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Corinne Lanoir

prédication de Corinne Lanoir
professeure d’Ancien Testament
à la faculté de théologie protestante de Paris
pour le dimanche 29 juin 2014

Le début du deuxième livre des Rois nous présente une série d’épisodes liés au prophète Elisée entre les chapitres 2 et 13. Avec Elie, Elisé représente une grande tradition prophétique du royaume du Nord, un royaume qui va être détruit peu après. Elisée est engagé dans la vie politique de ce royaume, il va même organiser un coup d’état pour changer la dynastie régnante dans ce royaume. Dans ce royaume-là, on est moins centralisateur qu’au Sud (où Jérusalem est le centre de tout) et la vie s’organise autrement. Il y a plus d’espace pour une vie moins urbaine, pour des traditions de village. Mais il y a aussi une dynastie forte de rois qui va assurer une certaine prospérité au royaume, mais au prix de coûts sociaux élevés. Tout le monde n’a pas la même chance de profiter de la prospérité ! De plus c’est un royaume qui n’a pas bonne presse dans les livres des Rois car ces livres sont majoritairement écrits par les autres, ceux du Sud, qui pensent qu’il n’y a pas grand chose de bon à tirer de ce royaume du Nord.

Donc quand nous nous commençons à lire ces textes, nous entrons donc déjà dans une discussion qui nous précède, dans des interprétations, dans un conflit de traditions, dans des visions différentes du monde que nous offrent ces textes. Nous ne pouvons donc pas lire ces textes comme si de rien n’était, comme si on pouvait accéder directement à l’Histoire, en toute objectivité ; ces textes ont les partis-pris de ceux qui les écrivent, comme nous avons les partis-pris de ceux qui les lisent. Ce sont nos expériences, notre façon de voir la vie qui nous les font lire d’une certaine façon et la théologie que nous pouvons en faire est seconde par rapport à nos expériences ; en d’autres mots, les théologies, toutes les théologies sont contextuelles, aussi bien celles des rédacteurs de ces textes que les nôtres, celles des lecteurs.

Pourquoi j’insiste là-dessus ? parce que ce texte, je l’ai promené dans différents contextes : il m’arrive, souvent actuellement, d’enseigner à l’IPT de Paris, mais aussi de le faire à la Faculté de théologie protestante à Managua, au Nicaragua, de participer à des formations de prédicateurs laïques de méthodistes ghanéens ou ivoiriens en Italie, ou d’organiser des sessions de lecture biblique avec des femmes de tradition maya au Chiapas au Mexique, et chaque fois je mesure concrètement combien à la fois nos expériences de vie sont au cœur de nos théologies et combien aussi ces textes qui nous parlent en métaphores, en images très fortes peuvent venir sans cesse réinterroger nos expériences. C’est là tout le souffle de l’inspiration, qui n’est pas sclérosé dans un écrit tellement saint qu’il en deviendrait intouchable et qui n’est pas non plus prisonnier de notre logique et de notre vision du monde.

… suite du texte ici

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Une Réponse à “Prédication de Corinne Lanoir : Elisée et la pauvre veuve (2 Rois 4:1-7)”

  1. Marie-Alicia dit :

    Bonsoir et Merci Madame Lanoir pour cet enseignement.
    Toutes ces possibilités de création dans des contextes difficiles et douloureux, mais appuyées sur les rencontres, le dialogue, la solidarité. Toute une pédagogie.
    C’est intéressant la prise en compte de l’importance de l’espoir dans la réalisation d’un possible, d’une renaissance, d’une vie nouvelle.
    Merci pour toute cette étude.

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