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Gaspard de Coligny le 3/8/2014

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 3 août 2014

Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il se renie lui-même,
qu’il se charge chaque jour de sa croix,
et qu’il me suive.
(Mt 16:24; Mr 8:34; Lu 9:23)

Malheureusement, ce verset a été utilisé bien trop souvent pour nous appeler à renoncer à nous-mêmes, nous vider de notre personnalité, de notre volonté, de nos goûts, et même de l’estime de nous-mêmes pour nous laisser entièrement emplir par le Christ.

Cette interprétation s’inspire peut-être de spiritualités orientales appelant à la négation de soi pour se fondre dans une unité transcendante. Mais cette interprétation est aux antipodes de tout ce que fait et dit Jésus tout au long de sa vie. Sans cesse, il valorise la personne qu’il rencontre et nous appelle à faire de même. Au gré de ses rencontres, il valorise, il relève, il pardonne, il encourage, il envoie en mission, il libère pour que chacun puisse suive son propre chemin.

D’ailleurs, quand Jésus quitte son métier d’artisan pour se lancer dans son ministère public, il explique sa démarche dans la synagogue de sa famille, il annonce qu’il est envoyé par Dieu pour :

Annoncer une bonne nouvelle aux pauvres;
pour guérir ceux qui ont le coeur brisé (ceux qui sont incapables de se décider par eux-mêmes),
pour proclamer aux captifs la délivrance,
et aux aveugles le retour de la vue,
pour renvoyer libres les opprimés,
et pour publier une année de grâce du Seigneur.
(Luc 4:18-19)

Et effectivement, à chaque page de l’Évangile nous le voyons libérer la pensée personnelle de chacun, appelant explicitement chacun à utiliser chaque jour sa propre intelligence (Marc 12:30), il passe son temps à stimuler notre réflexion avec ses paraboles, avec ses incessantes questions et avec ses paroles impossibles à accepter au pied de la lettre comme celle que nous écoutons encore aujourd’hui.

Et chacun des gestes de guérison que Jésus opère signifie une émancipation pour celui qui en bénéficie. Il guérit des aveugles pour nous dire que son projet est effectivement que nous puissions voir par nous-mêmes le monde et avoir notre propre point de vue. C’est tout le contraire de l’invitation aliénante à devenir une marionnette dans les mains de Dieu. Le Christ vient au contraire pour le droit de chacun à voir de ses propres yeux, la capacité à entendre, un cœur pour faire des choix personnels. D’ailleurs le passage que nous lisons ce matin s’ouvre sur cet appel à notre propre choix « Si quelqu’un veut marcher à ma suite ». Même ce choix est libéré par Jésus quand il s’adresse ainsi à la foule de ses auditeurs plus ou moins convaincus.

Jésus guérit aussi nos articulations pour que nous puissions nous lever d’un bond, comme ces infirmes guéris par Jésus. Se lever c’est littéralement ressusciter, et c’est pour nous ressusciter qu’il nous appelle, non pour adopter la crucifixion quotidienne comme mode de vie. Jésus guérit nos mains non seulement pour que nous puissions donner notre substance mais aussi pour prendre ce qui nous est offert, il nous appelle à nous dépenser pour servir ceux qui en ont besoin mais aussi à accepter d’être servi par lui, Jésus, et par ceux qui nous aiment.

Ces guérisons qui émaillent l’Évangile nous disent que ce n’est pas simplement une sagesse qu’apporte Jésus, ce n’est pas simplement de belles promesses, c’est encore moins un appel à vivre moins, mais que Christ est une force venue de plus grand que l’humain, qu’il est un ensemencement qui ne se reçoit que dans la prière, car il est d’une autre dimension.

… suite du texte ici

 

 

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6 Réponses à “Prédication : Être content de soi, et en faire quelque chose (Luc 9:23-27)”

  1. Marie-Alicia dit :

    Monsieur le Pasteur, Bonjour.

    Je viens de lire votre prédication donnée dimanche ; j’ai bien aimé l’interprétation que vous faites de ces versets (comme vous l’écrivez, souvent compris très différemment…) et l’ensemble de votre texte.

    Je vais transmettre cette étude autour de moi, en province. Je suis sûre qu’elle va être bienvenue et très profitable – (je vous confirmerai).

    Merci à vous et Merci pour ici, dans l’environnement qui est le mien en ce moment.

    Bonne journée à vous et bonne semaine.
    Bien cordialement.

  2. Visiteur dit :

    Bonjour Marc
    Je travaille sur votre prédication de dimanche dernier mais ne vois pas très bien ce qu’il faut comprendre dans « qu’il se renie lui-même » Vous pourrez me répondre quand vous aurez le temps Merci Cdlmt

  3. Bonjour
    J’ai proposé de comprendre ce « renier soi-même » à l’image de cette mise en marche d’Abraham, dans l’abandon de fausses images de soi-même, héritées ou imaginées, ou subies… pour aller vers le vrai soi-même que l’on méconnaît, et que l’on arrive à actualiser dans sa vie avec l’aide de Dieu, pas à pas.
    J’aurais dû, sans doute, plus insister sur cette négation. Comme me le fait remarquer un participant du culte par mail, il est intéressant d’avoir une mise à distance méthodique de nos désirs, de nos affects bruts, une prise de conscience de nos motivations, qui parfois peut nous conduire à faire un tri, à en écarter certains comme n’étant pas ce que je choisis de suivre. Et il y a là quelque chose de l’ordre de la négation dans ce travail sur soi (où Dieu nous est d’un grand secours).
    Amitiés très fraternelles
    Marc

  4. Jérome dit :

    MERCI…

  5. Eduardo Rojas Díaz dit :

    Pastor Marc:

    Muy de acuerdo con sus palabras. Lamentablemente, en muchos lugares visitados, se ha abusado de esa frase « niéguese a sí mismo », ya sea por ignorancia o por querer someter a los feligreses a una obediencia ciega por ciertos líderes religiosos evangélicos.
    Trataré de difundir su predicación lo mejeor que pueda. Gracias por sus enseñanzas.
    Sinceramente

    Eduardo Rojas D.

  6. Merci, Eduardo, pour ces encouragements volant par dessus les montagnes et l’Océan.
    L’hiver est agréable à Valparaiso ?
    Amitiés

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