti sur  un mur représentant un garçon avec une tête en forme de ballon

Gouzou by Jace – Port de St Pierre – Ile de la Réunion
Photo de l’excellent et fraternel Joel Paquereau

Question d’un visiteur :

Bonjour, je me permets de vous écrire ce message car je suis perdue. 

J’ai 24 ans et je vis depuis maintenant 2 ans et demi avec un musulman. Nous voulons nous marier. Je suis chrétienne, baptisée et communiée​. Mes parents sont chrétiens mais non pratiquant, tout comme moi. Mon compagnon me dit que je ne suis pas croyante car, étant curieuse et scientifique j’ai souvent besoin de preuves. Il me dit que si je croyais en Dieu ou en Jésus et que si j’étais vraiment chrétienne, je prierais et je pratiquerais.

N’ayant pas été particulièrement éduquée dans la religion contrairement à lui, je ne mets pas en avant ma religion et il me dit qu’aujourd’hui il ne peut pas se marier avec moi car je suis non croyante. Selon lui, je n’ai pas la foi.


J’ai besoin de comprendre si le fait de croire en Jesus et de me rendre à l’église et de prier uniquement dans les moments de joie comme les mariages ou les moments douloureux lors de la perte d’un être cher est synonyme de croyance?

Que puis-je répondre à mon compagnon?

Je vous remercie pour votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Sylvie

A vrai dire, je suis comme vous, je suis scientifique avec deux diplômes d’ingénieur et deux masters d’informatique, et il n’est pas question de mettre notre intelligence dans notre poche pour avoir la foi.

Ensuite, je dois reconnaître que je suis d’accord avec votre copain sur un point : je ne sais pas très bien ce que veut dire « croyant non pratiquant ». C’est un peu comme si on disait « je suis amoureux non pratiquant » ou « sportif non pratiquant », on n’est en réalité ni vraiment amoureux ni vraiment sportif, ni vraiment croyant. Faut regarder les choses en face.

Mais là où il a tort, c’est que la pratique la plus importante, pour nous protestants, ce n’est pas le culte, l’église, les rites… mais le cœur, la pensée, la prière à Dieu. L’essentiel est intime, invisible aux yeux, connu de la personne seule (et de Dieu). Il y a des personnes hyper vibrante de relation à Dieu et que l’on ne voit jamais faire de rite (et d’autres personnes, peut-être qui font plein de rites tout le temps mais qui n’ont pas tellement de vraie relation à Dieu sincère dans leur cœur, malheureusement). La religion visible n’est pour nous qu’un exercice, comme une salle de musculation pour la foi, la prière personnelle et la réflexion. Ce n’est donc pas parce que vous n’allez pas à l’église que vous n’avez pas la foi. Mais vous n’êtes pas vraiment croyante seulement si vous décidez de ne pas être croyante, ne pensant jamais à Dieu que tous les 6 mois par hasard, Dieu ne peut alors pas changer pas grand chose à votre façon de vivre et d’espérer. C’est simplement une question de choix, on est libre.

Ensuite, si votre copain commence à préférer la religion à sa copine, à mon avis, c’est mal parti, franchement, je dirais qu’il ne vous aime pas tellement, plus précisément, je dirais qu’il ne vous aime pas vous, telle que vous êtes, mais qu’il cherche une femme qui convienne à ses critères. Il me semble que vous ne devriez pas imaginer une seconde céder à ce chantage. Ni à aucun chantage, d’ailleurs, ni avant ni après le mariage. Je vous dis cela d’abord comme je le dirais à ma petite sœur, comme quelqu’un qui a accompagné des dizaines et des dizaines de couples ou d’ex-couples. Je vous dis cela aussi en tant que croyant, jamais la foi en Dieu ne doit être prétexte à séparer les personnes, à dévaloriser quiconque, mais au contraire notre foi en Dieu doit conduire à respecter plus, à aimer l’autre encore plus, sans condition (comme tout véritable amour).

Cela dit, ce n’est peut-être qu’une ombre passagère, une parole maladroite, un peu rapidement dite de sa part, et qu’il ne parlait pas sérieusement. Cela mérite donc d’être approfondi. Et si finalement il revient à de meilleurs sentiments, avant de faire un mariage interreligieux il vaut mieux se mettre d’accord et s’engager mutuellement, officiellement, en présence des familles (qui sont souvent la source de pressions terribles ensuite,tant du côté musulman que du côté chrétien), s’engager mutuellement, donc, à respecter la foi de l’autre. C’est à dire dans le cas musulman-chrétien :

  • à laisser l’autre libre d’exercer ou non sa foi comme il l’entend,
  • mais aussi accepter que les éventuels enfants seront élevés dans les deux religions, en parité, baptisés et circoncis (le cas échéant), ne jamais dénigrer la foi de l’autre devant les enfants.

