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fleur en forme de cœur

Une vraie fleur, faite par la nature, et photographiée en montagne par Sophie

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Pardon de poser cette question certainement blasphématoire mais lorsque la vie n’a plus de sens et que l’on est plus capable de prier, qu’est ce que ça change aujourd’hui de savoir que Dieu m’aime ?

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour madame

Il n’y a pas de questions blasphématoires, ce qui est plutôt blasphématoire ce serait de ne pas se poser de questions.

Il me semble que c’est précisément quand on est dans le creux de la vague que le fait de se savoir aimé de Dieu est précieux. Certains pensent que Dieu nous aime seulement ou qu’il nous aime plus quand nous le prions bien comme il faut. Mais cet amour de Dieu ne serait plus de l’amour, mais un chantage. Au contraire, le fait de savoir que Dieu nous aime que nous le prions ou non rend libre. Cela permet à la prière d’être sincère. Si l’on prie, alors, c’est comme quand on va voir notre grand mère que l’on aime, on va la voir pour lui faire plaisir, parce que ça nous fait plaisir de la voir et plaisir de lui faire plaisir.

Donc, sachant que Dieu vous aime, vous savez que quand vous voudrez, quand vous pourrez et comme vous pourrez, votre prière sera reçue par Dieu avec joie, comme la grand mère qui accueille un petit fils qu’elle adore et qui était parti à l’autre bout du monde pendant quelques années sans donner de nouvelles.

Cela dit, si votre question est déjà une prière, car penser à Dieu, même quand c’est pour dire que nous n’allons pas prier, c’est déjà une pensée, un lien à Dieu, à ce Dieu que nous ne croyons que fort peu, mais c’est une pensée, et donc une prière.

Ensuite, je ne suis pas certain qu’il faille chercher « un sens à la vie ». Nous ne sommes pas un outil pour que notre vie doive nécessairement avoir un but, un sens. Nous et notre vie sommes plutôt comme une œuvre d’art. Comme un fleur naturelle. Elles ont leur propre beauté, et leur existence est importante, même non regardée, mais juste pour elle-même. Notre vie a sans doute au moins ce sens-là, spécialement aux yeux de Dieu, et elle a un sens pour l’univers tout entier qui est tissé de beauté et de valeurs. Mais pour nous, la vie n’a pas besoin d’un sens défini pour valoir quelque chose. Puisque nosu sommes là, et que la vie est là, vivons la. C’est la moindre des choses. Ensuite, nous pouvons en faire quelque chose, tant qu’à faire. Ou pas grand chose, c’est permis aussi par Dieu. Et il nous aimera tout autant. C’est cela, l’amour. Mais bon, il me semble plutôt pas mal de faire un peu quelque chose de la beauté que nous sommes. Comme la fleur envoie son parfum même si nul nez ne se promène dans les environs, même s’il n’y a pas de nez à mil kilomètres à la ronde. Mais parce qu’elle est là, et qu’elle est capable, gratuitement, simplement, d’embellir un peu le monde autour d’elle. Par amour.

Avec mes amitiés

pasteur Gaspard de Coligny

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3 Réponses à “Qu’est ce que ça change aujourd’hui de savoir que Dieu m’aime ?”

  1. Visiteur dit :

    Merci pour votre réponse.
    Mais qui a suscité en moi milles questions.
    Dieu m’aime et ça me rend libre de le prier ou pas.
    Oui mais si je dis à ma collègue qui a perdu sa maman et qui ne veut plus croire en Dieu parce qu’elle souffre trop, lui dire que Dieu l’aime ne la console pas et le l’empêche pas d’avoir mal.
    Quand on a plus la force de prier, savoir que Dieu nous aime, ça sert à quoi??
    La prière pourrait nous aider mais on ne peut plus, donc Dieu reste dans son ciel à nous aimer et nous à souffrir sur terre!!
    Je n’ai plus d’argument pour témoigner lorsque l’on me dit que je me trompe et je sens que ma foi m’abandonne.
    Quant au sens de la vie; au moins la nature a un but, la fleur qui donne son parfum, elle ne le fait pas par amour mais pour se reproduire, pour attirer les insectes, de même que le papillon avec ses couleurs ou toute autre vie sur terre, sans nous la nature vivra, elle n’attend pas notre regard pour ça je pense.
    Je travaille auprès de personnes âgées, malades et je ne sais plus que répondre quand on me demande pourquoi suis-je encore là, que j’ai perdu toute ma famille, que les après-midi sont interminables dans l’angoisse de l’attente de la mort ?
    Même à une personne croyante, lui dire que Dieu l’aime ça ne la rassure pas.

