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James Woody

prédication de James Woody
pour le dimanche 20 juillet 2014

Chers frères et sœurs, à ceux qui voudraient que la religion vive isolée dans son monde, ce texte biblique offre une fin de non recevoir. Ici, ni l’économie (puisqu’il s’agit d’acheter un champ), ni le politique (puisqu’il s’agit d’agir auprès du roi dans un contexte de guerre) ne sont relégués aux marges du texte. Certes, ce n’est pas du goût du politique de l’époque, le roi Sédécias, qui a mis aux arrêts le religieux, en l’occurrence le prophète Jérémie, ce prêtre d’Anathoth qui est porteur de l’oracle divin. Mais Jérémie, bien qu’en prison, ne se laisse pas impressionner par l’intransigeance du roi et continue son action prophétique en achetant un champ, selon ce qu’il discerne de la volonté divine.

Le théologique

Jérémie va-t-il trop loin ? Sort-il de son champ de compétence ? Avant d’aborder les questions économiques et politiques à la lumière de ce chapitre du premier testament, il nous faut aborder cette question de la délimitation du théologique. Le théologique doit-il s’en tenir à la recherche des bons mots de la foi qui permettent d’accomplir des liturgies dans des bâtiments dédiés au culte ou le théologique est-il autre chose ? Ce chapitre de Jérémie, parce que nous le prenons au sérieux, montre que la religion entre en dialogue avec autre chose qu’elle-même. Quelle est, dans ce cas, la fonction de la religion ? Le théologien Paul Tillich se pose la même question au début de son ouvrage La théologie de la culture (pp. 14-15). Il relève tout d’abord qu’il est courant de penser que la religion ait une fonction morale. Mais c’est déjà le rôle de l’éthique. La religion ne sert donc pas à « former de bons citoyens, de bons maris, de bons enfants, de bons employés ». Deuxième tentative : la religion aurait une fonction cognitive, elle donnerait accès au savoir, par la révélation. Mais les sciences sont bien plus efficaces que la religion en matière de savoir. La troisième hypothèse qu’explore Tillich est la fonction esthétique : la religion servirait la création, elle permettrait la réalisation d’œuvres d’art. Mais, parce qu’elle a trait à la morale et à la connaissance, elle ne peut trouver sa place véritable dans la création artistique. Quatrième hypothèse, elle serait un sentiment. Mais, dans ce cas, elle n’aurait plus de lien avec la vérité, avec le sens des choses. Tillich, constatant que toute recherche d’un lieu pour la religion est vaine, conclut que la religion est sans lieu, qu’elle n’a pas besoin d’un lieu, d’un département à l’université à côté des autres disciplines. Et il ajoute : « elle est partout chez elle, c’est-à-dire dans les profondeurs de toutes les fonctions de la vie spirituelle de l’homme. La religion est l’aspect de profondeur de l’esprit humain dans sa totalité ». Paul Tillich utilise aussi le mot « sérieux » : la religion, c’est le fait de prendre la morale au sérieux ; c’est prendre la connaissance au sérieux et avoir un désir passionné pour la réalité ultime ; ou encore, c’est prendre au sérieux la création artistique pour pousser à l’infini l’expression du sens ultime des choses. Vérifions cela, maintenant, sur ces deux aspects de l’activité humaine que sont l’économique et le politique.

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