Avec mes amitiés fraternelles

Marc

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

6 Réponses à “Question : si je suis non pratiquante, est-ce que je peux être quand même considérée comme croyante ?”

  1. benoit dit :

    ce me semble une position fort courageuse de Marc..dans une démarche bien structurée aussi.
    Ce qui m’échappe, c’est l’apparente nécessité pour ce couple de se marier ?
    Ils n’ont pas eu besoin des religions pour vivre ensemble, tout au moins commencer à vire ensemble, qu’est-ce qui (soudain ?) justifierait un changement ?

  2. C’est une bonne question.

    Parfois c’est pour tenter de ressouder un couple qui flanche un peu, ce qui n’est pas gagné à l’avance mais peut jouer.

    Souvent, c’est parce que les protagonistes ont un peu muris et acceptent, enfin, de faire le deuil du prince charmant idéal et de la princesse charmante parfaite, pour choisir cette personne réelle avec qui ils sont, et de pouvoir s’imaginer vivre encore avec elle dans 50 ans, vieillir ensemble. Et c’est effectivement ça le mariage, et ça valait le coup d’attendre pour en arriver là, dans quelque chose de plus profond, de plus engagé que la cohabitation adolescente.

  3. benoit dit :

    « Souvent, c’est parce que les protagonistes ont un peu muris et acceptent, enfin, de faire le deuil du prince charmant idéal et de la princesse charmante parfaite, pour choisir cette personne réelle avec qui ils sont, et de pouvoir s’imaginer vivre encore avec elle dans 50 ans, vieillir ensemble. Et c’est effectivement ça le mariage,  »

    sans doute..aussi, encore que je souscrirais plutôt à la première hypothèse :
    « pour tenter de ressouder un couple qui flanche un peu, ce qui n’est pas gagné à l’avance mais peut jouer. » (la crise des 3 ans, ou celle des 7 ans etc..)
    Si ça peut jouer, cela confirmerait le poids de la contrainte sociale, le divorce n’est pas chose facile, même si possible au niveau législatif. Donc..on continue la co-habitation, mais différemment dans le mariage.
    Qu’est-ce qui empêcherait un couple qui s’est engagé, l’un vis à vis de l’autre, d’espérer vitre ensemble 50 ans et au-delà, en dehors du mariage ?
    la co-habitation peut être une attitude adolescente ou post-adolescente, mais aussi un choix de vie : cf « 4 mariages et un enterrement », un vieux film maintenant mais qui montre bien la non nécessité de la contrainte, sociale ou autre.
    Il arrive aussi qu’en fin de vie, des couples se découvre prince charmant et princesse charmante ! cela dit je comprends bien que la position officielle de l’église soit d’encourager au mariage, même si avec des risques parfois plus ou moins calculés.

  4. benoit dit :

    « Il arrive aussi qu’en fin de vie, des couples se découvrent prince charmant et princesse charmante ! cela dit je comprends bien que la position officielle de l’église soit d’encourager au mariage, même si avec des risques parfois plus ou moins calculés.
    c’est corrigé !

  5. lila dit :

    Le mariage peut être bien quand c’est la première fois, aller dans l’inconnu, la 2eme on essaie encore, la troisième on se dit c’est la bonne, là Dieu va accomplir un truc, mais rien… oh ce n’est pas la faute de Dieu mais des 2 partenaires. Une troisième fois?? Sans juger ni accuser car ma vie ne me le permet pas, je pense qu’il ne faut plus se marier, en tout cas laisser faire les choses sans se précipiter et surtout ne pas se servir de Dieu pour faire le pas. C’est une décision qui appartient au couple…

  6. Ricardo dit :

    S’il ne peut pas te marié car tu n’est pas croyante, je préfère que tu le quite car il va utiliser toujours sa croyance pour te soumettre à lui. C’est quoi ce con qui ne peut pas te marier car tu n’est pas croyantes !!!!! Il te marie car il t’aime comme tu est ou pour la personne que tu vas devenir????

Laisser un commentaire