S'abonner par :
 rss
 email

Gaspard de Coligny le 15 juin 2014

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
sur l’Evangile selon Matthieu 6:31-34
pour le dimanche 15 juin 2014

Non, les choses ne s’arrangent pas toujours. Comme le dit Ulysse qui vient d’être baptisé, et qui du haut de ses 10 ans reconnaît que nous finirons par mourir et qu’il y a des jours de toutes sortes, des jours qui dépassent nos rêves les plus fous, mais aussi des jours dont nous voudrions qu’ils n’aient jamais eu lieu. Les choses ne s’arrangent pas toujours, en ce sens, mais pourtant, nous a t-il dit, il y a quelque chose, une joie, celle d’être ensemble, et celle d’apporter quelque chose de nouveau dans le monde, par notre être et peut-être aussi par notre vie.

Ce message d’Ulysse m’a fait penser à un passage où Jésus nous parle de notre espérance en ce monde. Et à mon avis, cette espérance est plus proche de ce qu’en a témoigné Ulysse ; plus que ce que certains théologiens chrétiens ont fait de l’espérance.

Une légende assure que Luther aurait dit : « Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je veux quand même planter aujourd’hui mon pommier. »

C’est autre chose que de l’espérance, c’est faire ce que l’on pense être juste, tranquillement, sereinement, sans se soucier du lendemain. Ou plutôt s’en soucier, car oui, planter un pommier est un projet d’avenir, c’est une visée pour demain. Mais cette visée n’est pas utilitariste, elle ne mesure pas seulement le rendement, mais la qualité de la démarche, le fait d’apporter quelque chose de nouveau et de bon à ce monde qui le mérite, et qui le méritera jusqu’au bout…

Alors bien sûr, le résultat compte, et l’on préfère voir mûrir les pommes du pommier que l’on a planté. Mais dans cette façon de voir l’existence, la vérité de la démarche suffit déjà à la justifier. Dans un sens c’est ce que Jésus lui-même sur la croix, comme un geste qui ne produit rien d’autre que de dire l’attachement qu’il a pour ce monde et ceux qui l’habitent. Et c’est aussi le geste de Luther, petit moine de province qui se lève et appelle l’église chrétienne du monde entier à se réformer. Lui non plus, n’avait aucune chance, mais il aura vu quelque fruits.

Une légende née dans l’église confessante

… suite du texte ici

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

4 Réponses à “Si la fin du monde était demain, je voudrais planter aujourd’hui un pommier”

  1. Marie-Alicia dit :

    Merci pour cette prédication.
    Et ce magnifique texte d’Ulysse, 10 ans… + l’entendre dans le « culte en entier ».

    Un beau culte et une belle journée.
    A bientôt.

  2. Sida dit :

    Ce n’est qu’aujourd’hui que j’entends votre prédication en ligne -le 22 juin 14, jour après le solstice d’été!)- car je suis les prédications de l’oratoire d’outre-mer.
    En plus de mon appréciation des remarques si bien exprimées, une réflexion me conduit aussi à ajouter une autre observation: dire que Jésus ne nous demande aucunnement d’espérer, durant son témoignage biblique, est véridique. Cependant, la raison pour laquelle il ne le fait pas est parce qu’il est lui-même l’espoir révélé par les prophètes ancien testamentaires.
    Pour l’apôtre Paul, il s’agit de clarifier que l’espoir est articulé en nous par la révélation personnellement individualisée de Jésus Christ. Comme il l’explique dans l’épitre de Tite (3:7) « afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle. »
    Une prochaine prédication à considérer serait peut-être de décrire cette espérance pauline en la focalisant sur l’actualité de notre monde…
    Je saisis l’occasion pour vous féliciter, et votre collaborateur-organiste Soo-Hyun, pour la qualité et le choix de visualisation et d’audition que nous avons de par le monde de nous ressourcer spirituellement dans la parole de Dieu. MERCI!

  3. Merci pour ces encouragements ! ! !
    C’est effectivement la question du verre à moitié plein et à moitié vide, les deux sont en même temps vrai, c’est simplement des façons différentes de concevoir la même réalité. En Christ, tout est accompli, et tout reste à faire. Jésus insiste sur tout ce qui est déjà donné, accompli, pour que nous en vivions. Paul attire notre attention sur ce qui manque encore, pour que nous vivions de cette espérance. Les deux ne sont pas contradictoires, après, c’est une question de point de vue.

  4. Le pédagoguebelbrouksy@yahoo.fr dit :

    Que faire si tu tiens une plante et que survient la fin du monde ?
    Il faut la planter si tu peux.
    Cet enseignement, parmi d’autres enseignements de l’Islaam, souligne, encore une fois, l’importance de l’équilibre qui consiste à faire de son mieux ici-bas comme si c’était la demeure de toujours, et à se préparer à rejoindre l’au-delà à tout instant.
    Planter même si c’est la fin du monde, procède de cet équilibre des croyants et des croyantes.
    Planter dans l’impermanence d’ici-bas, en vue de la récolte de la permanence de l’au-delà.

Laisser un commentaire