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Cyprès en Toscane - http://www.flickr.com/photos/40579921@N00/4695769575

Question d’un visiteur :

Bonjour Marc
Il y a des jours où la foi semble me quitter. Les textes sur lesquels la foi chrétienne repose sont si archaïques, si lointains ! Depuis qu’ils ont été écrit, plus rien de réellement nouveau n’est survenu en ce monde. Les premiers chrétiens étaient animés par l’espérance qu’un monde nouveau allait surgir, mais rien n’est survenu que le déroulement du temps, son bruit et sa fureur. Non, rien d’autre, je trouve, qu’une déperdition du jaillissement originel et la gestion administrative, plus soucieux de « morale close » pour parler comme Bergson que de recherche de la vérité et de l’humanité authentique. Des croyants déistes moralisants en quête de certitudes par crainte de la mort, du non-sens et de l’absurde.
Oui, il y a des jours ou je n’en peux plus. L’absurde me paraît être, paradoxalement, l’option la plus intellectuellement raisonnable. Ne plus espérer et consentir à la réalité comme ce bon vieux Freud, n’est-ce pas plus sage ? Merci pour ta réponse.
Amitiés.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir,

« Ne plus espérer et consentir à la réalité comme ce bon vieux Freud, n’est-ce pas plus sage ? », non, vraiment pas, à mon avis.

Ce serait comme de dire au cyprès, à quoi te sert-il de t’élever en forme de flèche puisque tu n’atteins jamais le soleil. Mais cette élévation est sa nature, sa vocation, et pousser horizontalement, ou pire ne plus pousser et rester à un état inerte ce serait une aliénation, décider de se prendre pour une mousse alors qu’on est un cyprès, fait pour s’élancer en direction du soleil, poussant un peu chaque jour même si c’est totalement imperceptible cette élévation est néanmoins bien réelle.

En même temps il y a de la beauté dans ta déception, il y a une ambition pour l’humanité et pour la vie humaine, nous sommes dignes de cet enthousiasme de cet élan des premiers chrétiens, et même de cet enthousiaste fou de Jésus de Nazareth. C’est notre vocation, celle du cyprès. Mais cette ambition doit être conjuguée, à mon avis avec de l’humilité, celle de n’avoir comme vocation, et comme capacité que de nous élancer, peut-être même pas, peut-être juste d’être tourné un peu vers le soleil vaguement dans sa direction moyenne c’est à dire vers le haut, droit. Et l’humilité de recevoir notre dignité non pas dans le fait d’arriver à atteindre le soleil, mais simplement dans le fait d’être digne de regarder vers le haut.

Les textes bibliques sont archaïques, datés, contextuels… mais pas tant que ça. Des textes que j’ai écrits il y a 20 ans me semblent plus datés que le Psaume 1er qui compare notre vie à un arbre et à un épi de blé. Et puis ces textes ont pétri la conscience collective de l’humanité et en particulier de notre société, de notre culture, rien que pour ça, ils sont comme notre vieille grand mère qui mérite du respect même si elle radote un peu, et refuse de se mettre à l’internet car elle n’y voit pas d »intérêt.

Et oui, les institutions sont décevantes, le propre de l’institution est de toujours plus secréter de l’institution jusqu’à ce qu’elle soit tellement lourde et fossilisée, qu’elle se prenne tellement au sérieux qu’elle explose comme le carpeau de la fable. Et puis, bizarrement, un groupe de 2 ou 3 personnes, est souvent plus génial que chacun de ses membres, mais un groupe de 20 personnes, déjà, et un groupe de 200 ou de 20.000 à plus forte raison, est souvent bien moins bon, bien moins mature, moins génial que la moyenne des individus qui le compose.

Mais je ne partage pas ton désespoir sur la perte de feu sacré. Peut-être parce que je rencontre pas mal de personnes. Mais je trouve au contraire bien des personnes mettent vraiment leur tripes pour faire ce qu’elles peuvent, avec cœur, avec ce qu’elles ont de foi, de tête, avec leurs efforts, leur souffrance et leur faiblesses, leur fatigue, et elles sont extraordinairement touchantes.

Dans non, vraiment, au moins, je lève les yeux vers les montagnes… comme dit mon Psaume préféré (121), au moins pour la beauté du geste.

Amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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3 Réponses à “Question : Ne plus espérer et consentir à la réalité, n’est-ce pas plus sage ?”

  1. PREVOT dit :

    Votre réponse est fort belle – mais comme votre visiteur, je suis perdue – il y a tant de maux sur terre, que je me demande s’il ne faut pas souffrir comme s’il fallait imiter Jésus alors que le salut est par grâce et que tout est accompli – ou comme Paul qui dit qu’il complète les souffrances du Christ – je suis révoltée de voir que tant de malheurs touchent les mêmes gens qui n’ont rien fait pour. Pourquoi souffrir pour grandir, l’arbre souffre-t-il ?
    Au culte ce m

  2. PREVOT dit :

    Votre réponse est fort belle – mais comme votre visiteur, je suis perdue – il y a tant de maux sur terre, que je me demande s’il ne faut pas souffrir comme s’il fallait imiter Jésus alors que le salut est par grâce et que tout est accompli – ou comme Paul qui dit qu’il complète les souffrances du Christ – je suis révoltée de voir que tant de malheurs touchent les mêmes gens qui n’ont rien fait pour. Pourquoi souffrir pour grandir, l’arbre souffre-t-il ?
    Au culte ce m

  3. PREVOT dit :

    Votre réponse est fort belle – mais comme votre visiteur, je suis perdue – il y a tant de maux sur terre, que je me demande s’il ne faut pas souffrir comme s’il fallait imiter Jésus alors que le salut est par grâce et que tout est accompli – ou comme Paul qui dit qu’il complète les souffrances du Christ – je suis révoltée de voir que tant de malheurs touchent les mêmes gens qui n’ont rien fait pour. Pourquoi souffrir pour grandir, l’arbre souffre-t-il ?
    Je lève les yeux vers la montagne d’où me viendra le secours, mais comme soeur Anne, je ne vois rien venir – Je préfère Yung à Freud – Pourtant Dieu m’a déjà soutenue, alors pourquoi pas maintenant alors que j’aurais besoin de forces ? Je connais une réponse : va avec la force que tu as…….mais je recule –
    Fraternellement –

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