  2. Je comprends ces circonstances douloureuses. Il faut rester à mon avis, comme je le disais, sans poser de réponse à cette question pourquoi je suis encore là alors que je suis diminuée, souffrante, et seule. Que dire ?

    • Je dirais : En tout cas, vous comptez pour moi. Et pour d’autres (citer le personnel, une nièce…), parce que nous vous aimons. Parce que nous vous apprécions, admirons sincèrement. Parce que vous avez du prix à nos yeux.
    • Je dirais, aussi : vous avez un prix infini aux yeux de Dieu. Ce n’est pas lui qui vous fait souffrir, comme nous ne voulons pas vous faire souffrir. Mais c’est la maladie. Et vous comptez pour lui, et votre vie ici compte pour lui.
    • Je dirais : si vous êtes là ce n’est pas pour rien. Je maintiens l’image de la fleur, la nature a un but, la conservation de la vie, son épanouissement. Et bien pour notre vie c’est pareil, mais pas seulement sur le plan biologique, vous avez raison. C’est pourquoi notre parfum n’est pas que corporel, mais prend de multiples dimensions.
    • Et oui, la vie peut être vue comme une attente de la mort. Mais on peut aussi voir la vie autrement. Chaque après-midi est une chance de pouvoir penser à une belle chose et de trouver une occasion de faire sourire quelqu’un. Ne serait-ce que l’infirmière en lui disant qu’elle est belle aujourd’hui ?
    • Mais j’ai vu bien des personnes, en particulier des personnes âgées mais pas seulement, qui disent à leurs proches leur désespoir de la vie. C’est en partie profondément vrai. Mais c’est aussi une maladroite façon de dire : vous comptez beaucoup pour moi, s’il vous plait, aimez moi encore un peu plus. Et même si ce chantage (inconscient) au désespoir est une violence, le besoin qui est derrière est le nôtre à tous, et doit être entendu tout en se protégeant quand même des blessures de cette violence.

    Amitiés fraternelles

  3. Nathan dit :

    Livre de Job en entier.
    Apocalypse 21:3-4.
    Gaspard de Coligny aussi.

    J’ai visité avec d’autres chrétiens des personnes âgées et j’ai constaté comme vous
    leurs souffrances, leur abandon, leur désespoir….
    Mais j’ai pu aussi constaté qu’elles étaient heureuses que quelqu’un vienne parler de temps en temps avec elles et qu »elles étaient alors capables de donner beaucoup.
    Leur vies étaient remplies de souvenirs et de sentiments que ni la maladie, ni la souffrance n’avaient pu leur retirer. Et c’est moi qui repartait joyeux de ses rencontres riches en sensibilité et en savoirs.
    Pour reprendre la métaphore de Gaspard de Coligny, émanaient d’elles un parfum subtil et qui leur était singulier à chacune d’elles. Donc infini…
    Mais pour en profiter il est bien nécèssaire de s’approcher d’elles.
    La fleur du foin même fauchée exhale encore ses effluves !
    Mais n’est-ce pas le rôle d’un chrétien que d’apporter l’espérance là où elle ne semble plus être attendue ?
    Et puis comme le disait Shakespeare: « L’esprit oublie toutes les souffrances quand
    le chagrin a des compagnons et que l’amitié les console. »

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