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Falaise. http://www.flickr.com/photos/78752351@N03/8416105407 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Cher Marc,

Pourquoi être juste ? Par « juste », j’entends respecter les conseils évangéliques etc.
Mon compagnon dit qu’il ne prétend pas vouloir / savoir être juste. Je trouve ça étrange. N’est-on pas sensé vouloir suivre le Christ ? Et finalement, comment savoir si on le fait bien ?

Bien à vous, et merci encore

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir François

Pourquoi se fatiguer à « être juste » ?

  • Je ne pense pas que ce soit parce qu’il faut suivre les préceptes de Jésus-Christ, pourquoi le faudrait-il ?
  • Ce n’est pas pour mériter la vie future, soit cela n’existe pas soit c’est un don de la grâce.
  • Ce n’est pas non plus pour gagner des récompenses sur terre. Ceux qui ne font pas d’effort pour « être juste » vivent parfois très bien. Plutôt mieux, même, car un égoïste se fatigue moins le cœur, la tête, le corps et le porte monnaie qu’une personne qui aime les autres.
  • Pourquoi ? parce qu’alors notre vie répond à sa vocation, comme pour Picasso de peindre, comme pour une rose de sentir la rose, comme un sapin de s’élever un peu plus chaque année vers la lumière. Parce que cela nous procure des émotions, des sensations. Pourquoi compatir à la souffrance de quelqu’un que l’on aime ? Pas parce qu’il faudrait le faire, mais parce que c’est quelque chose de vrai, qui nous semble normal, parce que ne pas ressentir de compassion nous semblerait triste, plus triste encore que de soufrir avec celui que l’on aime.

Bref, nous ne cherchons pas à être juste pour faire plaisir à Jésus, mais nous cherchons à être juste parce que cela nous va bien d’avoir cet élan vers le haut. Et Jésus est un des chemins possibles pour chercher à être juste (vous avez raison, pas seulement chercher à faire ce qui est juste). Et pour moi, en tout cas (et je ne suis pas le seul), la façon d’être, la foi et la théologie de Jésus sont indépassables.

Comment savoir si on le fait bien ? C’st à mon avis le rôle de la recherche de ce qui est juste, par la réflexion, par l’étude, par la théologie et l’éthique (l’un étant le reflet de l’autre). Mais aussi par la prière. Se sachant aimé sans condition, se sentant même aimé, on peut regarder un peu sa vie et son être comme dans un miroir, face à ce qui est ultimement juste, et travailler sur une certaine mise en cohérence de notre vie avec notre idéal, et réviser notre théologie et notre idéal dans la confrontation avec la vie réelle. Nous pouvons un peu mieux assumer, nous reconnaître comme à la fois juste et pécheur, et un peu nous pardonner à nous mêmes en nous sentant pardonné. Et vivre de ce pardon, le lendemain, de ce pardon qui n’est alors pas un pardon à bon compte mais responsable.

Amitiés !

Marc

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2 Réponses à “Question : Pourquoi se fatiguer à « être juste » ?”

  1. Visiteur dit :

    je ne comprends pas le premier paragraphe :
    Je ne pense pas que ce soit parce qu’il faut suivre les préceptes de Jésus-Christ, pourquoi le faudrait-il ?
    Est-ce à dire que les préceptes de Jésus ne sont pas à suivre ? Qu’ils sont inutiles ?

  2. C’est ce que j’ai essayé d’expliquer, alors je vais préciser. Les préceptes de Jésus sont à suivre si l’on veut les suivre, ça ne marche que dans une sincérité personnelle, sous la grâce et non sous la contrainte d’un « il faut ».

    Par exemple, Jésus parle du pardon.
    Je ne dirais pas que « il faut pardonner », parce que si l’on dit cela c’est épouvantablement cruel pour une mère qui s’est fait, par exemple, massacrer son enfant. Non seulement elle souffre d’une douleur indiscible mais en plus on lui dit qu’elle est une mauvaise chrétienne par ce qu’il « faut pardonner ». Et bien non. Ce que l’on peut dire c’est qu’il est bon de pardonner et que cela peut prendre du temps, peut même ne jamais être possible, ou peut être possible par miracle, comme le don d’une force surnaturelle qui permettrait de marcher sur l’eau. Ce pardon ne se commande pas, il pourra éventuellement s’espérer un jour, être demandé à Dieu, être reçu comme une grâce, une guérison.

    Ensuite, Jésus invite à un autre rapport à la Loi. Par exemple, il lui arrive de « travailler » le jour du Sabbat alors que c’est interdit par la Loi de Moïse, et qu’il affirme ne pas abolir la Loi mais l’accomplir. C’est qu’il est pour adapter au cas par cas, il invite au discernement personnel, à une décision au cas par cas de ce qui pourrait être la solution la plus juste et la moins injuste. Et c’est très utile. Par exemple, Jésus encourage bien entendu à la fidélité et à la stabilité du couple, mais il reconnaît qu’à cause ne notre faiblesse, ce n’est pas toujours possible. Franchement, il y a des divorces qui sont plus « justes » que certains mariages. Par exemple quand une femme se fait taper dessus par son mari (ou le mari par la femme), que ce soit physiquement ou par des tortures morales, quand cela se répète, il y a un moment pour choisir de rompre définitivement. Pour le bien de tous, de la victime et du bourreau.

    Ce que Jésus dit, n’est donc pas inutile, loin de là, mais cela n’a pas le statut d’une nouvelle loi à laquelle nous devrions nous soumettre, en encore moins par la menace. Mais les paroles de Jésus développe à mon avis plus une visée ultime dont il espère nous inspirer, nous motiver, et nous en rendre de plus en plus capables. Le tout étant sous le régime de la grâce, de la gratuité, de la sincérité.

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